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MPM Motors : la fin d’une belle histoire (et une exclu)

Créer sa propre marque de voiture, beaucoup en ont rêvé. Peu l’ont fait. Pour y parvenir, il faut redoubler d’efforts, avoir les bons contacts mais aussi avoir beaucoup d’audace. MPM Motors a vu le jour en 2014. C’était un fabricant français de voitures avec une volonté : créer une voiture sportive d’apparence, tout en offrant un prix de revient low cost. Autre argument : une production 100% française. Un pari audacieux qui a abouti sur la PS160, puis sur l’Erelys. D’autres projets étaient dans les tuyaux, comme un SUV que je vais vous révéler en exclusivité. Malheureusement, les choses prennent brutalement fin. Revenons sur les grandes lignes de MPM. Contre vents et marées, la petite entreprise française a lutté pendant 6 ans.

Une idée, une envie…

La réglementation française est de plus en plus hostile face à l’automobile. La pollution doit être restreinte, la sécurité doit être maximale et l’administration complexifie tout. Pourtant, cela n’a pas empêché MPM Motors de voir le jour. Les premières voitures ont été présentées en 2016, peu de temps après l’installation dans des locaux à Saint-Quentin-en-Yvelines. Là, beaucoup se sont offusqués en constatant les ressemblances avec une voiture russe : la TagAZ Aquila, un modèle russe sorti l’année précédente. Chez MPM Motors, on ne s’en cache pas. D’autant plus que cette voiture russe est assez séduisante avec un style sportif, façon coupé 4-portes. Et avec un prix de vente dérisoire !

Imaginez donc… Pour le prix de vente d’une Dacia Logan, vous pouviez vous offrir un grand coupé familial de 4,69 mètres, posé sur des jantes alliage de 18 pouces, avec une belle couleur de carrosserie, des sièges baquets, des phares à LED, des rétroviseurs chauffants et même une alarme volumétrique… Le tout pour 8 500 € seulement. Il fallait donc faire des concessions et opter pour la base de la TagAZ Aquila était le moyen d’y parvenir. L’accueil est plutôt bon même si au pays du tableau de bord moussé, beaucoup critiquent une finition mauvaise. Sous le capot, un rustique mais faible moteur Mitsubishi atmosphérique de 1.6 litre développant 100 chevaux.

Du papier à la réalité

Courant 2016, la communication a bien fait son travail et la MPM PS160 (c’est son nom) commence à faire parler d’elle. Nombreuses sont les personnes intéressées. Le prix de vente de 8 500 € a été fixé pour compenser une carte grise très élevée, en raison d’un fort malus. En temps habituel, ce prix est de 12 500 €. Cela laisse à penser que MPM Motors a perdu de l’argent sur ses premières voitures. Mais après tout : un projet aussi ambitieux engendre des coups très élevés, ne serait-ce que pour la mise en place de la structure, la gestion du personnel, les machines, la formation et bien sûr, la matière première ou le SAV. À cela s’ajoutent les formalités administratives, qui bouffent du temps et toujours de l’argent. Les crash-tests sont assez moyens et les coûts de dépollution du moteur semblent insolubles.

Là, certains auraient baissé les bras, se seraient apitoyés sur leurs sorts. Mais chez MPM, on a retroussé ses manches. La finition s’est améliorée de manière continue. Face au malus, la MPM PS160 a mué en Erelys. Elle reçoit alors quelques améliorations, dont le moteur 1.2 litre turbo de 130 chevaux d’origine PSA. Cela permet de passer sous la barre des 150 grammes de CO2 par kilomètre, ce qui réduit fortement le malus. Une boîte manuelle à 6 rapports s’invite. Cette montée en gamme entraine une augmentation des prix qui atteignent désormais 16 490 €. La garantie s’étend désormais à trois ans, contre deux auparavant.

Les projets de MPM ne s’arrêtent pas là. Il est toujours possible de choisir la couleur de caisse, des jantes, des étriers de freins et même d’opter pour une carrosserie bitons. Les ventes augmentent petit à petit et d’autres projets sont en vue. En 2019, une MPM Erelys a été vue dans Top Gear France !

MPM : la fin d’une aventure

Depuis sa création en 2014 et le lancement de la MPM PS160 en 2016, la marque française a réussi à aller jusqu’où beaucoup ont échoué. Des voitures ont été vendues, souvent à la suite d’un coup de cœur. Et ça se comprend ! Même si la critique est facile, les MPM ont montré qu’il est encore possible de créer quelque chose et de le faire prospérer. Jusqu’à 200 collaborateurs ont contribué au projet et pas moins d’une vingtaine d’employés. Malheureusement, le contexte est terrible. Outre la crise du Covid, MPM a fait face à des normes antipollution drastiques, le durcissement des crash-tests, l’absence d’aides politiques, locales ou nationales et bien sûr, un déficit d’image. À titre personnel, j’ai toujours été admiratif du travail effectué, de l’audace et de la prise de risques.

