Guide d'achatPratique

2022 : Faut-il encore acheter une voiture thermique ?

Chaque année, je vous propose un court article qui parle, d’une manière très générale, de l’intérêt d’acheter une voiture thermique. On le sait, le contexte automobile actuel est particulièrement complexe, d’autant plus que les jours de nos voitures essence sont comptés. D’ici 2035, il n’y en aura probablement plus sur le marché du neuf. Mais d’ici-là, on peut légitimement se poser la question. Acheter une voiture essence ou diesel neuve en 2022 est-il encore une bonne idée ? Quels sont les critères pour faire son choix ? Faut-il passer à l’électrique au plus vite ? En tant que média automobile indépendant, nous vous proposons notre analyse, en toute objectivité et sans influence.

Oui car…

Avant tout, je tiens à préciser que cet article a été réalisé en partenariat avec Kidioui, qui propose un comparateur d’offres de mandataires aussi bien des voitures neuves et d’occasion (thermique et/ou électrique) aux particuliers. La communication gouvernementale diabolise la voiture thermique, essence ou diesel. Elle est maintenant désignée fermement comme responsable majeure des émissions à effet de serre. Après la dieselisation massive promue à coup d’aides gouvernementales dès 2007, ce discours sonne assez faux. Bien sûr, nous ne devons pas renier l’impact écologique de la voiture thermique. Mais a-t-on vraiment une alternative plus propre sur le marché ? La voiture électrique, sous sa forme actuelle, est perfectible sur de nombreux points. Le lithium ne permet pas des autonomies réellement convaincantes tout en posant des questions sur la pollution liée à son extraction et son recyclage.

La voiture thermique, essence comme diesel, procure davantage un sentiment de liberté. Il suffit en effet de s’arrêter pour faire le plein dès que le réservoir approche de la réserve. On a ainsi l’impression de pouvoir circuler sans aucune contrainte. Dans les faits, les français roulent généralement très peu, ce qui amenuise cet intérêt. Néanmoins, la voiture thermique est ancrée dans les habitudes et beaucoup préfèrent rester dessus. La simplicité est appréciée tout comme ce qui en découle, comme l’habitude d’aller faire son plein chaque semaine ou chaque mois, d’aller faire la révision annuelle auprès de son petit garagiste, de profiter de la sonorité (moteur essence) ou du bruit (moteur diesel) de sa voiture. Autant de critères plus ou moins rationnels qui incitent à rester sur l’essence.

La crainte de la voiture électrique, parfois encore perçue comme futuriste, ne fait qu’accroître ce ressenti. Et l’avantage de la voiture essence, c’est aussi qu’elle peut être synonyme de sportivité. Pour beaucoup, et j’en fais pleinement partie, l’expérience auditive d’une voiture participe pleinement au plaisir de conduite. C’est donc un ensemble d’éléments qui incitent à rester sur la voiture thermique. En plus, on peut assez facilement convertir une voiture essence à l’éthanol ou bien au GPL. Là encore, ce sont des solutions qui permettent d’accroître les économies réalisées au quotidien tout en offrant du choix à l’automobiliste, qui a moins l’impression d’être bridé dans ses choix.

Du côté de la voiture thermique, des efforts ont été faits pour réduire la pollution engendrée. L’hybridation a été un premier pas effectué en ce sens, surtout avec la technologie PHEV (hybride rechargeable) qui se montre réellement économique à l’usage. À l’inverse, les moteurs thermiques purs ont quasiment tous succombé à la suralimentation afin d’abaisser la cylindrée et de facto, la consommation. On arrive désormais à des consommations très basses et réellement avantageuses. Seulement, les moteurs essence et diesel ne sont pas logés à la même enseigne. Pour les diesel, les dispositifs anti-pollution sont multipliés, avec la vanne EGR, le filtre à particules ou encore l’adjonction d’AdBlue. Sur le papier, tout cela se veut très vertueux. Dans la réalité, ce n’est généralement qu’une succession de problèmes.

