EssaisRenault

Renault Megane 4 RS Trophy : une pistarde pour tous les jours ?

En descendant sous la barre des 8 minutes, la Renault Megane 3 RS 275 Trophy-R fut la compacte la plus rapide sur le Nürburgring en 2014. Une publicité géniale pour la marque au losange. Assurer une descendance à la Megane 3 RS… Une tâche pas si simple, qui a exigé pas mal de compromis, dont le recours à une unique carrosserie 5-portes (puisque c’est devenu un standard chez les concurrents). Nous avons pu prendre les commandes de la dernière Megane 4 RS Trophy, en boîte manuelle. Une sportive avec un grand S, qui m’a bluffé. Passons en revue qui conjugue – à peu près – l’aspect raison à la passion.

Fiche technique Megane 4 RS Trophy BVM

Dimensions4,37 x 1,87 x 1,44 mètres
Poids1 419 kg
TransmissionTraction
Boîte de vitesseManuelle, 6 rapports
CommercialisationDepuis 2018
Moteur1.8 TCE (4 cyl. en ligne turbo)
Puissance300 ch. à 6 000 tr/m
Couple400 Nm dès 3 200 tr/m
0 à 100 km/h5,7 secondes
Vitesse maximale260 km/h
Puissance fiscale19 CV
Consommation mixte8,1 L/100 km
Prix du neufÀ partir de 44 300 €

Essai vidéo Renault Megane 4 RS Trophy

La Megane RS, mais en mieux

À l’heure du tout-numérique, l’expression « faire couler de l’encre » devient aussi désuète qu’une cabine téléphonique. Toutefois, le quatrième opus de la Megane a pas mal choqué. Déjà, parce que la carrosserie 3-portes est abandonnée. Il faut bien admettre que l’offre des constructeurs s’est standardisée autour des 5-portes. Pas d’exception pour la Megane 4 RS, exclusivement proposée dans cette carrosserie plus adaptée aux familles. D’ailleurs, j’avais imaginé cette même voiture en version break, l’article est juste là si vous l’avez manquée. Revenons à notre Megane 4 RS Trophy. Cette version plus puissante répond à deux problématiques : gommer les défauts de la RS « classique » mais aussi entretenir l’image « Trophy », chère à Renault. Et accessoirement : procurer un plaisir de conduite maximal. Ça, chez Renault Sport, on sait faire.

Commençons par faire un tour de notre Megane 4 RS Trophy. À l’avant, tout est très bien structuré. Le pare-choc, très enveloppant, accueille sur une lame gris clair parcourant toute la largeur, le logo « Trophy ». Celle-ci délimite la zone des écopes avec le damier Renault Sport faisant office de feux de jour. C’est bien dessiné mais on regrette que la grille autour soit factice. La calandre arbore un motif à nid d’abeille tandis que le tracé se poursuit dans les phares full LED. C’est un design moderne, bien dans l’air du temps et qui donne un côté trapu à notre compacte vitaminé, grâce notamment à des ailes avant copieusement élargies.

Un profil résolument sportif

Le profil va dans le même sens. On trouve un décroché à la jonction entre l’aile avant et la portière, qui rappelle un petit peu les Clio 3 RS ! La ligne de caisse est en tout cas superbement travaillée. C’est travaillé et on trouve des codes propres à des berlines de luxe ! Le vitrage surteinté accentue ce côté chic et sport. Que demander de plus ? C’est bien dosé et parfaitement homogène, ça fait plaisir à voir ! Même si certains regretteront les portes arrière imposées, la Megane affiche tout de même une ligne bien équilibrée et cohérente dans son ensemble.

Qui arrivera en premier à la gare ? Notre Megane 4 RS Trophy ou ce Regio2N ?

L’arrière est égal au reste de la caisse. Il y a du bon, avec ce gros diffuseur accueillant une double sortie d’échappement au sein d’une même canule, le spoiler de toit, le mini essuie-glace, les feux étirés et teintés ou encore la plaque d’immatriculation bien intégrée. D’ailleurs, il y a aussi des écopes, toujours factices, qui bien que nécessaire à l’équilibre général, font un petit peu too much. On se plait enfin à regarder ces ailes arrière superbement galbées. Pas de doute, c’est une sportive.

Désormais, la Megane RS Trophy est présentée comme un modèle à part dans la gamme Renault Sport et non plus comme une option. Outre quelques chevaux et newton-mètre de couple en plus, la Trophy ne se distingue visuellement de la Megane RS « classique » que par la présence d’un sticker Trophy sur la lame avant et de jantes alliage de 19 pouces. Le modèle de série, Triple Ton Jerez possède des branches routes intercalées. Notre exemplaire dispose des jantes Fuji Light optionnelles (toujours en 19 pouces) qui allègent le poids de 8 kg tout en alourdissant la note de 2 000 €.