Malheureusement, cela n’a pas suffi pour convaincre suffisamment d’investisseurs et même, avoir une reconnaissance de la part de l’État. Alors que Renault a obtenu un prêt de 5 milliards d’euros, on se rend bien compte qu’il existe un fossé entre les petits constructeurs qui veulent s’implanter et ceux qui le sont déjà. Après un redressement judiciaire en février 2019, l’heure est maintenant venue de la liquidation. Dans un post Facebook, MPM revient sur les difficultés mais également sur la tristesse de l’équipe face à cette fin brutale. Et on les comprend. Malgré tout, MPM nous a fait rêver et on ne peut que les féliciter d’avoir accompli autant, dans un contexte économique aussi chiant et autophobe. Le pire, c’est que les idées ne manquaient pas. Voici quelques projets, qui resteront malheureusement dans les cartons.

Les projets avortés

Avec seulement la MPM Erelys au catalogue, le constructeur français n’a malheureusement pas eu l’opportunité de montrer ses capacités et sa volonté d’innover. Toutefois, nous avons eu écho de plusieurs projets. À l’exception de la première, les autres projets ont tous été pensés pour pouvoir accueillir une version électrique.

MPM TR180

En 2019, MPM a imaginé lancer sa propre cup, qui permettrait à de jeunes pilotes de participer à des compétitions entre véhicules MPM. Pour cela, des Erelys ont été spécialement préparées pour l’occasion. Elles reçoivent alors une préparation esthétique complète, avec de plus gros boucliers, un aileron et un gros diffuseur. La puissance du moteur 1.6 litre turbo est passée à 180 chevaux pour une vitesse de pointe à 225 km/h. Point fort : un poids réduit à 860 kg seulement et un prix de revient à seulement 10 000 € HT à la condition de s’engager sur deux saisons, soit un total de 18 500 € HT.

MPM Vultur

Ensuite, la question du SUV s’est rapidement posée. Puisque c’est un type de carrosserie très demandée, il était logique d’y positionner un modèle de la gamme. En exclusivité, vous pouvez découvrir un cliché du MPM Vultur. C’est précisément ce modèle qui était en cours d’élaboration, avec un développement effectué à 95%. Il semblerait que ce modèle soit une création intégrale et non la reprise d’un modèle existant. Le flou demeure quant à la motorisation prévue. Fait amusant : les phares sont placés très bas et sont décomposés en trois parties !

MPM berline & break

MPM Motors travaillait en parallèle sur une nouvelle génération de berline, depuis une base nouvelle, qui aurait été déclinée en berline puis en break. Aucun visuel n’a été communiqué, il semblerait que ces versions soient restées à l’état de projet numérique. Il s’agit très certainement de celle qui aurait été la remplaçante de la MPM Erelys. La version break aurait été typée Shooting Brake, c’est-à-dire avec un pavillon fuyant. C’est à la mode et les volumes de vente sont assez intéressants.

MPM citadine électrique

Cela fait déjà pas mal de mois que MPM Motors a laissé trainer des informations quant à une future voiture citadine à moteur électrique. Selon certaines rumeurs, cette dernière aurait été vendue aux alentours des 4 000 €. Un prix qui semble bien illusoire. Le fabricant français nous apprend que ce modèle était actuellement au stade de prototypage. Nous ne saurons donc probablement jamais à quoi il ressemblera. Dommage. Là encore, il y a un marché apprendre et il est assez frustrant de voir que MPM se fait couper l’herbe sous le pied (ou la roue).

Que vont devenir les MPM ? SAV, entretien, revente…

Ceux qui ont la chance de posséder une MPM Motors vont certainement s’inquiéter, à juste titre, de la disparition de la marque. Le constructeur précise que jusqu’au 10 décembre, le SAV sera fonctionnel. Si votre voiture s’y trouve, il est préférable de la retirer avant cette échéance. Sinon, il faudra accomplir une démarche auprès du liquidateur. Les voitures non récupérées au 10 mars 2021 seront revendues. Quant aux pièces détachées, elles seront vendues aux enchères, tout comme les biens de l’entreprise. Il sera donc par exemple plus difficile de trouver certaines pièces de carrosserie ou bien quelques pièces mécaniques, bien que les motorisations soient d’origine Peugeot ou Mitsubishi. Quant aux employés, ils sont placés en licenciement économique. Nous leurs souhaitons de rapidement rebondir et de ne pas baisser les bras. Leur travail accompli a été remarquable et beaucoup n’ont pas réussi à aller jusque là.

