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Faut-il encore acheter un diesel en 2020 ?

Si l’on écoute le gouvernement, tout le monde devrait rouler en voiture en électrique, voire en hybride. Seulement, il est légitime de s’intéresser plus concrètement aux besoins et attentes de chacun. Longtemps resté dans le cœur des français, le tremblotant moteur diesel perd constamment des parts de marché. Partant de là : nous nous sommes posés une question simple. Est-il encore intéressant de choisir un diesel en 2020 ? Faut-il succomber aux sirènes de l’E85 qui reste massivement encouragé et dont les prix fixes ne sont plus garantis pour très longtemps.

Pourquoi un tel amour pour le diesel ?

En 2007, le gouvernement a mis en place un système de bonus-malus prétendument « écologique » dont l’intérêt, à peine caché, était de vendre un maximum de véhicules diesel en encourageant les français à passer au mazout. De là, des millions de personnes sont passées au diesel, sans réfléchir, en se focalisant sur la consommation et le prix du carburant, faisant fi de la sonorité agricole, de l’entretien et de l’assurance plus coûteuse et de la fiabilité souvent inférieure.

Aujourd’hui, la donne a changé. La chasse aux véhicules thermiques a débuté. Le gouvernement a axé sa communication sur la pollution du diesel dans le but d’une convergence à l’électrique. Parallèlement, les français ont enfin pris conscience des manœuvres politiques successives dont l’écologie n’est qu’un prétexte douteux pour inciter à la consommation. Mais alors, est-il viable d’acheter un diesel en 2020 ? Qu’en est-il vraiment ?

Acheter un diesel en 2020

Avant d’acheter une voiture diesel en 2020, passons en revue quelques aspects pratiques qu’il est préférable de connaître avant de passer à l’acte. En effet, les conditions qui étaient en place il y a encore cinq ans ne sont plus les mêmes que celles de maintenant.

Le bonus/malus écologique

Depuis le développement et la mise en avant des véhicules hybrides et électriques, les avantages fiscaux n’existent plus pour les véhicules thermiques. Le bonus accordé aux véhicules diesel les moins émetteurs en dioxyde de carbone n’existe plus. Pire encore, les malus frappent régulièrement les diesel. La raison, c’est un durcissement annuel de la grille. D’ailleurs, vous pouvez retrouver celle de 2020 en cliquant ici. Par conséquent, en choisissant un véhicule diesel, vous n’aurez soit pas de malus si les émissions de CO2 par kilomètre sont inférieures à 138 g/km, soit un malus au-delà.

La vignette Crit’Air

En 2018, le gouvernement a mis en place le certificat qualité de l’air (surnommé Crit’Air) qui prend la forme d’une vignette colorée à apposer sur le pare-brise. En fonction de l’année de mise en circulation, un chiffre allant de 1 à 5 est attribué. Contrairement au malus qui avantageait le diesel, la vignette Crit’Air est clairement hostile à ce carburant. Ainsi, la meilleure note, le 1 (vignette violette), ne concerne pas les véhicules diesel qui démarrent systématiquement à 2. Dans les grandes villes, l’accès aux véhicules est amené à être restreint en fonction de la vignette Crit’Air. Les modèles diesel seront donc les premiers à être obsolètes puisqu’en tenant compte du barème gouvernemental, une voiture essence de février 2006 est logée à la même enseigne qu’un modèle diesel de mars 2020. Les deux auront les mêmes interdictions, en même temps.

La prime à la conversion

Pour encourager les français à s’orienter vers des véhicules plus respectueux de l’environnement, la prime à la conversion est de retour en 2020. En achetant un véhicule thermique, vous pouvez bénéficier d’une prime de 3 000 € au maximum si votre revenu fiscal annuel n’excède pas 18 000 € par part et par an. Cela concerne donc les diesel à la condition qu’ils disposent au minimum d’une vignette Crit’Air 2, qu’ils soient neufs ou d’occasion. Pour une voiture diesel, celle-ci doit également rejeter un maximum de 117 g/km de CO2 en cycle NEDC ou 137 g/km pour les véhicules d’après septembre 2019 enregistrés en cycle WLTP. En choisissant bien votre voiture diesel, vous pourrez donc vous arranger pour toucher cette prime.

