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On a réuni les 3 générations de Fiat Panda

C’est une vidéo que je désirais tourner depuis bien longtemps déjà. Après plusieurs heures de logistique, j’ai pu réunir les trois générations de Fiat Panda, aux abords du Mans. Trois occurrences qui s’étalent sur près de quatre décennies. Je vous propose de partir à la découverte de ces trois exemplaires. Nous verrons aussi le fameux « carron », ce carré aux bords arrondis, devenu un gimmick mythique. Nous parlerons des points marquants de cette rencontre. Dîtes-nous en commentaire la génération de Fiat Panda que vous préférez !

Les 3 générations de Fiat Panda en vidéo

Découvrez en vidéo les trois générations de Fiat Panda. Nous avons réussi à réunir trois exemplaires représentatifs de la mini-citadine italienne qui, vous le verrez, a beaucoup évolué au fur et à mesure de sa carrière.

Fiat Panda 1 : grand mère Panda

Née en 1980, la Fiat Panda 1 (type 141) est une voiture bien ancrée dans son époque. Le style est résolument cubique, avec des formes simples, taillées à la serpe. Au tout début, la calandre était asymétrique et tout avait été pensé à l’économie. Mais n’y voyez pas une voiture au rabais, s’il n’y a pas de superflu, tout l’essentiel est là. D’ailleurs, l’intérieur a clairement été pensé pour être fonctionnel avant d’être esthétique. Mais la première Panda ne renie pas quelques coquetteries. Ainsi, on retrouve une forme récurrente un petit peu partout : le célèbre carré aux bords arrondis, dont nous parlerons plus loin dans l’article. La version ici présentée est une Panda 1 phase 3 de 1998, disposant du moteur 900 cm3.

La Panda 1 en trois phases

La Panda 1 a connu deux restylages successifs et donc trois phases, que l’on qualifie plus généralement de phases 1, 2 et 3. Passons-les en revue très succinctement.

  • Panda 1 phase 1 (1980 à 1986) : calandre avant asymétrique, carburateur Weber, équipement plutôt pauvre, versions 30 (uniquement en Italie), 34 et 45, ainsi que la version 4×4.
  • Panda 1 phase 2 (1986 à 1992) : calandre en plastique plus moderne, tableau de bord plus large, phares et feux plus enveloppants, nouveaux choix de couleurs pour toucher un public plus large. Finition C en entrée de gamme, CL en milieu de gamme et CL+ en haut de gamme. Nouvelle nomenclature des finitions : 750 Fire (34 chevaux), 1000 Fire (45 chevaux), 4×4 et même diesel (37 chevaux) mais pas vendue en France.
  • Panda 1 phase 3 (1992 à 2003) : calandre légèrement restylée, moteurs à injection et non plus à carburateurs. Norme Euro 3 plus stricte engendrant des émissions polluantes plus basses. Nouvelles motorisations : 899 i.e. (39 chevaux), 1000 i.e. (45 chevaux), Selecta (boîte automatique) et 4×4 (50 chevaux) avec finitions spéciales telles que Sisley ou Val d’Isère.

L’extérieur de la Panda 1

Avec son style très cubique, la Fiat Panda de première génération fait très « voiture ancienne », malgré qu’elle fut vendue jusqu’en 2003. D’ailleurs, la marque italienne a opté pour des restylages discrets qui permettent à la fois de garder l’âme originelle… Et de ne pas coûter trop cher en recherche et développement ! Il se dégage un certain cachet de cette Panda 1, qui séduit par sa simplicité, aux antipodes des standards actuels.

La Panda 1 d’Alexandre G., qui a sympathiquement fait le trajet exprès pour ce reportage, dispose d’un exemplaire dans un état remarquable. On remarque les épais pare-chocs exclusivement en plastiques, les larges protections de portes, les enjoliveurs de roue pleins ou encore les petites barres de toit. Un ensemble qui marche bien esthétiquement.

L’intérieur de la Panda 1

Dans les années ’80, les formes cubiques étaient à la mode. Dès lors, l’intérieur de la Panda 1 fait très ancien si on se réfère aux standards actuels. On notera que tout a été pensé fonctionnel, quitte même à sacrifier l’esthétique générale. Le tableau de bord est complexe visuellement, mais arbore des compteurs agréables à l’œil et même un schéma global sur la partie droite. Parmi les éléments remarquables, il y a le grand vide-poche, devant le passager. Spacieux, pratique et bien intégré. Grâce à ses larges vitres, la Panda 1 est une voiture lumineuse et agréable à vivre, permettant des manœuvres faciles et sans stress.

