Parmi les rumeurs les plus tenaces à propos de l’assurance automobile, on trouve une vieille légende. Apparemment, les voitures de couleur rouge seraient plus onéreuses à assurer. Pour beaucoup, c’est une simple légende… Mais si c’était vrai ? Pour s’en assurer, nous avons interrogé plusieurs compagnies d’assurance pour leur poser la question. Mais avant de découvrir le verdict : tentons de comprendre comment est née une telle rumeur. Si la couleur rouge est souvent associée aux voitures de sport, faut-il y voir une corrélation avec la vitesse et le plus fort risque d’accident ? Peut-être…
D’où vient ce mythe ?
Beaucoup d’automobilistes rechignent encore à prendre une voiture rouge, de peur qu’elle ne leur coûte plus cher à assurer. Au même titre que la languette anti-vomi, le fait que les voitures rouges soient plus chères à assurer est une légende qui remonte à bien longtemps. D’ailleurs, l’origine est difficile à déterminer précisément. Il semblerait qu’il s’agisse surtout d’un amalgame pas vraiment subtile. Puisque l’image collective de la voiture sportive est une Ferrari rouge, il y a l’image de la vitesse et donc d’un risque plus fort d’accident. Ce raccourci bancale a pourtant survécu jusqu’à nos jours.
Ce qu’en disent les assureurs
Pour vérifier cette théorie, nous avons posé la question à plusieurs assureurs, de différentes compagnies. Si la Macif n’a pas voulu s’engager sur le sujet, d’autres compagnies sont plus explicites. Notre interlocuteur a la MAAF a bien confirmé que « c’est un mythe ». Il justifie cela par un fait : lorsque l’on fait un devis, les assureurs ne demandent pas la couleur du véhicule. « Ce qui compte, c’est les antécédents du conducteur, le choix du véhicule, son énergie ou encore la puissance fiscale » précise-t-il. Chez Allianz, on nous précise qu’il y a de nombreuses rumeurs à propos de l’assurance auto et que la surtaxe du rouge en fait partie !
Quant à l’origine de la légende, notre contact chez AXA nous a précisé « ne pas connaître cette rumeur ». Il confirme néanmoins que le choix de la couleur n’a aucun impact sur la prime d’assurance auto des conducteurs. L’intégralité des compagnies contactées va dans le même sens. Une étude menée par Leocare confirme que les voitures rouges ne sont pas plus accidentogènes que les autres.
Ce qui est vrai sur les voitures rouges
Comme pour beaucoup de choses dans la vie, il y a des nuances. Certaines peintures rouges sont plus techniques que d’autres. On peut citer l’exemple du rouge Flamme de chez Renault et de son vernis coloré. C’est une peinture qui coûte plus cher en carrosserie, lors d’une réparation. En cas de sinistre, votre assurance auto devra débourser une somme plus importante que s’il s’agissait d’un rouge plus classique. Pour autant, cela n’aura pas d’impact direct sur le montant de votre prime d’assurance.
Autres rumeurs sur les voitures rouges
Aussi, il est souvent évoqué le fait que les voitures rouges se feraient arrêter plus souvent que les autres. Pour le coup, nous roulons beaucoup chaque année, avec plusieurs dizaines de voitures, de tous les budgets, segments et couleurs. Nous n’avons pas remarqué des contrôles plus souvent de la part des forces de l’Ordre lorsque nous circulons à bord d’une voiture rouge. Ayant moi-même une voiture rouge au quotidien (quand elle n’est pas en panne), les contrôles restent très peu nombreux.
On peut aussi parler du vieillissement prématuré de la couleur rouge. Là pour le coup, il y a un fondement. Les pigments rouges s’altèrent plus vite. Une voiture qui passe toute sa vie à l’extérieur peut avoir tendance à décolorer ou même à perdre son vernis plus rapidement. C’était particulièrement vrai il y a encore une quinzaine d’années. Désormais, les peintures tiennent mieux dans le temps, à la condition d’être lavée régulièrement. Pour leur assurer un brillant durable, rien ne vaut une protection céramique.
N’écoutez pas les rumeurs…
S’il y a un domaine qui concentre toutes les rumeurs, c’est bien l’assurance auto. La compagnie d’assurance Allianz a pris le temps de nous développer plus en détails certaines d’entre elles. Cet assureur auto reconnu nous a précisé quelques croyances. En voici un échantillon, non-exhaustif :
- « Si je prête ma voiture et qu’il y a un accident, c’est le conducteur qui paie » : c’est faux puisque les contrats sont liés au véhicule et non pas au véhicule. Dans le cas où un conducteur commet un accident responsable, c’est le contrat du véhicule en question qui sera impacté par un malus de 25 % lors de la prochaine date d’échéance du contrat ;
- « En cas de stationnement interdit, l’assurance ne rembourse rien » : là encore, cette rumeur est sans fondement. Dans certains cas, le partage des responsabilités peut être décidé uniquement si le mauvais stationnement est la cause direct de l’accident ;
- « Lors d’un accident sur un parking, les torts sont toujours partagés » : non, cela n’est pas vrai. D’ailleurs, nous avons récemment élaboré un dossier sur le sujet.
Méthodologie : pour réaliser cet article, nous avons sollicité plusieurs compagnies d’assurance en contactant leur service client. Afin de nous assurer de la pertinence des réponses, nous avons passé deux appels à chacune, afin d’avoir le retour de deux conseillers. Ces appels ont été réalisés durant le mois de mars 2026.
