La nouvelle Audi RS 5 a un message important à faire passer

Avec ses sorties d’échappement démesurées et son passage à l’hybridation, on ne peut pas dire que la nouvelle Audi RS 5 a mis tout le monde d’accord. Pourtant, même si certains choix esthétiques et mécaniques peuvent surprendre, ce nouveau modèle porte un message fort : celui que la voiture sportive n’est pas morte et qu’il y aura toujours de la place pour les « gros » moteurs. Je vous propose une rapide découverte de l’Audi RS 5 de 2026, qui a toutes les chances de rentrer dans l’histoire…

L’héritage sportif comme raison d’exister

La sportivité a toujours été dans l’ADN d’Audi. La marque aux anneaux s’est illustrée dans diverses disciplines : le groupe B, l’endurance et même en Formule 1 depuis cette année. En parallèle, les modèles sportifs homologués sur route ont toujours suivi la tendance. On pense bien sûr à l’Audi Quattro mais il aura fallu patienter jusqu’en 1994 pour que l’Audi RS 2 voit le jour. Concrètement, c’est un break sportif développé en collaboration avec Porsche ! Cet événement insolite a donné suite à la branche sportive RennSport, toujours au catalogue.

Cette nouvelle Audi RS 5 repose sur la même base technique que l’A5 actuelle. Celle-ci assure la relève de l’A4 en s’appuyant sur des motorisations thermiques. On retrouve d’ailleurs le choix possible entre deux carrosseries : la berline et le break. Côté design, c’est forcément beaucoup plus musclé… La caisse s’élargit notamment de 8 centimètres pour pouvoir loger des jantes forgées allant jusqu’à 21 pouces de diamètre.

La RS 5 ? Une Audi A5 sous stéroïde

Un rapide regard suffit à comprendre le travail des designers. Rarement une Audi n’avait eu un faciès aussi expressif. Difficile même de dissocier le pare-chocs de la calandre. L’ensemble donne un visuel très agressif, avec un motif en nid d’abeille étiré à fond noir. Les écopes maximisent le refroidissement tandis que le logo est rehaussé de quelques centimètres. Toujours très portée sur les détails, Audi a opté pour des projecteurs Matrix LED surmonté d’un motif lumineux à damiers.

Les ailes avant intègrent un extracteur d’air, donnant un look encore plus trapu. On notera aussi que de série, on trouve des jantes alliage de 20 pouces. En option, le pack Audi Sport apporte les jantes forgées de 21 pouces, en finition diamantée. La vitesse de pointe est débridée à 285 km/h et les disques de frein en carbone-céramique sont installés, avec un diamètre de 440 millimètres à l’avant. Ces derniers permettent d’économiser 30 kg sur la balance tout de même…

Le saviez-vous ? La RS 5 remplace désormais la RS 4 dans la nouvelle nomenclature d’Audi (chiffres pairs pour l’électrique/hybride, impairs pour le thermique pur, bien que la RS 5 soit ici un pivot).

Provoquer ? Oui mais c’est pour la bonne cause

Le génie d’Audi, ça a été d’assumer pleinement ce style presque caricatural. On peut y voir plusieurs explications. Déjà, cela renforce le côté sportif et c’est un aspect qui compte beaucoup de nos jours. Pendant longtemps, les berlines et breaks sportifs de chez Audi étaient assez timides visuellement, c’était la force tranquille. Depuis une dizaine d’années, les muscles sont exhibés fièrement.

L’élément le plus discuté, c’est indéniablement ces sorties d’échappement XXL intégrées au sein d’un diffuseur surdimensionné. Le message semble assez clair : la nouvelle Audi RS 5 a un gros moteur essence et elle l’assume fièrement, à travers cet élément. Beaucoup y verront de la frime, de la provocation… Mais inutile de dégainer l’argument de la voiture qui pollue puisque la marque aux anneaux a réussi à l’exploit d’échapper au malus écologique portant sur les émissions de CO2. Pour cela, elle a dû faire un choix stratégique.

L’Audi RS 5 devient hybride… Pour une bonne raison !

Sous son long capot, l’Audi RS 5 récupère le moteur V6 TFSI de 2.9 litres de la précédente RS 4. Il s’appuie sur un cycle Miller modifié et intègre ses deux turbocompresseurs au centre des bancs. La puissance grimpe alors à 510 chevaux et passe la puissance au sol par l’intermédiaire d’une boîte de vitesses tiptronic à 8 rapports. Celle-ci intègre en son centre un moteur électrique de 130 kW (177 chevaux) qui améliore encore les performances tout en réduisant la consommation de 20 %.

Côté performances pures, le 0 à 100 km/h est réalisable en seulement 3,6 secondes. Mais attention, les performances maximales ne sont tenables que lors du mode Boost, qui fonctionne comme un overboost, pendant 10 secondes. La puissance cumulée grimpe alors à 639 chevaux pour 825 Nm de couple. Si le gap de puissance est impressionnant, il faut tenir compte que cette technologie complexe apporte du poids : 2 355 kg pour la berline, 2 370 kg pour le break…

Ne vous trompez pas : en devenant hybride-rechargeable, l’Audi RS 5 est capable de rouler en mode 100 % électrique. C’est surtout le prétexte pour échapper au malus tout en augmentant les performances. Cependant, elle propose une autonomie électrique de 84 kilomètres, ce qui n’est pas négligeable.

Côté efficacité : ça promet !

