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Pourquoi y a-t-il si peu de voitures électriques à l’échelle 1/18 ?

Alors que la voiture électrique gagne des parts de marché d’année en année, cette même croissance ne semble pas s’appliquer au marché de la voiture miniature à l’échelle 1/18. En effet, les fabricants de modèles réduits semblent avancer avec prudence face à une demande encore difficile à cerner, à l’égard des modèles électriques. Bien qu’il soit difficile de chiffrer le phénomène, je vous invite à découvrir plus en détails les raisons de ce rejet potentiel. Malgré quelques exceptions, les voitures électriques à l’échelle 1/18 semblent toujours boudées, ce qui permet de faire de bonnes affaires…

Échelle 1/18 : un marché et des codes

Afin d’aiguiller les fabricants de voitures miniatures dans la sélection de leurs modèles réduits, nous éditons régulièrement des rapports complets, intégrant vos suggestions de modèles. Pour nous, c’est aussi l’occasion de mieux comprendre les goûts et les habitudes des collectionneurs. D’ailleurs, il existe plusieurs profils de collectionneurs mais certains comportements prédominent. Bien souvent, on agglomère des répliques de voitures qui nous font rêver, celles qui ont bercé notre enfance, tapissé les murs de notre chambre d’ado…

Il s’agit souvent de grands classiques de l’automobile, dans divers registres, de la Peugeot 205 GTI à la Ferrari F40, en passant par la Lamborghini Aventador. Ces modèles refuges ont été largement exploités par les fabricants de voitures miniatures puisqu’il s’agit de voitures faciles à écouler puisqu’elles font l’unanimité. Dans un tout autre registre, on observe aussi une plus jeune génération de collectionneurs qui recherchent des voitures de la vie de tous les jours, à différentes échelles et notamment au 1/18. Les fabricants ont bien compris les attentes de ces collectionneurs exigeants.

Le marché de la voiture électrique au 1/18

On peut classer les voitures électriques miniatures à l’échelle 1/18 en deux catégories. D’un côté, nous avons les modèles qui se vendent « bien » parce que la voiture en question est populaire. Cela comprend notamment les Mercedes électriques contemporaines élaborées par NZG pour le réseau de la marque à l’étoile. On peut aussi évoquer les Renault 5 E-Tech et Alpine A290 de Solido et Norev, dont le succès n’est plus à démonter. Ce sont des modèles omniprésents, qui plaisent généralement bien. En toute logique, ce même capital sympathie se retrouve sur le marché de la miniature.

À l’inverse, il arrive fréquemment que certains modèles s’apparentent à des échecs commerciaux. Je pense notamment à MCG (par l’intermédiaire d’IXO) qui a reproduit la Hyundai Ioniq 5 N ou encore OttOmobile avec l’Alpine A290 β, le Ford Mustang Mach-E ou encore l’Opel Mokka-e GS Line. À ce sujet, Frédérick Guillier-Sahuqué, patron d’OttOmobile, m’avait confié que si la version thermique du SUV urbain allemand avait été retenue, les chiffres de ventes auraient sans doute été meilleurs !

Lorsque la Peugeot 208 II a été miniaturisée au 1/18, c’est une version hybride (et non électrique) qui a été retenue (à l’exception de la phase 2 en jaune Agueda). Ce choix n’est probablement pas anodin. Lorsqu’un fabricant investit dans un moule, il cherche la version susceptible de séduire le plus grand nombre de collectionneurs.

Le marché chinois suit une autre logique

Mais pour mieux comprendre l’ampleur du phénomène, il faut aller au-delà des frontières de l’Union européenne. Tesla est un bon exemple en la matière puisque le géant américain commercialise une gamme de voitures miniatures à l’échelle 1/18. Il s’agit logiquement de modèles électriques, avec une offre fréquemment renouvelée… mais aussi souvent remisée, parfois très fortement. Aussi, on trouve ce même type de phénomène chez les fabricants de modèles réduits BYD ou XPeng. Mais puisque cela concerne le marché chinois principalement, les enjeux sont différents du marché européen.

Malheureusement, il n’est pas possible d’accéder aux chiffres de ventes réels des voitures miniatures. Certains fabricants écoulent leurs stocks par l’intermédiaire de revendeurs, ce qui ne permet pas d’avoir une vision d’ensemble claire. À l’inverse, quand une miniature est remisée, c’est qu’il s’agit généralement d’un modèle en surstock, qui a moins intéressé les collectionneurs. À ce sujet, l’Alpine A290 β d’OttOmobile a régulièrement fait l’objet de remises agressives.

