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Vanderhall Carmel : 200 chevaux dans un tricycle de luxe

Eric, c’est le patron d’Erikwad et il m’a directement annoncé la couleur : sa boutique, c’est un magasin de jouets. De grands jouets. En arrivant sur place, dans la Manche, on y découvre tous les modèles que l’on aurait pu trouver chez HotWheels, mais en taille réelle. On en prend plein les yeux. Mais aujourd’hui, je vais vous parler plus en détails de Vanderhall avec l’essai du modèle phare : la Carmel. Ce nom ne vous dit peut-être rien… Mais si vous aimez les voitures à sensations et les petits rapports poids/puissance, vous allez adorer. Je vous embarque à bord du plus excitant des tricycles que j’ai pu conduire à ce jour. Et cela tombe bien, il faisait beau ; une excuse supplémentaire pour s’alléger des quelques kilos du toit amovible.

Fiche technique Vanderhall Carmel

Dimensions3,70 x 1,75 x 1,14 mètres
Poids640 kg
TransmissionTraction
Boîte de vitessesAutomatique, 6 rapports
Commercialisationdepuis 2019
Moteur1.5 litre 4-cyl. en ligne turbo
Puissance194 chevaux à 5 700 tr/m
Couple280 Nm
0 à 100 km/h4,5 secondes
Vitesse maximale222 km/h
Puissance fiscaleNC
Consommation mixteNC
Prix du neufdès 54 990 €

Essai vidéo de la Vanderhall Carmel

Une rencontre du troisième type

Nous sommes au début du mois d’avril, il fait frais, le pare-brise de la Peugeot 508 PSE est encore gelé. Quelques kilomètres de route et nous voici en plein cœur de la Manche, à Guilberville. C’est là qu’a élu domicile Erikwad, depuis une dizaine d’années. Cette enseigne, dirigée par Eric Trottier, distribue bon nombre de véhicules à 3 ou 4 roues, tous plus atypiques les uns que les autres. Au moment d’arriver, je tombe directement sur un tricycle Vanderhall, sous un joli rayon de soleil. Impossible de ne pas reconnaître la bête : cet immense groin tout noir est unique sur le marché. Il s’agit plus précisément du modèle Edison, qui est la version électrique.

Avant Vanderhall Carmel

Mais ça, on en reparlera un petit peu plus tard car le modèle que je vais vous présenter aujourd’hui, c’est le modèle Carmel, 100% thermique. Après une visite des locaux, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec Phil Dunmore, directeur des ventes à l’international de Vanderhall. C’est l’occasion de lui poser mes questions mais aussi de vous parler plus concrètement de ce constructeur américain dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler. Quand on évoque les voitures à trois roues, on pense spontanément à la Morgan 3-Wheeler, à la Pembleton, au Polaris Slingshot ou encore aux Carver One et autres Can Am. Vanderhall est encore méconnue en France (pour le moment).

Vanderhall, c’est la concrétisation du rêve de Stephen Hall. Un projet qui a vu le jour en 2010 et qui avait pour cahier des charges de créer un véhicule plaisir. Pour cela, il fallait résoudre un certain nombre de problématique pour se démarquer et offrir une expérience de conduite unique. Rapidement, l’orientation vers un modèle trois-roues est prise. Mais il faut encore déterminer la meilleure architecture : traction ou propulsion ? Il convient, bien sûr, d’offrir la meilleure stabilité et d’afficher une répartition des masses idéale. Assez rapidement, l’architecture traction est retenue, avec des roues avant passablement élargies, une roue arrière « suiveuse » et un style qui découle de la fonction. L’inspiration ? Cela d’abord été la Batmobile avant d’adopter le côté gentleman des voitures de James Bond !

Vanderhall, un constructeur en plein essor

Vanderhall a installé son usine à Provo, dans l’Utah, aux États-Unis. C’est un immense complexe d’environ 17 hectares où les modèles de la marque sont assemblés et développés. La première réalisation de la marque porte un nom bien franchouillard : Laguna. Mais n’y voyez aucun point commun avec la berline Renault. La Vanderhall Laguna avait déjà tout l’ADN qui fera le succès des modèles futurs. Commercialisée de 2016 à 2018, elle accueillait un moteur 4-cylindres 1.4 litre emprunté à la Chevrolet Cruze et boosté à 200 chevaux avec une coque en carbone. Rapidement, il a fallu s’ouvrir à une clientèle plus large en abaissant le coût de production. La carrosserie passe en composite et la gamme est revue dans son intégralité. Trois modèles voient alors progressivement le jour avec un processus de fabrication mi-artisanal, mi-industriel.