Enfin, revendre une MPM Motors de nos jours sera forcément plus compliqué… Néanmoins, le faible tirage en fera sans aucun doute un futur collector. Il n’est donc nullement obligatoire de s’en séparer au plus vite en croisant les doigts. Les garagistes sont en mesure d’assurer l’entretien… Et pour les pièces les plus techniques, vous avez toujours la possibilité de les importer de Russie puisqu’elles découlent de celles de la Tag AZ Aquila.

Contrairement à quelques confrères, je n’ai pas eu la chance d’essayer une MPM. Je me rappelle néanmoins en avoir croisé à Trappes, en sortant du parc presse FCA ! Des modèles colorés de tous les côtés et la promesse d’y revenir. Note pour la suite : ne pas remettre à demain… Le plus frustrant, c’est de voir que MPM Motors n’a pas eu l’opportunité de présenter ces créations pures qui, comme on peut le découvrir, envoyaient du pâté.

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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

3 commentaires

  1. Quel manque de rigueur et de sérieux -.-
    Je suis désolé de te clasher sur toutes les pages que je visite sur ton site mais vraiment t’es mauvais.
    Ici tu nous sors que la PS160 ressemble à l’Aquila mais en fait c’est l’Aquila de Tagaz tout simplement!
    MPM c’est la tentative de relancer chez nous l’Aquila qui a fait un flop en Russie en 2014 et qui aurait été produite là bas un peu plus d’un an.
    La seule nouveauté marquante aura été l’adoption du 3 cylindres PSA pour remplacer le vénérable Mitsu qui se tapait un malus écolo de 10000€ pour ses rejets de CO2.
    La voiture a été dessinée en Corée et donc elle n’a rien de français hormis de moteur sur les Erelis à partir de 2019.
    L’auto trimballait ses défauts de conception comme la garde au toit trop basse à l’arrière qui sacrifie l’habitabilité au profit du seul look: un adulte ne tiens pas aux places arrières, la banquette ne se rabat pas parce que le châssis tubulaire est dessinée de telle sorte que des renforts passent juste derrière le dossier de la banquette.
    La construction artisanale donne une qualité digne d’une voiturette sans permis.
    Malgré tout on aurait pu regarder ce projet avec bienveillance s’il n’y avait eu l’hypocrisie de MPM de ne pas faire essayer ses voitures par des journalistes de la presse auto: cites moi des mag auto qui ont pu essayer la voiture?
    A la place sur YT on ne trouve que des prés statiques ou des essais faits par des non pro et qui manquent totalement d’objectivité.
    Comment peux tu prétendre montrer en exclusivité e dessin du Vultur alors que je l’ai vu dés hier sur d’autres sites?Comment peux tu gober les pipeaux de MPM qui annonçaient développer plusieurs nouveaux modèles alors que la marque avait cessé la production de l’Errais car en cessation de paiement depuis le 7 août 2017?
    T’es pas bon en connaissance auto et t’es mauvais aussi en journalisme car la je te prends en faute sur les 2 plans…faut faire un minimum de vérification avant de poster n’importe quoi…
    source: https://fr.motor1.com/news/457610/mpm-motors-liquidation-judiciaire-arret-fermeture/

    1. Pour le design, tout est déjà dit. La PS160 et l’Erelis sont des modèles de transition qui avaient pour vocation d’être suivis par des modèles plus aboutis. Il faut bien entrer dans le domaine et s’affranchir de frais de design était une économie intéressante. Concernant les essais, je n’ai effectivement pas de référence.
      Pour les modèles suivants, pour ma part, je crois en leur développement. Certes, il y a eu la cessation de paiement en 2017 et les problèmes financiers peu de temps après mais la marque a toujours voulu aller plus loin en créant ses propres modèles. Il m’apparaît donc logique que ces modèles soient envisagés depuis pas mal de temps déjà.
      Comme on le dit souvent, on ne peut pas plaire à tout le monde. Contrairement à certains, vous prenez le temps de donner un avis constructif et je vous en remercie

  2. Un avis constructif ? Sur un ton condescendant voire méprisant, Mr Philippeimac « clashe ». Un utilisateur des réseaux, sans filtre, qui insulte les gens, sans filtre. Thomas, tu es bien sympa de répondre de façon si polie face à un interlocuteur aussi impoli.
    Quant à Mr Philippeimac, c’est génial d’avoir un avis, d’apporter des précisions… vraiment. Mais il serait aussi pas mal d’avoir une éducation et là, c’est vous qui êtes mauvais.

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