Une offre qui évolue

Enfin, les constructeurs adaptent leurs offres et préparent la transition du diesel vers l’électrique. C’est par exemple le cas de Toyota, qui a abandonné le diesel en incitant ses clients à tester la technologie hybride. De son côté, Porsche a également mis aux oubliettes le diesel en positionnant ses Cayenne et Panamera hybrides à des prix attractifs (pour le segment). Si Renault a implanté des moteurs diesel au sein de la Clio 5, cela n’était pas prévu initialement. Quant à Audi, le SQ5 a troqué son moteur TDI contre un TFSI tandis que les modèles S5 et S6 ont effectué le chemin inverse. Si les offres évoluent, les constructeurs continuent de proposer des diesel dans leur gamme, pour l’immense majorité d’entre eux. Preuve en est que la demande est là !

Acheter une voiture diesel en 2020

Diesel : est-ce avantageux à l’usage ?

L’écart entre le prix du sans-plomb et du gasoil s’est fortement réduit. Aujourd’hui, il est de l’ordre d’une dizaine de centimes. La consommation d’un moteur diesel demeure inférieure à celle d’un véhicule essence. Cependant, cet écart est de moins en moins présent. Si l’on considère uniquement l’aspect carburant/consommation, effectivement le diesel reste très largement avantageux. Pourtant, l’avantage fiscal qui pèse sur ce carburant est en train d’être réduit.

Et surtout, il convient d’avoir une vue globale sur le véhicule diesel. En fonction des marques et des modèles, le moteur diesel impose un surcoût compris entre 1 500 et 4 000 € à l’achat. L’entretien comme l’assurance sont plus onéreuses. De nos jours, les véhicules essence actuels disposent aussi d’un filtre à particule mais celui-ci n’est pas soumis à l’encrassement comme pour les diesel. Par conséquent, les risques de pannes sont toujours plus élevés sur un diesel. Enfin, la durée de vie des véhicules essence et diesel actuels est difficilement quantifiable. Si le moteur ne rend pas l’âme, il s’agira probablement des systèmes numériques, électriques ou des périphériques… Pour le moteur, tout est avant tout question d’entretien !

Dans quels cas le diesel est-il avantageux ?

Malgré tout, le diesel n’est pas un mauvais choix dès lors que cela découle d’une réflexion. Acheter une voiture diesel pour des trajets urbains de cinq kilomètres, c’est stupide. L’encrassement sera rapide en plus de poser de vraies questions écologiques. Cependant, pour un usage purement routier/autoroutier, avec des trajets relativement longs (plus de 30 minutes), le diesel est pleinement à son aise. C’est là où il vieillira le mieux et s’avèrera le plus économique. Comme cela a toujours été le cas, le moteur diesel s’adresse donc aux gros rouleurs.

Le kilométrage annuel n’est pas une donnée fiable. En effet, une voiture diesel qui ne parcourt que 10 000 kilomètres par an avec des trajets d’une heure à chaque fois vieillira assurément mieux qu’une seconde de 20 000 kilomètres annuels accomplissant des trajets de cinq minutes à chaque fois, plusieurs fois par jour. D’ailleurs, le contrôle technique est plus strict envers les moteurs diesel…

De plus, pour les véhicules les plus lourds comme les SUV ou gros monospaces, le diesel permet d’alléger significativement la consommation et justifie davantage le choix de ce carburant.

Essence ou diesel : qui pollue le plus ?

L’injection directe engendre une pollution relativement similaire entre les modèles essence et diesel… Les filtres à particules mis en place par les constructeurs ont l’avantage de réduire cet impact mais le bilan carbone n’est pas neutre pour autant. Essence ou diesel, il s’agira certainement de véhicules assez difficiles à revendre d’ici une dizaine d’année, lorsque l’hybride et surtout l’électrique auront encore gagné du terrain. Nous restons cependant persuadés que les modèles thermiques rares, sportifs et atypiques continueront de trouver preneur facilement sans subir une énorme décote.

Le mot de la fin

Contrairement à ce que laissent entendre beaucoup de personnes, le diesel n’est pas mort. Il continue d’être intéressant pour les gros rouleurs bien que les avantages soient de moins en moins nombreux. Lorsqu’il est acheté pour un usage adapté, le véhicule diesel se montre endurant et réellement économique, aussi bien à l’usage qu’en entretien. Nous avons suffisamment de choix en carburant pour chacun puisse acheter un véhicule adapté à ses besoins ! Quant à la question de la revente, elle est complexe. Le marché de l’occasion n’est pas fermé aux diesel, bien au contraire. Mais qu’en sera-t-il dans cinq ou dix ans ?

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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

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