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Renault Austral : a-t-il oublié d’être original ?

Renault vient d’officialiser son nouveau SUV familial : l’Austral. Ce remplaçant du Kadjar aura la lourde tâche d’évoluer dans un segment ultra concurrentiel. En ligne de mire : le Peugeot 3008, dont le succès n’est plus à démontrer, malgré les années qui passent. Nous allons passer en revue ce nouveau modèle destiné aux familles. Si le style séduit, il n’est pas particulièrement innovant et ne crée pas l’effet « Wahou » que nous espérions… Renault aurait-elle oublié d’apporter sa touche dans un segment aussi compétitif ? Le consensuel peut-il permettre de faire la différence ?

Renault Austral : le cul entre deux chaises ?

Lorsque l’on regarde le Renault Austral, il y a plusieurs choses qui se passent. Déjà, c’est une belle voiture. C’est indéniable. Le dessin est élégant, avec de beaux volumes, une silhouette moderne, un avant plein de caractère et tous les gimmicks inaugurés sur la Mégane E-Tech sont bien là. Pourtant, on ne peut s’empêcher de relever la ressemblance frappante avec le Peugeot 3008, restylé en 2020. Il suffit de regarder la ligne de caisse, ce qui confirme assez bien l’objectif de Renault avec l’Austral.

Il faut dire que ce dernier a l’avantage d’une conception bien plus moderne que son concurrent du lion. Pour autant, on sent comme une forme d’hésitation qui a abouti sur un design un peu « vanille ». Alors bien sûr, il est beau gosse cet Austral ! Mais bon nombre d’éléments stylistiques appartiennent à la précédente identité visuelle de Renault, comme la signature lumineuse, les flancs de carrosserie ou encore la partie arrière.

À l’inverse, on remarque plusieurs éléments empruntés à la récente Mégane E-Tech. C’est le cas du pare-choc qui semble avoir été repris trait pour trait, mais qui évolue malgré tout sur la partie supérieure. La ligne de caisse conserve son décroché supérieur sur la partie haute, un choix très « Peugeot ».

L’avant accueille des phares en « C » en intégrant la technologie Matrix LED pour la première fois. La calandre reçoit un habillage spécifique, assurant la cohérence avec le pare-choc avant. Quant au profil, il demeure plutôt classique. On perd les poignées rétractables de la Mégane au profit de poignées plus traditionnelles. Quant à l’arrière, c’est du très classique. De belles optiques qui se rejoignent presque jusqu’au logo. D’une manière plus générale, le design est moderne mais sans grand caractère… Et dans un segment aussi compliqué, c’est justement la personnalité d’un SUV qui peut faire la différence…

Esprit Alpine : es-tu là ?

Depuis quelques mois, Renault Sport n’existe plus. Désormais, la branche sportive du losange, c’est Alpine. Pour l’occasion, les modèles R. S. Line deviendront des « Esprit Alpine ». Un pack sportif qu’il sera possible de choisir sur le Renault Austral. Mais avant tout, ce pack est purement esthétique, il n’apporte aucune upgrade moteur et encore moins des réglages spécifiques du châssis à l’exception d’un : les quatre roues directionnelles.

On reconnaîtra l’Austral Esprit Alpine à sa teinte de carrosserie gris satin, ses jantes de 20 pouces qui ont un logo Alpine, la lame de pare-choc avant peinte en grise, le dé-chromage des entourages de vitres… Et c’est à peu près tout. Heureusement, l’intérieur reçoit de l’alcantara, des sièges en tissu et cuir avec surpiqures bleues, des appuie-têtes sur lesquels le logo Alpine apparait et divers détails, comme des surpiqures bleu-blanc-rouge sur le volant. C’est un petit peu caricatural… Il faudra donc longuement se concentrer pour y déceler ce fameux esprit Alpine.

Quatre finitions seront proposées, portant des noms déjà connus au sein de la marque au losange : Équilibre, Évolution, Techno et Iconic. Plus vous grimpez dans les finitions, plus vous aurez une dotation riche. Seules les deux finitions les plus hautes peuvent recevoir, en option, le pack Esprit Alpine. En matière d’équipement, le Renault Austral intégrera un nouveau système Multi-Sense, apportant quatre modes de conduite (dont un personnalisable), un mode Extended Grip pour évoluer plus facilement sur terrain accidenté, un affichage tête haut de 9,3 pouces, un nouveau système 4Control Advanced (quatre roues directrices) et 32 aides à la conduite.

Un habitacle bien dans l’air du temps

On note que le Renault Austral a fait l’objet d’un soin tout particulier par rapport à son habitacle. Comme souvent, on nous présente des visuels très flatteurs de finitions hautes et il est certain que tous les Austral ne seront pas aussi richement présentés. Les rangements sont nombreux avec de larges vide-poches.

