Des voitures mythiques, il y en a des tas. Et le plus exceptionnel, c’est qu’il y en a pour tous les goûts. On a tendance à penser aux berlines les plus luxueuses, aux sportives les plus rares, mais aussi aux youngtimers ayant marqué des générations entières. Concernant ces derniers points, les constructeurs l’ont bien compris et misent sur l’approche de la nostalgie pour nous faire passer la pilule de l’électrique.
Cela peut se faire par des petites touches, comme le design des compteurs de la Volkswagen ID.Polo ou la moquette au sol de la Peugeot E-208 GTI. D’autres vont préférer créer une voiture au look totalement rétro. Citroën va se lancer avec sa future 2CV du 21ème siècle, mais le maître absolu est Renault. Ils ont récemment fait revivre la Renault 5 ainsi que la Renault 4, et avec un certain succès. Ils ont ensuite lancé la Twingo, toujours en 100% électrique. Et si on se disait que ça suffirait sûrement, et que cette mode ne dépasserait pas les citadines, nous avions tort. Et tout ceci avec un mot, résonnant tous en nous : l’Espace. Ou plutôt, E-Space Concept. Un concept
1. Un véhicule familial ni SUV, ni Coupé (ni les deux)
Si vous êtes parent de famille et que vous détestez les SUV, vous êtes obligé de vous balader en ludospace. Et vraiment, cela peut devenir pénible. Pas vraiment d’allure, pas vraiment de plaisir de conduite, pas vraiment de quoi faire tourner les têtes et de se sentir confiant. Le Renault Espace, sorti en 1984, n’a pas tardé à trouver le succès et il n’était pas compliqué d’attirer le regard en roulant dans cet OVNI de l’époque.
Au fil du temps et jusqu’au début des années 2020, les Opel Zafira, Citroën C4 Picasso ou autres Toyota Verso se sont fait une place sure. Maintenant que les rues sont remplies de SUV ou de SUV coupés, la donne change. Rouler en monospace, surtout dans une teinte se rapprochant du bordeaux, ce sera finalement le vrai game changer. Il ne manquerait plus que de le voir avec un bon vieux dCi, même si une motorisation électrique semble être envisagée.
2. Des courbes, et un capot court et pentu
Ce qui est à la mode actuellement et qui équipe la majorité des productions contemporaines sont les lignes tendues. Cette caractéristique dépasse même le monde des SUV et les voitures, même si elles grandissent, paraissent toujours démesurées en taille. Le Renault E-Space Concept envoie tout cela valser, et son esthétique est en pour le moins rafraîchissante. Nous retrouvons plusieurs courbes, néanmoins modernisés, notamment au niveau des ailes et de la forme des montants de toit.

Mais le plus « choquant » est le capot. Au lieu d’être parfaitement horizontal et le plus long possible, Renault a préféré partir sur une « tôle » d’une cinquantaine de centimètres de profondeur. Et le pire, c’est qu’ils ont eu l’idée de l’incliner à quasiment 45 degrés ! Le résultat n’est pas sans rappeler tous les monospaces de la marque au losange jusqu’aux années 2010… Moment où le Renault Espace est devenu un SUV (beaucoup) moins pratique.
3. D’énormes surfaces vitrées
S’il y a quelque chose qui peut manquer dans les productions de véhicules neufs, c’est la luminosité. Le Renault E-Space Concept nage une nouvelle fois à contre-courant pour nous proposer des panneaux de verre tout autour de la voiture. Déjà, le pare-brise incliné promet une visibilité parfaite. Le plus agréable sera par contre le toit panoramique, semblant courir jusqu’aux sièges de la dernière rangée… Par ailleurs, cet élément, manquant cruellement à la nouvelle Twingo électrique, sera bientôt disponible sur la petite grenouille…
Par contre, il y a ce détail qui n’apparaît pas au premier coup d’œil. Le Renault E-Space Concept propose un vitrage à 360°. Ou presque. Du grand pare-brise au flanc gauche, on ne remarque aucun montant. La vitre de custode arrière, elle, est directement reliée à celle du hayon. Alors évidemment, le verre reste un substitut à la tôle dans plusieurs cas, les piliers étant obligatoires pour que, simplement, le toit reste au-dessus de votre tête. Il y aura donc bel et bien des zones masquées dans l’habitacle, notamment aux piliers A et C.
4. Les custodes avant en verre
Et pour en revenir aux custodes, les monospaces de l’époque avaient amené ce petit quelque chose qui les rendaient facile à conduire, notamment en ville. Avec les voitures actuelles, les angles morts se multiplient. Les pare-brises très inclinés favorisent le design au détriment de la visibilité. Et si le Renault E-Space Concept s’équipe de ce genre de vitrage avant, il reprend également un équipement que l’Espace 6 de 2023 a perdu. Il s’agit de la vitre de custode avant.
La custode, c’est typiquement un endroit masqué par un montant. L’Espace de première génération avait réglé ce problème de visibilité. Le pilier était séparé en deux pour faire deux épaisseurs moins conséquentes, et une vitre venait prendre place en son centre. Les concurrents ont vite emboîté le pas, mais cela s’est cantonné généralement aux monospaces. Évidemment, cela devient tellement rare que l’on ne pensait plus que cet élément équiperait encore une voiture un jour. Et pourtant…
5. Une voiture qui sourit

