On a essayé de drifter en Suzuki e Vitara Allgrip (essai complet)
Il y a quelques semaines, nous partions chercher le soleil en Bourgogne. Sur les petites routes de l’Yonne, entre les vignes, nous avons testé le Suzuki e Vitara. C’est le premier modèle 100 % électrique de la marque japonaise. D’ailleurs, il arrive avec un objectif clair : gratter des parts de marché aux Peugeot e-2008, Renault 4 E-Tech et autres Kia EV3. Si ce petit SUV est disponible de série en traction dès 28 500 €, nous avons jeté notre dévolu sur la version dotée de la transmission intégrale qui promet jusqu’à 395 kilomètres d’autonomie. Mais a-t-il suffisamment d’arguments pour tenir tête à ses concurrents ?
Fiche technique du Suzuki e Vitara Allgrip
| Dimensions | 4,27 x 1,80 x 1,64 mètres |
| Poids | 1 899 kg |
| Transmission | Intégrale |
| Boîte de vitesses | Automatique, 1 rapport |
| Commercialisation | Depuis 2026 |
| Moteur | Deux moteurs électriques |
| Puissance | 184 chevaux |
| Couple | 307 Nm |
| Batterie | 61 kWh |
| Autonomie | 395 kilomètres |
| Consommation mixte | 16,6 kWh/100 km |
| 0 à 100 km/h | 7,4 secondes |
| Vitesse maximale | 150 km/h |
| Prix | Dès 37 800 € |
Le Suzuki Vitara : une institution
La première génération de Suzuki Vitara est arrivée en 1988. Beaucoup le considèrent alors comme le pionnier des SUV compacts. La gamme a été rapidement étoffée, avec même une version cabriolet. Au fil des générations, le Vitara a conservé son image de voitures d’initiés, avec un rapport qualité/prix attrayant et de bonnes aptitudes en tout-terrain. Rentré dans le rang en 2014 avec une troisième génération proposant une unique carrosserie 5-portes, le e Vitara de 2026 arrive avec la volonté d’entretenir la recette à succès : un gabarit compact, la facilité de conduite, la transmission intégrale et des prix bien placés.

Il faut le reconnaître, Suzuki avait pris du retard sur l’électrification. Le e Vitara fait donc office de locomotive. Il n’y a pas le droit à l’erreur puisque le Vitara est le deuxième modèle Suzuki le plus vendu dans l’hexagone. En 2025, pas moins de 5 338 exemplaires ont été écoulés, avec une part de marchés de 57,8 % de particuliers. La version Allgrip (transmission intégrale) est logiquement reconduite puisqu’elle représente tout de même 40 % des ventes de Vitara en France. On comprend mieux l’enjeu. Mais convertir une clientèle conservatrice à l’électrique est-il simple ? Testons le produit.
Le design du Suzuki e Vitara
Long de 4,27 mètres, le Suzuki e Vitara semble plus massif que l’opus précédent, malgré un allongement de « seulement » 9 centimètres. Son design se veut nettement plus robuste avec une garde au sol de 18 centimètres et des ailes chanfreinées assez massives. Cela donne un design musclé qui passe bien. La face avant s’ouvre sur un capot bossé et une calandre noire, parée du logo au centre. Les optiques arborent une signature lumineuse à trois segments tandis que le bouclier a un design assez travaillé et sophistiqué. La construction de cette face fonctionne bien. Notre modèle d’essai dispose en plus du toit noir, ce qui allège visuellement la ligne.




Disponible sur la finition haute Style, les jantes en alliage léger de 19 pouces renforcent la ligne. On remarque aussi que les poignées de porte arrière migrent dans les montées. Cela allège la ligne tout en donnant un côté plus épuré. Véritablement, ces ailes bien galbées sont la force de l’e Vitara. Ça fonctionne bien ! À l’arrière, on retrouve une symétrie dans la signature lumineuse et un bouclier assez massif. Rien de spécial à dire de ce côté-là, c’est une construction assez agréable.
À bord du Suzuki e Vitara
Suzuki est une marque difficile à appréhender, qu’il faut prendre le temps de découvrir, de comprendre. Lorsque l’on accède à bord du Suzuki e Vitara, on remarque une amélioration de la qualité perçue. On ressent toujours un côté rustique et rassurant. La qualité des revêtements est dans la moyenne tandis que le dessin global de la planche de bord flottante est agréable.

C’est moussé sur la partie supérieure, dur en bas. Le volant offre une bonne prise en main et on découvre une interface numérique complète. Face au compteur, le combiné d’instrumentation de 10,25 pouces propose de beaux graphismes tandis que l’écran tactile central de 10,25 pouces est réactif et bien présenté. Pour le coup, Suzuki a accompli de réels progrès en matière d’interface numérique.