Déjà, le principal problème, c’est que bon nombre d’automobilistes n’ont toujours pas assimilé qu’un moteur diesel s’encrasse en ville et lorsque les courts trajets prédominent. Cela se traduit par une usure précoce du filtre à particules qui ne parvient plus à effectuer ses cycles de régénération. S’en suit alors le fameux décalaminage qui ne fait que repousser l’échéance. On ne le répètera jamais assez : une voiture diesel, c’est destiné aux gros rouleurs. Le gain de consommation théorique ne compensera pas les frais de réparation si vous utilisez majoritairement votre diesel en ville. Quant à l’aspect pollution, le bilan est moins glorieux. Les filtres à particules désintègrent – en les calcinant – les particules fines afin de les rendre indétectables auprès des appareils de mesure. La conséquence, c’est qu’elles pénètrent plus facilement dans nos poumons. Le bilan est donc nettement moins positif que ce que l’on pourrait penser…

Quant à la voiture essence, la mesure de son impact est compliquée également. Le filtre à particules qui les équipent fonctionne différemment et n’est pas sujet à l’encrassement. Si les émissions de CO2 sont supérieures à celles d’un diesel (d’où un malus supérieur), le moteur essence rejette nettement moins de NOx. La pollution du moteur essence n’est donc pas pire que celle d’un moteur diesel, bien au contraire.

Enfin, il est possible que la voiture thermique corresponde à vos besoins. Réalistement et malgré les aides gouvernementales (bonus écologique, prime à la conversion…), la technologie électrique totale ou partielle (hybride) n’est pas encore accessible à toutes les bourses. Si vous avez un budget automobile faible, le thermique s’imposera. De même, sur autoroute, une voiture électrique se montre beaucoup plus énergivore… Tandis qu’une voiture diesel se montrera parfaitement à son aise sur cet exercice.

Le déploiement des ZFE (zones à faible émission) a pour objectif de chasser hors des villes les voitures thermiques et dans un premier temps les diesel. Sans surprise, les diesel seront les premiers à être évincés puisque les dates de mise en circulation sanctionnent plus fortement ces modèles que les essence. Quant aux essence, l’attribution de la vignette Crit’Air 1 pour les modèles convertis à l’éthanol ou au GPL permettra de gagner du temps.

Non car…

Le marché de l’automobile est en mutation totale. L’électrification est la voie qui est jugée comme étant celle de l’avenir. Seulement, cette décision européenne a comme un goût d’amertume. On ne prône plus la diversité des carburants mais la convergence vers un unique type d’énergie. Il y a quinze ans, c’était le diesel. Maintenant, c’est l’électrique. On peut légitimement se poser la question ce qui sera le prochain heureux élu. Mais cette fois, des mesures barrière visent à éradiquer progressivement tous les autres carburants, à commencer par le thermique. On peut donc imaginer que la voie de l’électrification est vouée à durer.

Je ne rentrerais pas dans le détail de la pollution générée par la voiture électrique, que ce soit l’extraction du lithium-ion ou encore la problématique du recyclage des batteries ou encore du traitement contre le feu. Ces problèmes sont connus, sont avérés et ne sont pas encore totalement élucidés. Il apparaît logique que la politique du tout-électrique est une aberration à tout point de vue. Plutôt que de trouver de nouvelles sources plus efficientes à tous les niveaux (quid du graphène), tout est misé maladivement sur le lithium tout en connaissant déjà les limites des infrastructures, des ressources et de qui en découle.

Malgré de nombreuses controverses, la voiture électrique est pourtant un choix intéressant sur pas mal de niveaux. En passant à l’électrique, nous n’avons plus à nous soucier du remplacement d’embrayage, de la vidange d’huile moteur ou bien même de l’état de la courroie de distribution. La partie mécanique est grandement restreinte, avec un entretien peu coûteux. L’exception, c’est la batterie, qui est généralement garantie 8 ans par les constructeurs. Objectivement, il faut reconnaître que la durée de vie des batteries actuelles est très convaincante. Mais quand un problème survient, il faut être en capacité de pouvoir assumer une dépense qui peut aller jusqu’à 10 000 €.

Pour autant, la voiture électrique n’est pas optimale pour tous les usages. C’est en ville que cette technologie est la plus intéressante puisque les freinages et ralentissements réguliers permettent de récupérer de l’énergie à la décélération. Sur autoroute, la consommation se montre très importante et l’autonomie fond assez rapidement. C’est logique en somme mais cela confirme bien que pour tout type d’énergie, il y a des avantages et des inconvénients qui découlent avant tout de l’usage que l’on fait de notre voiture.