Les commandes sont disposées sur la partie centrale, tout tombe bien sous la main. C’est aussi le cas du cendrier et des enceintes qui semblent « posés » là parce qu’ils devaient être là. Les contre-portes sont peu épaisses, mais avec un joli rembourrage. La sellerie, qui peut être colorée suivant les finitions, est de belle facture. On dispose de sièges très confortables mais avec peu de maintien. Étrangement, on s’y sent bien dans cette première génération de Panda où il règne une ambiance « bonne franquette » comme le canapé hors d’âge de vos grands-parents.

Le carré aux angles arrondis

Sur la Panda 1, une forme est récurrente : c’est le carré aux bords arrondis. On trouve cette forme à de multiples endroits partout à l’extérieur comme à l’intérieur. Forme du pare-brise, canules sur les ailes, forme du tableau de bord, du pommeau de vitesse ou encore du centre de volant. Au fur et à mesure de l’observation de la voiture, on découvre cette forme un petit peu partout ! Cela contribue à donner une unité à la petite Panda !

Anecdotes sur la Fiat Panda 1

  • La Fiat Panda 1 dispose d’une sœur jumelle : la Seat Marbella, quasiment identique à l’italienne. Elle fut d’abord nommée Seat Panda, avant d’être renommée Panda Marbella puis simplement Marbella ;
  • Une version électrique de la Panda existe, la version Elettra développe 9,2 kW et ne possède que deux places, les batteries remplaçant la banquette arrière. 8 heures de charge permettent de récupérer 100 kilomètres d’autonomie. Un petit moteur essence permettant d’alimenter le chauffage… car les batteries sont au plomb ;
  • Une version Van a aussi existé, ajoutant une cellule en plastique avec deux petites portes à l’arrière.
  • Il était proposé, sur la Seat Marbella, d’opter pour un kit Abarth, exclusivement esthétique… 2 à 3 seulement auraient été proposés par Apicsa.

Fiat Panda 2 : un renouveau surprenant

En 2004, Fiat a présenté la Panda de seconde génération (type 169). Contrairement à la concurrence, ici, il n’y a pas de continuité. Par rapport à la Panda 1, on ne retrouve pas de lien de parenté. La raison, c’est qu’initialement, la Panda 2 devait s’appeler Gingo et devait donc inaugurer une nouvelle gamme. Finalement, la Panda 2 reprend la recette son aïeule sur le fond, mais pas sur la forme : un style simple, bien dans son époque, des moteurs sympas et un niveau d’équipement très variable en fonction des finitions. D’ailleurs, la Panda a récolté le titre de voiture de l’année 2004. Pas mal, non ? La version présentée ici est une Panda 2 100HP d’octobre 2007.

La Panda 2 en deux phases

En neuf ans d’existence, la Panda de seconde génération n’a connu qu’un unique restylage, en 2009. Celui-ci est très subtil…

  • Panda 2 phase 1 (2003 à 2009) : la Panda 1 se reconnaît à sa calandre avant spécifique, avec un des bords peints couleur carrosserie. Les versions 100HP, 4×4 et 4×4 Cross disposent d’une carrosserie spécifique sans évolution majeure entre phase 1 et 2. Enfin, les Panda 2 phase 1 disposent de logos Fiat à fond bleu. Moteurs : 1.1 (54 chevaux), 1.2 (60 chevaux), 1.3 diesel (70 chevaux) et 1.4 16V (100 chevaux)
  • Panda 2 phase 2 (2009 à 2012) : Sur les Panda 2 « classiques », la calandre s’étend désormais jusqu’aux phares. Les logos Fiat sont à fond rouge. Les moteurs sont également plus efficients. Moteurs : 1.1 (54 chevaux), 1.2 (69 chevaux), 1.3 diesel (75 chevaux) et 1.4 16V (100 chevaux).

L’extérieur de la Panda 2

La Fiat Panda 2 a laissé beaucoup de personnes dubitatives. Le style n’est aucunement révolutionnaire, c’est même celui d’une classique voiture citadine. La partie avant reprend les phares au style assez carré, tout comme la calandre. Mais n’y voyez pas la volonté d’un clin d’œil à la première Panda, c’est simplement une application des codes stylistiques en vigueur chez Fiat. Le vitrage latéral dispose d’une forme assez spécifique, avec une partie supérieure bombée et une vitre de custode parfaitement rectangulaire.

