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À la découverte de la Fiat Grande Panda

Il y a quelques jours, nous nous envolions vers l’Italie afin de nous rendre à Turin, dans l’usine historique de Fiat. Le Lingotto nous ouvrait ses portes à l’occasion des 125 ans de la marque italienne. À cette occasion, nous avons pu y découvrir plusieurs nouveautés dont une majeure : la nouvelle Fiat Grande Panda. Désormais inscrite dans le segment C, cette citadine ouvre une nouvelle ère pour la marque italienne. Mais tiendra-t-elle ses promesses ? Découvrons sans plus attendre la Fiat Grande Panda sur ses terres. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est surprenante sur bien des aspects…

La Fiat Grande Panda prend des centimètres

Depuis quelques années déjà, les segments automobiles tels que nous les avons toujours connus ont mué. Cela concorde avec les attentes des automobilistes. Le segment A, qui correspond aux mini-citadines, est apprécié pour la maniabilité et le faible encombrement. Le segment B des citadines a largement gagné en polyvalence… Mais l’augmentation des gabarits ne fait pas forcément l’unanimité. Dès lors, les constructeurs automobiles commencent à développer des modèles qui évoluent entre ces deux segments. C’est le cas de cette Fiat Grande Panda qui atteint désormais les 3,99 mètres de long, soit 34 de plus que l’actuelle Panda 3. D’ailleurs, l’attribut Grande est utilisé par Fiat lorsqu’un modèle sort de son segment originel. On se rappellera notamment de la Grande Punto de 2005 qui se positionnait alors également comme une grande citadine.

Sous cet angle, on retrouve certains traits inspirés par la Panda 1

La Fiat Grande Panda est un modèle mondial. Elle visera un public très large, tout en profitant des différents apports de la plateforme modulaire STLA Smart, développée par l’entité Stellantis. Elle est donc la cousine directe de la nouvelle Citroën C3 et de l’Opel Frontera. Citadine dans l’âme, elle multiplie les clins d’œil à la première génération de Fiat Panda, dessinée par Giugiaro à la toute fin des années ’70. Pour Fiat, l’enjeu est énorme… Comme nous avons pu le voir en Italie, la Panda (sous toutes ses générations) est présente PARTOUT ! En France, sa présence est moins marquée mais elle demeure importante. La nouvelle Panda reprend les piliers qui ont façonné les Panda depuis près de 45 ans : le design italien, la durabilité, la simplicité ou encore la pertinence locale.

Un design ludique qui interpelle

La première chose qui frappe avec cette nouvelle Fiat Grande Panda, c’est que l’on ressent nettement la cassure avec les opus précédents. L’approche de la marque italienne n’a pas été de faire du néo-rétro. Cela aurait de toute manière été assez compliqué… Ce qui a été retenu, c’était de reprendre l’ADN de la Panda de 1980, à savoir la simplicité, le design italien, la durabilité… Tout en disposant d’une plateforme mondiale, plus simple à rentabiliser et qui permet d’offrir un plus large spectre de motorisations.

Calandre et phares de la Fiat Grande Panda
Le style de la Grande Panda est clairement identifiable avec ce motif Pixel

Les optiques avant retrouvent un design rectangulaire tout en arborant un motif Pixel LED qui fonctionne bien ! La calandre reprend un fond noir, conformément à la « vieille » Panda. Le motif répété du carré se retrouve aussi dans le pare-chocs, avec un motif en dégradé. Un gimmick assez sympa qui donne de l’identité. La Panda semble haute sur pattes. Cette impression est renforcée par les barres de toit et par les extensions d’ailes.

Jante 17 pouces de la Fiat Grande Panda
En 17 pouces, ces jantes en finition diamantée ont un côté un peu rétro

Côté jantes, seules des versions hautes nous ont été présentées. C’est du 17 pouces avec un design asymétrique qui s’inscrit pleinement dans les tendances du moment. Fiat apporte toutefois sa touche d’originalité avec un design rayé diamanté. J’étais sceptique en photo, un peu moins en vrai… Même si j’ai toujours un petit coup de cœur pour les jantes acier de la finition de base, qui s’inscrivent encore plus dans l’esprit basique de la Panda de 1980. Côté profil, moins de rajouts en plastique mais un embossage des lettres Panda en gros. Cela permet de jouer avec les effets de lumière et ça fonctionne super bien. Notons aussi le logo décentré sur la calandre…

Bas de caisse et portières de la Fiat Grande Panda
Sur les côtés, les lettres Panda sont embossées. Cela fait de beaux jeux de lumière…

À vrai dire, j’étais assez sceptique… La Grande Panda gagne en maturité, en se détachant davantage des deuxième et troisième générations, pour reprendre l’ADN du premier opus. Et c’est assez compréhensible. Pour rappel, lorsque la Panda 2 a été commercialisée au début des années 2000, elle arborait initialement le nom de Gingo, sans point commun réel avec la Panda qui achevait sa carrière. Un conflit avec Renault (qui reprochait la trop grande ressemblance avec la Twingo) a finalement poussé Fiat à reconduire le nom de Panda. Mais ce n’était pas l’objectif initial !

