Solido : les enjeux pour rester leader du marché en 2026

L’année 2026 ne sera pas une révolution pour Solido. Elle prendra plutôt la forme d’une évolution solide et rationnelle. Les bases sont fermement ancrées : il ne reste plus qu’à aller de l’avant. Pour cela, des choix stratégiques ont été faits. Ils porteront tant sur l’ouverture à de nouveaux marchés que sur le développement de nouvelles gammes. Voici un aperçu des tendances à venir pour cette année et un premier bilan sur ce qui a déjà été accompli… et sur ce qu’il reste à faire.

2015 : la renaissance de Solido

L’histoire de Solido n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Fondée en 1931, la marque a connu plusieurs rachats jusqu’à la fermeture de son usine historique d’Oulins en 2006. La reprise par le groupe Simba-Dickie en 2008 a redonné un second souffle. En 2015, la gestion a été confiée à Mini Express (OttOmobile et GT Spirit). Depuis, Clément Rouvière, chef de produit de Solido, a opéré une relance impressionnante.

On peut réellement parler d’une renaissance puisque Solido a changé de cap. Tout en continuant de développer des voitures françaises anciennes, la marque s’est ouverte à davantage d’univers, avec une approche beaucoup plus exhaustive et ambitieuse. Le fabricant breton enregistre une croissance record qui devrait s’amplifier durant cette année 2026.

L’impressionnante croissance de Solido sur le 1/18

Chaque mois, Solido dévoile de nombreuses nouveautés, axées autour de trois échelles principalement : le 1/18 constitue le cœur de gamme. Le 1/43 se développe aussi massivement, avec des marchés conclus avec des marques parfois. Quant au 1/24, l’offre se concentre autour de semi-remorques et elle se développe bien ! Le 1/12 reste plus timide en matière de volume mais il semblerait que le public soit présent pour accueillir ces plus grands modèles.

Pour atteindre de telles cadences de production, Solido peut compter sur différents atouts. Elle se positionne comme un fabricant de voitures miniatures plutôt d’entrée de gamme si l’on se concentre sur les tarifs… Mais la finition et l’aboutissement des modèles tend de plus en plus vers le milieu de gamme, dont Solido applique les codes. Si l’on porte notre regard sur les modèles à l’échelle 1/18, il y a des vitres sur les portières, des jantes peintes, des freins détaillés, des textures de plus en plus réussies et une finesse dans les détails.

Tout cela s’explique aussi par les forts volumes de production qui permettent de faire des économies d’échelle. Commercialiser un modèle 1/18 neuf à 44,95 €, c’est une véritable prouesse dans un tel contexte inflationniste. En optant pour des gros volumes de production, Solido parvient à rentabiliser plus facilement ses moules. Les déclinaisons colorées d’un même modèle y participent, souvent avec succès. Il suffit de voir les volumes de production impressionnants des BMW M3 E36 ou E46 par exemple !

Les choix stratégiques qui font la différence

À l’origine, les modèles Solido à l’échelle 1/18 disposaient de plusieurs parties ouvrantes : les portes avant, le capot et parfois le coffre. Lors de la reprise, les équipes ont fait le choix de se concentrer sur les deux plus importants : les portières avant. C’est un choix économique majeur puisque chaque partie ouvrante implique de créer un moule supplémentaire, ce qui alourdit les coûts de productions. Cela n’empêche pas le fabricant de proposer parfois un « petit plus » : des phares rétractables fonctionnels, un battant arrière mobile…

Aussi, Solido a pris l’habitude de multiplier les possibilités techniques en utilisant des pare-chocs en plastique. Cela permet de conserver un même moule en métal tout en éditant plusieurs variantes de pare-chocs à moindre coût. À la clé ? Davantage de modèles au catalogue. Ces outillages sont donc exploités au maximum, ce qui permet d’éviter d’avoir à monter les prix. En parallèle, tout cela s’accompagne d’une excellente communication sur les réseaux sociaux et de l’utilisation de codes qui plaisent à un public large.

De même, Solido profite de son expérience pour cibler plus efficacement les économies possibles. On notera que les plafonniers sont rarement habillés. C’est une partie peu visible que Solido préfère laisser « brute ». Cela permet de mettre l’attention sur d’autres détails plus importants.

La force de la communauté : Solido est l’une des rares marques à sonder ses fans sur les réseaux sociaux pour choisir les futurs coloris ou modèles. C’est un point fort de leur stratégie 2026.

Une concurrence à deux niveaux

La concurrence de Solido est complexe à appréhender. À l’échelle 1/43, le fait de commercialiser des modèles exclusifs (pour la plupart) autour des 26 €, c’est une stratégie qui paye. Le fabricant breton parvient à concurrencer frontalement Norev, IXO ainsi que tous les grands noms de la miniature.

À l’échelle 1/18, la concurrence est plus difficile à cerner, puisque le prix n’est pas le seul point de comparaison. D’ailleurs, Norev est souvent désignée comme étant le principal adversaire de Solido. Dans les faits, le nombre de fabricants augmente régulièrement, surtout à l’aide de la résine qui permet d’éditer de plus petits volumes. Les marques doivent répondre aux attentes de consommateurs en anticipant les tendances, en essayant d’obtenir des exclusivités…

Ce n’est pas un pari facile puisqu’il faut généralement une bonne année pour développer une voiture de miniature, de la phase de sélection du modèle, à son scan, son redessin, la création du moule puis le lancement de la production. Si deux marques sortent un même modèle en même temps, c’est souvent une coïncidence plus qu’une simple copie…

Pourquoi le virage asiatique divise la communauté

En feuilletant les derniers catalogues de Solido, on constate que les modèles français sont moins nombreux. Contrairement à certaines rumeurs, ils n’ont pas totalement disparu et heureusement. La stratégie de Solido vise une ouverture internationale, notamment sur le marché asiatique. Les modèles sont donc plus diversifiés mais pas uniquement japonais pour autant, bien loin de là !

