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Au fait, ça veut dire quoi « Light is right » ?

Vous avez certainement déjà entendu la citation « Light is right ». On pourrait la traduire par « ce qui est léger est bien », mais c’est moins élégant. Cela pourrait être le slogan marketing pour un régime miracle permettant de perdre 10 kg en 10 jours. Pourtant, cette citation a été prononcé par Colin Chapman. Un nom bien connu dans le monde automobile puisqu’il s’agit du fondateur de la marque Lotus. Je vous propose de découvrir la signification de cette citation, de la contextualiser. Puis nous verrons s’il existe encore des voitures « light is right » en 2020. Car si le parc automobile français tient davantage du pachyderme que de la gazelle, la voiture à sensations existe toujours.

Qui est Colin Chapman ?

Colin Chapman est un ingénieur anglais que l’on connaît pour avoir conçu les voitures de la marque Lotus. Pour autant, il est intéressant de remonter un peu le temps. Né en 1928, Anthony Colin Bruce Chapman (comme l’indique sa carte d’identité) a effectué son service miliaire au sein de la RAF, les forces aériennes britanniques. En tant qu’ingénieur, il apprend les principes aéronautiques et comprend que la recherche de légèreté est la clé de beaucoup de succès. Moins de poids, ça nécessite moins de puissance, moins de contraintes mécaniques pour plus d’efficacité et d’agilité. C’est un constat simple et pourtant, beaucoup vont à contre-courant…

Il s’essaie à la compétition automobile, qui est sa passion. En 1952, il crée Lotus Cars bien que les premières voitures modifiées par Chapman voient le jour dès 1948. Il s’agit alors d’Austin Mini généreusement améliorées. En 1955, il participe aux 24 Heures du Mans avec la Lotus 9 numéro 48. La voiture abandonna. D’ailleurs, c’est cette même année qu’un terrible accident se produisit, tuant 84 personnes… Les années suivantes sont plus ou moins réjouissantes avec une neuvième place au général en 1957. En 1961, Colin Chapman décide d’arrêter ses participations en raison de règles jugées peu favorables pour les constructeurs n’étant pas des artisans français. Cette même année, la Lotus 23 fut déclassée et ce fut la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Quand on aime, on ne compte pas. Sauf les kilos en trop.

Colin Chapman, c’est le genre de personne à ne pas se reposer sur ses lauriers. Ainsi, que ce soit en Formule 1 ou en endurance, il a réalisé plusieurs exploits. Pas moins de sept titres de champion du monde des constructeurs en F1 ont été obtenus par Lotus entre 1963 et 1978, bien qu’il stoppa personnellement le pilotage bien plus tôt ! Pour y parvenir, il développa pour la première fois un châssis/coque en fibre de verre et polyester pour gagner du poids.

C’est d’ailleurs lui qui créa la première Formule 1 en monocoque, tout comme le moteur en position centrale arrière, le moteur porteur, les radiateurs latéraux ou même les quatre roues motrices et le moteur à turbine… Jamais en panne d’idée, l’homme va au bout de sa démarche avec un double châssis pour la Lotus 88. Par ailleurs, Lotus fut sponsorisée par un célèbre fabricant de tabac, ce qui permit de mener à bien bon nombre de projets.

La Lotus 49, qui inaugura le moteur en position centrale arrière

« Light is right », c’est donc une citation qui correspond particulièrement bien à cet homme. Ses modèles n’ont jamais été les plus puissants, ni les plus imposants. Cette quête de légèreté le suivra tout au long de sa vie et qui n’empêchera pas les Lotus d’aller plus vite que certains concurrents. Un pari audacieux qui porte ses fruits même si la fiabilité n’est pas toujours au rendez-vous. Les concurrents, fatalement, privilégiaient le gain de chevaux. C’est bon pour l’image de montrer une progression… Mais dans les faits, le gabarit augmente tandis que les sensations s’amenuisent. La puissance en chevaux, sans autre indication, c’est avant tout une question d’égo et de fierté… Si on n’évoque pas le poids ! La notion de rapport poids/puissance prévaut…

Que signifie « Light is right » ?

« Light is right » symbolise justement cette démarche qui vise à retirer pour améliorer plutôt qu’ajouter pour compenser. Alors forcément, cela se fait au détriment du confort, de l’habitabilité, des équipements et de la finition, aussi bien pour les modèles de route que de compétition. Mais le constat est là : Colin Chapman a instauré une philosophie. Le terme de « planche de bord » prenait tout son sens. Point de sièges électriques, point de climatisation, point de tableau de bord moussé ni d’autres gadgets. Le pilote faisait corps avec sa voiture et les résultats dépendaient pour grande partie des compétences de pilotage…

Les Caterham sont les descendantes des Lotus Seven. Coïncidence ? Pas du tout.

Une voiture « light is right » est donc avant tout légère, assez proche du sol, avec un gabarit petit à moyen, un moteur modeste aux regards de la concurrence, un équipement faible à moyen et surtout : un rapport poids/puissance attrayant. Avoir 300 chevaux dans une Audi S3 ou une Caterham, cela change du tout au tout au niveau des sensations… Toutefois, il est nécessaire de trouver un certain équilibre. Chapman eut des reproches sur le fait que pousser le « light » à l’extrême, ce qui n’était pas très « right » pour la sécurité…

Le « light is right » en 2020

De nos jours, les voitures sont blindées de technologies et ont pris beaucoup de gabarit sur l’autel de l’habitabilité et des équipements de sécurité. Une simple Renault 18 GTL de 1980 pesait moins d’une tonne quand aujourd’hui, une Renault Megane 4 TCE 130 est plus lourde de 250 kg. Tout cela apporte du confort au détriment de l’efficacité, et surtout des sensations.

Heureusement, certaines voitures sportives ne sont pas tombées dans le piège du « qui a la plus grosse ». Même si elles sont rares, les voitures « light is right » existent encore et séduisent un public passionné. Chapman n’est plus de ce monde mais Lotus a conservé cette philosophie pour ses productions même si un SUV est malheureusement dans les cartons.

Quel moteur choisir Mazda MX-5
Même si ce n’est pas un monstre d’efficacité, la Mazda MX-5 est relativement légère pour la catégorie !

Je pense par exemple à la Mazda MX-5, qui a conservé la propulsion, le poids léger, le moteur atmosphérique, la boîte de vitesse manuelle et un prix lui aussi très « light ». Et même si ce n’est pas la plus efficace, elle demeure un roadster génial pour les balades sur les routes de campagne.

Dans un registre plus onéreux, les Lotus Elise et Exige perdurent la recette même si le poids a augmenté ces dernières années. Chez Caterham (notez l’emplacement du « h »), la recette traverse les décennies sans prendre une ride. Westfield et Donkervoort suivent ces préceptes tout en apportant un petit peu plus de docilité. Et comment ne pas évoquer les KTM X-Box et Ariel Atom ?

En revanche, bon nombre de constructeurs autrefois réputés pour leurs modèles légers ont aujourd’hui tourné la page. Chez les constructeurs de supercar, la majorité des réalisations sont de véritables parpaings surpuissants dont certains atteignent les deux tonnes. Pourtant, la vitesse et les sensations sont bien deux choses distinctes. Et ça, tout le monde ne l’a pas compris.

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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

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