S’il y a un segment où la concurrence fait rage, c’est bien celui des utilitaires compacts. De son côté, Renault peaufine une gamme entièrement nouvelle, calquée sur les attentes réelles des professionnels. De son côté, Stellantis Pro One maintient ses modèles sous perfusion, avec l’objectif d’un renouvellement groupé d’ici 2030. Mais pour entretenir sa position de leader sur le segment, une nouvelle version s’apprête à rejoindre le catalogue des marques Citroën, Peugeot, Opel et Fiat. Plus surprenant encore : il s’agit d’une entrée de gamme.
La règle : ne jamais se reposer sur ses lauriers
Durant les cinq premiers mois de l’année 2026, le groupe Stellantis était en tête des ventes sur le marché des utilitaires légers. Avec 56 362 véhicules écoulés, il devance le groupe Renault (44 587 véhicules) et le groupe Toyota (5 885 véhicules). Le marché est porté par quatre marques : Peugeot (17,6 % de part de marché), Citroën (12,0 %), Fiat (7,1 %) puis Opel (1,8 %). Les quatre marques commercialisent un même utilitaire compact sous différentes appellations : Partner chez Peugeot, Berlingo chez Citroën, Doblò chez Fiat et Combo chez Opel. Ces modèles sont commercialisés depuis 2018 et leur remplacement interviendra, au plus tard, en 2030.

Pour autant, Stellantis Pro One organisait une conférence de presse afin de dévoiler, en exclusivité, une nouvelle version d’entrée de gamme de ses modèles. Les Peugeot Partner Active, Citroën Berlingo Van First, Opel Combo Cargo Start et Fiat Doblò Easypro profitent d’un prix d’appel abaissé pour séduire intelligemment les professionnels. L’objectif est de couvrir les besoins des pros, « ni plus, ni moins ». Exit donc le superflu, à commencer par les pare-chocs peints, qui sont désormais intégralement en plastique.
Un siège passager devenu strapontin ?
Pour élaborer cette nouvelle version d’entrée de gamme, Stellantis ne s’est pas contentée de réduire la dotation. Elle a cherché à comprendre les besoins réels des professionnels. Le constat laisse apparaître que 40 % des conducteurs de fourgons compacts ne sont pas intéressés par une configuration à trois sièges. Durant près de 80 % de leur temps de travail, ils sont même seuls à bord. De là, le groupe a repensé la mobilité en rendant le siège passager convertible. Cela porte un nom : Flexiseat.

Concrètement, l’assise du siège peut être rabattue vers l’arrière, ce qui libère un espace de chargement assez conséquent à l’avant. Le conducteur peut ainsi accéder plus facilement à son matériel depuis son poste de conduite. Pour de la livraison, c’est relativement pratique. D’ailleurs, les quatre utilitaires demeurent disponibles en deux longueurs : 4,40 ou 4,75 mètres. Ainsi, la capacité de chargement varie entre 3,3 et 4,4 m3. La console centrale, fermée, devient amovible.
Un véritable bureau mobile !
Pour améliorer la polyvalence, les quatre utilitaires compacts peuvent être complétés par un module amovible, nommé Moduconsole. Cet élément étend la planche de bord en apportant un espace de travail pouvant accueillir des outils, des documents ou encore un ordinateur portable. Ingénieux, ce dispositif transforme l’utilitaire en bureau mobile. De quoi consulter des documents, remplir des bons de livraison ou travailler sur ordinateur entre deux interventions. Une prise 220 V est disponible pour permettre d’alimenter tout périphérique. Aussi, un élément coulisse pour permettre de rapprocher l’espace de travail du poste de conduite.

Pour offrir davantage de rangements, on découvre aussi le Dashbox. Ce sont deux rangements fermés sur la partie supérieure de la planche de bord. En parallèle, un tiroir (Drivedrawer) prend place sous le siège passager. Fondamentalement, ce n’est pas révolutionnaire mais ce sont de bonnes idées qui renforcent encore la modularité. Restera à connaître le prix de ces accessoires qui ne seront pas tous livrés de série.
Vocabulaire de cette gamme
- Dashbox : planche de bord équipée de deux rangements fermés en partie supérieure ;
- Drive Drawer : tiroir de rangement sous le siège passager ;
- Flexiseat : nom donné au fait que le siège passager devient un strapontin ;
- Moduconsole : console centrale amovible en partie basse, avec rangement fermé et porte-gobelet ;
- Modutable : support optionnel qui transforme l’habitacle en bureau mobile, avec prise 220 V intégrée ;
- Moduwork : configuration avec siège central qui peut être transformé, avec espace de rangement fermé ;
Des moteurs déjà connus… mais une batterie inédite
Lors de la conférence, l’équipe de Stellantis Pro One a communiqué sur la palette de motorisations des Peugeot Partner Active, Citroën Berlingo Van First, Opel Combo Cargo Start et Fiat Doblò Easypro. Les quatre frères se partagent une plateforme commune et reçoivent les mêmes motorisations. En essence, on trouve le bloc de 110 chevaux. Côté diesel, vous pourrez choisir entre la version de 100 ou 130 chevaux. À chaque fois, seule une boîte de vitesses manuelle est proposée.

Une motorisation électrique de 136 chevaux est de la partie. Il s’agit du moteur déjà bien connu sous le capot des versions familiales mais avec une différence : la batterie descend à 42 kWh (contre 50 kWh), ce qui entraîne une diminution de l’autonomie à 270 kilomètres en cycle WLTP. L’équipe de Stellantis Pro One justifie ce choix par les économies que cela permet et par le fait que les professionnels roulent (en moyenne) moins de 100 kilomètres par jour. Une version Mild Hybrid est attendue l’année prochaine.
« Être leader implique une grande responsabilité : les clients, y compris ceux à conquérir, attendent l’excellence. C’est pourquoi, à l’écoute de leurs retours, nous avons développé un véhicule rationnel, confortable et modulaire, offrant des solutions inédites pour une proposition de valeur véritablement unique »
Eric Laforge, Vice President de Stellantis Pro One
Les enjeux de cette nouvelle entrée de gamme
Si les prix de ces utilitaires compacts n’ont pas encore été communiqués, le delta avec les entrées de gamme actuelles est connu. Ces nouvelles versions seront environ 1 300 € moins chères en thermique qu’actuellement et jusqu’à 3 000 € en électrique. Ces prix plus attractifs visent à renforcer l’attractivité de l’offre de Stellantis tout en anticipant l’offensive qui arrive, tant du côté de chez Renault que des marques chinoises. Le groupe prévoit une part de marché de 25 % des ventes pour cette finition.

Pour parvenir à de tels prix, Stellantis n’a pas rogné sur la qualité. Les économies d’échelles ont été rendues possibles grâce à une standardisation de l’offre, à l’utilisation d’accessoires plutôt que d’options. Par ailleurs, ces équipements modulaires ont du sens et pourraient séduire les artisans comme les entreprises de livraison. Maintenant, il faudra voir si cela est jugé suffisant. Alors qu’ils entament leur huitième année de commercialisation, ces fourgons compacts seront remplacés d’ici 2030. Il fallait donc entretenir la flamme et maintenir les bons chiffres de vente.





