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Quelle hybridation choisir pour ma voiture en 2025 ?

Choisir une voiture en 2025, ce n’est pas un exercice facile. Déjà, il y a un immense choix de modèles en tout genre, dans des segments plus ou moins bien déterminés. La question du coup de cœur peut légitimement se poser mais il vous faudra encore trouver un gabarit, une finition et une motorisation qui correspondent à vos besoins. Forcément, le virage du tout-électrique s’amorce de plus en plus, largement encouragé par le bonus écologique. Toutefois, la voiture hybride connaît un succès grandissant, du fait de la polyvalence qu’elle autorise. Dans ce court article, je vais vous donner mon avis sur la question des voitures hybrides. Car pour ne rien arranger, il existe plusieurs formes d’hybridation. Voici quelques conseils pour y voir plus clair.

Les trois formes d’hybridation sur le marché

Un moteur est dit hybride lorsqu’il combine deux énergies différentes. Classiquement, un ou plusieurs moteurs électriques sont associés à un moteur thermique à essence. En fonction du type d’hybridation, l’alchimie entre les deux sources d’énergie peut varier. Certaines conceptions permettent la symbiose parfaite entre les deux tandis que d’autres vont favoriser l’utilisation de l’électrique exclusivement lors des phases de démarrage et de relance. Voici quelques précisions générales sur le fonctionnement des trois formes d’hybridation que l’on retrouve chez les constructeurs automobiles :

  • Micro-hybride (MHEV) : pour éviter le malus écologique, les constructeurs automobiles ont pris l’habitude de proposer ce type d’hybridation légère. Elle comporte un moteur essence traditionnel couplé à un alterno-démarreur1 qui peut aller de 3 kW pour les micro-hybrides jusqu’à 30 kW pour les mild-hybrid. L’électrique ne s’activera que pour assurer ponctuellement les phases de démarrage, à l’aide d’une toute petite batterie. C’est en ville que l’intérêt est le plus présent puisque la consommation peut baisser de manière significative. Sur route, aucun gain particulier n’est à espérer ;
  • Hybride (HEV) : cette technologie dispose d’un moteur électrique plus puissant et complet, capable d’entraîner le véhicule hybride lors des phases de démarrage, d’accompagner en accélération. La recharge s’effectue uniquement lors des phases de décélération et de freinage. La consommation diminue donc assez fortement, hormis sur autoroute. Les économies sont néanmoins intéressantes ;
  • Hybride rechargeable (PHEV) : cette fois, plusieurs moteurs électriques peuvent cohabiter avec le thermique. Le véhicule dispose d’une batterie de plus grande taille, capable de rouler en mode 100% électrique pendant plus de 50 kilomètres. Si la récupération d’énergie est toujours effective lors des décélérations et freinages, il est aussi nécessaire de recharger régulièrement le véhicule pour tirer profit de l’électrification. Bien utilisée, une voiture hybride rechargeable bien utilisée peut parfois descendre sur une consommation inférieure à 2,0 litres aux 100 kilomètres !

Maintenant, récapitulons tout cela dans un petit tableau pour y voir plus clair.

Micro-hybrideHybrideHybride rechargeable
ConceptionMoteur essence
Alterno-démarreur
Petite batterie
Moteur essence
Moteur hybride
Petite batterie
Moteur essence
Moteur(s) électriques(s)
Grande batterie
ConsommationLégèrement inférieure à celle d’un moteur essenceEnviron 40% inférieure à celle d’un moteur essenceEnviron 80% inférieure à celle d’un moteur essence
Autonomie électriqueAucuneMoins de 3 kilomètresAu moins 50 kilomètres
Émissions de CO2Légèrement inférieures à celle d’un moteur essenceInférieures à celles d’un moteur à essenceGénéralement très faibles
Bonus écologiqueNon éligibleNon éligibleÉligible si prix d’achat inférieur à 50 000 €
Prix à l’achatSimilaire à celui d’une voiture essenceLégèrement plus élevé qu’une voiture essenceGénéralement plus élevé de quelques milliers d’euros qu’une voiture essence
Coût de l’entretienSimilaire à celui d’une voiture essenceSimilaire à celui d’une voiture essenceSimilaire à celui d’une voiture essence

Quelques conseils pour bien choisir

Au moment de faire votre choix, il est important de bien comprendre vos besoins. Si vous disposez d’un garage et/ou que vous avez la possibilité de recharger électriquement votre voiture, une version hybride rechargeable peut être envisagée. Le cas échéant, cela risque de vous apporter surtout des contraintes. En effet, beaucoup de personnes ne prennent pas le temps de recharger régulièrement leur voiture hybride rechargeable. La consommation augmente alors significativement, du fait de la sollicitation exclusive du moteur thermique, qui supporte en plus l’embonpoint inhérent à cette technologie et à la grande batterie. La micro-hybridation n’est réellement vertueuse qu’en ville. L’élaboration de cette technologie résulte surtout de la volonté des marques d’échapper au malus écologique. L’intérêt reste très limité hors des villes.