La Venice, c’est le roadster 3-roues « de base », qui fait l’impasse sur les portières, le toit et la majorité des équipements de confort. Une insolite version Speedster, avec une seule place, a même vu le jour. Elle bénéficiait aussi d’un pare-brise plus petit. A suivi l’Edison, une déclinaison plus haut de gamme et 100% électrique qui offrait pas moins de 180 chevaux grâce à deux moteurs de 52 kW et une batterie de 28,8 kW. En 2019, la Carmel est née. C’est en quelque sorte une cerise sur un gâteau allégé en matières grasses. Chez Vanderhall, on cultive l’esprit « Light is right » sans pour autant sacrifier le confort. Et sur ce point, la Carmel est sans doute le meilleur compromis de la gamme. Et cela tombe bien, c’est le modèle que j’ai à l’essai ce jour.

La gamme Vanderhall Carmel

Carmel BlackJack

dès 49 990 €

Petit pare-brise
Jantes alliage 18 pouces
Toit en option
Échappement noir mat
Volant gainé V-Tex

Carmel

dès 54 990 €

Grand pare-brise
Jantes alliage 19 pouces
Toit amovible de série
Échappement sport poli
Régulateur de vitesse
Volant cerclé de bois

Carmel GT

dès 58 990 €

Grand pare-brise
Jantes alliage 19 pouces
Toit amovible de série
Échappement sport poli
Régulateur de vitesse
Volant cerclé de bois
Palettes au volant
Sellerie cuir

Carmel GTS

dès 60 990 €

Grand pare-brise
Jantes alliage 19 pouces
Toit amovible de série
Échappement sport poli
Régulateur de vitesse
Volant cerclé de bois
Palettes au volant
Freins perforés Brembo
Sellerie cuir surpiqué

La gamme Carmel comprend donc à ce jour quatre modèles. Je dois l’admettre : un œil non exercé fera assez mal la différence entre les différentes gammes. En y regardant de plus près, chaque version a sa légitimité. Dans la gamme Carmel, l’entrée de gamme se nomme BlackJack et il serait réducteur de la considérer comme un choix par dépit. Non seulement elle affiche son propre style, mais son approche plus épurée (pas de toit amovible, petit pare-brise…) permet de gagner encore un petit peu de poids. Notre modèle d’essai est la Vanderhall Carmel traditionnelle, dans une superbe livrée Royal Blue (l’une des deux teintes proposées sur cette version) et le somptueux intérieur marron de série. Difficile de ne pas tomber sous le charme…

Vanderhall Carmel : un style unique… et charmeur

Elle est là. Face à moi. Une somptueuse Vanderhall Carmel, bleue avec l’intérieur crème. Elle est craquante. Déjà, on ne parlera pas de voiture mais de tricycle à moteur puisque vous aurez sans doute remarquer que notre exemplaire ne possède « que » trois roues. Quand on est bagnolard, on a forcément des canons de beauté, des goûts et des habitudes qu’il convient de casser pour apprécier un tel véhicule. À titre personnel, je voue un véritable culte à ces engins légers et généreux en sensations ; le charme a donc opéré en quelques secondes. Déjà, on est surpris par la taille de l’engin. Avec 3,70 mètres, cette Vanderhall Carmel est plus longue que ma Fiat Panda 100HP ! La carrosserie, plutôt compacte, prend de la longueur avec la roue arrière, largement repoussée à l’arrière. Pas moins de huit prototypes ont été nécessaires pour trouver l’équilibre parfait.

