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Où sont fabriquées les voitures de gendarmerie ? Reportage

Savez-vous où et comment sont fabriquées les voitures de gendarmerie ? Pour répondre à cette question, je vous propose de découvrir Gruau. Ce nom ne vous est certainement pas inconnu, mais nous allons maintenant découvrir comment sont fabriquées les Duster, Berlingo et Partner qui parsèment nos routes. C’est parti ! Vous ne verrez plus les voitures de gendarmerie de la même manière !

Gruau Laval : une visite… unique !

Rendez-vous était fixé au siège social de Gruau, situé en périphérie de Laval. J’entre à peine dans la gigantesque enceinte, encerclée de bâtiments à perte de vue, que mon sens (ou non sens) de l’orientation est déjà soumis à rude épreuve.

À peine la barrière passée, un premier Partner de gendarmerie se dresse face à moi, circulant d’un bâtiment à l’autre. Non immatriculé, il s’apprête à rejoindre un important de stock de véhicules prêts à être envoyés un peu partout en France…

J’atteins finalement le bâtiment de l’entrée où je suis accueilli chaleureusement. Le programme de cette visite exclusive : voir comment sont fabriquées les voitures de gendarmerie.

Commençons par la découverte de la chaîne d’assemblage. Ce jour-là, ce sont des Duster qui attendent tour à tour de recevoir la panoplie d’équipement propre aux forces de l’ordre.

La chaîne d’assemblage des voitures de gendarmerie

Avant de parler du groupe Gruau plus longuement, analysons la chaîne d’assemblage des véhicules de gendarmerie. Le jour de ma visite, ce sont des Dacia Duster qui passent à la casserole, prêts à être mijotés à coup de « radôme », d’antenne, de sérigraphie ou encore de grille porte-arme.

Dans un entrepôt, des Dacia Duster fraichement importés de Roumanie sont accueillis sur un tapis roulant. Ce sont des modèles neufs, en tout points identiques aux modèles livrés aux particuliers. Il s’agit d’une finition intermédiaire, cependant habillée avec des jantes alliage, équipés du bloc diesel 1.5 dCi de 110 chevaux. Chacun d’eux est précédé par un chariot accueillant les pièces démontées.

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Seule la sérigraphie avant et arrière, à bandes jaunes et rouges, est fournie d’origine par le constructeur. Néanmoins, le montage reste à effectuer…

Ces Duster seront installés sur un tapis roulant, les acheminant vers sept postes différents. Le premier, c’est celui du démontage. « C’est quand même bête, on a des voitures neuves et on les démonte ! » m’explique Yannick.

Dans cette étape, les panneaux de porte seront démontés, ainsi que bon nombre de garnitures, et même des sièges. Le but est de faire place libre aux opérateurs qui installeront les équipements des forces de l’ordre.

Une référence de bleu unique ?

Vous vous posez peut-être la question fatidique : le bleu gendarmerie est-il une teinte constructeur ? Jean-Michel Foucher me répond par l’affirmative. « Avant, il y avait bien un bleu gendarmerie, les véhicules étaient peints sur une ligne spéciale, et cela avait un coût« . Désormais, c’est le bleu opaque « Navy« , accessible aux particuliers, que le ministère a validé.

La seconde étape permettant d’aboutir à un véhicule de gendarmerie, c’est la pose du radôme. Armé de sa perceuse, un opérateur va venir percer un trou à même la carrosserie pour y installer un petit dôme bleu. En fait, ce n’est pas un gyrophare mais un élément pour les différentes liaisons. Il est vrai que la confusion est pourtant facile…

Gruau installe également une seconde antenne, bien plus longue et traditionnelle, permet les transmissions radios.

Les futurs Duster de gendarmerie suivront deux étapes. La troisième consiste à déposer le pare-choc avant afin d’y intégrer les feux de pénétration qui s’allumeront conjointement avec la rampe lumineuse du toit.

Un câblage complet pour voitures de gendarmerie

Ensuite, la quatrième étape est l’installation des câbles, il y en a plusieurs mètres qui parcourent le véhicule de long en large pour relier les différents équipements. Une étape impressionnante qui nécessite une belle rigueur.

Il y a deux faisceaux principaux : le premier supervise toute la partie électrique. Le second agit sur la télécommande du tableau de bord.