L’hybridation classique se positionne comme le bon compromis. Si l’autonomie électrique est très faible, c’est surtout une technologie qui s’apprécie pour sa polyvalence. Bien utilisée, une voiture hybride « classique » peut consommer très peu. Il faut alors éviter les fortes accélérations et toujours penser à anticiper pour bien régénérer la capacité de la batterie. Cette hybridation se plie à tous les types de parcours. Certains constructeurs, comme Renault, ont opté pour une conception assez audacieuse, qui associe un moteur thermique « classique » à un moteur électrique ainsi qu’à un alterno-démarreur, en plus d’une boîte à crabot. Une recette qui porte ses fruits, avec à la clé, des consommations dans la très basse moyenne du segment.

Les avantages d’une voiture hybride

La technologie hybride cumule les avantages d’un moteur à essence et ceux de l’électrique. Cela aboutit sur des voitures dotées d’une grande autonomie, d’une consommation maitrisée, capable de se recharger en roulant… Et qui offrent un silence de fonctionnement surprenant. Les constructeurs automobiles savent parfaitement tirer profit de cette technologie grâce à un constat simple : c’est lors des phases de démarrage et de reprises que la consommation d’un moteur thermique est la plus importante. L’apport électrique permet de soulager le moteur à essence, ce qui a un impact important sur la consommation. Le constat est encore plus flagrant dans les embouteillages !

Chez PDLV, nous essayons régulièrement des voitures à moteur hybride et la question du choix n’est pas simple. Fondamentalement, un moteur micro-hybride ne demande aucune adaptation à la conduite, c’est une intégration très légère. À l’inverse, la technologie hybride (ou full hybride) se perçoit davantage, avec davantage de douceur et la possibilité d’atteindre des consommations très convaincantes. Pour les hybrides rechargeables, toutes les marques ne se valent pas, d’après nos différents essais. Certains ont même réussi la prouesse d’intégrer la charge rapide sur ces modèles PHEV. Cela autorise l’apport de batteries plus capacitaires. Dans l’ensemble, c’est une technologie tout aussi intéressante, même s’il est impératif de bien recharger régulièrement le véhicule.

Un conseil : faites un essai routier !

Enfin, il est important de prendre le temps d’essayer les voitures qui vous intéressent potentiellement. Voyez si la conduite proposée vous convient, ainsi que l’agrément, d’une manière générale. Même si la consommation des modèles hybrides rechargeables fait rêver, il est important de pouvoir les recharger régulièrement, sous peine de ne jamais pouvoir atteindre de tels chiffres de consommation. Aussi, parmi les principales craintes relatives aux voitures hybrides, il y a la question centrale de l’entretien. Dans les faits, la partie électrique ne demande pas de vérifications régulières, comme cela peut être le cas pour les pneus ou les essuie glaces. Les batteries sont généralement très endurantes. Du fait des cycles de charges et décharges fréquents, l’usure se montre très limitée. D’ailleurs, certains modèles hybrides datant d’une bonne vingtaine d’années disposent toujours de leurs batteries d’origine ! Chez Renault, les batteries sont garanties 8 ans ou 160 000 kilomètres.

Et pour terminer, sur les trajets de longue distance, essentiellement routiers ou autoroutiers, le moteur essence sera généralement le seul à fonctionner. Malgré cela, la batterie se régénérera grâce à l’énergie cinétique accumulée. Lorsque vous traverserez un village à plus faible allure, vous pourrez alors exploiter davantage la partie électrique, ce qui lissera votre consommation. Le mode B, qui favorise la récupération d’énergie en augmentant le frein moteur, est à utiliser principalement en ville. Idéalement, il est même conseillé d’utiliser le régulateur de vitesses qui cherchera à lisser la conduite, notamment les phases d’accélération, toujours dans cette optique d’atteindre la consommation la plus basse possible.

  1. Un alterno-démarreur est une pièce mécanique qui assure la fonction de démarreur et d’alternateur à la fois. Sur les voitures micro-hybrides, il est généralement à 48 V. ↩︎

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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