Les nouvelles voitures, avec leurs lignes toujours plus dynamiques et agressives, ne sourient plus. Volkswagen avait même réussi à faire des voitures tristes, il y a quelques années. Mais globalement, un designer automobile devait se sentir mal après avoir fait une voiture ne tirant pas la tronche. Et là, Renault et son E-Space Concept décide de travailler sur une signature lumineuse en « U », à l’avant comme à l’arrière. Le losange illuminé transperce la calandre en son centre, apportant la touche de muscle nécessaire à ce large sourire.
6. De grands enjoliveurs de roues… en alliage
Il faut toujours que les jantes soient plus grandes. Imaginer une jante en 16 pouces sur une voiture en finition cœur-de-gamme, c’est insultant. Et pourtant, dans la décennie précédente, c’était légion. Seul le Renault Scenic avait surpris tout le monde, en 2016, en sortant des jantes de 20 pouces de série. Les jantes ici seront d’une dimension semblable, mais avec un dessin tellement plein qu’ils nous font penser à des enjoliveurs de roue en plastique.
Ne nous méprenons pas : les enjoliveurs de roues sur des voitures aux gabarits XXL, ce n’est pas nouveau. Tesla, notamment, le fait et tout le monde adore. Ici, il s’agit bel et bien d’une imitation des roues presque « pleines » proposées sur certains véhicules de l’époque. Le Renault Espace I d’ailleurs proposait des roues alliage, lui, dans ce style. Au-delà du coup d’œil, c’est l’efficience qui entre en jeu. Une jante de ce style propose un meilleur coefficient de pénétration dans l’air. En son centre, le logo Renault flottant lui permet de rester dans le bon sens quel que soit la position de la roue.
7. Un aileron de toit pour tout sauf le sport
Les ailerons positionnés à l’arrière sont généralement là pour les performances, ou uniquement pour le look. Vous pensez que cela n’a rien à faire sur un monospace ? Détrompez-vous. Ce simple élément de carrosserie n’a aucun apport dynamique ni même efficient au Renault E-Space Concept. Celui-ci est un énième clin d’œil à ses grands-mères et arrière-grand-mères que sont les Espace II, III et IV. Et aussi à beaucoup d’autres concurrentes de l’époque, comme les cousines Peugeot 807 / Citroën C8 / Fiat Ulysse / Lancia Phedra.

Afin de savoir à quoi servaient ce genre de spoilers montés à quasiment 1,80 mètre de haut, il faut s’en approcher. Il s’agissait finalement de barres de toit transversales, à démonter et séparer pour les mettre en place sur leurs points d’ancrage et d’y arrimer un coffre de toit, par exemple. Si ces barres peuvent faire beaucoup de bruit une fois placées au milieu du pavillon et être encombrantes dans le garage, l’idée de les rassemblées et de les fixer sur l’arrière du toit du véhicule était ingénieuse.
8. Une grille d’auvent intégrée au capot
Pour en revenir à nos capots, toujours plus longs et plats, ils sont généralement d’une pièce. Les seules proposant des perforations sont pour le guidage de l’air, car le refroidissement à cet endroit n’a pas beaucoup d’intérêt. Par contre, sur des capots inclinés comme le proposaient les monospaces dans le temps, le besoin était réel. L’air passant dans les petites alvéoles permet d’entrer dans l’habitacle via le système de conduites d’aérations prévu à cet effet.
Les productions actuelles arrivent à guider l’air pour ne plus avoir besoin de ces percées dans le capot moteur. Mais le Renault E-Space Concept voulait vraiment reprendre ce sigle distinctif des précédentes générations d’automobiles, et notamment des monospaces.
9. La même place à bord pour tout le monde
Renault est resté avare sur le nombre d’images, puisque l’E-Space Concept se contemple que depuis une seule photo. Pourtant, en zoomant, on arrive à distinguer que cette version illustrée est équipée de six sièges au total. Le dessin des dossiers, eux, est très spécifique. L’appuie-tête monte relativement haut et ne semble pas réglable, tandis que l’on se rapproche plus de la chaise dure que du fauteuil, au vu de leur forme.
Cependant, ces six places semblent bénéficier du même dossier. Cela laisse à penser que le futur Renault Espace proposerait un espace royal à ses passagers. Des versions 7 ou 8 places, ou encore des sièges pivotants pour recréer l’ambiance salon du Renault Espace I, pourraient être espérées…
10. Un nouveau modèle moins long que son prédécesseur
Une caractéristique importante est la dimension de ce concept-car. Le Renault Espace actuel mesure 4,72 mètres de long, ce qui était déjà près de 14 centimètres de moins que l’ancienne génération, pourtant moins logeable. Ici, le Renault E-Space Concept passe à 4,70 mètres, et semble pourtant en donner plus en termes d’habitabilité.
Et c’est bien à ce sujet que le constructeur français s’est perdu lors des dix dernières années. Le Renault Espace IV était encore un bon gros monospace jouant la carte de la praticité à fond. Puis l’année 2015 est arrivée et le modèle s’est embourgeoisé. D’une longueur de 4,85 mètres, l’Espace V était plus chouette à conduire mais beaucoup moins vivable. La sixième génération a amélioré certains points, mais il n’y a rien à faire, les SUV n’ont pas la fibre du monovolume. Visiblement, c’est une chose sur laquelle Renault a envie de travailler.
Le premier bain de foule du Renault E-Space Concept est prévu lors du Mondial de l’Automobile 2026 à Paris.