À bord de la Megane 4 RS Trophy

Oui ! C’est bel et bien une 5-portes notre Megane RS ! Il est vrai que cela a beaucoup déplu… Mais si on se remémore quelques années auparavant, la Megane 2 RS fut également proposée en 5-portes. Pas exclusivement, c’est vrai. Toujours est-il que la présence de portes arrière facilite l’accès à bord. D’ailleurs, il présente très bien cet intérieur. Le design de la planche de bord est réussi, le volant a vraiment de la gueule avec du cuir, de l’alcantara, des surpiqures rouges et un insert « RS » sur fond rouge. La partie supérieure du tableau de bord et des contreportes héritent inévitablement du sempiternel revêtement moussé. Les parties basses sont en revanche moins bien dotées, avec des plastiques peu valorisants. Les ajustements sont honnêtes et n’ont pas à rougir face à la concurrence. Quelques imperfections subsistent malgré tout.

Nous avons un exemplaire particulièrement bien optionné. Ainsi, les sièges baquets Recaro (en option à 1 200 €) sont clairement idéaux pour la Megane 4 RS Trophy. En plus d’être très esthétiques avec leur revêtement microfibre, les surpiqures rouges et le passage pour les harnais, ils offrent en prime un super maintien. Bien calé dedans, on ne bouge pas. Tout tombe relativement bien sous la main, comme le levier de vitesse qui équipe notre version à boîte manuelle. À différents endroits, on perçoit une imitation de carbone assez réussie. Le problème vient des contreportes, qui sont habillées d’un plastique moussé imitation carbone assez ridicule…

En second lieu, les places arrière sont tout aussi accueillantes. Les matériaux sont moins nobles mais c’est accueillant. La place est correcte, la visibilité est honnête. La vocation familiale est indéniable. D’ailleurs, une seule envie survient… C’est d’appuyer sur le bouton « Start », d’activer le mode « Sport » et d’enchainer sur un col de montagne.

R-Link 2 : peut mieux faire !

Quoi qu’il en soit, l’intérieur de notre Megane 4 RS Trophy est réussi. Les compteurs sont désormais numériques et au centre du tableau de bord, on retrouve le système embarqué R-Link, sur un écran tactile de 8,7 pouces. Dessus, on retrouve tout ce que l’on peut avoir besoin au volant, comme la navigation GPS, différents réglages… Le RS Monitor est présent, permettant d’afficher des paramètres, comme des courbes de puissance, la charge de turbo, l’inclinaison du volant ou des roues et même de se chronométrer sur circuit. Toutefois, cela manque cruellement de réactivité et d’organisation. C’est même assez décevant par rapport à la concurrence…

Le châssis… Cette dinguerie

Conduire la Renault Megane 4 RS Trophy est une expérience assez exceptionnelle. Renault Sport a un savoir-faire certain dans la conception de châssis. Cette Trophy et son châssis Cup en est la parfaite illustration. Elle bénéficie de disques de frein rainurés (355 mm à l’avant) sur bol aluminium, offrant un bon mordant. Les amortisseurs comme les ressorts de suspension ont été rigidifiés de 30%. Nous retrouvons le système 4Control (4 roues directrices). Celle de l’arrière tournent dans le sens opposé de celle de l’avant jusqu’à 65 km/h et au delà, elles vont dans le même sens. En mode Race, ce switch a lieu à 100 km/h. Forcément, les vitesses de passage en courbe sont bluffantes… Surtout Renault Sport a disposé sur la Megane 4 RS Trophy des barres antiroulis plus rigides.

Pourtant, notre sportive au losange n’a rien d’une planche de bois. Si le tarage est assez ferme, elle reste largement utilisable au quotidien. La version Trophy constitue l’aboutissement. Sur le papier, la Megane 4 RS « classique » n’affichait que 5 chevaux de plus que la dernière 3 RS. C’est peu. Il en découle un essoufflement passé 5 000 tr/m. La Trophy corrige cela, offrant un agrément de conduite encore meilleur. Bien sûr, le différentiel à glissement limité Torsen est de la partie ! Tout comme un abaissement de deux centimètres du centre de gravité.

Un moteur onctueux et plein à tous les régimes

Sous le capot, le 2.0 litres de la Megane 3 RS a cédé sa place au 1.8 litre TCE. C’est toujours un 4-cylindres néanmoins. La Trophy a inauguré une nouveau turbo, disposant d’un roulement à billes en céramique. Elle reçoit aussi de série un filtre à particules. Renault Sport a également greffé à la Trophy un échappement largement plus démonstratif, disposant de clapet qui ne s’ouvrent qu’en mode Sport ou Race. Le Multi-sense, qui permet de choisir entre 5 modes de conduite, apporte un peu plus de polyvalence. En mode Confort, la Megane 4 RS Trophy se fait très discrète et parfaitement supportable.