Pour autant, notre exemplaire de présérie n’a pas bénéficié des dernières mises à jour de l’interface. Par conséquent, Suzuki France nous a plutôt recommandé d’utiliser le GPS par l’intermédiaire d’Apple CarPlay et d’Android Auto. En effet, les mises à jour à distance seront bientôt disponibles, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Pour le coup, cet intérieur marque une véritable progression technologique qui remet Suzuki dans la course !
Des sièges « un peu durs »
Si une sellerie colorée est aussi disponible, c’est bien l’intérieur intégralement noir qui équipe notre exemplaire. La finition haute Style apporte les réglages électriques du siège conducteur avec le soutien lombaire. L’assise est assez agréable avec un bon maintien, malgré une certaine dureté. On découvre un accoudoir central mobile ainsi qu’un espace vide-poche qui dissimule des ports USB types A et C. Un chargeur à induction est aussi de la partie avec une bonne ergonomie d’ensemble. Les commandes tombent sous la main, ce qui nous rappelle la volonté, pour Suzuki, de faire du e Vitara une « voiture facile à conduire ».


Il y a un véritable gap en matière de qualité perçue qui a été passé et cela fait plaisir à voir. La partie basse de la console centrale donne accès au sélecteur de vitesses ainsi qu’aux différents modes de conduite. Un assistant de contrôle de la descente est même intégré. C’est donc une bonne surprise.
À l’arrière : une garde au toit un peu juste
Nous l’avions relevé dans notre essai du Suzuki S-Cross, la garde au toit est assez limité au niveau des places arrière. L’espace aux jambes est pourtant correct. Le toit panoramique, qui équipe notre exemplaire, joue sans doute en la défaveur de cette perception… Mais plus concrètement, il faut se pencher sur la conception même de la voiture. Le Suzuki e Vitara repose sur la plateforme Heartect-e de dernière génération. Le positionnement de la batterie entraine cette élévation de la banquette…

Quant au volume de coffre, il dépendra surtout de la banquette arrière coulissante, capable d’avancer ou de reculer sur une amplitude de 16 centimètres. Le volume de coffre varie alors entre 268 et 310 litres. C’est donc assez peu pour le segment.
La conception du Suzuki e Vitara
Le Suzuki e Vitara inaugure donc une nouvelle plateforme électrique nommée Heartect-e. Celle-ci se compose d’un acier à très haute résistance qui préserve la batterie LFP en cas de choc. De même, les composants eAxle permettent de combiner moteur, onduleur et réducteur en un seul bloc, pour optimiser l’espace. Notre version Allgrip dispose d’un petit moteur supplémentaire qui anime uniquement l’essieu arrière. Il n’y a donc pas d’arbre de transmission ; les essieux fonctionnent en symbiose.

Le saviez-vous ? Le Suzuki e Vitara a un frère jumeau, le Toyota Urban Cruiser de seconde génération. Les deux modèles sont fabriqués dans la même usine, en Inde.
Aussi, la gamme comprend trois niveaux de puissance. Les deux premiers sont en traction, avec une puissance de 144 chevaux (batterie de 49 kWh) ou de 174 chevaux (batterie de 61 kWh). Notre modèle Allgrip reçoit d’office la « grande » batterie de 62 kWh qui apporte jusqu’à 395 kilomètres d’autonomie en cycle WLTP. On retrouve trois modes de conduite, nommées Eco, Normal et Sport et autant de niveaux pour le freinage régénératif. Le mode Trail est exclusivement dédié au modèle Allgrip. Pour le lancement, les batteries sont fournies par BYD et la pompe à chaleur est livrée de série.

Recharge du Suzuki e Vitara : comptez 45 minutes pour passer de 10 à 80 % de charge en courant continu. En courant alternatif 11 kW, prévoyez 5 heures et 30 minutes pour passer de 10 à 100 % de charge avec la batterie de 61 kWh qui équipe notre Suzuki e Vitara Allgrip. Le préconditionnement de la batterie est disponible mais il est à déclenchement manuel, même si vous utilisez le planificateur intégré (gratuit durant les quatre premières années). La puissance de charge DC réelle mesurée est en moyenne de 55 kW sur une borne de 150 kW.
Premiers tours de roue
Arrivés à la gare de Migennes, on embarque à notre Suzuki e Vitara Allgrip. Le Celestial Blue Pearl Metallic offre de beaux reflets. On quitte assez rapidement la ville pour prendre la route à travers les vignes. On découvre de superbes paysages, des routes sinueuses… Assez vite, on remarque que le e Vitara tient ses promesses. Il se conduit avec une grande facilité.