Déjà, on remarque que cette grande calandre est réduite à sa plus simple expression. En effet, l’avant de notre Vanderhall Carmel est constitué d’une simple grille de couleur noire. Derrière, on distingue les optiques à LED mais pas de plaque d’immatriculation, facultative (à l’avant) sur les tricycles à moteur. Le capot, plutôt long, accueille le moteur : un 4-cylindres turbo dont j’aurais l’occasion de vous parler un peu plus loin dans l’article. La silhouette est clairement celle d’une barquette. Beaucoup noteront la grande ressemblance avec la Venice (modèle d’appel) mais la Carmel est plus large de vingt centimètres. Surtout, elle accueille de petites portes à ouverture antagonistes, permettant un accès plus aisé à bord. Les petites portes s’ouvrent depuis une languette, située sur l’intérieur.

Une élégante simplicité !

Bien posée sur des jantes alliage de 19 pouces, notre Vanderhall Carmel a une sacrée allure. On notera que la partie inférieure de la carrosserie est en noir mat, ce qui renforce le côté sportif. l’inscription Carmel prend place sur l’aile avant tandis que le sigle Vanderhall habille la partie arrière. Le pare-brise, très petit, est tout de même plus long que sur la Carmel BlackJack. Il réduit la prise au vent et vous permet même de rouler confortablement sur autoroute. D’ailleurs, un toit amovible est fourni de série. Le profil s’évase vers l’arrière. Le regard est tout de même arrêté par le double arceau arrière, situé derrière les appuie-têtes. Il constitue un point d’appui pour monter à bord et permet d’éviter la décapitation si vous parveniez à vous retourner. Mais croyez-moi, la stabilité de la Vanderhall Carmel est purement excellente !

Les trois roues sont basées sur le même modèle, avec une monobranche à l’arrière, pour renforcer le style. D’ailleurs, des garde-boues sont présents, peints en noir brillant pour limiter les projections. La plaque d’immatriculation prend place à l’arrière gauche dans un renfoncement. Les suspensions, dont la conception est directement empruntée à la Formule 1, assurent un amortissement aux petits oignons, sans que l’arrière ne sautille. À l’arrière, on perçoit aussi un bouchon de remplissage d’essence noir, un sigle Carmel noir, joliment appliqué, deux petits feux à LED. Et surtout, comble du chic : il y a une double sortie d’échappement de chaque côté de la carrosserie. Chic et sport !

Forcément, on n’est pas habitué à voir un véhicule à trois roues : le dernier tricycle que j’ai conduit, il me semble que c’était à l’école maternelle. Parmi les références bien connues, il y a la Morgan 3-Wheelers, mais l’architecture de cette dernière est bien différente de notre belle américaine. Justement, Vanderhall est parvenue à réaliser un chef d’œuvre. Un style néo-rétro, une ligne raffinée, sexy, comme peuvent l’être les belles voitures anglaises… Et le tout, sans sacrifier ni le confort, ni les équipements… Quant au côté exclusif, vous aimantez les regards tout en attirant des remarques sympathiques et bienveillantes. Pari rempli pour Vanderhall !

Un habitacle (presque) sans compromis

Quand on parle d’un véhicule de 640 kg, on ne s’attend pas à trouver un tableau de bord moussé… et heureusement ! Pour autant, Vanderhall a pris un pari risqué : faire du light sans pour autant renier les équipements de confort. On ne va pas se mentir : la cure d’allègement aurait pu être plus poussée. Mais dans ce cas, on peut partir sur la version BlackJack du Carmel, une Venice… ou bien une Venice BlackJack ! Malgré tout, on se sent étonnamment bien à bord ! Alors bien sûr, vous devrez faire quelques contorsions pour prendre place à bord de l’engin. Et cela, sans prendre appui ni sur le pare-brise, ni sur les rétroviseurs. Une fois à bord, on découvre des sièges baquets fermes mais enveloppants. La couleur du cuir est purement somptueuse. Le volant cerclé de bois crée une ambiance so British qui vous renvoie un demi-siècle en arrière.

La dotation est particulièrement riche… Outre la boîte à gants verrouillable, le pédalier en alu brossé ou encore le toit amovible, il y a le chauffage, les sièges chauffants, un système audio compatible Bluetooth, un régulateur de vitesse et même le démarrage sans clé. De prime abord, cela peut choquer… Mais dans la gamme Vanderhall, le modèle Carmel a vocation à toucher un public plus large qu’à l’accoutumée. Quant au coffre, il demeure accessible derrière les sièges mais sera avant tout du dépannage. Ce style chic donne l’impression d’être au volant d’un roadster anglais des années ’50 où l’on conduit les jambes allongées. C’est juste génial ! Les cinq compteurs mettent dans l’ambiance !

