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Et pourquoi pas… Une Mercedes SLA sur base Alpine ?

En 2017, l’Alpine A110 a fait son grand retour. Ce nouvel opus marche dans les traces de la précédente tout en se modernisant lourdement. Il y a quelques jours, la « Renaulution », pilotée par Luca de Meo, a jeté un pavé dans la mare du groupe Renault. Renault Sport dégage, Alpine deviendra une marque 100% électrique et Dacia change clairement d’image. Partant de là, je me suis posé deux questions. La première : sans descendante directe en thermique, comment rentabiliser l’actuelle Alpine A110 ? La deuxième : et si Mercedes avait enfin un véhicule léger et sportif dans sa gamme ? Les deux marques étant en partenariat, cela pourrait s’envisager, du moins sur le papier. Voici donc une hypothétique Mercedes Classe SLA.

Mercedes et Renault : une collaboration pas si évidente…

La mondialisation permet aux constructeurs de produire leurs voitures où ils le souhaitent mais aussi de rationaliser certaines productions. Par exemple, le Renault Kangoo et le Mercedes Citan ne sont en réalité qu’une seule et même (et moche) voiture. La Smart Forfour (groupe Daimler) et la Renault Twingo ont aussi une base commune. Dans la majorité des cas, les économies sont importantes puisqu’elles mutualisent les outils de production, les savoir-faire et les coûts de recherche et développement. Entre les marques au losange et celle à l’étoile, les échanges de moteur ont permis à Mercedes de disposer de petits moteurs essence et diesel à mettre dans les versions d’entrées de gamme de ses Classes A, B, CLA et autres GLA et C. Forcément, les anti-Renault amateurs d’allemandes ont ronchonné quelques temps avant de passer à autre chose.

Mercedes Classe CLA

Néanmoins, il semblerait que les moteurs Renault se retireraient progressivement des Mercedes. La grande collaboration en cours vient du partage de base entre les ludospaces des deux marques. Revenons maintenant du côté d’Alpine. Cette récente marque, sous le giron de Renault, va devenir 100% électrique. On imagine alors une certaine frustration des équipes puisque l’actuelle A110, à moteur thermique, n’aura connu qu’une carrière éphémère. Sera-t-elle rentable ? Rien n’est moins sûr d’autant que les prix de vente augmentent régulièrement. Partant de là, j’ai jeté un œil du côté de chez Mercedes et le constat est sans appel. En matière de sportivité, il n’y a que du lourd… Et pas dans le bon sens du terme. Écrans à foison, habillages un peu bling-bling, jeux de lumière dans tous les sens, pack AMG, interminable liste d’option : rien n’inspire réellement les sensations et le plaisir de conduite pure.

Vous me direz, la vocation de Mercedes n’est pas de produire des modèles sportifs, il y a AMG pour cela. Et la marque à l’étoile a toujours été spécialiste des grandes berlines, d’autant plus quand des ressources existent. Mais en ces temps compliqués, il faut aussi s’adapter pour toucher une clientèle différente. Mercedes l’a bien compris en toilettant sa gamme au début des années 2000. Finie l’image de voiture de vieux, le constructeur allemand vise les jeunes. Et dans cette continuité, on imaginerait assez bien un petit coupé dans la gamme.

Pourquoi reprendre une base Alpine ?

Mercedes a souvent eu une dimension sportive par le passé. Il serait facile de remonter aux modèles des années ’50 ou ’60. Plus récemment, il y avait eu la SLK, devenue SLC. La notion de légèreté est très relative chez Mercedes mais par rapport à une C 63 AMG qui dépasse 1,7 tonne, cela fait la différence en termes d’agilité. Pour continuer dans ce rajeunissement d’image, un petit coupé aurait – à mon sens – sa place. Il va de soit que le développement de zéro d’un modèle neuf serait coûteux, d’autant plus qu’il faudrait tristement s’orienter vers une base électrique pour pouvoir envisager sereinement la prochaine décennie. Du côté d’Alpine, on se tournera vers Lotus pour développer une base commune de sportive électrique. Quant à l’actuelle A110, dont le 1.8 TCE de 252 chevaux est moderne de conception, elle pourrait offrir une base séduisante à une potentielle Mercedes SLA.

Mercedes SLA profil

Déjà, elle reprend une architecture très Mercedes, avec la propulsion et un gabarit assez compact qui pourrait la placer dans la catégorie « A » aux côtés des Classe A, CLA et GLA. Le nom de « SLA » coule donc de source. Pour rappel, « SL » signifie Sport Leicht (sportive légère), mais ça, je pense que même chez Mercedes, on l’a oublié. De plus, le moteur TCE existe déjà sous le capot de quelques modèles Mercedes, bien qu’il ne s’agisse pas du 1.8 TCE. Il est donc probable que la partie électronique et électrique pourrait être rendue compatible avec le système multimédia MBUX de dernière génération. Maintenant, nous allons voir à quoi pourrait ressembler ce modèle. Pour limiter les coûts, on repartirait donc sur une base d’Alpine A110 sans modification majeure de la coque. Le profil est donc très proche.