On découvre aussi de belles selleries, avec des jeux de matière intéressants, des revêtements modernes, des éclairages d’ambiance, des commandes physiques et un large écran central avec le nouveau système OpenR Link et son écran de 12 pouces. Celui-ci intègre les services Google et promet de se manipuler comme un smartphone. Connecté au cloud, il recevra en prime des mises à jour régulières dans le temps.

À l’avant, la planche de bord semble élégante et bien dessiné. On retrouve des compteurs numériques affichés sur une dalle de 12,3 pouces. Les commandes de boîtes migrent sur le volant afin de dégager l’espace pour un repose-main bien pensé. Avancé ou reculé, il donne accès à deux rangements et permet de poser sa main lors de la conduite.

Besoin de saisir des informations sur l’écran central ? Le repose-main s’avance et vous permet de stabiliser votre frappe. C’est très bien pensé. À l’arrière, l’espace semble confortable avec l’opportunité d’avancer ou de reculer la banquette avec une amplitude de 16 centimètres. Par conséquent, le volume de coffre oscille entre 500 et 575 litres de chargement. C’est clairement convaincant pour un SUV à vocation familiale. C’est donc un très bel intérieur… Les visuels présentés font tous apparaître des selleries uniformément noires. Là encore, une touche d’originalité aurait été bienvenue.

Renault Austral : de 130 à 200 chevaux…

Sous le capot du Renault Austral, rien de très exceptionnel. Comme c’est de coutume dans le segment, on propose une motorisation d’entrée de gamme sans grand intérêt pour inciter à passer sur la finition du dessus. C’est le cas ici avec un moteur 1.2 TCe essence de 130 chevaux, accompagné d’une micro-hybridation 48 Volts et uniquement en boîte de vitesses manuelle. On trouvera également deux moteurs 1.3 TCe (cette fois en quatre cylindres) de 140 ou 160 chevaux.

Ces derniers disposent quant à eux d’une micro-hybridation 12 Volts. Le premier des deux laisse le choix entre la boîte manuelle ou la transmission X-Tronic tandis que le 160 chevaux impose cette dernière. On notera que la marque au losange tire un trait sur le mazout. Deux versions hybrides (non rechargeables) sont aussi au catalogue, laissant le choix entre une puissance de 160 ou 200 chevaux. Ce coup-ci, c’est une boîte à crabots sans embrayage qui est imposée. Pour l’occasion, un septième rapport a été ajouté.

Motorisation avec micro-hybridation (mHEV)PuissanceTransmission
1.2 TCe Micro-hybride Advanced 48 V130 chevauxBoîte manuelle
1.3 TCe micro-hybride 12 V140 chevauxBoîte manuelle
Boîte X-Tronic
1.3 TCe micro-hybride 12 V160 chevauxBoîte manuelle
Boîte X-Tronic
Motorisation avec hybridation (HEV)PuissanceTransmission
1.2 TCe E-Tech Hybrid160 chevauxBoîte à crabots
1.2 TCe E-Tech Hybrid200 chevauxBoîte à crabots

La gamme est exclusivement disponible en traction. Mais surtout, on peut s’étonner de certaines redondances de puissances et de transmission. La gamme bien complexe pour pas grand chose. Alors bien sûr, le principal intérêt sera de se tourner vers les versions hybrides… Mais ces dernières ne proposent pas la transmission intégrale. Pour 2024, une version hybride rechargeable (PHEV) de 280 chevaux pourrait voir le jour avec (enfin) l’apport de la transmission 4×4. Mais cette puissance inférieure à celle du Peugeot 3008 HYbrid4 de 300 chevaux pourrait bien ne pas avoir l’effet escompté.

Le prix ? Probablement autour des 33 000 €

La palette tarifaire du Renault Austral n’a pas été communiquée. On peut estimer un prix d’appel autour des 33 000 €, ce qui serait très proche de ce que l’on trouve chez Peugeot. Une version 7 places pourrait voir le jour, sur une plateforme rallongée. Là encore, l’objectif de Renault est clairement de prendre des parts à Peugeot. S’il n’est pas particulièrement original ni innovant, le Renault Austral a le mérite d’être conforme aux attentes des familles. Cette rationalisation extrême est conforme à la « Renaulution » voulue par la marque. Reste que cette gamme de motorisations pourrait être compliquée à appréhender pour les clients. Là encore, ce sera au département marketing de faire le travail…

À titre personnel, j’aurais aimé un petit peu plus d’audace. Le Renault Austral est voué à devenir un modèle très vendu. Et s’il est élégant et pertinent, il n’apporte rien de vraiment nouveau dans le paysage automobile français. Bon nombre de ses codes stylistiques ont un goût de déjà-vu. Mais qu’il faut plaire à la masse…

Source
Media.renault.com
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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

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