Y a-t-il vraiment un rejet des miniatures électriques ?

Le marché de la miniature suit généralement celui de l’automobile avec plusieurs années de retard. Les voitures thermiques produites dans les années 1980 à 2000 sont aujourd’hui abondamment reproduites parce qu’elles sont devenues des classiques. À l’échelle 1/18, les modèles contemporains sont finalement bien plus rares qu’on ne le pense ! On pourrait donc penser à un délaissement de la part des fabricants mais je pense plutôt qu’il s’agit d’une simple question de calendrier. Au fil des années, l’offre grandira logiquement pour évoluer (en décalage) avec le marché automobile réel.

Même s’il y a beaucoup d’allergiques à la voiture électrique, celle-ci gagne en acceptation. L’augmentation du prix du carburant accentue sans doute la conversion et l’intérêt. À l’échelle 1/18, les réactions tendent à s’adoucir aussi. Il faut dire que les fabricants sélectionnent méticuleusement leurs modèles. Il s’agit souvent de supercars ou de grosses sportives, déjà bien connues et appréciées… Ou à l’inverse de modèles plus accessibles mais déjà en production, dont le capital sympathie dope les ventes.

Pour les fabricants, le risque d’un flop est important

Aujourd’hui, cerner les attentes des collectionneurs est assez complexe. En analysant les milliers de suggestions de modèles que nous avons reçues, il en ressort bien sûr des tendances… Mais la présence de voitures électriques reste assez minoritaire. S’agit-il d’un intérêt moindre pour les véhicules récents, un désintérêt pour la voiture électrique ou un rejet ? Toute la difficulté est justement de mesurer l’acceptabilité des modèles, bien qu’elle soit très variable d’un modèle à une autre.

Pour les fabricants de voitures miniatures, l’enjeu est très important… Produire une voiture miniature, surtout pour un modèle en zamac, cela coûte extrêmement cher. Un échec commercial engendre des pertes importantes qui peuvent avoir un impact lourd sur les finances et les possibilités d’investissement. La résine permet de réduire les risques en produisant de plus petits volumes. Cela explique sans doute pourquoi les voitures électriques demeurent encore assez rares sur le marché. Si Solido et Norev se concentrent sur les grands classiques, OttOmobile semble mener des expérimentations sur de plus petits volumes. Si l’unique Peugeot e-208 s’est correctement vendue, ce n’est pas le cas d’autres productions.

N’oublions pas : les collectionneurs de 205 GTI, Ferrari F40 ou Renault Clio Williams n’étaient pas nostalgiques de ces modèles lorsqu’ils étaient neufs. Ce n’est qu’avec le temps qu’ils sont devenus des icônes. Les voitures électriques suivront peut-être le même chemin. Dans quinze ou vingt ans, une Tesla Model 3, une Renault 5 E-Tech ou une Hyundai Ioniq 5 susciteront peut-être la même émotion qu’une youngtimer aujourd’hui.

Les collectionneurs sont-ils trop conservateurs ?

Le marché de la voiture miniature évolue plus lentement qu’il n’y paraît. Il se calque sur les goûts et les attentes des collectionneurs, ce qui implique un cheminement bien particulier. Les fabricants identifient des tendances, font des expérimentations, avec plus ou moins de succès. Si certains modèles électriques sont des échecs commerciaux, cela tient sans doute davantage de l’erreur de casting plutôt que du rejet pur et simple.

Les exemples de modèles à succès ne manquent pas, ce qui montre bien que les collectionneurs, en général, ne sont pas totalement fermés à la voiture électrique. Cela n’empêche pas certaines marques de limiter les risques en proposant prioritairement des versions thermiques ou hybrides plutôt que totalement électriques. La Lancia Ypsilon de MCG, à l’échelle 1/18, en est la parfaite illustration ! Et vous, avez-vous des voitures électriques dans votre collection ?

En bref

  • Le 1/18 suit les tendances automobiles avec plusieurs années de retard ;
  • Les fabricants limitent les risques en misant sur des valeurs sûres ;
  • Certaines miniatures électriques se vendent très bien ;
  • Les échecs commerciaux existent, mais ne sont pas systématiques ;
  • Les électriques d’aujourd’hui seront peut-être les collectors de demain
Club OttOmobile de août 2026

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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