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OBFCM, ou comment surveiller votre conduite et influer le Malus Ecologique ?

Si vous ne roulez pas en ancêtre, vous avez sûrement ce que l’on appelle vulgairement un « OBFCM », acronyme anglais signifiant « Indicateur de consommation de carburant intégré ». Juste un petit ordinateur qui calcule le nombre de litres de sans-plomb (ou mazout, il en faut pour tous les goûts…) par tranches de 100 kilomètres. C’est ce que vous croyez, et jusqu’à cette fin d’année, cela reste correct. Mais, dès 2020, tout un programme se lance afin que cette fonction, optionnelle jusqu’à maintenant, puisse, peut-être, se retourner contre vous ! Explications…

OBFCM : Comment fonctionne-t-il ?

Ce petit ordinateur de bord peut donc, sur base d’un bon paquet de données, vous afficher votre consommation moyenne. Or, s’il sait vous dire combien de litres de carburant il vous faudra pour arpenter une centaine de kilomètres, vous aurez remarqué qu’il sait vous donner votre autonomie restante, et votre consommation instantanée. Ces données peuvent s’afficher sur n’importe quel type d’écran, soit près des compteurs, soit sur l’écran de la radio, soit sur la dalle tactile de votre récente auto.

Une voiture de maintenant étant remplie de capteur, il est donc assez « simple » de savoir combien vous consommez. Si vous auriez parié que cela était uniquement basé sur le vide qui se faisait dans le réservoir au fur et à mesure de la distance parcourue, vous vous trompez. En effet, la consommation instantanée (en l/100 km, ou, plus rarement et souvent à l’arrêt, en l/heure) est calculée avec la quantité de carburant injectée dans les chambres de combustion. Une certaine quantité de carburant est envoyée, via la pompe d’injection, dans les injecteurs. Ces derniers n’ont jamais besoin de tout le carburant, d’où l’intérêt des tuyaux de retours. Des capteurs de débit sont donc placés juste à la sortie de ces injecteurs. Le calculateur moteur sait donc exactement la quantité de carburant qui a été injectée dans le moteur !

Maintenant que la voiture sait ce qu’elle consomme de manière instantanée, le job des calculateurs sera de faire une moyenne pour vous donner votre consommation moyenne (par 100 kilomètres parcourus). Lorsque vous venez de la réinitialiser, cette valeur est très approximative, ce qui est logique. Une grosse accélération peut vous faire monter à 25 litres de moyenne, tandis que descendre une côte fera tout l’inverse. Cette valeur a tendance à se figer après trois à quatre centaines de kilomètres parcourus. Et, enfin, grâce à la jauge dans votre réservoir, votre autonomie peut aussi être affichée. Elle est aussi à prendre avec des pincettes, car elle est basée sur votre type de conduite instantanée. Si votre afficheur vous indique encore 100 kilomètres avant de tomber à sec, ne vous attendez pas à les faire en roulant le pied dans le phares, et en tentant le rupteur à chaque accélération.

Les électriques ne seront pas concernées !

Une obligation dès 2020

L’Union Européenne se penche donc sur le sujet, et a décidé que cette petite interface soit désormais obligatoire sur chaque véhicule neuf construit en 2020. Cette décision a lieu un mois avant la date demandée, mais ce n’est pas spécialement un problème. En effet, rares sont encore les véhicules particuliers ou utilitaires légers neufs à ne pas disposer de ce système. Et s’il n’existe pas, il ne sera pas dur de l’implanter. Vous pouvez être naïfs et croire que ce n’est uniquement dans le but que nous puissions jouer avec les consommations et faire un concours du plus écolo de vos amis ? Vous vous trompez. Premièrement, vous ne saurez JAMAIS me battre. Plus sérieusement, l’Union Européenne n’en a pas grand chose à faire de vos comparatifs. Par contre, quand ça peut leur rapporter…

Un mouchard interne activé en 2021 !

L’année suivante, l’Union Européenne se réservera le droit de pouvoir collecter ces données. Cela pourrait paraître inutile et anodin, et pourtant. D’après ce que leur communiqué raconte, le but serait de simplement comparer les données WLTP avec les consommations réelles. L’UE se donne 5 ans (jusqu’en 2026, donc) pour collecter toutes ces données et estimer l’évolution des consommations, et donc des émissions de CO2. Le but annoncé serait, en somme, de pénaliser les constructeurs qui ne respecteraient pas les données communiquées en cycle WLTP. Leur seul avantage serait donc de ne plus investir dans des tests coûteux de mise aux normes ? Bonne blague.

Le vrai plan de l’Union Européenne

Bien sûr, ils ont dit qu’ils communiqueront les informations de manière anonyme, dans le but de préserver notre si chère intimité. Pourtant, il sera aussi simple d’instaurer un nouveau système de Malus écologique. Premièrement, l’Etat serait au courant du kilométrage que vous parcourez. Nous ne parlons pas ici d’une géolocalisation, mais bien d’une mesure de distance. Cela pourrait servir à l’instauration d’une taxe kilométrique. En effet, plus vous roulez, plus vous polluez. Ensuite, votre consommation moyenne pourrait être récoltée et comparée soit à la moyenne des consommations des mêmes styles de véhicules, soit à la norme du constructeur. Nous vous laissons imaginer payer un malus pour votre SUV flambant neuf, et payer encore pour un nouveau forfait de malus écologique parce que vous consommez le litre par 100 kilomètres en plus que la norme. Un business juteux pour ceux qui brasse déjà l’argent avec les accises instaurées sur le carburant payé en station.

Et nos droits, là-dedans ?!

Hé bien, ils n’existent presque plus. D’un côté, l’Union Européenne vous dit que, pour le bien de votre intimité, ces données seront récoltées anonymement. En attendant, votre numéro de châssis et votre kilométrage parcouru seront immédiatement transmis en même temps que la consommation moyenne enregistrée. En liaison avec l’immatriculation, ces espions sauront donc exactement qui vous êtes. Cependant, ils vous certifient sur l’honneur qu’ils ne joueront pas avec ça. A vous de voir. Il reste à savoir que nous ne sommes qu’en 2019 et que l’automobile n’est pas encore tout à fait morte. Ne croyez-vous pas que, d’ici quelques mois ou quelques années au plus, la géolocalisation ne permettrait pas de savoir si vous avez, oui ou non, franchis la limite d’une zone basses-émissions au volant de votre TDI des années 2000 ? Allez savoir…

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Etienne Deketele-Kestens

De la Smart à la Bentayga, je peux dire que je suis complètement obsédé par le monde automobile. Intégrer l'équipe de PDLV et pourvoir donner ma vision des nouveautés chaque jour est quelque chose de génial pour moi. Ma "carrière" de blogueur a débuté il y a quelques années, et ceci, cumulé à mes études en mécanique auto, me permettront de vous proposer un contenu de qualité, tout en gardant le côté décalé cher à PDLV. Je roule en Peugeot 308 HDI 92.

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