Une Mercedes SLA sobre, sans prétention

Si Mercedes rachetait des bases d’Alpine A110, l’amplitude de modifications serait donc assez limitée. J’ai donc classiquement repris une face avant de Mercedes Classe A, que j’ai adapté. Étant une propulsion, l’Alpine A110 « by Mercedes » peut bénéficier d’un capot assez plongeant. On retrouve bien sûr des jantes Mercedes, que l’on imagine en 18 ou 19 pouces pour bien remplir les ailes. Les poignées de porte arborent un design propre à la marque tandis que les rétroviseurs passent en bitons. Pas d’excentricité au niveau du style, ce modèle vise davantage les clients désireux d’avoir des sensations, pas pour frimer sur les Champs Élysées ! Le profil perd son drapeau sur les montants C, ce qui allège la ligne et donne un côté fastback qui marche assez bien.

À l’arrière, les modifications sont plus importantes. Le pare-choc est totalement modifié, avec un diffuseur plus important, de plus grosses sorties d’échappement. Les options sont fines et inscrites dans la continuité d’un dévers. Un fin spoiler donne du volume tandis que le logo Mercedes prend place à l’arrière, au centre, avec une certaine sobriété. Sur ce point, le style est assez différent et donne une vraie identité à celle que l’on imagine s’appelle Mercedes SLA. Comme pour les modèles actuels, la découpe des éléments de carrosserie est laide et ne tient pas compte des optiques. Malheureusement, la marque allemande néglige clairement cet aspect.

Le difficile exercice de l’intérieur

Intérieur Mercedes SLA

Dans la mesure du possible, j’essaie d’illustrer l’habitacle des véhicules imaginaires de notre série Et pourquoi pas. Cette fois, l’exercice est assez périlleux. L’Alpine A110 est une voiture plutôt légère pour la catégorie (1 080 kg). L’intérieur n’est pourtant pas dépouillé et affiche même un niveau d’équipement largement acceptable. Chez Mercedes, il est de coutume d’en mettre plein les yeux. Cela ne correspond pas vraiment à l’esprit de l’A110. Exit les écrans à foison, les jeux de lumière et de matière, on retrouve le séduisant minimalisme du coupé français. Néanmoins, on perçoit des compteurs entièrement numériques et bien sûr le système embarqué de Mercedes, tout comme la commande de la boîte de vitesses. Cela permet un bon compromis tout en évitant des coûts de développement trop importants pour ce modèle.

Donc forcément, pas d’effet « Wahou » en découvrant cet intérieur. Le fait de reprendre la structure de l’Alpine permet à la fois d’économiser de l’argent et du poids. Avec des coutures passées en rouge, le cockpit s’adapte davantage à ce que propose la marque à l’étoile sur ses produits sportifs AMG. Notons que l’Alpine A110 étant une pure deux-places, cette architecture est donc reprise ici-même. Elle ferait presque envie cette Mercedes Classe SLA, non ?

Et sous le capot ?

Arrière Mercedes SLA
Réalisation PDLV – https://pdlv.fr

L’Alpine A110 dispose d’une unique mécanique, déclinée en deux niveaux de puissance. La version « classique » accueille le 1.8 litre essence turbo de 252 chevaux. Ce 4-cylindres convient bien, d’autant plus que ce coupé est une propulsion plutôt légère. La version S passe à 292 chevaux. On pourrait donc imaginer ces deux niveaux de puissance repris, avec des appellations telles que SLA 250 et SLA 350. Sans surprise, on retrouvera un plaisir de conduite similaire et des sensations, sans avoir un environnement trop feutré. Se recentrer sur le plaisir de conduite avant tout permettrait sans doute de retrouver les passionnés de la marque qui ont fui ces dernières années face aux choix effectuées.

Cette Mercedes SLA verra-t-elle le jour ?

De nos jours, les automobilistes s’intéressent davantage au 0 à 100 km/h, aux écrans et à l’image que renverra leur véhicule. Pour ceux qui apprécient les sensations avant les performances, nul doute que cette Mercedes SLA sur base Alpine A110 aurait du sens. Le coût de développement serait assez faible puisque les composants existent déjà. Forcément, ce coupé serait assez décrié puisque beaucoup ne manqueraient pas de souligner « c’est une Alpine » avant de laisser sa chance au produit. Néanmoins, ce n’est pas demain que vous croiserez ce coupé. La marque se concentre sur ses produits phares. Et même s’il n’y a jamais eu autant de modèles différents au catalogue de la marque, jamais l’offre n’a été aussi monocorde et rébarbative.

Partant de ce constat, un petit coupé sportif, même s’il serait vecteur d’une image forte, semble voué à l’échec. On roule en Mercedes pour l’image de la marque, pour son écosystème et pour s’offrir un certain niveau de prestation. Le light is right n’est donc plus vraiment d’actualité. Cela aurait pu faire une concurrence indirecte à la BMW Série 2 M240i. Pour moins cher.

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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

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