Si vous cherchez une Ferrari F80 à l’échelle 1/18 et avec un budget limité, il y a de fortes chances que vos recherches vous mènent jusqu’à Bburago. Ce grand nom de la miniature propose deux gammes bien distinctes pour la majorité de ses modèles Ferrari, dont il détient la licence. Il y a la gamme standard (nommée Bburago) et une gamme Signature, qui se veut plus haut de gamme. Mais quelles sont vraiment les différences entre ces deux gammes ? C’est ce que je vous propose de découvrir à travers ce comparatif.
Bburago : un positionnement d’entrée de gamme
Qui n’a pas connu Bburago ? C’est un acteur historique dans le monde de la voiture miniature. Il est né en 1974 à Milan et a rapidement réussi à obtenir les licences Ferrari ou Lamborghini. Ce fabricant a rapidement multiplié les modèles réduits à succès, reproduisant des supercars célèbres, principalement à l’échelle 1/18. La marque a été rachetée par Mattel en 2005 puis par May Cheong Group (MCG) en 2007. Ce groupe hongkongais possède également Maisto. Pour éviter la concurrence interne entre Bburago et Maisto, décision est prise de spécialiser le premier sur le créneau des voitures européennes. En parallèle, la production bascule de l’Italie… à la Chine !
Concrètement, rien n’a vraiment changé pour les collectionneurs. Les modèles réduits Bburago sont toujours positionnés sur le segment de l’entrée de gamme. Le prix d’appel gravite généralement autour des 40 à 50 € et affronte directement Solido. Malheureusement pour le groupe hongkongais, la concurrence est donc rude d’autant plus que de nombreux acteurs sont arrivés par la suite : Model Car Group (MCG aussi !), KK-Scale ou même Triple 9.
MCG ou MCG ? Pas facile de s’y retrouver. D’un côté, nous avons le groupe May Cheong Group (qui commercialise Bburago, Maisto et Politil). De l’autre, Model Car Group qui supervise l’activité de la boutique en ligne allemande Modelcarworld et qui produit des miniatures 1/18 sous la marque MCG (qui sont en réalité de fabrication IXO). Les mêmes initiales, mais deux entités bien différentes !
Étoffer l’offre : le pari impossible ?
En rachetant Bburago, le groupe May Cheong fait face à une difficulté : faire évoluer deux marques de voitures miniatures qui produisent des gammes similaires, dans des ordres de prix identiques… Si la question de la segmentation des marchés a été résolue en européanisant Bburago, reste la perception de ces marques aux yeux du grand public. Toute personne qui a connu les Bburago dans son enfance garde en mémoire des modèles réduits sympas mais d’entrée de gamme, avec une finition légère. Cet ancrage « petit prix » dessert aujourd’hui le groupe qui semble, à l’inverse, vouloir monter en gamme.
La stratégie a été de créer une gamme de Bburago plus haut de gamme, identifiée par le badge Signature. Cette idée-là ne vient pas de nulle part. Lorsque Bburago était sous le giron de Mattel, HotWheels (qui appartient toujours à Mattel) disposait d’une gamme Elite. Celle-ci proposait des modèles réduits plus aboutis, plus chers et, sans doute, plus rentables. Mais là encore, les clients potentiels avaient du mal à cerner cette gamme. Avec le temps, les HotWheels Elite ont réussi à convaincre mais les débuts ont été très difficiles aussi. Dupliquer le concept pour Bburago, cela a du sens sur le papier…
Bburago Signature : un échec ?
Avant même de parler d’évoquer la qualité et de comparer le degré de finition entre une miniature Bburago et une miniature Bburago Signature, il faut parler un petit peu du contexte. Les modèles réduits Bburago Signature sont généralement vendus autour des 100 €, soit entre 30 et 40 € de plus que la gamme standard, à l’échelle 1/18. Pour l’occasion, on découvre aussi une nouvelle boîte, à dominante rouge et fermée, qui ne laisse pas voir le modèle. Fondamentalement, c’est assez réussi mais il n’y a pas le côté chic que l’on trouvait sur les HotWheels Elite.
De même, la typographie « Signature Series » ne permet pas d’identifier formellement que nous sommes sur une gamme plus haute. Il y a donc un problème de compréhension qui intervient et qui pénalise les ventes. Le constat est amer : les modèles Signature sont rapidement remisés par les revendeurs qui peine à les écouler. Commercialiser une Bburago parfois jusqu’à 130 €, ce n’est pas simple lorsque l’image de marque a toujours symbolisé le low-cost. Si Fiat commercialisait une supercar, ne pensez-vous pas que les clients serait réticents ?
