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GMA T.33 : onze-mille tours pour tous les jours ? On est pour !

Si Gordon Murray se présentait aux présidentielles 2022, la plupart des passionnés de bonnes automobiles voterait pour lui à coup sûr. Son nom vous est peut-être inconnu si vous n’avez aucune idée de ce qu’est la McLaren F1. Cet homme est son père, son créateur. Il est le fabricant de l’hypercar au V12 atmosphérique de 627 chevaux la plus rapide du monde ! Avec ses 391 km/h, elle dépasse toujours un bon nombre de productions actuelles… Non content de cela, Monsieur Murray a lancé sa propre marque en 2017, ajoutant « Automotive » après son prénom et son nom. Sa première production, nommé T.50, affolait déjà les chiffres, et la T.33 n’est pas prête de décevoir les habitués de la jeune marque, tout en offrant un esprit GT. Facturée à plus d’1,6 million d’euros, si jamais elle vous intéressait, sachez que vous n’y aurez pas droit. Du moins, pas sous cette forme !

Parfaitement conçue pour la vie quotidienne

Gordon Murray a l’air un peu attiré par la Formule 1. Appelant tout d’abord sa première réussite « F1 », et la série spéciale de la T.50 par le nom d’un pilote très connu (Nicki Lauda), la T.33 rappelle le numéro du pilote qui s’est imposé cette année : Max Verstappen. Cette petite parenthèse ayant été faite, elle peut se refermer, parce que la nouveauté Gordon Murray Automotive (GMA) est prévue pour être utilisable au quotidien. Enfin, c’était la volonté. Disons que les 100 exemplaires qui seront produits en 2023 seront homologués, et c’est déjà relativement fameux !

Car, quand on y pense, la GMA T.33 pèse 1 090 kilos tous-pleins faits ! Là-dedans, ils ont réussi à faire entrer un V12 Cosworth de 4 litres de cylindrées, et c’est une prouesse déjà ! Pour rendre cette supercar facilement conduisible, la puissance est passée à 615 chevaux. Et comme Gordon Murray en a marre de s’ennuyer sur les routes de campagne, il a repoussé la zone rouge à 11 100 tours par minute sur son compteur ! Si la puissance maximale est atteinte 500 tours plus tôt, il est possible de faire hurler le moteur jusqu’à l’infini, avant de débrayer à fond et de passer le rapport suivant. Ha oui, on ne vous a pas dit qu’il s’agissait d’une boîte manuelle à 6 rapports ? Ils sont fous chez GMA…

564 chevaux par tonne

La clé de la performance est la légèreté. Et, généralement, ce n’est pas avec douze cylindres qu’on s’en sort. Cependant, Gordon Murray y est arrivé. Et avec un moteur qui n’est pas si puissant en comparaison aux hypercars actuelles, on se rapproche d’un rapport poids/puissance plutôt intéressant. Bien sûr, la grande sœur T.50 fait mieux. D’ailleurs, il y aura toujours mieux ! Mais rappelons-nous qu’il s’agit d’un véhicule homologué. L’aluminium et le carbone ont leur rôle à jouer dans cette brillante spécificité. Parce que pour la nouvelle marque, la recherche du gain de poids est un état d’esprit, une mentalité. La performance, cela vient après. C’est dire !

Pour réduire le poids, tout a été optimisé. Le V12 Cosworth ne pèse que 178 kilos, mais ce n’est pas le plus impressionnant. Les jantes ont été allégées à moins de 7 kilos chacune, en espérant qu’elles ne se brisent pas au premier nid de poule. A l’intérieur, nous restons bluffés par la simplicité. Littéralement assis sur des bancs, le confort ne sera pas permis, d’autant plus qu’aucun écran ne trône au centre. En effet, c’est inutile. Seul le combiné derrière le volant rassemble toutes les informations, avec un énorme compte-tours analogique en plein centre. Par contre, pas moins de 280 litres de coffre sont utilisables. Si le premier prend place de manière classique à l’avant, deux autres se logent dans les ailes arrière. Si leur ouverture est une œuvre d’art, le mécanisme ne doit pas être d’une légèreté hors pair.

De la performance dans un design intemporel

Pas trop de classicisme, mais pas trop de modernité non plus. Un peu d’excentricité, mais sans entrer dans la vulgarité. Montrer un travail sur l’aérodynamisme sans trancher dans le capot avant. Il s’agit de l’idée globale de GMA une fois qu’il est temps de proposer un nouveau modèle. Il est presque dommage de ce dire que la T.33 ne sera qu’une édition limitée à 100 exemplaires, et que plus de la moitié d’entre eux étaient déjà vendus avant le levé de voile. Aujourd’hui, il n’y en a plus du tout. Que voulez-vous ? Le fait main sur une automobile, en 2022, c’est très prisé. Et Gordon Murray espère véritablement que chaque T.33 livrée sera unique, s’en donnant les moyens avec une personnalisation aux petits oignons. Rassurez-vous, une fois la T.50 arrêtée, la T.33 reviendra sous d’autres formes (roadster, piste…).

Chaque élément du design est essentiel, d’après le patron. Chaque élément du design est donc significatif pour les performances. C’était obligatoire pour leur dernière supercar 100% thermique. Notre cher ami Gordon ne veut surtout pas non plus que les usagers soient distraits à bord. Pas de superflu, donc. La connectivité Android Auto/Apple CarPlay est quand même conservée de série, mais c’est tout.

Une supercar moderne au ressenti d’époque ?

Du côté purement technique, Gordon Murray fait des choix plutôt excentriques. La T.33 en est encore la preuve. Retrouver un douze-cylindres était déjà une superbe chose, mais la fabrication-même de la voiture est audacieuse. Nous avons déjà vu que ce moteur prendrait des tours à n’en plus finir. Cela devient déjà plutôt rare à notre époque. Ajoutez à cela une direction assistée hydraulique, avec la particularité d’être plutôt dure dans le maniement, mais redoutablement précise, pleine d’informations et de bon ressenti dans le pilotage. Une autre devant être relativement plaisante à manier est la boîte manuelle à 6 rapports. Pour tous les allergiques à la pédale de gauche, la boîte automatique reste disponible, avec le même nombre de vitesses.

Le seul défaut pourrait venir d’un manque de turbo. En effet, le couple de seulement 451 Nm est faible. Son avantage est d’être très disponible. Voyez plutôt : selon la courbe, 75% de la force motrice est disponible dès 2 500 tours, et minimum 90% sont disponibles sur une plage allant de 4 500 à 10 500 tours ! Avec un essieu arrière (et donc tous les éléments de suspension) accroché à la transmission, la GMA T.33 est sûrement l’une des supercars les plus réactives, tout en restant accrochée à la route. Si on veut la tester ? Je pense qu’on serait capable de crier notre réponse plus fort que les 11 000 tours de ce diable de V12.

Source
Gordonmurrayautomotive.com
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Etienne Deketele-Kestens

De la Smart à la Bentayga, je peux dire que je suis complètement obsédé par le monde automobile. Intégrer l'équipe de PDLV et pourvoir donner ma vision des nouveautés chaque jour est quelque chose de génial pour moi. Ma "carrière" de blogueur a débuté il y a quelques années, et ceci, cumulé à mes études en mécanique auto, me permettront de vous proposer un contenu de qualité, tout en gardant le côté décalé cher à PDLV. Je roule en Peugeot 308 SW BlueHDI 130 finition GT Pack.

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