De grands classiques japonais arrivent pourtant au catalogue, certains dans l’esprit JDM, pour séduire les collectionneurs internationaux. La demande est très forte et Solido l’a bien compris. D’ailleurs, l’année dernière, Solido a divisé sa présence sur les réseaux sociaux en deux entités : Solido France et Solido (pour la branche internationale). Preuve en est que la marque bretonne n’oublie pas son marché historique.

Cette diversification a entraîné une scission de la communication (Solido France vs Solido International) et une certaine grogne chez les puristes. Pourtant, l’offre globale a augmenté : il y a plus de modèles pour tout le monde. Le début d’année 2026 rassure d’ailleurs les fans de la première heure avec la Renault 4 CV au 1/18 ou l’inédite Clio 2 V6 phase 2 au 1/43.

Cadence de production vs finition

Comme les autres marques du groupe, Solido produit ses modèles au Bangladesh et non plus en Chine. Cela implique un changement d’usine et la formation de nouvelles équipes. À titre personnel, je suis agréablement surpris par la rapidité à laquelle les équipes ont pris leurs marques pour arriver aux standards souhaités. J’ai même l’impression que l’on a davantage de rigueur au niveau de certains assemblages.

Cependant, cette montée en puissance s’accompagne de quelques défauts visibles sur certaines productions. Cela peut-être des bulles sous la peinture, de légers manques ou encore des assemblages imparfaits. Rassurez-vous : ces phénomènes sont rares mais ils sont fréquemment remontés sur les réseaux sociaux, ce qui laisse penser à une généralité. Dans ma collection, j’ai bien constaté parfois ces petits défauts, qu’il est souvent possible de corriger facilement.

Les contrôles qualité vont probablement être durcis pour réduire ces incidents. Certaines productions semblent plus touchées que d’autres.

Endurance, Fast & Furious, tuning : l’offensive qui va faire mal

Autre aspect, l’année 2026 marquera l’arrivée de nouvelles gammes. Certaines sont déjà bien connues, d’autres sont plus confidentielles.

De plus, Solido s’ouvre à de plus en plus de licence. Elle a dernièrement obtenu la possibilité de modéliser les gammes modernes de BMW et Porsche. C’est une preuve supplémentaire du sérieux de la marque. Cela ouvre de nouvelles portes…

Un rapport qualité/prix qui séduit

Il est très facile d’acheter des Solido en France ! Le réseau de distribution est très large et comprend tant les supermarchés que les magasins de jouets. Ces nombreux canaux garantissent une visibilité maximale. Aussi, si le public de collectionneurs est déjà acquis, cette visibilité maximale permet aussi des achats coups de cœur. Une personne qui fait ses courses trouve dans le rayon la réplique 1/18 de sa voiture d’antan et l’achète.

Puisque les prix sont modérés, l’achat coup de cœur est plus facile. Aussi, certains fabricants ont déserté les rayons au profit de la vente en ligne. Cela profite à Solido qui profite d’un marché où elle est généralement seule sur le créneau du 1/18. Puisque la qualité est au rendez-vous (par rapport au prix), on peut se faire plaisir plus facilement, ce qui renforce encore la dynamique…

Verdict : Leader incontesté ou géant aux pieds d’argile ?

L’année 2026 semble donc très prometteuse pour Solido. S’il y a des enjeux importants, elle profite d’une place important. Elle devra aussi résoudre les quelques problèmes de qualité qui subsistent parfois tout en parvenant à entretenir la flamme, pour éviter tout phénomène de lassitude. Sur ce point, l’équipe menée par Clément ne manque pas d’idées.

Si Solido parvient à stabiliser ses chaînes de production tout en gardant son audace sur les licences Endurance et Cinéma, elle pourrait bien rendre la vie très difficile aux fabricants de résine. Une chose est sûre : à moins de 60 €, le rêve automobile n’a jamais été aussi accessible. Rendez-vous en 2027 pour voir si le géant breton saura garder la pole position.

Solido en 2026 : ce qu’il faut retenir

  • Croissance et échelles : le 1/18 reste le cœur de cible avec un prix ultra-compétitif de 44,95 €. Le 1/43 se densifie (26 €) et le 1/24 se spécialise dans les semi-remorques ;
  • Stratégie industrielle : la production est désormais localisée au Bangladesh. Solido privilégie les portières avant ouvrantes et l’optimisation des moules (pare-chocs interchangeables) pour contrer l’inflation ;
  • Virage international : une forte poussée sur les modèles JDM (Japonais) et les licences mondiales (Fast & Furious, Endurance LMDh) pour séduire l’Asie, tout en maintenant les classiques français ;
  • Enjeux qualité : une montée en cadence qui nécessite un contrôle qualité plus rigoureux (peinture, ajustements) pour satisfaire une communauté de collectionneurs de plus en plus exigeante.
Quitter la version mobile