Nul besoin de chercher les commandes : tout tombe sous la main. Il inspire confiance et offre un feeling assez agréable. Si les montants A sont assez épais et entachent un peu la vue, il faut prendre le temps de bien régler son siège et le volant, pour ne pas être gêné par la branche supérieure du volant.

Sur route, on remarque un amortissement assez agréable avec un arrière mobile. La suspension arrière multibras de série joue peut-être un rôle… Mais ne vous attendez pas à de la sportivité pour autant. La direction est assez floue et les mouvements de caisse sont parfois excessifs. Même si ce SUV électrique semble étonnamment compact et renvoie un sentiment de légèreté, il accuse tout de même 1,9 tonne sur la balance.

Typé confort, le e Vitara est sain à conduire. La puissance électrique de 184 chevaux est adaptée. Les accélérations sont assez franches tout en conservant un bon ressenti. Les bruits d’air et de roulements sont bien gérés, malgré un léger sifflement au-delà des 110 km/h. En revanche, je suis plus mitigé sur la direction, que j’ai trouvé assez floue et le freinage, endurant mais qui manque de mordant. À l’inverse, le freinage d’urgence est très violent, avec une distance parcourue réduite.
Désactivation possible des ADAS : si les aides à la conduite obligatoires sont assez envahissantes, elles peuvent être déconnectées facilement grâce à un raccourci situé sur le volant. On peut alors s’affranchir de tous les bips très rapidement…
Et côté consommation ?
En moyenne, nous avons réussi à stabiliser notre consommation autour des 19 kWh aux 100 kilomètres. Puisque nous n’avons pas réellement cherché à pratiquer l’écoconduite, c’est plutôt une bonne moyenne. Les 16,6 kWh/100 km annoncés semblent donc largement atteignables. Sur les voies à 110 km/h, la consommation grimpe légèrement mais dépasse assez rarement les 22 kWh en lissé.
On essaie de drifter ?
L’exercice s’apprécie davantage avec un petit coupé japonais… Mais nous avons quand même profité de quelques chemins sympas pour s’autoriser quelques dérives. Pour le coup, le train arrière décroche de manière assez précise et retrouve le grip très sainement. C’est vraiment très amusant et surprenant pour un petit SUV ! Tout est parfaitement bien géré par l’ordinateur qui se montre un peu permissif… mais pas trop ! À l’arrière, la puissance n’est que de 65 chevaux, mais cela suffit pour faire décrocher le train arrière et entamer une dérive contrôlée.

Côté performances pures, comptez 7,4 secondes pour l’exercice habituel du 0 à 100 km/h. C’est assez linéaire mais qu’importe. Nous avons multiplié les trajets sur différents parcours. Sur terrain accidenté, les suspensions laissent remonter les informations dans l’assise mais cela n’est pas choquant. L’apport du système Allgrip est véritablement appréciable. Outre le côté amusant parfois, c’est idéal pour être sûr de repartir lorsque les chemins sont recouverts de boue.


Le plaisir de conduite est pourtant bien là, d’une manière générale. On ne pourra pas dire que le Suzuki e Vitara est joueur… Mais il est tout de même possible de prendre du plaisir à son volant. Bien qu’il prenne du roulis et qu’il soit un peu sous-vireur, on peut s’amuser.
Et en franchissement ?
Une fois le mode Trail activé, on peut s’aventurer un peu hors des sentiers battus. Malgré la présence de la transmission intégrale, il rechigne quelque peu à s’aventurer sur des obstacles. Le SUV patine et renonce parfois. Il faut alors y mettre un peu d’allure. Les pneus sont-ils en cause ? Peut-être. Toujours est-il que la version Allgrip a du sens. La motricité arrière aide grandement, avec une action ciblée dès que nécessaire, pour retrouver du grip. Le reste du temps, le Vitara n’utilise que l’essieu avant. Tout-chemin ou réel tout-terrain ? La balance semble pencher pour la première option.
Après 250 kilomètres en Suzuki e Vitara
250 kilomètres, c’est suffisant pour se forger une première opinion sur le Suzuki e Vitara. Entre vignes, forêts et chemins boueux, nous n’avons pas ménagé notre exemplaire ! Ce qu’il en ressort, c’est qu’il s’agit d’un SUV facile à vivre, agréable et qui s’inscrit pleinement dans la lignée du Vitara. La transmission intégrale Allgrip apporte une vraie valeur ajoutée. J’émets toutefois un bémol concernant les modes de conduite, un peu caricaturaux. En mode Eco, le manque de réactivité de l’accélérateur demande un vrai temps d’adaptation tandis que le mode Sport est presque trop sensible.