Une dotation enrichie qui prend son sens ! À bord, on est forcément assez près du passager, tout juste séparés par un frein à main classique. Les ceintures se bouclent de l’intérieur vers l’extérieur. On trouve de jolis compteurs, qui indiquent aussi bien le niveau du réservoir, que la vitesse (affichée en mph et en km/h), le régime moteur et le rapport engagé. Des aérateurs sont présents et on perçoit le sélecteur de vitesse. Oui, pas de levier de vitesses mais un sélecteur car les Vanderhall se conjuguent exclusivement avec une boîte de vitesses automatique !

Le souci accordé aux détails est vraiment bon avec des touches de chrome bien disposées. Au centre du volant, on trouve le sigle Carmel sur un joli fond jaune. Tout cela respire les belles années de l’automobile anglaise. La finition et les ajustements sont bons, mais sans être excellents. De toutes manières, ce n’est pas ce que l’on recherche lorsque l’on achète une Vanderhall. Il est désormais de presser le bouton ENGINE START afin d’écouter les vocalises de cet onctueux 4-cylindres.

Un châssis surprenant et pas piégeur

Pour mon premier tricycle à moteur, je n’avais pas réellement d’appréhension. Avant de parler du feeling, revenons un petit peu sur le châssis du véhicule. Déjà, on est sur une longueur de 3,70 mètres avec donc trois roues. Les deux roues avant entrainent le moteur et assurent la direction tandis que celle de l’arrière est simplement suiveuse. Si le châssis est en aluminium, la carrosserie est en matériaux composites, ce qui permet de maintenir un poids à vide à seulement 640 kg, malgré tous les équipements embarqués. La suspension à tige de poussée est directement inspirée par la Formule 1, elle permet un amortissement ferme mais idéal en toutes circonstances, même sur terrain cabossé. L’arrière étant très léger, on pourrait s’attendre à ce qu’il sautille à chaque irrégularité de la chaussée, mais ce phénomène n’est pas très marqué.

Quant à la répartition des masses, la Vanderhall Carmel est très éloignée du sempiternel 50/50. En effet, il n’y a qu’une roue à l’arrière tandis qu’à l’avant, on trouve aussi le moteur, la transmission et la direction. Sur l’avant il y a 70% de la masse. Cela implique d’en tenir compte en conduite dynamique pour éviter un potentiel sur-virage. Notre version Carmel n’a pas les freins Brembo, apanage des versions GTS, mais de classiques freins à disque aux trois roues qui assurent déjà un superbe mordant. À bord, on oublie assez vite qu’il s’agit d’un véhicule à trois roues.

Un ensemble boîte-moteur déroutant !

Vanderhall a abandonné le moteur 1.4 litre au profit d’un nouveau 4-cylindres de 1.5 litre, agrémenté d’un turbo. Ce nouvel ensemble, d’origine GM, délivre une puissance de 194 chevaux. Une mise à niveau optionnelle permet de passer à 220 et même 250 chevaux. Le couple, de 280 Nm est disponible assez tôt. Ce moteur à injection directe dispose du calage variable des soupapes et d’une onctueuse sonorité. À ce sujet, l’absence de silencieux sur la ligne d’échappement augmente peut-être ce ressenti.

Au programme, pas de boîte manuelle chez Vanderhall. Le constructeur américain a opté pour une boîte de vitesses automatique à 6 rapports, avec un rapport de transmission de 6,11:1 qui assure des changements de rapports très rapide. Sur la Carmel GTS, il y a des palettes derrière le volant, autorisant un mode séquentiel semi-manuel. Sur notre version Carmel « classique », la gestion est exclusivement automatique. L’ensemble, combiné à un bon ESP et un ABS efficace, fonctionne très correctement. Cela nous rappelle qu’aux États-Unis, la boîte automatique est omniprésente, même si on aurait légitimement plus attendu une boîte manuelle sur ce tricycle sportif.