Un arrière qui casse les codes

L’arrière de la Panda est nettement plus sympa en vrai qu’en photo ! On ressent encore davantage le côté ludique avec des optiques arrière qui reprennent le motif Pixel et qui s’apparentent à de gros Lego. Les lettres Panda prennent place en volume sur la partie basse du hayon avec de beau décrochés. J’aime bien aussi la découpe opérée dans le bouclier, qui permet de bien dessiner les formes de la Panda. Pour le coup, on retrouve davantage l’ADN de la première génération et j’accroche davantage. Les barres de toit sont intéressantes car on y perçoit aussi le logo de la marque. La Panda est donc assez cubique dans sa forme. Elle se démarque assez nettement de la Citroën C3, nous sommes donc loin du simple rebadgeage que beaucoup redoutaient…

Partie arrière de la Fiat Grande Panda
L’arrière fait très cubique, on dirait un Lego géant !

Côté couleur, la Panda fait naturellement l’impasse sur le gris, conformément à la stratégie du no-grey adoptée l’an passé. On pourra alors choisir une belle jaune, rouge, marron, vert clair, bleu, blanche ou encore noire. Un catalogue de couleurs assez cool donc qui pourra être associé à plusieurs finitions. Naturellement, seules des finitions hautes ont été exposés à l’occasion de cet événement. Les modèles disposent alors tous des belles jantes alliage de 17 pouces et de différentes coquetteries, notamment au niveau de l’habitacle.

Le Lingotto, c’est quoi ?

Avant de parler de l’intérieur, il faut qu’on parle brièvement du Lingotto. Il s’agit d’un immense complexe industriel construit à partir de 1915, qui a été le lieu de production principal de Fiat jusqu’en 1982. Sur son toit, ce bâtiment long de plus de 500 mètres, dispose d’un circuit accessibles par deux rampes hélicoïdales. Ces dernières permettant aux voitures fraîchement produites d’être essayées directement sur cette piste longue de 1,5 kilomètre, avec deux courbes paraboliques sur les côtés. C’est sur le toit de ce lieu mythique que nous avons été accueillis.

La grande métamorphose intérieure

J’ai toujours bien aimé les Fiat Panda, pour leur simplicité. Je possède d’ailleurs toujours un modèle de seconde génération… Au fil des générations, la Panda a gagné en maturité ainsi qu’en confort intérieur. Cette fois, la Grande Panda fait un pas de géant. Le repositionnement de la gamme a permis à la marque italienne à proposer un intérieur nettement plus cossu d’apparence. Sur les exemplaires qui nous sont présentés, on découvre un intérieur à dominante bleue. C’est ultra original ! C’est très fun et construit autour d’une forme géométrique dont la symbolique est forte. Sur les Panda 1 et 3 (principalement), il y avait ce fameux carré à bords arrondis. Cette fois, la forme réinterprétée est le tracé du circuit du Lingotto, à l’endroit même où nous avons fait nos photos et vidéos. La symbolique est forte d’autant plus que le clin d’œil historique est puissant.

Tableau de bord de la Fiat Grande Panda
L’intérieur affiche une très belle qualité perçue !

Sur cette finition haute, on trouve aussi la Bambox, une boîte à gants parée d’un revêtement en fibre de bambou qui parcourt la planche de bord. On trouve aussi de nombreuses touches de jaune et différents accessoires (comme les grilles d’aération) qui sont spécifiques à Fiat. Il y a un véritable travail de cohérence que l’on découvre une fois à bord de la voiture. Ce ressenti, on ne l’avait pas forcément en photo mais face à cette nouvelle Panda, ça saute aux yeux. Alors bien sûr, tout n’est pas parfait. On pourra reprocher des plastiques peu agréables en partie basse, une habitabilité arrière tout juste correcte ou encore des sièges qui font très Citroën… Car oui, sur notre exemplaire, on trouve une sellerie en biton. Jusqu’au niveau des épaules, un revêtement bleu est présenté avec des matériaux recyclés et naturels, avec un matelassage intérieur et une double surpiqûre.

La Grande Panda se voudra aussi plus technologique puisqu’elle dispose d’office de deux écrans. Le premier comprend toute l’instrumentation avec une diagonale de 10 pouces. Le second, de 10,25 pouces, est placé au centre. Tactile, il donne accès à toutes les informations de conduite ou encore à la navigation. L’ergonomie semble assez bonne même si ces modèles de présérie ne sont pas encore totalement au point.

