Ferrari F80 : un retour aux fondamentaux ?

Tous les dix ans environ, Ferrari dévoile une nouvelle hypercar. Les dernières en date ne sont autres que la LaFerrari de 2013 et l’Enzo de 2002. Des modèles qui repoussent les limites et qui témoignent du savoir-faire de la marque au cheval cabré. Maintenant, voici la Ferrari F80. Un nouveau modèle au style impressionnant qui cultive les symboles tout en apportant un niveau de performances exceptionnelles, en faisant l’une des voitures de série les plus rapides au monde. Cette fois, la marque italienne abandonne l’onctueux moteur V12 au profit d’un « petit » moteur V6 hybride développant la puissance de 1 200 chevaux. À la clé ? Une efficacité exceptionnelle… Mais comme souvent, cette hypercar produite à seulement 799 exemplaires a déjà trouvé tous ses futurs conducteurs (ou pilotes)…

Tout un symbole…

Il est difficile d’identifier la première hypercar de Ferrari. Certains vous citeront la 250 GTO de 1962, d’autres opteront pour la GTO de 1984. Toujours est-il que cette famille concentre les modèles les plus fabuleux et aboutit de la marque. Chaque nouvelle création permet de repousser les limites et de montrer le savoir-faire à tous les niveaux : en qualité de finition, en performances, en sensations… Et en prix ! Pour développer la F80, Ferrari a esquissé une belle sportive longue de 4,84 mètres, large de 2,06 mètres et haute de seulement 1,14 mètre. On découvre une face avant très aérodynamique qui comprend un épais masque noir juste au-dessus des optiques, rappelant la 365 GTB. L’avant est superbement nervuré avec un capot ajouré, un bouclier bien dessiné. Rien n’a été laissé au hasard. La marque a reconduit son système S-Duct, qui gère les flux d’air sous la voiture.

La Ferrari F80 repose sur une coque en carbone percée de multiples écopes, pour gérer parfaitement les flux aérodynamiques et permettre un refroidissement optimal des freins et du moteur. L’aileron arrière est mobile. Comme pour une Formule 1, il est capable de fournir jusqu’à 460 kg d’appui à l’avant et 590 kg à l’arrière à 250 km/h. Les designers sont parvenus à offrir un parfait équilibre avec une ligne qui pourrait évoquer celle de la F50.

Mais la grille du capot moteur rappelle aussi celle de la F40. Un savant équilibre qui s’accompagne d’une découpe très réussie des portes. L’ensemble est parfaitement harmonieux tout en évoquant de belles références de la marque. On observe également de discrets inserts en volume au niveau des écopes arrière. Tout cela participe à la beauté de cette Ferrari F80. D’ailleurs, la marque a opté pour des portes papillon, avec une charnière en deux parties, ce qui autorise une ouverture presque à angle droit.

De profil, on remarque des portes-à-faux assez importants, ce qui induit un empattement de seulement 2,67 mètres. Une architecture qui laisse plus de place à l’aérodynamique. On remarquera aussi de grandes jantes avec la possibilité d’avoir des jantes en carbone. Pour les couleurs de carrosseries, vous aurez un choix assez considérable…

Priorité au conducteur

Passons maintenant à bord de la Ferrari F80 où l’on découvre une très belle planche de bord, dessinée sobrement. Là encore, on ressent très nettement l’inspiration de la compétition. Les informations sont centralisées derrière un grand écran d’instrumentation, personnalisable. On découvre aussi un superbe volant qui donne accès aux fonctions de conduite principales, libérant l’habitacle de la plupart des boutons physiques. On notera que ceux qui sont présents sur le volant sont désormais physiques et que ce même volant se pare de deux méplats. Le conducteur conduira les jambes presque tendues, comme en Formule 1. Heureusement, le siège est réglable dans de nombreuses positions. Le conducteur dispose par ailleurs d’un superbe baquet de couleur rouge.

Il y a bien un second siège à bord de la Ferrari F80 mais celui-ci est bien relégué au second plan. La marque parle d’ailleurs de cette nouvelle supercar comme étant une « 1+ ». Ce second siège est dans une finition noire et il est en décalé (moins large) afin de favoriser le confort du conducteur. La console centrale a une finition assez « brute », évoquant, là encore, de précédentes productions de la marque. C’est aussi le cas de la sangle de couleur rouge, destinée à ouvrir la porte. Côté pratique, on composera également avec un petit coffre de 35 litres. De toute manière, la F80 n’a pas vocation à vous emmener très loin en vacances ou même à aller faire les courses à Leclerc. Pas de superflu : la F80 va à l’essentiel.

