Une Citroën Ami à l’échelle 1/18 ? C’est compliqué…
Bien qu’elle soit un véritable succès commercial, la Citroën Ami n’a pourtant jamais été reproduite à l’échelle 1/18. Son absence est pourtant bien remarquée par les collectionneurs. Mais comment expliquer ce désintérêt de la part des fabricants de voitures miniatures ? C’est ce que nous avons cherché à déterminer en analysant le marché, complexe car peu fourni, de la voiture sans permis à l’échelle 1/18. Malheureusement, ce n’est sans doute pas demain que la voiturette de la marque aux chevrons fera son apparition dans nos vitrines.
La demande existe… Mais est-elle suffisante ?
Depuis quelques mois, nous avons mis en place un formulaire, qui permet à nos lecteurs de suggérer les miniatures qu’ils aimeraient avoir dans leur collection. À notre grande surprise, la demande en voiture sans permis est forte. Contrairement aux voitures « classiques », c’est un segment largement oublié à l’échelle 1/18. D’ailleurs, si la Citroën Ami a déjà été miniaturisée aux échelles 1/64 et 1/43, son déploiement à plus grande échelle semble complexe. Plusieurs fabricants nous ont déjà confié avoir envisagé sa miniaturisation mais aucun n’a concrétisé le projet.

Le principal risque est celui d’un flop commercial. La Citroën Ami casse les codes et même si elle est très appréciée, elle n’est pas un véhicule passion pour autant. De même, beaucoup de collectionneurs ont un thème de collection, surtout à l’échelle 1/18. Puisqu’il n’existe pas de voiturettes contemporaines à cette échelle, le marché semble très difficile à cerner. Nous sommes donc face à un paradoxe : la demande existe bel et bien, mais le marché, lui, n’existe pas encore. Les fabricants doivent séduire une clientèle différente de celle des collectionneurs traditionnels.
Une voiture appréciée… mais pas encore iconique : contrairement à une Porsche, une Ferrari ou une Renault 5 Turbo, la Citroën Ami n’est pas considérée comme une voiture passion. Son succès commercial ne garantit donc absolument pas celui d’une miniature. Beaucoup de propriétaires ne sont d’ailleurs pas collectionneurs, tandis que les collectionneurs ne possèdent pas forcément d’Ami.
Pourquoi les fabricants n’osent pas l’Ami ?
La peur de l’échec commercial est sans doute la principale barrière à la production d’une Citroën Ami. En zamac, les volumes nécessaires sont importants, malgré la petitesse du modèle. Même si les portes gauche et droite sont une seule et même pièce usinée sur la véritable Ami, les contraintes sont différentes à l’échelle 1/18, puisqu’il faut inclure des charnières spécifiques. De même, l’amortissement pourrait être porté par le développement conjoint d’une Fiat Topolino. Mais les boucliers différents impliquent bien deux moules totalement distincts en miniature.

Une petite série en résine pourrait être la solution, mais il faut tout de même assurer un volume suffisant. Et quel fabricant s’y essaierait ? Elle n’entre pas vraiment dans le champ d’action d’OttOmobile. Même si les fabricants tendent volontiers vers de plus petites séries, un volume d’au moins 500 unités semble nécessaire, au minimum. L’autre difficulté serait de faire accepter un prix commercial similaire à celui d’une voiture classique à l’échelle 1/18, malgré une taille plus réduite.
Citroën Ami 1/18 : les difficultés techniques
Concrètement, une Citroën Ami serait tout à fait réalisable techniquement à l’échelle 1/18 mais il y aurait tout de même des contraintes. Déjà, les fixations des rétroviseurs sont d’une grande finesse, ce qui implique des pièces rapportées fragiles ou bien un moule en zamac directement, au risque de perdre en réalisme. De même, la carrosserie d’une Ami est en plastique teinté. La miniature devra offrir ce rendu légèrement granuleux. Il faudrait aussi développer des charnières de portes assez complexes, pour tenir compte du sens d’ouverture différent d’un côté et de l’autre. Pour l’intérieur, rien n’est véritablement compliqué puisque l’Ami est très simpliste.
Parmi les obstacles, on peut aussi évoquer la finesse des montants, les larges vitrages ou encore les renforts de l’habitacle. Tout cela nécessite un travail de réflexion complexe si l’on veut aboutir à un rendu fidèle.
Peut-on s’attendre à une Citroën Ami à l’échelle 1/18 ?
Pour qu’une Citroën Ami puisse voir le jour à l’échelle 1/18, il faut que le fabricant ait la certitude de sa rentabilité. Aujourd’hui, c’est un marché considéré comme risqué. Puisqu’elle serait un « hors-thème » pour l’immense majorité des collectionneurs, la voiturette semble difficilement industrialisable. Ce même phénomène concerne aussi les autres constructeurs de voitures sans permis, que ce soit Ligier, Aixam, Microcar ou Casalini. De plus, le renouvellement fréquent des gammes fait qu’il serait difficile pour chaque possesseur de voiturette, d’avoir une réplique véritablement conforme de son véhicule.
L’évolution du marché montre néanmoins que les fabricants s’intéressent de plus en plus aux modèles de niche. Les petites séries deviennent progressivement rentables et certaines miniatures, jugées impossibles il y a quelques années, ont finalement vu le jour. La Citroën Ami pourrait donc suivre le même chemin… à condition qu’un industriel accepte de prendre le risque.
Une collection consacrée aux micro-voitures

En 2021, Altaya avait même consacré une collection presse aux micro-voitures. Naturellement, une bonne partie des véhicules étaient considérés comme des voitures sans permis. Cela a même d’ailleurs été plutôt un succès, avec de bons volumes de ventes, si l’on se réfère aux communications de l’éditeur. La thématisation était intéressante bien qu’elle comprenne majoritairement des véhicules plutôt anciens, à l’échelle 1/43. Pensez-vous qu’une collection dédiée aux voiturettes plus modernes trouverait son public ?
Nous avons également décliné cet article sous forme d’une vidéo YouTube. Celle-ci revient sur les différents aspects qui expliquent l’absence d’une Citroën Ami à l’échelle 1/18. Nous remercions très sincèrement la mise à disposition d’une voiturette par la concession Citroën de Mayenne !
Pourquoi la Citroën Ami n’existe pas au 1/18 ?
- aucun marché identifié ;
- rentabilité incertaine ;
- collectionneurs majoritairement spécialisés ;
- développement coûteux ;
- difficultés techniques secondaires.