Maintenant, il faudra voir comment se débrouille le Suzuki e Vitara face à ses concurrents. En traction, il y a la Renault 4 E-Tech ou encore le Peugeot E-2008. Le japonais dispose pourtant d’un atout de taille, une remise de 4 000 € sur toutes les versions, sans date de fin annoncée. Comptez un minimum de 28 500 € (remise incluse) pour la version d’appel Avantage. Pour la version Allgrip, la finition intermédiaire Privilège s’impose, dès 33 800 €. C’est très bien placé… En plus, la version à transmission intégrale n’a aucune concurrente directe sur le marché. Et pour aller encore plus loin, la garantie constructeur est de 10 ans ou 200 000 kilomètres, à la condition d’entretenir la voiture dans le réseau de la marque.
Grille tarifaire du Suzuki e Vitara
| 49 kWh | 61 kWh | 61 kWh Allgrip | |
|---|---|---|---|
| Avantage | 32 500 € | / | / |
| Privilège | / | 35 300 € | 37 800 € |
| Style | / | 38 300 € | 40 800 € |
Ce tableau tarifaire ne tient pas compte de la remise de 4 000 €, appliquée automatiquement en concession lors de l’achat neuf d’un Suzuki e Vitara, sur l’intégralité des versions.

Équipements de série
| Principaux équipements | |
|---|---|
| Avantage | Dalle double écrans Jantes en alliage léger 18 pouces Capteur de luminosité, de pluie Rétroviseur intérieur électrochrome Frein de parking électrique Pompe à chaleur Caméra de recul et capteurs de stationnement AV/AR Éclairage d’ambiance Régulateur de vitesse adaptatif Chargeur embarqué 11 kW Câble recharge Mode 3 Type 2 Services connectés offerts pendant 4 ans |
| Privilège | Avantage + Contours de pare-brise chauffants Rétroviseurs extérieurs dégivrants Sièges avant chauffants Volant chauffant |
| Style | Privilège + Caméras de stationnement avec vue à 360° Chargeur à induction Jantes en alliage léger 19 pouces Projecteurs LED matricielles Siège conducteur à réglages électriques Sellerie mixte tissu/cuir synthétique Système audio Premium INFINITY by Harman Toit vitré avec velum |
FAQ
Quelle est l’autonomie du Suzuki e Vitara Allgrip ?
Le Suzuki e Vitara Allgrip affiche une autonomie WLTP de 395 kilomètres grâce à sa batterie LFP de 61 kWh. En usage mixte réel, nous avons été autour des 18 à 19 kWh, ce qui reste raisonnable.
Quel est le prix du Suzuki e Vitara électrique ?
Avec la remise inconditionnelle de 4 000 €, le Suzuki e Vitara s’affiche à partir de 28 500 €. Comptez un minimum de 33 800 € pour obtenir la transmission intégrale Allgrip.
Combien de temps faut-il pour recharger le Suzuki e Vitara ?
En courant continu (DC), comptez environ 45 minutes pour passer de 10 à 80 %. En courant alternatif 11 kW (AC), prévoyez 5h30 pour une charge complète de 10 à 100 %.
Le Suzuki e Vitara bénéficie-t-il d’un bonus écologique ?
Produit en Inde, le e Vitara ne bénéficie d’aucune prime gouvernementale ni de prime batterie européenne. Pour compenser, Suzuki propose une remise immédiate inconditionnelle de 4 000 € sur l’ensemble de sa gamme, ce qui ramène les tarifs réels entre 28 500 et 36 800 €.
Peut-on régler le freinage régénératif à la volée dans le Suzuki e Vitara ?
Pas tout à fait. Trois niveaux de régénération sont disponibles, mais le niveau souhaité doit être sélectionné à l’arrêt. Il est ensuite possible de l’activer ou de le désactiver en roulant, mais pas de le modifier. La fonction « one pedal » est absente.
Transparence & conditions de l’essai
- Essai réalisé à l’occasion des essais presse du e Vitara en mars 2026 ;
- Ce Vitara nous a été mis à disposition par Suzuki France ;
- Nous avons parcouru 250 kilomètres, sur différents types de route ;
- Nous réalisons nous-même nos mesures de consommation ;
- Données techniques d’origine Suzuki ;
- Nous n’avons pas été rémunérés par la marque pour cet essai.


















