Mitsubishi a un objectif assez clair : pénétrer davantage le marché européen. Pour cela, la marque japonaise adopte une stratégie assez mal comprise : celle d’intégrer des modèles Renault rebagdés à sa gamme. Cette approche vise à constituer une gamme complète à moindre coût… Avant de passer à l’offensive ! Cette quatrième collaboration avec la marque au losange permet d’apporter une seconde génération au SUV Eclipse Cross. Reposant sur la plateforme du Scénic E-Tech, cela en fait la première Mitsubishi 100 % électrique de l’histoire, si l’on oublie volontairement la i-Miev. Cela sera-t-il suffisant pour augmenter les volumes de vente ? Il dispose pourtant d’un argument solide.
Une stratégie qui divise…
Lorsque l’on pense à Mitsubishi et que l’on aime les voitures, on ne peut qu’avoir une pensée nostalgique des belles époques… La fougue d’une Lancer Evolution, notamment. Pourtant, ce temps est révolu. La marque japonaise a une approche nettement plus consensuelle. Le rayonnement international de la marque permet de développer des modèles « mondiaux » et de préparer des voitures pour certains marchés uniquement. En Europe, c’est auprès de Renault que Mitsubishi s’approvisionne. Ce n’est plus un secret, la Colt est une copie de la Clio, l’ASX est un Captur rebadgé, le Grandis est calqué sur le Symbioz… Et cet Eclipse Cross n’est autre qu’un Scénic E-Tech. L’objectif est clair : augmenter les volumes de vente. En 2024, à peine un petit millier de voitures a été vendu en France.
Pourtant, Mitsubishi propose un argument choc : une garantie de 8 ans ou 160 000 kilomètres pour attirer. Actuellement, la gamme ne comprend qu’un unique modèle exclusivement développé par elle-même : l’Outlander. Constituer une gamme complète avec des coûts de développement réduits, cela permet d’occuper le terrain et d’attirer un public plus large. La marque ambitionne d’ailleurs une croissance de 30 %. L’approche est assez dénigrée mais elle est pourtant parfaitement assumée. Dans le cas de cette seconde génération d’Eclipse Cross, le choix a donc été fait de s’appuyer sur la base du dernier Scénic E-Tech, un modèle 100 % électrique. Un travail plus conséquent que d’habitude a été réalisé pour tenter de se détacher du cousin français.
Un dessin plus identitaire
Les précédentes productions rebrandées s’apparentaient surtout à du rafistolage. Là, on sent bien que les équipes ont voulu aller un petit peu plus loin. On retrouve notamment la signature Dynamic Shield. Les optiques du Scénic sont conservées mais la face avant est redessinée. Cela comprend notamment des feux de jours spécifiques avec des traits horizontaux, une calandre texturée et un bouclier remodelé. Le motif en nid-d’abeilles passe plutôt bien et permet de s’adapter plus facilement aux codes stylistiques de Mitsubishi. Côté dimensions, on reste sur un véhicule long de 4,47 mètres, large de 1,86 et haut de 1,57. Des dimensions similaires à celles du Scénic. On remarquera aussi que le dessin du capot est spécifique avec des nervures supplémentaires.
Le profil évolue aussi. Si les lignes du Scénic sont bien là, on remarque que les jantes sont spécifiques. Deux diamètres sont proposés : 19 ou 20 pouces. Dans les deux cas, le design triangulaire est inédit et passe assez bien. Surtout, le profil est assez différent au niveau de la partie arrière. Le jonc chromé qui souligne la partie inférieure du vitrage aboutit sur une forme géométrique qui « remonte ». Cela donne un côté plus SUV, marquant davantage la différence avec le Scénic. À l’arrière, les feux du Scénic sont intégrés tels quels mais avec un bandeau noir. Le design du bouclier est aussi spécifique. Par ailleurs, quatre finitions seront proposées : Inform, Invite, Intense et Instyle. Du côté des coloris, la palette se réduit au Volcanic Grey, au Crystal White, au Sapphire Blue, au Sunrise Red et enfin à l’Onyx Black. Pas de teinte exclusive donc.
L’Eclise Cross abandonne l’hybridation
Ce Mitsubishi Eclipse Cross de seconde génération marque une véritable cassure avec son prédécesseur. Auparavant hybride rechargeable, le SUV japonais devient 100 % électrique. Il reprend naturellement la fiche technique exacte du Scénic. À savoir, un moteur électrique de 220 chevaux implanté à l’avant, lié à une batterie de 87 kWh qui autorise un petit peu plus de 600 kilomètres d’autonomie. Une seconde version moins puissante pourrait arriver par la suite. Il devrait s’agir du moteur de 170 chevaux, avec la batterie de 60 kWh. Aucune surprise « mécanique » donc. L’Eclipse Cross pourra être chargé à l’aide d’un câble AC de 22 kW et sur les bornes publiques DC avec jusqu’à 150 kW de puissance.
Cette offre 100 % électrique pourrait avoir un intérêt car la marque nippone n’en propose pas dans sa gamme. Maintenant, il faudra voir le positionnement tarifaire. Celui-ci devrait être proche des prix pratiqués chez Renault. Naturellement, on pourrait craindre une cannibalisation des ventes au sein du groupe. Pourtant, les deux marques ont leur public. Malgré de fortes similitudes entre les deux produits, le Scénic E-Tech et l’Eclipse Cross ne devraient pas se faire de l’ombre. À titre d’exemple, l’ASX n’a pas entaché les ventes du Captur. L’intérêt majeur du japonais, c’est sa garantie de 8 ans ou 160 000 kilomètres.
« Le nouvel Eclipse Cross pousse encore plus loin l’expression de l’identité de Mitsubishi Motors, en offrant les mêmes performances de conduite dynamiques dans un SUV au design évolué caractéristique d’un véhicule électrique, tout en procurant un sentiment de protection au conducteur et aux passagers »
Ryosuke Matsuoka, directeur général de Mitsubishi Motors Europe Design
À bord : pas de changement majeur !
La planche de bord est globalement très proche de celle du Scénic. L’interface numérique a bien été quelque peu revu mais on y retrouve tout l’environnement Renault. Le centre du volant a aussi été changé mais c’est surtout au niveau de la sellerie que les changements sont les plus perceptibles. Le Mitsubishi Eclipse Cross s’offre de belles selleries surpiquées. Y aura-t-il de la couleur possible ? Ça, c’est moins sûr. Les écrans de 12,0 pouces sont toujours de la partie au même titre que l’espace assez généreux aux places arrière. On conserve également le volume de coffre de 478 litres, capable de s’étendre jusqu’à 1 455 litres si vous rabattez la banquette arrière. Pas mal !
Comme pour le Scénic, l’Eclipse Cross offre une large panoplie d’équipements de sécurité et donne accès à plusieurs réglages personnalisés. L’ensemble est regroupé au sein de la fonction My Safety Perso. Elle permet d’activer ou de désactiver les aides qui plaisent ou déplaisent (ADAS). Jusqu’à 20 systèmes d’aides à la conduite peuvent cohabiter, de série ou en option. Cela fait appel à un ensemble de capteurs et de caméras, permettant de restituer une vue à 360° pour anticiper toute situation de danger.
À quel prix ?
Si Renault « prête » son Scénic à Mitsubishi pour élaborer l’Eclipse Cross, il n’est pas question pour autant de créer un différentiel de prix énorme entre les deux. On peut donc s’attendre à un prix de départ autour des 46 000 €. La « copie » pourra compter sur une garantie à rallonge. Mais cet argument sera-t-il suffisant ? La technologie électrique peine à séduire sur le segment des SUV…