Tout comme pour l’extérieur, de nombreuses possibilités de personnalisation sont ouvertes pour l’habitacle. Le baquet du conducteur peut être noir, gris, rouge, jaune ou même bleu en fonction des goûts. Un large spectre de personnalisation qui permettra d’aboutir sur des configurations très réussies. Notons que toute la structure de la voiture est en carbone, permettant de gagner un maximum de poids. La masse serait ainsi réduite à 1 525 kg seulement. C’est assez exceptionnel pour une hypercar d’un tel niveau de puissance. Justement, parlons un petit peu de ce que l’on trouve sous le capot avec un constat : le moteur V12 n’a malheureusement pas été retenu.

Une motorisation hybride de 1 200 chevaux

S’il existe toujours des Ferrari modernes à moteur V12, la F80 avait pour objectif d’être la plus efficace possible. Dès lors, la marque italienne a préféré raisonner d’un point de vue technique plutôt que nostalgique. Tout comme la F499 victorieuse aux 24 Heures du Mans, la F80 adopte un moteur V6 biturbo de 3.0 litres développant 900 chevaux et 850 Nm de couple. Il est accompagné de trois moteurs électriques. Le premier est situé à l’arrière. Il assure la régénération et permet d’injecter jusqu’à 81 chevaux pour épauler le V6 essence. À l’avant, deux moteurs de 142 chevaux chacun font de la F80, un modèle à transmission intégrale. Le tout passe au sol par l’intermédiaire de la boîte de vitesse robotisée F1 à huit rapports et double embrayage. À la clé, une puissance totale cumulée de 1 200 chevaux. Un record…

La Ferrari F80 dispose également du Torque Vectoring, qui permet d’envoyer le couple efficacement sur une roue en particulier. Elle embarque aussi une batterie haute-tension de 860 V d’une capacité de 2,28 kWh. Celle-ci se recharge exclusivement en roulant. Une seconde petite batterie de 48 V est aussi là, prenant la forme d’une micro-hybridation. Toutefois, n’espérez pas d’autonomie électrique. Cette architecture hybride vise avant tout les performances. Le 0 à 100 km/h peut être effectué en 2,15 secondes seulement. Pour passer de 0 à 200 km/h, seulement 5,75 secondes sont nécessaires. Elle est également capable d’atteindre la vitesse de pointe de 350 km/h. Autant dire que les performances sont largement dignes de la branche Hypercar de la marque italienne…

Une évolution ultime…

Ce n’est pas la première fois qu’une Ferrari hybride voit le jour. Néanmoins, cette architecture à quatre moteurs est assez inédite. On imagine assez bien la complexité technique pour tirer un maximum de performances d’un tel ensemble. Ferrari a aussi intégré une suspension de nouvelle génération, avec une double triangulation et des amortisseurs actifs. Une architecture pointue qui favorise la remontée d’informations dans la direction tout en maximisant l’efficacité. D’ailleurs, de nombreux réglages sont possibles, notamment la hauteur de caisse, afin de correspondre aux besoins du moment. Trois modes de conduite sont aussi proposés : Hybride (mode géré automatiquement qui gère l’équilibre entre thermique et électrique), Performance (favorise l’efficacité et veille à maintenir la batterie autour des 70 % de charge) et Qualify (qui délivre toute la puissance en toutes circonstances).

La Ferrari F80 ne sera produite qu’à 799 exemplaires seulement. Chacun d’entre eux coûte la bagatelle de 3,6 millions d’euros. Une somme très importante mais n’ayez pas de regrets : tous les exemplaires ont déjà trouvé preneur. Il est courant que, chez Ferrari, les hypercars soient avant tout destinées aux fidèles clients de la marque. Pour s’offrir un premier modèle de la marque, il est généralement préférable de s’orienter vers un modèle plus « classique ». Une fois encore, la marque italienne est donc parvenue à créer une superbe machine de rêves. Beaucoup décrieront l’absence du moteur V12… Mais ce V6 biturbo dérive directement de celui de la 499P qui a remporté – à deux reprises – les 24 Heures du Mans…

Quitter la version mobile