Ici, il s’agit de ma Fiat Panda 100HP, la version sportive donc. Elle se caractérise par un look plus sportif qui contraste avec le look assez sage des versions classiques de la Panda 2. Mention spéciale pour les immenses feux arrière qui démarrent du bas du pare-choc et qui se terminent à plus d’un 1,50 mètre du sol. L’élément le plus remarquable, c’est certainement l’arrivée de la carrosserie cinq portes, la seule proposée. Elle répond mieux aux attentes des urbains.

L’intérieur de la Panda 2

À bord de la Panda 2, c’est le plastique qui règne. La planche de bord paraît assez étriquée, privilégiant toujours le fonctionnel à l’esthétique. Le levier de vitesse prend place sur la partie basse de la console centrale, à la manière du Fiat Multipla. Le volant arbore un design très classique. Le vide-poche de la Panda 1 est ici dédoublé, avec un espace creux sur la partie supérieure et une grande boîte à gants. Les matériaux sont d’une qualité assez mauvaise, mais ils vieillissent bien dans l’ensemble. Quant à la finition, elle est faiblarde. Mais rien de vraiment surprenant pour une voiture vendue à un prix très bas.

Les Panda 2 en finition basse disposent de simples caches à la place des boutons de lève-vitre, au centre de la voiture. En revanche, l’ergonomie est assez bonne, on dispose d’une habitabilité correcte, d’une bonne luminosité dans l’habitacle et d’un confort d’assise correct. Le coffre est très petit.

Anecdotes sur la Fiat Panda 2

  • La trappe à carburant ne ferme pas. Elle reste continuellement ouverte ;
  • Une version GPL (de série) a été proposée sur la Panda 2, sur la base du 4-cylindres de 1,2 litre, dont la puissance a été ramenée de 60 à 52 chevaux. Le système GPL prend la place de la roue de secours ;
  • La Panda 2 MultiEco dispose d’une carrosserie en matériaux composite, pouvant carburer aussi bien à l’essence, au GNV et à l’hydrogène ;
  • La Panda Aria dispose d’éléments intérieurs et extérieurs ecocompatibles, d’un système Stop & Start et d’un moteur bicylindre essence développant 80 chevaux.

Fiat Panda 3 : une continuité un peu néo-rétro

La troisième génération (type 312) de Fiat Panda a vu le jour en 2011. Visuellement, c’est une voiture intéressante, qui reprend aussi les codes de la Panda 1, ceux de la Panda 2… Et ceux de la gamme Fiat actuelle ! Un mix audacieux qui ne fait pas forcément l’unanimité. La Panda 3 veut gommer son image un peu « mémé ». Le look est donc plus arrondi, plus sexy. L’intérieur adopte un tableau de bord au look résolument moderne. Là encore, c’est une voiture bien dans son époque. Notre modèle d’essai est une Panda 3 City Cross (traction) avec le 4-cylindres 1,2 litre 69 chevaux.

La Panda 3 en… une seule phase

Depuis sa commercialisation début 2012, la Fiat Panda 3 n’a jamais connu de restylage. Seules quelques menues modifications ont été insérées au fil des millésimes.

  • Panda 3 (depuis 2012) : la Panda 3 « classique » dispose d’une esthétique relativement sage. Cette fois, plus de version sportive mais une version Cross (4×4) et City Cross (qui dispose d’un look de 4×4 mais en traction). Moteurs : 4-cylindres 1,2 litre (69 chevaux), 0,9 TwinAir (bicylindre de 65, 85 ou 90 chevaux) et 1.3 Multijet diesel (75, 80 ou 95 chevaux).

L’extérieur de la Panda 3

Avec ses formes arrondies, sa ligne de caisse bien dessinée, la Panda 3 marque un vrai bond en avant en termes de qualité perçue. La Panda 3 arbore un avant plus tendance. Le vitrage latéral est également plus classique que celui de la Panda 2. Bref, cette troisième mouture est entrée en plein dans le XXIème siècle. Les feux sont plus classiques et se poursuivent juste derrière la custode. L’embonpoint est indéniable avec 11 centimètres de plus en longueur par rapport à la Panda 2. L’habitabilité est donc bien meilleure, gommant la sensation de confinement.