On se consolera avec des sièges agréables et un volant qui offre une bonne prise en main. Sur les sièges, on peut lire « Panda made with love in Fiat », qui est l’un des nombreux easter egg, plus ou moins visibles, à découvrir sur cette citadine. Côté coffre, on table sur 361 litres. C’est tout de même 136 litres de plus qu’une Panda 3… Et même supérieur à ce que propose une Peugeot 208. Niveau rangement, on dispose d’ailleurs de pas moins de 13 litres rien qu’au niveau du tableau de bord. Pas mal !

Électrique ou thermique : vous choisissez

La Fiat Grande Panda proposera deux types d’énergie. Reposant sur la plateforme STLA Smart, inaugurée avec les Citroën C3 et Opel Frontera, elle proposera naturellement une motorisation électrique. Il s’agira d’un moteur électrique synchrone à aimant permanent d’une puissance de 113 chevaux. Il est associé à une batterie de 44 kWh capable de passer de 20 à 80 % de charge en 26 minutes, pour une autonomie de 320 kilomètres. C’est plutôt correct dans l’ensemble d’autant que la masse devrait être maîtrisée. Une version d’environ 80 % serait aussi dans les cartons mais nous n’avons pas plus d’informations à ce jour. Le fait de proposer une alternative thermique est indispensable pour un modèle destiné à un marché très large, notamment international.

Électrique ou micro-hybride, vous avez le choix pour votre future Fiat Grande Panda

Sans surprise, c’est la nouvelle génération du moteur PureTech de 100 chevaux qui prend place. Rassurez-vous, celui-ci dispose désormais de la chaîne de distribution, ce qui laisse présager une meilleure fiabilité que ce que l’on a pu connaître chez Peugeot et Citroën. Un petit moteur associé d’office à la nouvelle boîte de vitesses automatique e-DCS6 qui nous a plutôt convaincu dans la dernière Peugeot 208 hybride. Malheureusement, nous n’avons pas pu prendre le volant des quatre Grande Panda puisqu’il s’agissait d’une présentation statique. Nous en avons vu certaines rouler mais il n’y a rien de spécial à en tirer.

Néanmoins, la Grande Panda électrique dispose d’une spécificité ! Elle permet la recharge rapide jusqu’à 100 kW grâce à une trappe de recharge située à l’arrière gauche. À l’avant, une trappe située derrière le logo donne accès à un chargeur intégré, en triphasé à 7 kW, avec un câble en spirale long de plusieurs mètres. C’est assez inédit de proposer deux ports de recharge mais c’est plutôt bien pour les charges à domicile, en évitant de laisser traîner le chargeur. Bref, Fiat n’a pas manqué de bonnes idées avec cette Panda.

Une Grande Panda promise au succès ?

Pour autant, la Fiat Grande Panda n’a pas vocation à remplacer définitivement la Panda 3, qui demeure au catalogue. En effet, cette dernière se décline même en deux versions. La version « classique » s’appellera désormais Panda Classic tandis que la version mieux équipée, au look baroudeur, prend le nom de Pandina. La Grande Panda sera commercialisée à partir de 19 000 € pour la version hybride et à moins de 25 000 € pour le modèle électrique. Un placement tarifaire attractif qui devrait contribuer au succès de cette nouvelle Panda. Le changement de segment aura sans doute un impact… Mais sur le marché international, la nouvelle venue avance de solides arguments. La gamme devrait être assez réduite tout en laissant la place à la personnalisation : une carte qu’il est intéressant de jouer en 2024.

Présentation officielle de la Fiat Grande Panda
La Grande Panda a eu son petit succès !

Pour ma part, je ressors de cet événement avec un ressenti plutôt positif. Clairement, il faut faire le deuil de ce que l’on a connu avec les précédentes Panda. La nouvelle Grande Panda va de l’avant. Elle se positionne comme une voiture tendance, ultra moderne de conception et qui se veut ludique. Son design, qui m’avait laissé plutôt indifférent, passe relativement bien en vrai : il y a clairement eu du travail…

Maintenant, je n’irais pas jusqu’à parler de coup de cœur car derrière cette belle présentation et l’inauguration en grande pompe sur le Lingotto, la nouvelle Grande Panda n’apportera rien de majeur sur le segment. Mais je ne pense pas que cela soit un problème. La Grande Panda entretient une image de voiture du peuple : elle doit plaire à tout le monde, en se positionnant dans les standards, en étant moderne, un peu tape-à-l’œil mais pas trop pour ne pas lasser.

Ce qui est certain, c’est que j’ai plutôt hâte de prendre le volant de cette nouveauté. Remplacera-t-elle ma Panda 100HP un jour ? Non. Certainement pas… Même si la version à moteur essence de 100 chevaux qui sera proposée pourrait être légitime pour renouveler le blason. Mais je pense que Fiat préfère se tourner vers l’avenir et laisser les modèles sportifs à Abarth. D’ailleurs, une Grande Panda Abarth ne semble pas à l’ordre du jour mais qui s’en plaindra ? En commentaires, donnez-nous votre avis sur cette Panda. Avez-vous eu le coup de cœur ?

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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