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Lamborghini Countach LPI 800-4 : un beau clin d’œil, vraiment ?

Si je devais retenir un modèle de voiture qui évoque à lui seul la bestialité… Je partirais sans trop de doute sur la Lamborghini Countach. Cette sportive à moteur V12, c’est avant tout une gueule. Alors que la Miura arborait de délicieuses courbes, la Countach est taillée à la serpe. Folie de designer, elle a clairement marqué l’image de la marque. Marcello Gandini a clairement osé l’extravagance, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Présentée officiellement en 1971 au salon de l’automobile de Genève, la Lamborghini Countach fait son grand retour en 2021 pour commémorer ses 50 ans. Un retour aussi surprenant que subtil. Je vous propose de partir à la découverte de la Countach LPI 800-4 ; une série limitée à 112 exemplaires seulement.

Lamborghini Countach LPI 800-4 : une icône renouvelée ?

50 ans déjà que la Lamborghini Countach – première du nom – a fait son apparition. Commercialisée de 1973 à 1990, elle a clairement marqué l’esprit, s’enrichissant régulièrement de nouvelles déclinaisons. C’est pour cette raison qu’il n’y pas réellement qu’une seule silhouette de Countach ! Pour créer un remake, la marque italienne n’est pas tombée dans le néo-rétro « simple ». On est clairement plus dans l’esprit de l’évocation. C’est donc dans le traitement des détails, petits ou grands, que nous trouverons les liens de parenté avec la Countach initiale. Quant on regarde la ligne dans sa globalité, la filiation ne saute pas vraiment aux yeux. On pourrait tout autant s’attendre à une Diablo modernisée.

Pourtant, les designers n’ont rien laissé au hasard. Sous la houlette de Mitja Bockert, chef du design de la marque depuis 2016, l’équipe a réalisé un travail impressionnant. Au niveau du bouclier avant, on trouve un traitement qui se rapproche de celui de la Countach Quatrovalvole, mais en plus démonstratif bien sûr. La face avant intègre un capot trapézoïdale inversé, des optiques « simples » dans leur forme et un léger décaissement au dessus des phares pour évoquer les optiques pop-up additionnelles. Normes de sécurité obligent, de vrais phares pop-up ne sont malheureusement plus possibles…

Le profil tire son inspiration des Countach LP 400 S et LP 500 S. On retrouve la prise d’air originelle, fortement grossie, qui s’étend sur les portières et l’amorce de l’aile arrière. un clin d’œil qui manquera de subtilité aux yeux de certains, mais qui correspond bien à l’identité stylistique actuelle de Lamborghini. Des aérations prennent place dans la continuité du vitrage tandis que l’arrière fait l’impasse sur l’aileron. Les optiques sont directement tirées de la Sian, dont dérive cette nouvelle Countach ! On note aussi la présence de deux doubles sorties d’échappement et d’un arrière assez fuyant, au look assez rétro. La ligne est néanmoins bien plus douce !

On ressent nettement le travail des designers qui ont du faire du neuf inspiré de l’ancien, tout en opérant sur la prestigieuse base de la supercar Sian. Un pari compliqué d’autant plus que commémorer la Countach ne laisse pas le droit à l’erreur. Pour aller encore plus loin, on retrouve de grandes jantes dont le design Téléphone est modernisé. Une belle évocation ! Quant à la couleur de présentation, c’est tout naturellement une livrée blanche (avec une légère pointe de bleue) qui a été retenue. Ferruchio Lamborghini disposait en effet d’une Countach LP 400 S de cette même teinte… Quand je vous disais qu’il fallait s’arrêter sur les détails…

Une Countach devenue « vivable » ?

L’ADN d’une Countach, ça passait aussi par son intérieur. Un habitacle très rigoureux, résolument ancré dans les années ’80. La casquette de compteurs, immense, constituait le principal élément stylistique. On trouvait aussi bien sûr d’épais sièges baquets, une large console centrale, d’épais renforts sur les côtés et bien sûr, la traditionnelle boîte de vitesses manuelle à 5 rapports… Et sa grille en H ! Bref, vous l’aurez compris, la Countach est restée ancrée dans son époque. Pour ce revival, tous les ingrédients n’ont guère pu être conservés.