Ce que la gamme Signature apporte vraiment
Reprenons notre exemple de la Ferrari F80 de Bburago à l’échelle 1/18. Pour la gamme Standard, le prix de vente était fixé autour des 70 €. Pour le modèle Signature, la note passe à 100 €. Pour justifier cet écart de 30 €, Bburago a donc dû segmenter intelligemment ces modèles. D’un côté, le modèle Standard fait office de locomotive et concentre la majorité des ventes… Tandis que le modèle haut doit s’adresser à un public qui a des attentes… Et qui compte bien retrouver une finition plus élevée. Pour autant, Bburago doit rentrer dans ses frais et proposer un seul et unique moule en zamac, qui doit convenir aux deux productions.
Indéniablement, la Ferrari F80 « classique » laisse bien apparaître la quête d’économies. L’absence de vitres latérales en atteste. Pourtant, ce n’est pas une impossibilité technique. Le fabricant parvient à « vitrer » certaines gammes moins onéreuses, c’est véritablement un choix esthétique qui permet d’identifier plus facilement les deux gammes. De même, la mise en peinture est plus partielle sur la version « classique », avec une simplification. Il en est de même pour le moteur comme pour l’intérieur. On perd la mise en peinture de certains composants mécaniques, le siège conducteur coloré ou même l’extincteur.
Tout le monde y gagne ? Pas vraiment…
Seulement, Bburago a été contrainte de faire des choix… Impossible d’atteindre un haut niveau de qualité de finition lorsqu’il faut développer des pièces communes entre deux gammes. Les choix stratégiques sont compréhensibles mais, à mon sens, ils sont discutables. Le modèle standard est correct dans l’ensemble mais on ressenti bien que certains éléments sont volontairement bâclés pour donner l’illusion d’une cohérence de gamme. À l’inverse, le modèle Signature conserve une finition qui ne correspond pas au prix de vente demandé. Les grilles sont pleines, la baie moteur est basique, les optiques sont négligés…
À vouloir bien faire, Bburago semble avoir perdu bien des collectionneurs. Ce système de double-gamme ne marche pas vraiment. Les stocks qui peinent à être écoulés malgré des remises régulières témoigne d’un fonctionnement en deux-temps qui ne plaît pas. Je pense heureusement que le groupe hongkongais a bien conscience de cette stratégie et a trouvé un remède qui aurait dû être mis en place depuis bien longtemps déjà. Cette solution, elle porte un autre nom : Polistil.
Polistil : le remède miracle ?
Dès 2014, le groupe May Cheong signe le rachat de la marque Polistil. Autrefois, c’était un célèbre fabricant de voitures miniatures, tombé dans l’oubli. Si quelques productions ont été rattachées à ce nom, c’est en 2025 que Polistil retrouve du sens. Désormais, la marque se spécialisera dans la production de voitures miniatures, principalement à l’échelle 1/18. Là où c’est intéressant, c’est que Polistil semble prendre la relève de Bburago Signature. Le positionnement tarifaire est proche. Bien que le nombre d’ouvrants soit restreint, Polistil revient avec un nom plus facile à porter que Bburago lorsqu’il s’agit de commercialiser une miniature à près de 100 €.
Polistil signe-t-elle la fin de Bburago Signature ? C’est tout ce que nous espérons, tant pour le groupe que pour les collectionneurs. Cela permettra de mieux dissocier les productions en évitant de réitérer les choix stratégiques actuels, qui ne marchaient plus vraiment. Les attentes des collectionneurs évoluent rapidement, tout comme la concurrence qui se renforce… Maintenant, il faudra voir si Polistil continuera d’avoir ses moules propres ou bien si la cohabitation hasardeuse avec Bburago reprendra…
Les marques du groupe : en bref
- Un moule commun : Bburago utilise le même moule zamac pour la gamme Standard et la Signature, ce qui plafonne mécaniquement la qualité de la version haut de gamme ;
- Un problème d’image : l’historique « entrée de gamme » de Bburago freine les ventes de la Signature, les collectionneurs peinent à accepter un tarif à 100 € sous cette bannière ;
- Des finitions réelles, mais limitées : la Signature apporte un habitacle peint, un extincteur et un moteur plus détaillé, des améliorations visibles mais insuffisantes face à la concurrence directe ;
- Polistil comme remède : en relançant cette marque italienne au positionnement similaire, MCG espère enfin dissocier montée en gamme et image low-cost sans sacrifier ses volumes Bburago.
| Bburago | Bburago Signature | Polistil | |
|---|---|---|---|
| Positionnement | Bon rapport qualité/prix, licences Ferrari & Lamborghini | Finitions améliorées : habitacle peint, moteur détaillé, extincteur visible, mises en peinture plus complètes d’éléments de détails | Relance d’une marque italienne historique par le groupe MCG. Positionnement tarifaire proche de la Signature, mais avec une image de marque neuve |
| Prix | 40 à 70 € | 90 à 130 € | 90 à 110 € |
| Enjeux | Gamme locomotive du groupe | Problème d’image qui freine les ventes | Gommer le passif de Signature |