Au volant de la Vanderhall Carmel

Accéder à bord d’une Vanderhall est déjà une épreuve. Mais ça en vaut clairement la peine. Un bref appui sur le bouton de démarrage et le 4-cylindres laisse entendre ses vocalises. Une sonorité plutôt rauque et bien dosée, pas excessive mais pas timide pour autant. La position de conduite est idéale, jambes tendues, avec un sélecteur de vitesses qui tombe bien sous la main. On note assez vite que l’amortissement est ferme, mais c’est exactement ce qu’il fallait.

Surtout, la Vanderhall Carmel retranscrit bien les informations dans la direction. Eric m’a prévenu : il faut être très prudent et anticiper les dépassements… Et il a raison. Malgré le bon confort et les équipements, la Carmel est assez sauvage dans son tempérament. La boîte de vitesses automatique s’avère très précise, avec des passages de rapport rapides et des rétrogradages bien dosés. On peut regretter l’absence des palettes derrière le volant, apanage des versions supérieures. Toutefois, la gestion électronique se montre vraiment bonne. La pédale d’accélérateur est assez progressive et permet un dosage précis, tout comme les freins. C’est très ludique et le véhicule met rapidement en confiance.

Le volant, cerclé de bois, est très agréable. Il donne une bonne consistance et montre un train avant très précis. La position de conduite, idéale, permet de profiter pleinement. Durant ma première partie d’essai, le toit était en place mais c’est réellement en découvrable que l’on apprécie le plus, cheveux au vent. Les accélérations sont franches. Pied au plancher, la puissance passe bien aux roues avant. Le 0 à 100 km/h, effectué en 4,5 secondes, est très honnête. Les sensations sont au rendez-vous et on savoure juste. Qu’importe la destination, on savoure le voyage !

À l’aise sur tous les terrains !

Durant cette journée de test, j’ai été amené à évoluer sur plusieurs types de terrain. La ville, c’est clairement un bon terrain de jeu de la Vanderhall Carmel ! Les manœuvres sont aisées, la direction est fluide, la boîte idéale… C’est clairement super agréable. Et je ne parle pas du contrôle des angles morts ! Sur les petites routes de campagne, on peut hausser la cadence mais contrairement aux voitures, il faut garder à l’esprit que certaines routes anciennes ont de l’herbe sur la partie centrale puisque les roues des voitures passent sur les côtés. Avec un tricycle à moteur, mieux vaut passer à allure très réduite.

Mon pitoyable sens de l’orientation m’a également amené sur autoroute, suite à une mauvaise sortie de rond-point… Assez rapidement, je me suis placé à 130 compteur… Avant de remarquer que je regardais en mph et non en km/h. Malgré tout, le comportement sur autoroute est très bon. La stabilité est parfaite, avec une prise au vent très correcte. Forcément, on finit un peu décoiffé mais quel plaisir ! Tout du long de cet essai, j’ai pu apprécier le tempérament de cette Vanderhall Carmel.

Son terrain de jeu favori, c’est tout de même les petites routes de campagne. Là, on se plait à monter la cadence mais sans jamais chercher à excéder les limites de la physique. Contrairement à une voiture, il n’y a pas réellement de sensations de transfert de masse. C’est assez perturbant puisque tout le poids est sur l’avant. Mais le plaisir est là. Les montées en régime sont excellentes et le feeling est unique. J’ai rarement eu autant le sourire pendant un essai. Ce véhicule devrait être remboursé par la sécurité sociale. Les sorties d’échappement latérales chantent très bien. Le turbo souffle et se fait entendre, notamment le dump valve qui émet un petit bruit très amusant à chaque lâché de l’accélérateur.

On pourrait tout à fait redouter un déséquilibre dû à la structure même du véhicule mais il n’en est rien. La Carmel est scotchée au sol. On oublie très vite que l’on a une roue en moins. S’agissant d’une traction, il convient d’anticiper les changements de direction afin de ne pas se laisser surprendre mais également d’être humble. Lors des accélérations, on est presque collés au siège, ce qui confirme bien la présence de près de 200 chevaux. Le poids léger offre un feeling tout particulier.

