Pratique

Malus en assurance auto : comment le réduire ?

Chaque année, les conducteurs automobiles sont évalués par leur assureur. À la clé, une note. Au début, on démarre toutes et tous avec un coefficient de 1. Chaque année sans sinistre, c’est 5 % de bonus. À l’inverse, chaque sinistre apporte une pénalité de 25 %. À la clé, des dépenses qui peuvent être lourdes de conséquences. Destiné à responsabiliser les automobilistes, le bonus-malus est le sujet de beaucoup de questionnements. Dans ce court article, nous allons vous répondre à une question simple : y a-t-il une solution pour réduire l’impact du malus en assurance auto ?

Comment ça fonctionne ?

Déjà, il faut savoir que chaque automobiliste dispose d’un coefficient d’assurance auto. Lorsque l’on commence la conduite, celui-ci est systématiquement à 1. Au fur et à mesure du temps, il diminue jusqu’à atteindre 0,50 au bout de 13 ans. Ça c’est dans le meilleur des cas. En cas d’accident responsable, le malus de 25 % peut augmenter très fortement votre prime d’assurance auto. Heureusement, il est plafonné à 3,5, ce qui représente tout de même une prime très lourde, pour les plus mauvais conducteurs. Dans les faits, se séparer du malus peut être compliqué surtout si la loi des séries est contre vous et que vous accumulez deux sinistres en l’espace de quelques mois. Dès lors, pour aboutir à une assurance véhicule à moindre coût, beaucoup se demandent s’il existe un moyen légal d’abaisser le coefficient du bonus-malus.

En changeant d’assureur auto, certains espèrent passer entre les mailles du filet et esquiver le malus. Pourtant, il est nécessaire de fournir un relevé de l’ancien assureur au nouveau, ce qui transfère automatiquement le nouveau coefficient. On ne peut donc pas échapper à son destin, car, même si certains espèrent le contraire, il n’existe pas de solution pour effacer un malus en assurance auto. Pour éviter le problème, certains font le choix de mentir à leur nouvel assureur. Mais c’est une très mauvaise idée, puisque ce n’est qu’une question de temps avant que la supercherie ne soit détectée et ne vous conduise directement à la radiation. Et là, bon courage pour trouver une nouvelle compagnie par la suite ! Alors, voici nos astuces, qui ne sont pas miraculeuses, mais concrètes.

Changez de voiture

Ok, sur PDLV, on parle de voitures plaisir avant tout et il y a fort à parier que vous avez une forte attache à votre voiture. L’envie de passer sur une Ford Fiesta de 2002 ne vous enchante probablement pas, mais c’est pourtant la vraie bonne idée pour réduire significativement l’impact du malus en assurance auto. En effet, le malus, après un sinistre, prend la forme d’une augmentation de 25 % du montant de la prime. La prime en elle-même est déterminée suivant un ensemble de paramètres, tels que votre profil, votre localisation, le type de stationnement, la formule d’assurance ou encore votre véhicule. Moins la prime est élevée de base, moins le malus aura un impact sur vos finances. Choisir une citadine peu désirable et peu réputée accidentogène, en l’assurant au tiers, réduira grandement vos dépenses.

Alors bien sûr, ça ne fait pas plaisir, nous l’entendons bien, mais c’est la méthode la plus efficace pour que le malus s’estompe en causant le moins de dégâts financiers. Profitez de ce temps pour perfectionner votre conduite si nécessaire ou mettez de l’argent de côté pour votre future voiture plaisir si le cœur vous en dit. Dans tous les cas, c’est la solution la plus intéressante pour réduire vos dépenses. Un dernier conseil ? Optez pour une petite voiture qui se revend assez bien pour limiter les pertes d’argent.