On retrouve l’intérieur de la Lamborghini Sian. Ce n’est pas une mauvaise chose, bien au contraire. C’est un intérieur de grande qualité, avec une somptueuse sellerie en cuir, un écran tactile central de 8,4 pouces, des compteurs numériques et toutes les technologies que l’on peut attendre d’une voiture moderne, de surcroît une supercar. Néanmoins, la parenté s’arrête-là. Ce ne sont pas les quelques sigles « Countach » qui parviennent à donner l’illusion.

Si vous serrez la main à un conducteur de la première Countach, mieux vaut recompter vos doigts. C’est une voiture qui nécessite de la poigne et du doigté à la fois. La nouvelle Countach sera sans aucun doute plus aseptisée et moins gratifiante à la conduite. Par exemple, la boîte de vitesses automatique sera de série. Cela fait bien longtemps que l’on n’a plus vu l’ombre d’un levier de vitesses chez le constructeur italien.

Faut-il s’en plaindre ? Pas sûr. Mon côté vieux con me dit qu’une boîte de vitesses manuelle aurait été une bonne chose. Seulement, la Countach originale était une voiture inscrite dans son époque ; elle en reprenait les codes du moment. Pourquoi ne pas faire pareil désormais ? Les automobilistes aiment la simplicité de conduite. Désormais, même une supercar se manœuvre (presque) aussi facilement qu’une Renault Clio en ville. Il n’y a plus réellement d’efforts à fournir. Seuls quelques constructeurs parviennent encore à créer ce lien jouissif entre l’homme et la machine, mais c’est bien rare. Plus aseptisée, plus cossue, plus « facile », cette nouvelle Lamborghini Countach est sans nul doute le meilleur choix. En plus, elle fera un magnifique duo avec votre futur yacht Lamborghini sur le port monégasque !

Une Countach hybride ? Vraiment ?

La Lamborghini Countach, durant ses 17 ans de commercialisation, n’a reçu que des motorisations V12, dont la cylindrée a varié de 3.9 à 5.2 litres. Pour ce nouvel opus, c’est sans surprise le V12 atmosphérique de 6.5 litres que l’on retrouve. Déjà présent sur l’Aventador, il équipe surtout la Sian. La Lamborghini Countach des temps modernes – LPI 800-4 pour les intimes – devient donc hybride. En effet, au même titre que la Sian donc, elle reçoit un petit moteur électrique de 34 chevaux (et 35 Nm de couple) qui vient s’additionner aux 780 chevaux thermiques de série. Cette hybridation légère permet d’effectuer de courtes manœuvres (dont la marche arrière) uniquement à l’électrique.

En matière de performance, avec une puissance totale cumulée de 819 chevaux et 720 Nm de couple, la Lamborghini Countach LPI 800-4 se montre d’une efficacité redoutable malgré un poids à vide de 1 595 kg. Associant la transmission intégrale et la boîte de vitesses robotisée à sept rapports, elle permet de réaliser le 0 à 100 km/h en 2,8 secondes seulement et peut atteindre les 200 km/h en 8,6 secondes. La vitesse de pointe culmine à 355 km/h.

Combien coûte cette sportive des temps modernes ?

Vous l’aurez compris, cette Countach des temps modernes n’est pas une « reprise » de l’originale. Elle joue clairement la carte de la modernité afin de s’adapter au contexte actuel, en s’inspirant. D’ailleurs, en hommage à LP 112, le nom de code la Countach I, seuls 112 exemplaires seront produits. Le département de personnalisation de la marque autorisera toutes les coquetteries aux clients qui accepteront de débourser une somme élevée. Pour l’heure, ce coût n’a pas été officialisé. Des rumeurs font écho d’un prix de 3 000 000 €. Les livraisons débuteront au premier trimestre 2022.

Source
Lamborghini.com
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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

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