État des lieux de l’électrification des flottes d’entreprise en 2025
C’est un fait : les particuliers sont largement incités à passer à la voiture électrique. Ceux qui acceptent peuvent bénéficier d’un bonus écologique. Inversement : un malus écologique touche désormais l’immense majorité des voitures neuves sur le marché, avec un seuil de déclenchement maintenant abaissé à seulement 113 grammes de CO2 par kilomètre. Mais pour les entreprises, le contexte réglementaire est encore plus sévère, notamment depuis l’instauration de la loi LOM en 2019. Cette pression croissance sur les entreprises impose de verdir leurs flottes pour réduire leur bilan carbone. Mais qu’en est-il vraiment en 2025 ? Les objectifs sont-ils vraiment atteints ? Voici quelques données à ce sujet.
La loi LOM : tout un symbole
Lorsqu’elle a été instaurée en 2019, la Loi d’Orientation des Mobilités a été rapidement redoutée par les professionnels. Elle vise à instaurer des quotas de véhicules propres pour les flottes d’entreprises. L’objectif ? Augmenter la part de l’électrique pour toute entreprise qui dispose d’une flotte de plus de 20 véhicules légers. En fonction du type d’activité, le seuil peut être plus ou moins important. Le site Mob Energy, spécialisé dans les systèmes de recharge et la diminution de l’impact environnemental des batteries, donne de précises informations sur ce sujet. On y apprend notamment qu’un quota de renouvellement de 20 % de véhicules à très faibles émissions (VTFE) est imposé pour les flottes ayant plus de 100 véhicules en 2027.
De plus, ces seuils vont continuer à croître de manière significative durant les prochaines années. Les entreprises qui ne respectent pas ces conditions seront redevables de pénalités financières. En 2025, l’amende s’élève à 2 000 € par véhicule manquant avec toutefois un plafonnement à hauteur de 1 % du chiffre d’affaire en France. Et ce n’est pas tout : cette loi oblige également à poser au moins une borne de recharge électrique sur tout parking (hors résidence) ayant un minimum de 20 places de stationnement. Cette nouvelle mesure complémentaire a été instaurée le 1er janvier 2025. Des aides peuvent inciter les entreprises à engager ces dépenses. Six ans après l’instauration de cette loi, les entreprises respectent-elles les engagements qui y sont inscrits ?
Des objectifs inégalement atteints
Sur les 3 700 concernées soumises à la loi LOM, un quart aurait atteint leurs objectifs de verdissement de leurs flottes. Certaines ont même largement atteint les seuils avec deux très bons élèves : Orange qui dispose d’une flotte comprenant 41 % de véhicules électrifiés en 2024 et Crédit Agricole Leasing, juste derrière avec 36 %. Deux très belles performances qui permettent d’améliorer la moyenne car, à l’inverse, 45 % des entreprises n’ont immatriculé aucun véhicule électrique en 2024. Elles s’exposent donc à des sanctions suite au non-renouvellement de ce parc par des modèles considérés comme plus propres. Mais quel bilan concret les entreprises tirent-elles ? Selon nos confères de MOB Energy, les retours seraient positifs de la part des entreprises qui ont basculé partiellement sur le véhicule électrique, notamment par rapport à l’aspect financier. Mieux encore : aucune n’envisagerait un retour en arrière.
Pour celles qui n’ont pas encore opté pour le passage à l’électrique, les raisons peuvent être multiples. Il y a bien sûr la question du coût. Même si le retour sur investissement est généralement assez rapide, la voiture électrique peut être compliquée à appréhender pour certains usages. De même, le réseau de recharge demeure encore assez inégalement réparti. Certaines professions peuvent s’accommoder plus ou moins difficilement avec les contraintes de l’électrique. Aussi, il y a une fort de crainte au sujet de l’électrique, avec la problématique récurrente de l’autonomie. Nous réalisons régulièrement des essais de voitures électriques et il faut bien reconnaître que les longs trajets peuvent être pénibles, surtout sur autoroute. À haute vitesse, les batteries se vident généralement très vite…
L’installation de bornes : un stress supplémentaire ?
Avoir une flotte composée partiellement de véhicules électriques impose une logistique rigoureuse, pour permettre une recharge efficace du parc. En fonction des entreprises, chaque employé peut avoir son propre véhicule mais certaines sociétés favorisent des rotations, en tenant compte des recharges. Là, tout est question d’organisation. L’installation de bornes de recharge est souvent redouté également. Outre le coût de l’installation et des équipements, il y a aussi la question de la puissance de recharge disponible. Cependant, certaines solutions, comme Eiko, permettent d’installer jusqu’à 25 points de recharge avec 10 kVA de puissance, ce qui limite grandement les dépenses et permet une installation rapide des bornes au sein de votre entreprise.
Par ailleurs, l’article 64 de la loi LOM précise aussi que les parkings neufs ou rénovés de plus de 10 places doivent consacrer au moins 20 % des places à des points de recharge pour véhicules électriques. Forcément, les acteurs se multiplient pour répondre à la demande croissante des entreprises désireuses de se mettre en conformité dans les meilleurs délais.
Le thermique perd encore de l’intérêt…
Les entreprises qui supervisent un parc important de véhicules thermiques sont déjà confrontées au malus écologique, dont l’impact est toujours plus important. Pour rappel, depuis le 1er mars 2025, le seuil de déclenchement a été abaissé à 113 grammes de CO2 par kilomètre. Un nouvel abaissement de 5 grammes sera en place pour 2026 et il en sera de même pour 2027. Dès lors, il deviendra très difficilement d’acheter un véhicule thermique non malussé. Il faut également ajouter le malus au poids qui vient alourdir la note. Là encore, un durcissement est attendu pour l’année 2026 puisque le déclenchement de ce second malus passera à 1 500 kg, contre 1 600 kg aujourd’hui. Et la note peut vite grimper avec une taxation de 10 € par kilogramme supplémentaire, au-delà du seuil.
Le passage à l’électrification de la flotte devient donc impératif. Heureusement, des solutions existent avec notamment des systèmes peu coûteux et faciles à installer. C’est le cas du cube de puissance Eiko, par exemple, qui connaît un fort succès. Sa force, c’est d’être installé hors-sol. Grâce à ses batteries, il permet de stocker l’énergie durant les heures creuses, pour réduire efficacement les dépenses. Ce type de solution peut totalement rassurer les professionnels qui hésitent encore à basculer une partie de leur parc en électrique… Même s’il est certain que certains types de véhicules seront toujours plus à l’aise avec des motorisations diesel. C’est par exemple le cas des camions. Les modèles électriques demeurent encore assez rares, surtout pour le transport de grande distance.



