
Prudence avec les calendriers de l’avent IA sur les voitures
L’intelligence artificielle occupe une place grandissante dans nos vies, de manière directe ou indirecte. Elle profite aussi beaucoup aux arnaqueurs… Ces derniers peuvent mettre en place des escroqueries encore plus rapidement, grâce à des visuels personnalisés. Plus que jamais, il convient d’être prudent car beaucoup de personnes n’arrivent pas encore à déceler les nouveaux dangers sur Internet, qui sont bien différents de ceux d’il y a cinq ans. La grande tendance du moment ? Des calendriers de l’avant vendus à petit prix, qui vous permettent d’avoir plein de voitures miniatures. C’est trop beau pour être vrai et pourtant… Des internautes se font massivement avoir, sans (presque aucun) recours possible.
De beaux calendriers de l’avent
Principalement sur Facebook, des escrocs ont monté des pages, propulsées par de la publicité payante, pour mettre en valeur des calendriers de l’avent factices. À chaque fois, on découvre un visuel attrayant et les différents sujets à accrocher, qui sont bien souvent des voitures miniatures. La Formule 1, Porsche, Ferrari, les voitures de sport ou encore les véhicules de pompiers… C’est plutôt bien thématisé et le concept, en lui-même, est intéressant. Toutefois, les incohérences sont assez nombreuses lorsque l’on y regarde de plus près. Pourtant, l’escroquerie marche particulièrement bien et il y a plusieurs raisons à cela.
Déjà, Facebook est devenu un réseau social « à l’ancienne ». L’âge moyen est sans doute bien plus important que sur d’autres réseaux. Sur Facebook, les personnes sont généralement sensibilisées aux arnaques. Elles ont appris à vérifier le HTTPS, à détecter un mail spam ou encore à vérifier le petit cadenas au moment du paiement sur une boutique en ligne. Seulement, ces vérifications sont devenues totalement obsolètes. La méconnaissance du sujet de l’intelligence artificielle peut rapidement conduire à se faire voler beaucoup d’argent et/ou des données sensibles. Car non, ces calendriers de l’avent n’existent pas.
Ce qui doit vous alerter
L’intelligence artificielle est un phénomène encore très récent. Beaucoup de personnes ont des difficultés à identifier un visuel généré par IA. Pour cela, plusieurs éléments sont à analyser. Prenons le cas concret d’un calendrier de l’avent, à l’effigie de Porsche.

Les incohérences sont nombreuses :
- La typographie : même les meilleures IA ont encore des difficultés à retranscrire des textes. Il peut y avoir des fautes, des incohérences, des interlignages aléatoires ou des approches (écart entre les lettres) inégaux. Dans le cas de ce calendrier, la faute se situe directement dans le nom de la marque : Porsche. Une étoile est venue remplacer le « S » ;
- Le visuel laiteux : beaucoup de personnes élaborent des scripts très basiques pour générer des images, ce qui conduit à des images « simples ». Le rendu est généralement assez lisse, laiteux, presque sur-réaliste ;
- L’absence de licence : lorsqu’une marque est exploitée commercialisée, la licence doit apparaître explicitement. Ce n’est aucunement le cas ici. On voit également que l’identité graphique n’est aucunement en lien avec Porsche, qui afficherait son logo et qui privilégierait un design plus équilibré ;
- Les dimensions du calendrier : sur certains calendriers, les dimensions sont indiquées, idem pour les miniatures. On se rend alors compte qu’il serait impossible d’accueillir autant de miniatures ;
- Un discours incohérent : bien souvent, les textes du site internet sont générés automatiquement, ce qui donne des redondances et des formulations plates, avec la référence de mots comme « crucial », des mots en majuscule à l’excès, des répétitions. Il existe des détecteurs d’IA gratuits en ligne. Utilisez-les en cas de doute ;
- Prenez du recul : un produit qui exploite la marque Porsche doit s’accorder d’une licence. La marque allemande a une image et une politique en matière de produits dérivés. Pensez-vous qu’elle acceptera qu’un tel calendrier de l’avent entrerait dans son champ d’action ?
La corde sensible… Bien souvent, ces calendriers de l’avent sont accompagnés d’une belle histoire… Des promotions pour remercier les clients, un anniversaire, un déstockage. Tout cela joue sur les émotions pour rassurer et convaincre de passer à l’achat. Qu’importe les textes, prenez toujours du recul et questionnez-vous sur la démarche réelle et sincère derrière le produit.

