Pourquoi les prix de l’assurance auto ont flambé cette année
Cette année, l’immense majorité des automobilistes français a constaté une augmentation du coût de l’assurance auto. Dans un contexte hautement inflationniste, cette surprime est plus ou moins passée inaperçue au milieu de toutes les autres… Mais elle est pourtant bien réelle. Comme beaucoup, vous avez peut-être envie de connaître les explications de cette augmentation généralisée. Il n’y a pas qu’un seul facteur en jeu mais bien plusieurs, avec les conséquences que l’on connaît bien sur notre budget…
Une augmentation moyenne de 6,8 %
Selon cette étude, les primes d’assurances auto auraient augmenté de 6,8 % durant cette année 2025. C’est quatre fois plus que l’inflation moyenne observée durant cette année. Pour justifier de telles augmentations, les assureurs avancent les mêmes arguments que pour les années précédentes. Cela entraine une certaine frustration du côté des usagers et une forme de lassitude…
Avant d’approfondir plus concrètement les motifs de ces hausses, rappelons que la loi Hamon vous permet de changer d’assureur dès lors que votre contrat a atteint sa première date anniversaire. Il faut donc saisir cette opportunité pour profiter des avantages réservés aux nouveaux clients et bien choisir son assurance auto, en fonction des garanties souhaitées. C’est à mon sens la vraie bonne idée pour réduire vos dépenses d’autant plus que votre nouvel assureur se charge de l’intégralité des formalités administratives.
Des technologies coûteuses
Les voitures sont plus technologiques qu’elles ne l’ont jamais été. Les automobilistes profitent assez massivement de puissants éclairages à LED, parfois même de capteurs LiDAR qui analysent la route et la circulation en temps réel, de sièges massants, de fauteuils adaptatifs ou encore de motorisations hybrides très sophistiquées… Tout cela est idéal pour le confort du quotidien mais c’est aussi un risque de panne plus élevé, des dépannages plus fréquents et des coûts de réparation qui peuvent exploser. À titre d’information, un phare à LED du dernier Peugeot 3008, c’est une note à quatre chiffres…
Lorsqu’un assuré a un accident, cela a une incidence immédiate sur le coût de remise en état. Puisque les assureurs dépensent plus d’argent, ils doivent augmenter parallèlement les primes d’assurance auto. Cette mutualisation est alourdie d’une très forte augmentation du coût des pièces détachées. La main d’œuvre, qui doit être plus qualifiée, a aussi un impact. Pour les véhicules électriques qui nécessitent le remplacement de la batterie, la note est encore plus salée… Vous l’aurez deviné, ces coûts sont amenés à évoluer encore à la hausse dans les prochaines années.
Quid des pièces de réemploi PIEC ? Leur impact semble assez minime et sans réelle incidence face à l’augmentation du prix des pièces.
Une circulation toujours plus dense
Si les chiffres de l’accidentologie de cette année 2025 n’ont pas encore été dévoilés, la sinistralité semble forte. Le retour massif du trafic post-Covid semble avoir entraîné une impatience généralisée sur la route. Les distractions au volant, toujours plus nombreuses, renforcent encore ces accidents aux conséquences plus ou moins importantes… Mais qui ont un impact lourd pour les assurances. Il faut aussi ajouter cela les conditions climatiques fortes, avec des épisodes de grêle, des tempêtes ou encore des inondations qui ont multiplié les déclarations aux assurances.
Sur la route, les comportements à risques sont particulièrement nombreux. Certains automobilistes impatients se mettent en danger pour gagner quelques minutes sur la route.
Une fraude difficile à mesurer
La fraude à l’assurance est impossible à mesurer. Si certaines combines sont désormais faciles à déceler, ne serait-ce qu’avec l’appui de l’intelligence artificielle, d’autres passent encore entre les mailles du filet. Pourtant, les cas d’escroquerie constitueraient l’une des raisons majeures de l’augmentation des prix. Le coût de la fraude pourrait se chiffrer à plusieurs millions d’euros chaque année. Il s’agit essentiellement de fausses déclarations, de mises en scène…
Si les particuliers sont parfois impliqués, des professionnels peu scrupuleux excellent dans la surfacturation de prestations. On pourra bien sûr citer un exemple à peine dissimulé : certaines sociétés spécialisées dans le remplacement de pare-brise qui surfacture fortement les assurances pour financer des cadeaux à leurs clients. À cela, il faut aussi ajouter les dégradations ou les vols…
Vers une stabilisation du coût de l’assurance auto ?
Durant les prochaines années, il est peu probable que l’on assiste à une baisse des coûts de réparation. La main d’œuvre devra être toujours plus qualifiées, les difficultés d’approvisionnement risquent de perdurer et les phénomènes climatiques seront probablement aussi intenses. Mais à côté de cela, les assureurs profitent de quelques avantages, comme la standardisation de certaines pièces (notamment pour les modèles électriques), des outils d’analyse plus poussés pour détecter la fraude. On peut aussi compter sur le développement massif des offres de transport en commun, surtout dans les grandes villes, ce qui pourrait réduire le nombre de petits chocs urbains.
Par ailleurs, plusieurs pistes sont à l’étude pour optimiser les coûts. Certains boîtiers sont déjà capables d’analyser le comportement d’un conducteur, afin d’adapter la prime en conséquence. Aussi, certaines régions sont plus sensibles à des phénomènes climatiques intenses, ce qui pourrait servir à moduler les primes en fonction de la localisation. Pour finir, des assureurs spécialisés pourraient aussi émerger. Spécialisés envers un type de véhicule (lié ou non à l’énergie), ils pourraient redistribuer les cartes, comme l’a fait Free en son temps dans la téléphonie mobile…