Une fois lancée, notre Megane témoigne d’un bel agrément. Le moteur est plein à tous les régimes avec la puissance maximale disponible à 6 000 tr/m. La boîte de vitesse à 6 rapports profite d’un étagement presque irréprochable. L’embrayage est pointu, le moteur ne rechigne jamais à monter dans les tours et à lâcher une succession de POCPOC lorsque l’on relâche les gaz. Les accélérations sont franches sans être décoiffantes pour autant, avec le 0 à 100 km/h en 5,7 secondes. On prend toutefois beaucoup de plaisir à conduire cette belle française qui enroule les virages les uns après les autres. Le comportement est extrêmement sain. Bon nombre de compactes sportives sont largement plus performantes que cette Megane… À l’image de l’Audi S3. Sauf que les sensations que l’on ressent à bord de cette dernière sont sans commune mesure avec la française.

La conduite est assez ludique puisque l’on ressent bien différents éléments physiques, comme les transferts de masse entre l’avant et l’arrière. Pour débuter sur circuit, la Megane 4 RS Trophy est certainement la meilleure des écoles.

Un comportement résolument sportif

Le freinage est suffisamment puissant. Bien calé dans les baquets, je prends plaisir à exploiter le châssis aux petits oignons. On ressent bien la volonté de Renault Sport de trouver le meilleur compromis en terme d’efficacité, sans trop sacrifier le confort. Le feeling est excellent, les sensations sont plaisantes et on savoure ce bel équilibre. Malgré plus de 1,4 tonne sur la balance, la Megane 4 RS Trophy demeure très agile. Les quatre roues directrices n’y sont certainement pas étrangères. Les pneumatiques corrélées aux jantes Fuji Light, les Bridgestone S007, s’avèrent endurants et avec un excellent grip.

Downsizing oblige, ce moteur de 1.8 litres pour 300 chevaux et 400 Nm de couple peut paraître maigrelet. Pourtant, il fait parfaitement le travail et adore monter dans les tours. Jusqu’à près de 7 000 tr/m, la poussée est continue, ce qui offre une belle palette d’utilisation. On se plait à jouer de la boîte de vitesse et on apprécie la précision du train avant qui s’inscrit toujours parfaitement. L’affichage tête haute permet en plus de prévoir les trajectoires. Même si ce n’est pas la plus performante de la catégorie, la Megane 4 RS Trophy offre ce que l’on attend d’une sportive : des SENSATIONS ! À titre personnel, c’est tout ce que j’en attendais.

Au volant, on sourit et on apprécie l’expérience. Tout n’est parfait, loin de là. Mais cette Renault Megane 4 RS Trophy est homogène. Et pour tout arranger, elle offre en plus une bonne habitabilité, quelques rangements et un volume de coffre suffisant pour une petite famille. Quant à la consommation, elle est plutôt raisonnable avec 8 litres aux 100 kilomètres en cycle mixte. Même si dans les faits, il faut plutôt tabler sur 10 litres.

Équipements de série

Jantes alliage 19 poucesSystème 4Control
Affichage tête hauteChâssis Cup avec DGL
Sellerie et volant en AlcantaraFreins bi-matières
Projecteurs Full LEDRS Monitor
Vitres surteintéesRétroviseurs rabattables électriquement

Principales options

Boîte EDC (1 800 €)Peinture Blanc Nacré (850 €)
Peinture Orange Tonic/Jaune Sirius (1 600 €)Jantes Fuji Light 19″ (2 000 €)
Easy Park Assist (500 €)Sièges baquets Recaro (1 200 €)
Toit ouvrant électrique (900 €)Régulateur de vitesse adaptatif (300 €)
Extincteur 1 kg (64 €)Alarme (470 €)

Faut-il acheter une Megane 4 RS Trophy ?

Enfin, la Megane 4 RS Trophy est un compromis assez séduisant entre passion ou raison. Son châssis parfaitement affûté, son moteur plein à tous les régimes, sa belle gueule… Que peut-on reprocher à cette compacte dopée aux hormones ? Peut-être son prix. Car elle est vendue à partir de 44 300 € mais elle est punie par le stupide système de bonus-malus « écologique », ne prenant toujours en compte que les émissions de CO2. Nous ne connaissons pas encore à combien s’élèvera ce surcoût puisque le cycle WLTP sera désormais pris en compte. Dans tous les cas, c’est une super voiture, onctueuse, pratique et capable d’offrir de vraies sensations !

Un grand merci au parc presse Renault et Simon Lemaître, qui a encore une fois réalisé des photos exceptionnelles !

Megane 4 RS Trophy

44 300 €
8

Niveau de satellisation

7.0/10

Feeling

9.0/10

Provocation d'acouphènes

7.5/10

Nécessité de vendre un rein

8.5/10

On a aimé...

  • Châssis très efficace
  • Vraies sensations de conduite
  • Position de conduite

Ça nous a déplu...

  • Finition "carbone moussé"
  • Tarif assez élevé
  • Fausses grilles de pare-choc
Tags
Publicité

Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer