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Et pourquoi pas… Une Suzuki Ignis Sport ?

Ce nouveau numéro de notre chronique Et pourquoi pas est un petit peu différent des précédents. Sur sa page Facebook, Suzuki a partagé le courrier qu’ils ont reçu de la part d’un enfant de 10 ans. Le rêve de ce dernier ? Une version sportive de la Suzuki Ignis. L’occasion était trop belle : nous avons donc illustré et contextualisé ce que pourrait être cette inédite Suzuki Ignis Sport. Parmi les contraintes, il y avait celles de respecter les recommandations du (ou de la) jeune : une puissance de 150 chevaux, des étriers de frein rouges ou encore une ligne d’échappement Akrapovic. Et voici notre rendu !

« Bonjour,
Je suis un enfant de 10 ans, mais je m’intéresse énormément aux Suzuki, et particulièrement aux Ignis. Donc je désirerais donner mon idée : faire une Ignis Sport de 150 ch. Si mes calculs sont exacts, elle pourrait atteindre 250 km/h. Cela pourrait attirer les amateurs de SUV citadins (très) sportifs.

Regardez : Audi A1 (S1), VW Up! (Up! GTI), etc… Donc vous aurez le SUV citadin le plus rapide. Cela évitera de donner de l’argent aux préparateurs spécialisés qui coûtent une fortune : environ 20 000 € ! Je vous demanderais aussi de faire parvenir l’idée au PDG svp. Mais il faut en distribuer aussi en France car c’est en partie pour moi : j’aime les sportives et les Ignis !
Je vous souhaite bon courage !
P.S. : Ce serait encore mieux avec des étriers de freins rouges et échappement Akrapovic. »


Un enfant de 10, resté anonyme

Une Suzuki Ignis Sport ? Et pourquoi pas !

La Suzuki Ignis est une voiture assez peu connue en France. Ses faibles chiffres de vente en font un modèle dont beaucoup ignorent l’existence. Fondamentalement, c’est un petit SUV urbain long de 3,69 mètres, au style assez ramassé mais relativement bien équipé, tout en étant proposé avec des motorisations essence ou hybride, en traction ou bien même avec la transmission intégrale. Il est même possible de faire son choix parmi une boîte de vitesses manuelle, robotisée ou CVT en fonction des versions. Le style est très japonisant, rappelant l’esprit Kei Car.. Au niveau du design justement, c’est contemporain à défaut d’être réellement novateur…

Toutefois, on trouve quelques éléments de style sympathiques, comme l’entourage des phares et de la calandre, de petites écopes latérales au niveau du capot et trois stries inclinées, le long des ailes arrière. Jusqu’à présent, il fallait se contenter au maximum d’une puissance de 90 chevaux… Malgré un poids inférieur à la tonne, il est clair que l’on rejoint le jeune homme ou la jeune fille : on veut une Suzuki Ignis Sport. Il fallait donc prendre en compte ses recommandations, assez précises mais avec une certaine liberté formelle.

La première génération d’Ignis, commercialisée au début des années 2000, avait bien bénéficié d’une finition Sport mais les codes de la marque ont tellement évolué qu’il était préférable de partir d’une page (presque) blanche. En effet, il me semblait important de garder une certaine cohérence stylistique avec la Swift Sport, actuellement au catalogue, unique représentante des Suzuki sportives. Mais on veillera à ce que la puissance moteur soit de 150 chevaux, que les étriers de frein soient de couleur rouge, qu’un échappement Akrapovic soit installé et bien sûr, que le modèle soit industrialisable afin de tenir un budget « raisonnable ». Exit donc les ailes élargies tout comme certainement la possibilité d’atteindre la vitesse maximale de 250 km/h.

Le style de l’Ignis Sport

À défaut de pouvoir élargir les ailes, ce qui ne serait pas possible financièrement, j’ai opté pour un élargissement des voies, ce qui améliorera sensiblement la tenue de route. À cela s’ajoutent bien sûr de plus grandes jantes (avec les étriers rouges), des pneus plus larges mais aussi une refonte de plusieurs éléments, dont la partie avant, désormais beaucoup plus dynamique et dans un esprit sportif. Le dé-chromage permet de renforcer cela tout en donnant un look plus expressif, sans aller dans l’extravagant. Mais surtout, le rabaissement donne un regard tout autre sur ce SUV de poche. Des modifications qui donnent une perception très différente et pour le coup, je le trouve plutôt désirable cette petite Ignis ! Fatalement, des petits ajouts viennent souligner le côté sportif, comme un sticker « Sport ».