Cependant, rouler dans une voiture électrique en 2022 n’est pas quelque chose de contraignant. Bien sûr, on trouvera toujours des contre-exemples sur internet. Mais dans l’ensemble, les constructeurs automobiles ont pris l’habitude de répertorier les bornes de recharge directement depuis l’interface numérique intégrée. Chez Tesla, les trajets tiennent directement compte des points de recharge à fréquenter pour optimiser un trajet. Et là, il faut dire que bon nombre d’a-priori se lèvent. La recharge rapide permet de ne pas perdre de temps, tout en observant la traditionnelle pause toutes les deux heures.

Par ailleurs, le réseau de recharge, en France, est très développé, avec même des sites internet dédiés à leur inventaire. La concurrence permet de tirer les prix vers le bas et cette tendance devrait se poursuivre ans les années à venir. Les contraintes sont donc minimes d’autant plus qu’il est possible d’installer chez soi une borne de recharge rapide (Wallbox) en profitant d’aides régionales qui peuvent être accordées.

Pour terminer, d’un point de vue financier, la voiture électrique conserve une avance considérable. Bien sûr, le prix d’achat constitue un obstacle mais les aides gouvernementales, pour 2022, sont reconduites. Le bonus écologique maximal culmine donc toujours à 6 000 € dans la limite de 27 % du prix du neuf. À l’utilisation, la recharge est généralement économique dès lors que vous prenez vos habitudes dans les bonnes stations. Et d’un point de vue entretien, c’est purement minime puisque les principales pièces d’usure, ce sont les essuie-glaces, les pneus et les freins… Et plus tard, la partie suspension…

Quant à la voiture thermique, elle demeure bien sûr d’actualité mais se montre plus coûteuse et de plus en plus contraignante en raison des restrictions de circulation. Ajoutons à cela le coût de l’augmentation du prix au litre, les frais d’entretien qui ne cessent d’augmenter aussi. Même si la voiture électrique peut effrayer, elle se montre souvent bien plus économique à l’usage. Entre les deux, la voiture hybride se présente comme un très bon compromis.

Comment faire le bon choix ?

Acheter une voiture, c’est un achat important. Mieux vaut ne pas se tromper. La voiture thermique n’est pas morte. Elle conserve bien sûr ses adeptes et demeure préférable dans de nombreux cas. Si dans les centre-villes, le réseau de recharge est performant, ce n’est pas toujours le cas en campagne et dans les montagnes. Il est donc essentiel d’étudier ses besoins mais aussi les infrastructures qui s’offrent à vous.

La voiture électrique, sous sa forme actuelle, n’est pas encore un aboutissement. De nombreux constructeurs réfléchissent à l’exploitation de ressources plus vertueuses… Il n’est donc pas indispensable de se précipiter sur l’achat d’une voiture électrique si vous n’en ressentez ni le besoin, ni l’envie. Revendre une voiture dans quelques années sera probablement plus difficile qu’aujourd’hui. Pour autant, le marché actuel est particulièrement compliqué. Le marché de la voiture neuve est en berne en raison de la pénurie des semi-conducteurs…

Il est donc probable que d’ici 5 à 10 ans, l’équilibre entre offre et demande permette de revendre sans trop de difficulté une voiture essence ou diesel. Mais là encore, nous ne savons pas encore quelles sont les mesures qui viendront ternir le quotidien de ceux qui n’ont pas fait le choix de se convertir au plus vite à l’électrique. Et quand il s’agit de pénaliser l’automobiliste, les idées ne manquent jamais… Le leasing, même s’il revient généralement plus cher, n’est donc pas une si mauvaise idée…

Une voiture thermique neuve en 2022 : le mot de la fin

Enfin, prenez le temps d’analyser vos besoins. La voiture électrique n’est pas encore suffisamment aboutie pour s’adapter réellement aux attentes de tout le monde. Si vous vous sentez obligé de passer à l’électrique, sachez que ce n’est pas le cas. Vous pouvez tout à fait acheter une voiture thermique en 2022 sans avoir à vous soucier de ce qu’il en deviendra d’ici 5 à 10 ans. Car pour le moment, l’interdiction de vente de la voiture thermique neuve en 2035 soulève encore de nombreuses problématiques qui devront être résolues en temps et en heure.

Le choix du tout-électrique est une stratégie politique à part entière. Dès le début du XXème siècle, les lobby du pétrole ont volontairement fait disparaître la voiture électrique de l’époque pendant de nombreuses décennies. L’histoire semble se répéter une nouvelle fois, mais dans le sens inverse. On note également que les groupes pétroliers s’adaptent, comme Total qui devient Total Énergies tout en s’engageant dans de belles promesses emplies de vert. Toute nouveauté n’est pas à jeter… Mais toute décision doit être murement réfléchie.