N’oubliez pas la descente rapide

Pour inciter les conducteurs à mieux conduire, les assureurs autos ont mis en place le principe de la descente rapide. Concrètement, tout conducteur malussé qui ne crée pas de nouveau sinistre durant une période de deux ans revient automatiquement à un coefficient de 1. Cela permet d’effacer plus rapidement l’impact de ce fameux malus tout en incitant à conduire de manière plus rigoureuse. Pour bénéficier de la descente rapide, il n’y a aucune démarche particulière à accomplir. Cela s’applique de manière automatique dès lors que vous avez deux ans d’assurance à votre actif, sans sinistre responsable. Un sinistre non responsable n’interfère pas dans la récupération automatique des points et heureusement.

Par ailleurs, cette descente rapide étant régie par l’article A121-A du Code des assurances, elle s’applique donc à l’ensemble des compagnies qui doivent en faire bénéficier leurs clients dès qu’ils y sont éligibles. Cette pratique permet aussi d’éviter une certaine forme d’acharnement qui pourrait être ressentie lorsque deux accidents surviennent successivement. Ne l’oublions pas, un sinistre peut arriver à tout le monde… Une simple seconde d’inattention peut suffire à casser un pare-chocs ou à enfoncer une portière.

Et si vous changiez d’assureur ?

Non, changer d’assureur n’annulera pas votre malus. Toutefois, depuis l’instauration de la loi Hamon de 2015, vous êtes libre de changer de contrat d’assurance dès lors que celui-ci a atteint sa date anniversaire. Au fur et à mesure, les compagnies d’assurance ont tendance à considérer les clients comme acquis et à diminuer les petites attentions. En changeant d’assureur, vous aurez toutes les chances de trouver des tarifs bien plus avantageux. Avec un malus, vous serez un petit peu moins désirable, c’est certain. Pourtant, il est parfois possible de faire des économies en réduisant l’impact du malus grâce à une prime un peu moins élevée. Il existe une multitude de comparateurs disponibles sur internet, je vous invite donc à en essayer plusieurs.

Vous pouvez aussi vous rendre directement en agence, en expliquant votre cas. Il existe par ailleurs des compagnies qui se sont spécialisées auprès des conducteurs malussés et/ou résiliés. Il y a de temps en temps de bonnes affaires à faire de ce côté-là. Prenez le temps de faire des recherches, demandez des devis et faites ensuite votre choix, mais n’oubliez pas d’avoir des points de comparaison objectifs. Pour mettre en parallèle deux offres, il faut que les garanties soient les plus proches possibles. Cela permet alors de faire votre choix en toute connaissance de cause.

Ce qu’il faut retenir

Le malus en assurance auto pèse souvent assez lourd sur les automobilistes concernés. Les assureurs ont fait en sorte qu’il n’existe pas de moyen de s’en séparer. Et ce n’est pas le manque d’idées qui arrêteraient certains ! Des conducteurs ont fait le choix de vendre leur voiture et de s’en passer pendant 24 mois consécutifs afin de profiter directement de la descente rapide. Mais cela ne fonctionne pas, car la descente rapide n’est effective qu’après deux années sans accident et sans interruption d’assurance. Si vous ne conduisez plus, c’est uniquement lorsque vous reprendrez un contrat d’assurance à votre nom que votre malus reviendra et que le décompte des deux ans débutera.

Afin de vous éviter de perdre du temps, autant aller droit au but : il n’y a aucun moyen légal d’effacer un malus en assurance auto. Vous devrez prendre votre mal en patience et/ou éventuellement changer de voiture, en voyant vos exigences à la baisse, si les dépenses sont trop importantes. Même si c’est pénible, c’est l’unique solution à mettre en place pour faire un maximum d’économies en attendant la descente rapide. Et si votre conduite vous semble imparfaite, sachez qu’il n’y a aucune honte à reprendre quelques heures de conduite dans une auto-école. Parfois, cela peut permettre de se rassurer et de combler quelques lacunes qui peuvent être pénalisantes et engendrer des sinistres plus ou moins graves !

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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