« Il y a après une étape d’hygiène électrique, qui consiste à regrouper les câbles en gaines et vérifier l’installation » précise Jean-Michel Foucher.

Cinquième étape, la pose de la rampe lumineuse de toit. Celle-ci intègre son et lumière et même des haut-parleurs. La grande classe ! Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on l’entend de loin ! L’équipement est similaire sur les jumeaux Partner et Berlingo.

La sixième étape consiste à disposer une grille. « Tout ces équipements sont faits maison et sur place » précise Yannick. Cette grille permet non seulement de retenir le chargement du coffre, mais peut aussi accueillir au besoin un fusil à pompe ou un HK45.

Un caisson platine prend aussi place dans le véhicule, mais par soucis de confidentialité, je n’en dirai pas davantage. Toujours est-il que l’équipement embarqué est relativement complet !

L’exemple le plus significatif, c’est la télécommande mobile, dont le support est sur le tableau de bord, permet d’accéder aux différentes fonctionnalités du véhicule. On peut notamment actionner la sirène, la rampe lumineuse et l’éclairage des feux.

Enfin, les Duster subissent un test d’étanchéité, consécutifs aux trous percés dans le toit pour les antennes et le radôme. En cas de problème, ils repassent les différentes étapes sur la chaîne d’assemblage. Dans le cas contraire, ils sont soigneusement remontés, puis lavés avant d’être stockés sur parc.

La sérigraphie des voitures de gendarmerie

Une question se pose néanmoins… Comment sont disposées les bandes latérales ainsi que les lettrages « Gendarmerie » ? Est-ce réalisé à la main ? Une machine permet-elle le calibrage et l’application de ces adhésifs ?

Et bien tout cela est effectué à l’ancienne, par des opérateurs qui placent sur chaque voitures les lettres, traits et autres bandeaux. Un travail minutieux donc. D’autant plus que la marge de manœuvre est de cinq millimètres. J’ai pu le constater par moi-même, le résultat est bluffant…

L’ancêtre

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Ci-dessus, vous aurez certainement reconnu l’une des Subaru Impreza utilisées par la Brigade d’Intervention Rapide (BRI). Ces dernières ont été en service de 2006 à 2011, avant d’être remplacées par les Mégane 3 RS. Les japonaises ont transité chez Gruau pour recevoir l’équipement adéquat, en leur temps.

Quelques données

  • Entre 15 à 16 véhicules de police ou gendarmerie sont préparés chaque jour ;
  • Le siège social de Laval est le premier préparateur des véhicules des forces de l’ordre ;
  • Certaines pièces sont réalisées sur place• Les livraisons sont effectuées par camion vers toute la France, plusieurs fois par jour ;
  • Véhicules de pompiers, de sécurité, de société, food-truck, BTP : le domaine d’application est très large.

Le parc de livraison

Le groupe Gruau

Spécialiste d’aménagement de véhicules utilitaires, Gruau a été fondé en 1889, par René Le Godais. La vidéo ci-dessus retrace l’historique de cette entreprise qui a su évoluer au gré des demandes clients.

J’en retiendrais quelques unes, plutôt marquantes :

  • L’Électron est le tout premier utilitaire électrique de série, sur base Fiat Ducato, son moteur diesel original est ôté puis revendu, et fait place à un système électrique intégral, autorisant jusqu’à 150 km d’autonomie. Particularité : l’avant est remanié, avec un large sourire sur la calandre ;
  • Gruau s’adapte à la demande de ses clients en analysant l’utilisation qu’ils font de leur véhicule : HD Solution permet ainsi d’accueillir à la fois des produits frais, du congelé et d’autres à température ambiante grâce à des compartiments séparés ;
  • Des solutions intelligentes de gestion de flotte et de communication à distance ont été créées. Cela permet, par exemple, d’informer en temps réel un hôpital, de l’état de santé des patients présents dans l’ambulance, et qui s’apprête à rejoindre les urgences ;
  • Gruau, c’est 1 400 employés répartis dans plusieurs pays, avec le siège social de Laval, qui accueille 600 personnes.

Merci à Laëtitia Chauveau, Jean-Michel Foucher et Yannick Lozac’h pour leur accueil et leur disponibilité. Plus d’informations sur Gruau.

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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

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