Certains sites jouent la carte de la transparence. Ils indiquent, de manière discrète, qu’il n’agit en réalité de modèles imprimés en 2D sur un support acrylique. Contrairement à ce que le descriptif laisse penser, il ne s’agit donc pas réellement de modèles réduits… On passera aussi sur le fait que les visuels sont générés par IA et ne correspondent pas vraiment à de réels modèles de chez Porsche…

Ci-dessus, voici un véritable calendrier de l’avent, développé en collaboration avec Porsche. Cette fois, nous sommes sur un produit vendu à 69,95 €. Chaque case comprend des éléments pour assembler une voiture miniature et un élément de décor. Pas de promesse superflue : c’est élégant, bien pensé et documenté. Là, pas de doute, nous sommes véritablement sur un produit Porsche sous licence.
Méfiez-vous des remises trop alléchantes
Aussi, ces calendriers de l’avent sont bien souvent remisés, parfois jusqu’à – 50 %. Là encore, il s’agit d’une stratégie bien connue qui consiste à donner l’impression que l’on réalise une bonne affaire. Pourtant, ces remises ne sont jamais éphémères, elles sont effectives dès le lancement du site et jusqu’à sa fermeture. Concrètement, un calendrier de l’avent comprenant 24 modèles réduits ne peut pas être commercialisé à 12,95 €. Ce serait une vente à perte et c’est un procédé interdit.
Ce procédé est particulièrement pervers puisqu’il rassure en se disant que, dans le pire des cas, on ne perd « que » 12,95 €. Pourtant, les coordonnées bancaires peuvent être collectées et réutilisées par la suite. C’est là où cela devient dangereux. Quant aux plateformes qui vendent – en réalité – de petits sujets en 2D, on ne peut pas réellement parler d’une escroquerie si cela est mentionné. Cela reste une pratique assez trompeuse.
Vérifiez l’authenticité du site Internet
Il existe des plateformes qui permettent de vérifier les mentions légales d’un site Internet. La plus connue, c’est Domain Tools. Après avoir saisi l’adresse URL sur le site, vous pourrez accéder à la date de création du domaine, à son créateur ainsi qu’à la société qui y est rattachée. Si les informations sont cachées, c’est qu’il s’agit très probablement d’une arnaque.
D’autres sites, comme Captain Drop, peuvent vous aider à identifier le dropshipping. C’est également un outil qu’il faut utiliser au moindre doute. Il n’est pas imparable mais il permet de reconnaître assez vite les plateformes créées dans l’unique but de servir d’intermédiaire entre le vendeur, souvent basé en Chine et le client final. Cette pratique n’est pas illégale mais elle vous fait payer très cher, un article d’une qualité souvent moindre à celle promise sur le site de l’intermédiaire.
Que reçoit-on si on commande ?
Ces calendriers de l’avent sur le thème des voitures sont généralement vendus sur de grandes plateformes douteuses qui écoulent des produits de divers domaines. Dans la majorité des cas, vous ne recevrez absolument rien. Parfois, des calendriers vous seront expédiés mais les voitures miniatures attendues sont en réalité de simples petits sujets en 2D, à accrocher dans le sapin, avec un support en carton ou en plastique. Nous sommes donc bien loin des miniatures promises.
Si vous avez passé commande et que vous ne recevez rien, il est toujours possible de faire un recours auprès de votre banque ou bien d’ouvrir un litige sur la plateforme Paypal. Le mieux est encore d’éviter à tout prix ces calendriers de l’avent qui n’existent que virtuellement.