Alors bien sûr, ne vous attendez pas à un confort de berline. Conduire une Vanderhall Carmel, c’est physique. La fermeté des suspensions fait remonter les irrégularités de la route dans votre dos. L’unique roue arrière ne peut légitimement pas atteindre le confort d’une voiture. Mais comme c’est un engin que l’on achète avant tout pou rla balade du week-end, ce n’est pas vraiment un problème. Une sportive aseptisée et trop confortable, on trouve cela chez Audi et c’est tout sauf amusant à conduire.

Vanderhall Carmel : la « voiture » plaisir ultime ?

À l’heure où la majorité des passionnés de voitures fantasment sur l’Audi RS 6, on pourrait penser qu’un tricycle à moteur appartient à une époque révolue. Pourtant, Vanderhall connait un succès croissant, notamment aux États-Unis. Ce retour à l’essence même de l’automobile, avec un style néo-rétro superbement dosé, ça marche bien ! On retrouve de vraies sensations, même sans aller vite… Tout en profitant de tous les équipements modernes. Au volant, on ne peut qu’avoir le sourire face à un tel compromis.

La silhouette trois-roues, elle peut effrayer au début. L’essayer, c’est l’adopter et je peux vous assurer que j’ai rarement pris autant de plaisir au volant d’un véhicule. Parfaitement exploitable, la Vanderhall Carmel ne « tombe » pas dans l’extrême et demeure facile à prendre en main pourvu que l’on connaissance nos limites… Et celles du véhicule ! Par ailleurs, l’homologation a demandé un surplus de travail au constructeur américain qui a aménagé un pôle en Allemagne pour s’adapter aux contraintes européennes.

Avec 194 chevaux, la Vanderhall Carmel en offre clairement pour son argent. L’absence de boîte manuelle peut clairement déstabiliser les puristes qui voudraient avoir le plaisir de passer leur rapport quand bon leur semble. Je fais partie de cette école. En toute bonne foi, cette boîte automatique est tellement bien gérée qu’elle ne frustre pas. Dans la mesure du possible, j’aurais tendance à vous conseiller la version GT ou GTS pour le plaisir des palettes derrière le volant. Avec sa gamme de véhicules à trois-roues, Vanderhall a clairement trouvé sa voie… Pour notre plus grand plaisir. À vrai dire, j’ai longuement essayé de trouver des aspects négatifs… Mais j’ai clairement adoré cet essai et quitte à avoir un véhicule pas rationnel, autant se concentrer sur le positif. C’est exactement le genre d’engin qui me fait vibrer…

Équipements de série

Jantes alliage 19 poucesChauffage
Sellerie cuirSystème audio Bluetooth
Boîte à gants verrouillableRégulateur de vitesse
Volant cerclé de boisToit noir corbeau
Échappement sport poliDémarrage sans clé

Principales options

Freins BremboPalettes derrière le volant

Acheter une Vanderhall Carmel en France : mode d’emploi

Si vous souhaitez acheter une Vanderhall Carmel, vous n’avez qu’un unique point de vente en France, il s’agit d’Erikwad, dans la Manche (50). Cette boutique multi-enseignes distribue l’intégralité de la gamme Vanderhall. On y trouve même une sélection de vêtements aux couleurs de la marque. Vous pourrez acheter un modèle en stock ou bien choisir d’en configurer un. Un délai de seulement 6 à 8 semaines est à prévoir, même si vous choisissez une combinaison de couleurs hors catalogue. L’équipe, passionnée, saura vous aiguiller entre les différentes versions et votre budget. Vous pourrez même réaliser un essai sur place. Mais attention, essayer une Vanderhall, c’est clairement l’adopter…

« Mon magasin, c’est un magasin de jouets »

> Entretien avec Eric Trottier, directeur et fondateur d’Erikwad <

J’ai eu le plaisir de m’entretenir avec Eric, maitre des lieux. En tant que passionné, c’est tout naturellement qu’il s’est intéressé à Vanderhall, afin de les distribuer… Et d’en être le revendeur officiel en France. Sa première rencontre avec une Vanderhall ? C’était aux États-Unis, juste avant le début de la crise du Covid, en 2019. Un premier rendez-vous qui lui a donné « la banane ».

