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La Renault 5 Turbo 3E bientôt produite… Et elle sera incroyable !

Oui, la Renault 5 Turbo 3E sera bien produite en série… Beaucoup n’y verront qu’une « bagnole électrique » de plus sur le marché mais si l’on passe cette considération, il est fort probable que la marque au losange s’apprête à sortir l’une des voitures de série la plus exceptionnelle de son histoire. Dans un contexte hostile et parsemé d’obstacles, la marque au losange s’apprête pourtant à dévoiler la réincarnation de la Renault 5 Turbo d’antan. Un pari audacieux qui prendra la forme d’une version bodybuildée et survitaminée de l’actuelle Renault 5 E-Tech et qui délivrera 500 chevaux. Un pari très audacieux qui permettra à Renault de s’ouvrir à un nouvel univers : celui des supercars. Mais s’agit-il d’un coup marketing ou faut-il y voir la relance indirecte d’une gamme sportive ?

Une transformation sans précédent…

Ces dernières années ont été à la fois compliquées et passionnantes pour Renault. La marque devait se réinventer pour ne pas disparaître. La Renaulution n’a pas été une simple réorientation, c’était les prémices d’une stratégie plus globale, qui donnera naissance à de nouveaux modèles, qui renouvellera des procédés de fabrication, renforcera la présence en compétition, tout en misant sur l’énergie électrique. Car oui, c’est un passage obligatoire pour perdurer en Europe. Celles et ceux qui ont vu la série documentaire Anatomie d’un come-back, diffusée depuis le 13 décembre sur Prime Vidéo, comprendront mieux comment Renault Groupe a traversé cette époque difficile. Dans la série, on peut y suivre Luca de Meo (CEO de Renault Group), Fabrice Cambolive (CEO de Renault) et Gilles Vidal (VP Design Renault) découvrir ensemble la future Renault 5 Turbo 3E. Et là, on apprend qu’elle sera produite en série !

La Renault 5 E-Tech, nous en avons déjà parlé à de multiples reprises sur PDLV. C’est LE modèle qui incarne la Renaulution. Elle instaure aussi une approche faussement néo-rétro particulièrement audacieuse, qui permet de tisser un lien entre le passé, le présent et le futur… Un futur électrique, bien sûr. Alors forcément, cela fait crisser des dents. Comme beaucoup, nous sommes amoureux des moteurs thermiques, des montées dans les tours, de l’odeur du sans-plomb, de la sonorité.

Mais condamner la Régie pour son choix de la voiture électrique, ce serait ignorer le contexte actuel. Les marques doivent réduire drastiquement leurs émissions de CO2 et s’orienter vers l’électrique. Le bien-fondé environnemental n’est pas le sujet du débat ; les marques sont contraintes et forcées d’aller vers l’électrique. Partant de ce constat, il serait illusoire que Renault développe un moteur V6 spécialement pour cette Renault 5 Turbo 3E (même si on aurait apprécié bien sûr !).

Une recette authentique…

À l’origine, la Renault 5 Turbo 3E avait été présentée sous la forme d’un show-car, à l’occasion du Mondial de l’Automobile de Paris, en 2022. À l’époque, beaucoup jugeaient cette initiative comme une réinterprétation néo-rétro des Renault 5 Turbo et Turbo 2 des années ’80… Un exercice de style réussi mais pas viable au sein du catalogue. Cette nouvelle version se rapproche davantage de la voiture de série, en reprenant des codes stylistiques actuels. On retrouve les petits phares à LED ainsi que les feux de jour sous forme de carrés sans coin.

D’ailleurs, on apprécie aussi le design musclé qui comprend des ailes généreusement galbées. Un design musclé qui rappelle parfaitement le modèle d’il y a quatre décennies. Pour autant, il n’est toujours pas question de faire du « simple » néo-rétro. La marque propose des lignes fortes bien actuelles. Elle évoque la 5 Turbo de 1980 par des symboles savamment dosés. Mieux encore, elle intègre désormais la prise de recharge au sein-même d’une écope arrière.

