ActualitéŠkoda

Skoda Elroq RS : il sort les muscles avec un objectif clair

Depuis quelques années déjà, il y a un engouement grandissant pour les SUV familiaux sportifs. La famille est déjà relativement complète même si certains manquent encore à l’appel, à l’image du Peugeot E-3008 de 325 chevaux. Chez Skoda, il n’y a pas de temps à perdre. Alors que la commercialisation de l’Elroq a débuté il y a quelques semaines, la marque vient de dévoiler une inédite version RS. Celle-ci s’appuie logiquement sur les capacités techniques de la plateforme MEB, en proposant une version électrique de 340 chevaux. Découvrons plus en détails ce modèle au caractère plus affirmé, qui remplira un objectif clair : séduire les parents pressés. Mais ce modèle était-il vraiment nécessaire dans la gamme ?

Un style à peine plus affirmé

Dévoilé en exclusivité au Mondial de l’Automobile de Paris, en octobre 2024, le Skoda Elroq a plutôt séduit. Inscrit dans le segment C, il vise à occuper le terrain avec une offre 100 % électrique. S’appuyant sur la plateforme MEB, il dispose d’une gamme complète de motorisations, avec plusieurs capacités de batterie et différents niveaux de puissance. Moderne dans sa présentation, il ne manque pas d’arguments et bénéficie de toute l’expertise du groupe Volkswagen. D’ailleurs, il est le cousin direct des Audi Q4 e-tron, Volkswagen ID.4 ou encore Cupra Tavascan. Côté design, cette version RS joue la carte de la discrétion. Le bouclier avant est légèrement retouché, avec une barre supplémentaire dans les écopes, une calandre spécifique ainsi que des inserts colorés en partie basse. Elle apporte aussi des jantes de 21 pouces, des inserts noir glossy qui dissimulent habilement le radar et la caméra frontale.

Les phares avant disposent d’office de la technologique Full Matrix LED tandis qu’à l’arrière, les clignotants sont à défilement. Quelques détails ont été retravaillés, comme le passage en noir brillant de différents éléments, des badges spécifiques ou encore cette peinture de carrosserie réservée à la version RS : le vert Mamba. Il sera néanmoins possible d’avoir toutes les autres teintes de carrosserie. C’est moins visible, mais le Skoda Elroq RS s’offre aussi un châssis sport rabaissé de 15 mm à l’avant et 10 mm à l’arrière. Il apporte aussi le châssis adaptatif DCC, des étriers peints en rouge à l’avant (car ce sont toujours des tambours à l’arrière) ou encore une direction recalibrée spécifiquement.

340 chevaux et 550 kilomètres d’autonomie

Si des réglages châssis spécifiques ont été développés, c’est surtout l’augmentation de la puissance qui peut justifier le choix de cette version électrique RS. Deux moteurs électriques prennent place, un à l’avant et un second à l’arrière, ce qui reconstitue une transmission intégrale. La puissance totale atteint désormais les 340 chevaux. Si les valeurs de couple n’ont pas été communiquées, on apprend que le 0 à 100 km/h peut être réalisé en 5,4 secondes et que la vitesse de pointe est limitée à 180 km/h, dans l’optique de préserver l’autonomie. Car justement, la batterie haute tension de 84 kWh permet de réaliser plus de 550 kilomètres sans avoir besoin de recharger, en cycle WLTP. La recharge peut grimper jusqu’à 185 W, ce qui donne un temps de seulement 26 minutes pour passer de 10 à 80 % de charge.

Précisons aussi que l’Elroq RS dispose de deux sonorités artificielles, nommées « Sport » et « Futuristic ». Généralement, ce type de gadget est assez gênant mais il y a des adeptes alors pourquoi pas, d’autant plus que cela est déconnectable. Jusqu’à présent, la motorisation la plus puissante de l’Elroq offrait jusqu’à 286 chevaux. Cette variante RS apporte 54 chevaux supplémentaire. Pour un véhicule qui tutoie les deux tonnes, cela peut sembler négligeable. Dans les faits, les véhicules électriques surprennent davantage par les valeurs de couple, ce qui rend la lecture des fiches techniques pas toujours très représentatives du ressenti.

À bord : des apports assez limités…

Entre un Skoda Elroq en finition Sportline et cette nouvelle variante RS, les apports sont très limités. L’essentiel tient en ces nouveaux sièges plus enveloppants, avec une sellerie suédine parée de surpiqûres vertes. La dotation progresse aussi légèrement, avec les sièges et volant chauffants ou encore la fonction massage intégrée (mais uniquement pour le conducteur). L’instrumentation numérique comprend une dalle de 5,3 pouces est toujours de la partie, tout comme l’écran central de 13,0 pouces. Naturellement, les graphismes ont été adaptés pour renforcer le côté sportif de cette version RS. Côté équipements, il faudra toujours passer par la case des options pour avoir le système audio Cantan avec 12 haut-parleurs.

Le volume de coffre, qui atteint 470 litres, est dans la moyenne du segment C. Après avoir rabattu les sièges du second rang, la capacité grimpe à 1 580 litres. Pas mal !

Un manque de consistance ?

De nos jours, les finitions « sportives » sont très nombreuses, ce qui rend difficile l’identification des réelles versions sportives. Ce Skoda Elroq RS est sans doute un excellent modèle mais il reste classique dans sa présentation, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Reste à connaître le prix de vente final, qui n’a pas encore été communiqué. La gamme RS de Skoda est assez complexe à appréhender. S’il est clair qu’elle identifie les modèles sportifs, elle manque d’identité et de cohérence, sans code esthétique claire et lisible. Ce Skoda Elroq trouvera-t-il grâce aux yeux des clients potentiels ? À suivre…

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page