En regardant de plus près la Panda 3, on remarque aussi le grand retour du carré aux bords arrondis. Cette forme se retrouve partout sur la carrosserie. Cela rend l’ensemble plus ludique, plus fun… Tout en faisant un clin d’œil à la première Panda.

L’intérieur de la Panda 3

À bord de la Fiat Panda de troisième génération, on remarque que la planche de bord est indéniablement plus moderne. On trouve des touches de couleur, des commandes bien disposées, un volant moderne, des aérations bien dessinées. La sellerie est également plus qualitative. Bref, on se sent pleinement dans une voiture moderne. Les différences avec la Panda 2 sont énormes. Même si la finition progresse à peine, la qualité perçue rend cet intérieur vraiment agréable à vivre. De la Panda 1, on retrouve l’immense vide poche. Sur la partie haute, un support à smartphone bien pensé.

Les contre-portes bénéficient d’un habillage intéressant. En y regardant de très près, on remarque qu’il s’agit d’une accumulation des lettres P, A, N et D. Un détail sympathique ! Quant aux carrés aux angles arrondis, ils sont omniprésents et même au niveau du ciel de toit. Bref, une ambiance très agréable à bord même si la luminosité est moins importante que dans les deux précédents opus de la Panda.

Anecdotes sur la Fiat Panda 3

  • En 2014, la Panda 3 fut gratifiée de 4 étoiles au crash-test Euro Ncap. En 2018, 0 étoile. Ce qui explique une telle chute, c’est qu’avec sa conception de 2011 et l’absence de restylage, la Panda 3 ne dispose plus des systèmes d’aide électroniques. Et comme ce paramètre entre désormais en compte dans le calcul des étoiles, alors la petite italienne a perdu toutes ses étoiles.

Fiat Panda : pourquoi un tel succès ?

La recette de Fiat, pour ses Panda, semble porter ses fruits. Malgré des carrières à rallonge, chacune des trois générations a tiré son épingle du jeu. La première génération s’est écoulée à plus de 5 millions d’exemplaires et plus de 2 millions pour la seconde. La Panda 3, malgré ses 8 ans d’existence, continue de séduire. Son prix très bien placé, son équipement correct et les remises fréquentes en font un choix intéressant. Notamment pour les primes à la conversion…

Un grand merci à la concession NSA Le Mans pour la mise à disposition de la Panda 3 City Cross !

D’une manière générale, la fiabilité de la Fiat Panda est bonne. La première génération peut souffrir de corrosion au niveau des ailes arrière et du joint de culasse sur le moteur 900. La seconde a connu des défaillances (non prises en charge par Fiat…) au niveau de la colonne de direction. Ce sont principalement les modèles de 2003 à 2006 qui en souffrent. Un correctif en 2007 a amélioré la situation, mais ce sont véritablement les phases 2 (dès 2009) qui éliminent grandement le risque de panne.

Une voiture moderne et parfois innovante !

La Fiat Panda, contrairement à ce que l’on pourrait penser, a toujours été en avance sur son temps. La première génération était notamment disponible en version électrique (Elettra), la seconde pouvait carburer aussi bien à l’hydrogène qu’au GNV. Enfin, des boucliers en matériaux composite pouvaient même être adoptés. Quant au style de la Panda, il a toujours été dans les standards et goûts des automobilistes. Les dimensions des différentes générations (3,40 mètres pour la première, 3,54 mètres pour la seconde et 3,65 mètres pour la troisième) s’inscrivent dans les fourchettes basses et séduisent les urbains. Quant aux portes arrière, elles améliorent la polyvalence. Les versions à transmission intégrale des Panda figurent parmi les références du segment… Ce qui peut surprendre bon nombre de SUV largement plus onéreux.

Et pour la suite ?

La quatrième génération de Fiat Panda devrait sortir prochainement. Pour le constructeur italien, l’enjeu sera énorme face à une concurrence toujours plus féroce. La minicitadine de la marque devra évoluer significativement au niveau des aides à la conduite. Elle devra également entretenir et renforcer son côté fun pour toucher une clientèle bien spécifique. Et vous, comment imaginez-vous le futur de la Fiat Panda ?


Je tiens à remercier tout particulièrement Alexandre G. d’être venu nous présenter sa Panda 1. Merci également à Benoît, directeur de la concession NSA Le Mans pour le prêt de la Panda 3. Enfin, mes remerciements à Lorenzo Dalibard pour ses prises de vue au top et Arsène Guillois pour ses clichés. Si ce format vous a plu, n’hésitez pas à nous le faire savoir !

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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

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