Renault préfère qualifier son approche de rétro-futuriste. Et ce terme est très représentative de ce qu’est cette Renault 5 Turbo 3E… Mais aussi les trois modèles électriques de nouvelle génération (R5, R4 et Twingo). Globalement, on récupère l’ADN d’un modèle et on le transpose dans un contexte actuel en tenant compte des tendances, des contraintes, des impératifs, de la sécurité… La Renault 5 Turbo, à son époque, était dans l’air du temps ; il était donc logique qu’elle accueille un moteur 4-cylindres turbo fonctionnant à l’essence. Actuellement, Renault a fait le choix (oui, contraint et forcé…) de basculer sur l’électrique. La nouvelle-venue opte donc pour cette énergie.

500 chevaux sur les roues arrière

Concrètement, cette Renault 5 Turbo 3E accueillera deux moteurs électriques et sera une propulsion. Chacun d’entre eux distribuera la puissance sur une roue arrière. D’ailleurs, la puissance cumulée sera supérieure à 500 chevaux. Renault promet des « sensations ultimes et [des] accélérations foudroyantes » avec notamment le 0 à 100 km/h réalisera en 3,0 secondes environ. Nous sommes clairement sur des performances de supercar, tout en conservant la puissance à l’arrière. Cela impliquera une conduite assez pointue, comme ce fut le cas sur les Renault 5 Turbo, la 5 Turbo 2 et la Clio V6 dans un registre à peine différent. Un pari très audacieux qui fait envie mais qui pose aussi bien d’autres questions d’ordre plus technique.

Par exemple, quelle sera la capacité de la batterie ? L’autonomie ? La consommation en kWh aux 100 kilomètres ? Tout cela n’est pas évoqué dans le communiqué et tant mieux. À travers cette Renault 5 Turbo 3E, l’objectif est de faire rêver et de convaincre de la technologie et du plaisir de la nouvelle venue. Alors oui, forcément Jean-Michel Relou se plaindra de l’absence de la sonorité… Mais ce même Jean-Michel serait le premier à se plaindre aussi du malus de 60 000 € si Renault avait opté pour un bloc V6. Maintenant, je reste convaincu que Renault va réussir à concocter un modèle d’exception, qui sortira des standards et qui montre que l’audace n’est pas morte… Elle est juste différente et elle sera sans doute bien appréciable pour celles et ceux qui laisseront sa chance au produit.

Un prix « accessible »

D’ici quelques mois, Renault dévoilera la version définitive de la 5 Turbo 3E. Initialement, une petite production de 150 exemplaires était prévue, dans le courant de l’année 2026. Pourtant, le PDG Patrice Cambolive a confié à nos confrères d’Autocar que la production pourrait bien supérieure aux 150 unités prévues initialement. Forcément, il y a aussi la question du prix qui se pose. Un tel niveau de performances impose des modifications lourdes et une préparation complète. Par exemple, nous sommes sur une structure monocoque en carbone, ce qui coûte déjà très cher. Mais c’est aussi le garantie d’une rigidité maximale et d’un poids réduit. Nos confrères soulignent que le prix sera bien inférieur à la somme demandée pour une Alpine A110 R Ultime, vendue à partir de 265 000 €. On peut donc estimer que le prix final serait situé autour des 150 000 €.

Beaucoup trouveront cette somme délirante pour une « pile »… Mais il est assez probable que le plaisir de conduite soit exceptionnel avec tous les ingrédients réunis pour en faire un jouet amusant et performant. La batterie située sous le plancher permet d’abaisser le centre de gravité tandis que la simple propulsion et la forte puissance permettront de profiter pleinement. Pour Renault, c’est une « bombe sportive » digne de son nom et de son héritage. Et généralement, lorsque la marque au losange prépare un modèle exceptionnel, nous sommes rarement déçus. Maintenant, il faudra voir si les acheteurs potentiels seront prêts (ou non) à casser leur a-prioris sur certaines voitures électriques…

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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