Aujourd’hui, on trouve une demi-douzaine de Vanderhall chez Erikwad, configurées avec goût. Celles-ci prennent place au milieu de trikes (moto avec essieu arrière), d’engins à trois roues, d’une Polaris Slingshot et même de remorques pour moto. Vous y trouverez aussi des SSV, des quads et des petits utilitaires électriques. À cela s’ajoutent des collections de vêtements, de casque… On en prend plein les yeux et on se sent comme dans un magasin de jouets ! Les yeux pétillent, on ne sait pas vraiment où regarder alors on prend le temps d’observer chaque « jouet » afin de trouver lequel demander au père Noël ! Erikwad dispose aussi de son département Eritrik, consacré aux trikes et plus spécifiquement à leur transformation, effectuée sur place. Les clients peuvent amener leur propre moto ou bien laisser Eric et son équipe se charger de tout. Vous vous en doutez, la passion règne ici en maître. Et si vous passez dans le coin, vous devez y faire un détour !

Erikwad, 14 Parc d’activité, 50160 GUILBERVILLE – 02 33 05 54 30

Vanderhall s’industrialise tout en conservant l’amour du travail bien fait. Pour perdurer et offrir du choix, la gamme continue de s’étendre. Outre les Venice et Carmel, il est possible de commander l’Edison. Ce modèle est en effet 100% électrique. Forcément, là encore, il convient de mettre ses a-priori de côté. Des différents avis récoltés, il s’agit d’un modèle génial dont je compte bien vous présenter l’essai prochainement. Le style est directement calqué sur la Venice. Enfin, Vanderhall est en train de préparer le Navarro. Il s’agit d’un modèle tout-terrain à quatre roues qui est vraiment prometteur. Là encore, on se fera un plaisir de communiquer dessus en temps et en heures.

Quel permis faut-il pour conduire une Vanderhall ?

La législation française étant particulièrement complexe, les Vanderhall sont considérées comme tricycle à moteur. Elles entrent dans la catégorie L5e, au même titre que les scooters à trois roues, dont la puissance est supérieure à 15 kW. Si votre permis de conduire a été délivré depuis le 19 janvier 2013, alors vous n’aurez le droit de conduire une Vanderhall qu’aux conditions suivantes :

  • Votre permis B a au moins deux ans ;
  • Vous avez suivi une formation L5E de 7 heures ;
  • Vous avez 21 ans révolus.

La formation L5E se passe dans une auto-école. Après deux heures de théorie, vous participerez à trois heures de roulage dans la circulation puis deux heures de théorie sur les différents pièges à éviter. Par la suite, une attestation vous sera remise afin que vous puissiez rouler dans les règles. Erikwad a tissé un partenariat avec une auto-école afin d’alléger le coût de cette formation.

Autre avantage, la catégorie L5E n’a pas de bonus ou malus écologique. Vous êtes néanmoins redevable de la carte grise, à moins que vous ne choisissiez le modèle électrique Edison qui permet de s’exonérer du coût de ce document.

Le mot de la fin

Ne cherchez pas d’arguments rationnels pour acheter une Vanderhall Carmel : il n’y en a pas. Et heureusement ! Ce tricycle à moteur est une merveille sur roue, un jouet pour grand enfant. Sa puissance proche des 200 chevaux en fait un véhicule à la fois puissant mais pas dénué de sensations grâce à son poids réduit. À titre personnel, je peux clairement parler d’un coup de cœur, peut-être même d’un coup de foudre. Ce modèle, il a tout ce qu’il faut là où il faut, le côté atypique en plus.

Un immense merci à Eric et son équipe, d’Erikwad, pour leur accueil, la mise à disposition du Vanderhall Carmel, à Phil Dunmore, pour sa sympathie et ses précieuses informations et à Thomas HM, qui m’a accompagné durant cet essai.

Vanderhall Carmel

dès 54 990 €
7.8

Niveau de satellisation

10.0/10

Feeling

9.0/10

Provocation d'acouphènes

7.0/10

Nécessité de vendre un rein

5.0/10

On a aimé...

  • Plaisir de conduite
  • Équipement intéressant
  • Sensations incroyables
  • Côté décalé et assumé

Ça nous a déplu...

  • Pas de boîte de vitesses manuelle
Source
Erikwad.comVanderhallUSA.com
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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

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