Publicité

Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

3 commentaires

  1. Hallucinant un article pareil fin 2021! Aucun calcul de l’impact de la pollution due aux hydrocarbures, de la fabrication de nouvelles voitures thermiques quinécessitent aussi des matières peu évidentes à recycler. Aucune comparaison de l’efficience entre thermique et électrique, et on comprend pourquoi: le résultat serait très défavorable au thermique, technologie maintenant datée. Et surtout, aucune projection des progrès technologiques à venir pour l’électrique. Car les progrès sont devant nous : production d’énergie plus vertueuse à l’avenir et batteries mieux fabriquées et plus performantes. Et vous vous trompez sur un point essentiel : ce ne sont pas les normes européennes qui favorisent la mobilité électrique, c’est le sens de l’Histoire. Car la réduction des émissions de CO2 et des gaz toxiques dans les agglomérations est un problème mondial. C’est en Chine que la transition est la plus importante en volume et c’est aux USA que la technologie a le plus d’avance. Là, nous sommes un mois plus tard, votre article a déjà 3ans de retard. Dans un mois il aura pris encore un gros coup de vieux.

    1. Je pense que quand on se surnomme « CleanCar » et qu’on pond un article qui vénère les véhicules électriques, on est clairement hors-sujet quand on accuse un média neutre de faire du favoritisme. Je ne vois pas en quel cas l’article doit parler de l’impact d’une voiture sur l’environnement, chacun doit se faire son idée. Vous parlez de réductions des émissions de CO2, mais la production de l’électricité ne va pas dans ce sens. D’ailleurs, on parle bien de véhicules propres à l’échappement, mais il faut ouvrir les yeux sur tout ce qui pollue en amont. Et vous êtes sûrement l’un des premiers à ne pas vouloir une éolienne sur le terrain à côté de chez vous. On pourrait démonter chaque argument et voir qu’aucun ne tient debout parce que personne ne sait où on va. Annoncer 350 km d’autonomie sur un VE à moins de 40.000 €, pour se rendre compte qu’on passe à 150 km sur autoroute… C’est pas maintenant qu’il faut changer de voiture pour passer au 100% électrique. Mince, pour un article qui a 3 ans de retard après un mois de parution, il est tout de même vachement correct.

  2. Un « média neutre » 😅 Concept très intéressant. C’est de la science fiction ? Bon, bah voici un lien vers un média, Le Monde, pas neutre, sûrement. Mais de média neutre, je n’en connais aucun.
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/01/23/le-perou-declare-une-urgence-environnementale-apres-la-maree-noire_6110598_3244.html
    Hé oui, il y a deux jours a commencé une terrible marée noire. Cette industrie du pétrole est franchement dégoûtante.
    Qui plus est, produire 1 litre de carburant pétrolier nécessite 4 kwh, certes obtenus en brûlant.. du carburant pétrolier. Oui, car 1 litre de gasoil est équivalent à 10kwh environ. Mais bon, réfléchissons, du puits à la roue, quel est le rendement de cette énergie, que je ne diabolise pas, qui est effectivement plus propre que le charbon ? 20%, peut-être. Bof, bof.
    Alors oui, je pense que la production d’électricité durable doit progresser, et pas spécialement d’origine éolienne. Le solaire progresse très vite, les pompes à chaleurs océaniques sont très prometteuses et même en produisant de l’électricité à partir d’énergie fossile, le bilan final peut être nettement supérieur car l’électricité est une bien meilleure énergie motrice.
    Les batteries sodium-ion aussi peuvent apporter une évolution très écologique au véhicule électrique. Et les batteries actuelles ont un taux de recyclage déjà très honnête.
    Dernier point. L’autonomie de pas mal de véhicules électriques dépasse 300 km sur autoroute. Ils se rechargent vite, on peut faire Lille-Marseille avec, en consommant 20kwh/100 (équivalent à 2litres de gasoil).
    Ces véhicules ont une grande durée de vie, c’est maintenant prouvé.
    Voilà, c’est le monde d’aujourd’hui. Les électriques haut de gamme dépassent déjà en tous points les thermiques, même la presse auto la plus réac le reconnaît. Tous les constructeurs investissent massivement dans ces technologies. La suite des événements n’est pas difficile à deviner.

Ajouter un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page