Un second moteur électrique permet d’envoyer 11 chevaux et 40 Nm de couple au différentiel. L’objectif ? Obtenir une répartition ultrarapide du couple entre les roues arrière. Jusqu’à 2 000 Nm de différence peut être appliqués en 15 millisecondes seulement. Cette transmission Quattro de nouvelle génération permet d’augmenter encore l’efficacité sur piste. De plus, les suspensions Sport RS adoptent des amortisseurs à double valve inédits. Ils séparent physiquement les réglages de détente et de compression.

Plusieurs modes de conduite sont intégrés, notamment un qui permet de rouler en mode 100 % électrique. Les modes les plus extrêmes, RS Sport et RS Torque Rear, impliquent d’avoir une charge de batterie suffisamment élevée (90 % minimum) pour être activée. Sans surprise, la petite batterie de 25,9 kWh (22,0 kWh nets) peut être rechargée lors des décélérations et freinages. Elle peut aussi être chargée à domicile à l’aide du câble de recharge (mode 3, connecteur type 2) fourni de série. Comptez 2 heures et 30 minutes pour une charge complète à 100 %.

Communiqué Audi France

L’intérieur sans surprise de l’Audi RS 5

L’habitacle de l’Audi RS 5 est la partie qui nous a le moins surpris. Comme à son habitude, la marque aux anneaux place la barre assez haut ! Un intérieur de belle facture, bien dessiné et agrémenté de touches colorées. En option, les clients pourront choisir la couleur des surpiqûres de sièges et les habillages. Toujours très technologique, cet intérieur intègre l’Audi Virtual Cockpit, avec une instrumentation numérique de 11,9 pouces. L’écran central MMI s’étant sur 14,5 pouces de diagonale tandis que le passager profite (de série) de son propre écran de 10,5 pouces.

On notera aussi des sièges baquets de série, avec les réglages électriques de série et même une fonction massage. Pour celles et ceux qui roulent beaucoup, c’est un argument qui plaît généralement ! L’ergonomie semble assez réussie et donne envie de prendre le volant de cette nouvelle Audi RS 5 ! En option, il est possible de choisir des inserts décoratifs en carbone sergé, en aluminium brossé mat ou en aluminium noir laqué.

Le message fort que fait passer Audi

Alors que la voiture électrique gagne du terrain, Audi nous propose une RS 5 qui s’appuie sur un bon moteur V6. Le design bodybuildé et les grandes sorties d’échappement semblent vouloir indiquer qu’il y aura toujours de la place pour les sportives thermiques. C’est donc un message fort… Quant au choix de l’hybridation, cela profite aux performances, au détriment du poids. De nos jours, c’est surtout l’occasion d’échapper au malus sur les émissions de dioxyde de carbone. Ne serait-ce pas le bon compromis ?

Autre aspect, l’Audi RS 5 berline est disponible à la commande à partir de 118 000 € (119 500 € en break). En échappant au malus, elle réduit significativement l’écart avec la S5 à « seulement » 13 000 €. Cela rend la RS 5 encore plus désirable et intéressante. En revanche, elle reste soumise au malus au poids1, malgré l’abattement qui existe.

Une Audi RS 5 qui doit faire ses preuves

En définitive, cette nouvelle Audi RS 5 réussit un tour de force : rester politiquement correcte sur le papier grâce à son autonomie électrique de 84 km, tout en offrant un tempérament plus volcanique que jamais. Certes, le poids sur la balance (plus de 2,3 tonnes) fera grincer les dents des adeptes du « light is right », mais la technologie de répartition du couple et la suspension à double valve promettent une agilité bluffante.

Elle se positionne intelligemment face à une concurrence souvent lourdement pénalisée par le fisc. Audi prouve ici que l’hybridation n’est pas une fin en soi, mais un nouveau souffle pour nos moteurs passion. Reste maintenant à vérifier si, une fois la batterie vide, le V6 biturbo conserve toute sa superbe sur les routes sinueuses. Rendez-vous cet été pour les premiers essais !

Et face aux concurrentes ?

Audi RS 5Mercedes-AMG C 63 SBMW M3 Compétition
MoteurV6 2.9 litres PHEV4-cylindres 2.0 litres PHEV6-cylindres 3.0 litres biturbo
Puissance639 chevaux680 chevaux530 chevaux
Couple825 Nm1 020 Nm650 Nm
0 à 100 km/h3,6 secondes3,4 secondes3,5 secondes
Poids2 355 kg2 125 kg1 780 kg
Malus CO20 €80 000 €80 000 €

La nouvelle Audi RS 5 en bref

  • L’Audi RS 5 (2026) devient le premier modèle RS hybride rechargeable (PHEV). Elle conserve son V6 2.9 TFSI biturbo de 510 ch, couplé à un moteur électrique de 177 ch ;
  • Une puissance cumulée de 639 ch et 825 Nm de couple, permettant un 0 à 100 km/h en 3,6 secondes ;
  • Grâce à son autonomie électrique et ses faibles émissions de CO2 (environ 86-102 g/km), la RS 5 échappe au malus écologique en France. C’est un avantage concurrentiel massif face aux sportives 100% thermiques ;
  • La carrosserie est élargie de 8 cm par rapport à l’A5 classique, avec des jantes allant jusqu’à 21 pouces et une signature lumineuse OLED personnalisable.
  1. Pour la berline (2 355 kg – 200 kg = 2 155 kg de masse fiscale), le malus au poids sera tout de même significatif (plusieurs milliers d’euros), même s’il reste bien inférieur aux 60 000 € ou 80 000 € du malus CO2 des concurrentes. ↩︎
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