
Peut-on faire un constat après avoir reçu un coup de portière ?
La notion de respect est loin d’être universelle… De nombreux automobilistes n’accordent aucune importance particulière à leur voiture, ni même à celle des autres. Retenir sa portière pour éviter qu’elle ne choque celle d’à côté, c’est bien la dernière de leurs préoccupations. Si vous êtes victime d’un coup de portière, vous pourriez être tenté de remplir un constat pour obtenir la réparation du dommage. Mais est-ce vraiment possible ? C’est ce que nous avons voulu vérifier…
Un dommage loin d’être anodin
Un coup de portière, c’est loin d’être anodin. La force de l’impact est exercée sur une faible surface, ce qui a tendance à créer une bosse et/ou à faire sauter le vernis, parfois-même la peinture de la carrosserie de votre voiture. La bosse peut généralement être rattrapée à l’aide d’un tire-clou mais pour une marque plus profonde qui a traversé le vernis (voire davantage…), il faut reprendre l’élément en carrosserie.
La personne qui a donné le coup de portières cherchera sans doute à minimiser les dégâts, parce que « votre voiture en verra d’autre » et parce que « ça ne fait qu’un millimètre ». Certes, mais cela reste un dommage qui constitue, selon le Code des assurances, un accident matériel. Et puisqu’il y a une atteinte, vous êtes parfaitement en droit de réclamer la réparation du sinistre auprès de l’assurance de votre voiture.
La question des responsabilités
Avant tout, oubliez la légende urbaine qui spécifique que les torts sont toujours partagés sur un parking. Cette rumeur est encore ancrée chez beaucoup d’automobilistes mais elle est pourtant infondée. Dans le cas d’un coup de portière, les règles du Code de la route s’appliquent. Si votre voiture est correctement stationnée et que vous recevez un coup de portière, vous n’aurez aucune responsabilité dans le sinistre.
La personne responsable est celle qui ouvre négligemment sa portière. Elle doit donc en assumer les conséquences. Bien souvent, ces dommages ont lieu pendant que vous n’êtes pas là. En l’absence de tiers identifié et/ou de témoin, les réparations seront malheureusement de votre poche. Si vous déclarez le dommage à votre assurance, vous serez redevable de la franchise. Cette dernière est généralement supérieure au coût de la réparation du coup de portière.
Déclarez le dommage à votre assureur
Si vous n’avez pas réussi à prendre sur le fait la personne qui vous a mis le coup de portière, il est malheureusement inutile d’entreprendre quoi que ce soit. Déclarer le dommage à votre assurance vous imposera le versement d’une franchise, en plus d’enregistrer un sinistre dans votre dossier, même s’il n’est pas de votre responsabilité.
Si vous avez un témoin et/ou que vous avez pu prendre la personne sur le fait, prenez immédiatement des photos pour constater les dégâts. Une vidéo peut aussi être intéressante. Il y a de grandes chances que la personne en faute minimise les faits et refuse de faire un constat ; c’est un grand classique.
Nous vous conseillons tout de même de remplir un constat ; c’est votre droit. Pour cela, renseignez un maximum d’informations. Si la partie adverse refuse de remplir sa partie, envoyez-le tel quel à votre assureur, avec un maximum de justificatifs et, si possible, des témoignages de personnes qui ont assisté à la scène.
L’article L211-1 du Code des assurances appuie cette possibilité de constater les dégâts puisqu’il s’agit bien d’un accident de la circulation, impliquant un véhicule en stationnement. Si c’est un passager d’un autre véhicule qui a causé le sinistre, la responsabilité civile peut parfois intervenir. Dans le doute, il est toujours préférable de remplir un constat pour vous protéger.
S’arranger à l’amiable : la bonne solution ?
Si le coup de portière n’a engendré qu’une bosse, un débosselage sans peinture pourra rattraper cela. Dans ce cas, il peut être intéressant de s’arranger à l’amiable avec la partie adverse, pour qu’elle règle uniquement cette prestation, sans faire appel à votre assureur.
Si la teinte est partie, la remise en peinture est nécessaire, ce qui engendre des coûts supérieurs. En fonction du type de peinture et de votre voiture, il faut généralement compter au moins 300 € par élément. Dans ce cas, la personne qui a causé le dommage peut être intéressée par vous régler directement le coût des réparations.
Cependant, en cas de règlement à l’amiable, nous vous conseillons tout de même de remplir un constat, tant que vous n’avez pas reçu l’argent. Une fois la somme reçue, attestez sur papier libre, en deux exemplaires, que le sinistre a été pris en charge et que vous renoncez à tout recours. Cela permet de clarifier la situation, tant de votre côté que de la personne en faute.
L’intérêt de l’arrangement amiable : il n’est pas rare qu’un assureur souhaite résilier un contrat lorsque trois sinistres (responsables ou non) sont recensés durant un certain temps. Si vous avez pris l’habitude de vous garer en ville et que vous recevez régulièrement des coups de portières, établir un contrat chaque semaine risque surtout d’entraîner une radiation de votre contrat… Même si vous n’y êtes pour rien !
Pensez à la dashcam…
Enfin, on ne le répètera jamais assez : équipez votre voiture de dashcam. Si vous n’avez pas la possibilité de stationner votre voiture dans des lieux sûrs, le mode parking de votre caméra peut permettre d’immortaliser les incivilités pour ensuite établir un constat. Si l’investissement est plus ou moins important, la rentabilité est généralement assez rapide. Mais choisissez toujours une bonne résolution. 4K, ce n’est pas du luxe pour permettre de lire avec certitude une plaque d’immatriculation.
Naturellement, une dashcam filme à l’avant et à l’arrière… Et non sur les côtés ! Toutefois, la secousse engendrée par le coup de portière peut enregistrer l’événement, ainsi que la montée ou la sortie des passagers ainsi que l’arrivée et le départ du véhicule. Ce sont autant d’éléments qui suffisent pour monter un dossier…