On note aussi la présence d’un diffuseur arrière, d’écopes et d’une double sortie d’échappement avec bien sûr, les canules d’échappement Akrapovic ! Les jantes alliage de 18 pouces apportent un design vraiment plus sportif tandis que l’abaissement du centre de gravité aura sans doute un impact assez important sur la tenue de route. D’ailleurs, l’esprit SUV s’estompe avec la modification du pare-choc avant (et la suppression du faux protège-carter) et l’absence de barres de toit. L’ambiance sportive ressort plutôt bien et ce modèle fait assez envie au final. Une GTI des temps modernes, en somme.

Sous le capot, 150 chevaux…

Parmi les exigences de l’ingénieur en chef, il y avait la contrainte d’une puissance de 150 chevaux. Bon, la Suzuki Ignis étant relativement légère de base, nous ferons l’effort de rester sous la tonne. Exit donc la transmission intégrale, nous resterons sur une architecture traction, ce qui permettra de gagner près d’une centaine de kilo. On esquissera aussi l’hybridation. J’ai choisi de reprendre le moteur de l’actuelle Suzuki Swift Sport, à savoir un moteur 4-cylindres essence 1.4 BoosterJet de 129 chevaux. Ce moteur turbo, si on le débarrasse de sa micro-hybridation et qu’on l’optimise, pourrait sans problème atteindre une puissance de 150 chevaux. L’honneur est sauf !

On pourrait aussi retrouver une boîte de vitesses manuelle à 6 rapports, plutôt courte. Mais il est probable que les 250 km/h soient un brun optimistes. Après concertation avec mon équipe, nous serions plutôt sur un score de 210 à 220 km/h, ce qui est déjà excellent ! De toutes manières, cette Suzuki Ignis Sport s’apprécierait davantage sur les petites routes de montage plutôt que sur l’autobahn ! Au niveau de l’habitacle, il faut composer avec la problématique du prix. Exit le vrai carbone, on pourrait néanmoins retrouver un habillage l’imitant, sur la planche de bord. Des touches de rouge seraient disposées ici et là tandis que l’on découvrirait un volant en cuir et une sellerie surpiquée en rouge.

La Suzuki Ignis Sport verra-t-elle le jour ?

Si l’idée d’une Suzuki Ignis Sport est purement excellente, elle a l’avantage de montrer que la bagnole n’est pas morte et qu’elle continue de faire rêver également les plus jeunes. Et rien que pour cela, ça fait vraiment plaisir ! Maintenant, ce modèle semble difficilement industrialisable. En 2021, Suzuki a écoulé plus de 25 000 voitures, ce qui représente une hausse de 16,5 % par rapport à 2020. Toutefois, le marché est avant tout porté par cette nouvelle gamme hybride. Une petite sportive aurait-elle sa place dans la gamme ? J’ai envie de crier un grand « oui » mais ce modèle n’est pas vraiment rationnel. L’investissement nécessaire à sa production rentabiliserait difficilement de petits volumes de ventes.

Aussi, en ces temps salement autophobes, la voiture sportive est pointée du doigt. Bien que la Suzuki Ignis Sport aurait sans doute un impact environnemental moindre que celui d’un Porsche Cayenne E-Hybrid, il y a toujours cette tendance débile consistant à pointer du doigt tout ce qui sort de l’ordinaire et qui ose évoquer la sportivité. Quant au prix de revient d’un tel modèle, il serait sans doute complexe. La puissance plus élevée que la Swift Sport risquerait de complexifier la hiérarchisation de la gamme. Néanmoins, l’offre en citadines sportives étant restreinte, la Suzuki Ignis Sport pourrait apporter un vent nouveau bienvenu. Mais est-ce vraiment l’image que veut diffuser le constructeur japonais ?

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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

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