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Mercedes EQA : Un SUV électrique compact si bien placé ?

Mercedes révèle son troisième modèle 100% électrique en ce début d’année. Une grande berline, une compacte ou plutôt une citadine ? Non, un autre SUV. Basé sur la plateforme du GLA, l’EQA est 5 centimètres plus long. Pour le constructeur à l’étoile, le choix de la division entre les modèles thermiques et électriques a clairement été faite. Quelques différences existent, et elles ne sont pas toujours positive pour le plus électrifiant des deux. Mais le Mercedes EQA est bel et bien une solution honnête, si on tient compte du fait que cela reste un modèle familial et premium.

Mercedes EQA, ou plutôt GLA électrique ?

On se demande si cela valait la peine de déposer un brevet spécifique pour l’appellation « EQA ». La plateforme est donc la même que le GLA, déjà dérivé de la Classe A. Esthétiquement, les ressemblances entre les deux SUV compacts sont présentes et multiples. La ligne, malgré un étirement de 5 centimètres en longueur, et de 2 centimètres en hauteur pour l’EQA, est identique. Du coup, on peut jouer au jeu des sept erreurs. On retrouvera, devant et derrière, le signe distinctif chez les Mercedes EQ : un bandeau lumineux reliant les optiques. Cela devient une mode, généralisée par les constructeurs et groupes allemands. Disons que ce n’est pas du plus bel effet. Après, les différences s’observent à la loupe.

Entre le petit badge EQA sur les ailes avant, les petites touches de bleu dans les phares avant, et les protections de bas de caisse plus proéminentes, cela devient difficile d’y voir une différence. Un petit changement est tout de même à observer sur la face arrière, où le logement de la plaque d’immatriculation passe du hayon au pare-chocs directement. D’ailleurs, cela a pour effet d’augmenter visuellement la hauteur du véhicule, alors que la différence est infime. En résumé, les frangins sont presque jumeaux, mais pas assez pour les appeler par le même nom. Le « Q » de « EQA », avec la particularité stylistique de représenter un bouton de mise en marche, n’apparaissait pas, et c’est suffisant pour créer une nouvelle entité. Soit.

La vie à bord à la sauce Premium et Tech

Les intérieurs des Mercedes de ces dernières années, on les connait. Tout a franchement évolué, afin de devenir la voiture de papy il y a quelques années, à la voiture des « d’jeuns » aujourd’hui. Mais attention ! Des jeunes qui ont du goût ! La version de lancement s’appelle Edition 1. Cette série spéciale suréquipée restera pendant un an après le lancement de cet EQA. Au menu, on retrouve des jantes de 20 pouces dans une teinte or-rose, des sièges en cuir gris perforé et un insert rétroéclairé devant le passager. L’architecture intérieure reste conforme à ce que fait la marque depuis le lancement de la Classe A, la petite soeur, en 2018. L’ensemble nous paraissait tellement futuriste que, presque trois ans après, aucune ride n’a été prise. Il n’y a plus vraiment de combiné d’instruments, mais bien une dalle collée à une autre.

L’interface MBUX est toujours à la pointe, représentant le strict minimum en terme de fluidité en 2021. En plus de l’affichage d’informations liées à un véhicule électrique, on peut trouver un GPS connaissant tous les points de charges compatibles. Un trajet peut donc être planifié, et le véhicule prévoira de passer à côté de stations de recharge. Un point bonus consiste également en l’intégration d’une surveillance de la consommation. Oubliez le petit bouton ECO bridant la puissance du moteur, et, au final, consommant plus qu’autre chose. Le Mercedes EQA inaugure une caméra capable de lire la route. En combinaison aux informations du GPS, le véhicule pourra ralentir le véhicule dans les pentes. La conséquence directe est la récupération de l’énergie. Ce système va également permettre de calculer la vitesse à laquelle elle devra prendre une côte, afin de consommer le moins d’énergie. Cette « aide », cumulée à un coefficient de pénétration dans l’air optimal, aide l’EQA a conserver une autonomie honnête.

Véhicule électrique relativement raisonnable, mais l’EQA est-il une bonne affaire pour autant ?

Une fois que l’on passe au segment des compactes et autres SUV capables d’accueillir 5 personnes facilement, il est difficile de trouver des véhicules proposant des motorisations honnêtes. On dépasse facilement les 300 chevaux, alors qu’une diminution de la puissance serait bénéfique à l’autonomie. Mercedes-Benz, à l’instar de Volkswagen avec son ID-4, l’a compris en installant un groupe motopropulseur de 190 chevaux. Pour une familiale électrique du gabarit d’un Peugeot 3008, c’est largement suffisant. Avec un couple de 375 Nm, développé directement, l’accélération du 0 à 100 km/h s’effectue en 8,9 secondes, ce qui est une performance dans la bonne moyenne. Et comme le moteur n’est pas hors-normes, la consommation en carburant reste correcte, et l’autonomie affiche un « bon » score de 426 kilomètres.

En concurrence, on ne trouve pas grand monde. Plus grands, plus puissants, et surtout, plus chers… Nous pouvons toujours choisir celui qui servirait de modèle à l’EQA : le Tesla Model Y (plus petit que le Model X). Pas encore sur nos routes, le SUV américain se rapprocherait pourtant de « l’idéal », si on peut l’appeler ainsi. Ses 505 kilomètres d’autonomie sont encore loin devant les 426 km de l’EQA, mais la différence de prix reste conséquente. En effet, le e-SUV de l’étoile ne devrait pas dépasser, dans cette configuration, les 50 000 €, ce qui lui donne accès à la prime de 3 000 €. Pour ce tarif, nous retrouvons un véhicule très correctement équipé dès la version de base. Nommée « Progressive », elle rassemble déjà les phares Full LED, la caméra de recul, le coffre électrique, les jantes en alliage de 18 pouces ainsi que le fameux MBUX dispatché sur un double écran de 10,25 pouces chacun.

Et pourtant, quelques défauts assez incompréhensibles…

Ha, vous êtes toujours là… Oui, moi aussi, j’ai cru que je m’étais perdu à vous vendre un Mercedes EQA. En restant tout à fait honnête, la base du véhicule est loin d’être mauvaise. Cependant, on peut retrouver toute une succession de fausses notes qui sont rédhibitoires chez le constructeur à l’étoile. Extérieurement, le nouveau-né reprend, comme dit plus haut, le bandeau LED entre les phares avant et feux arrière. Je ne pense pas que c’était nécessaire, mais c’est une véritable mode chez les constructeurs allemands. Ça a du mal à passer pour moi. On peut également parler de cette calandre Black Panel, avec un effet glossy plutôt cheap. Je conclurai en disant que le logo sur le hayon est très mal incrusté. On croirait en effet suivre un bus plutôt qu’un SUV compact type Peugeot 3008…

Un choc sur un feu ? C’est pas grave, il faudra tout remplacer, dont le bandeau.

Avec cet EQA, Mercedes pense proposer une bonne alternative aux véhicules thermiques. Comparé au GLA, il faut compter 5 000 € supplémentaires (face au GLA 250, sortant 34 chevaux supplémentaires). L’EQA est plus grand, mais moins fonctionnel, avec un coffre passant de 435 à 340 litres ! On perd également la banquette arrière coulissante. Cependant, on retrouve un tunnel de transmission, alors que moteur et transmission restent devant…

Enfin, Mercedes-Benz proposera des versions différentes de son EQA. Si le 250 est sorti aujourd’hui, ce n’est pas pour rien. Il consiste en un prix d’appel, parce que moins de 50 000 € pour un tel SUV électrique, ça laisse rêveur. Cependant, si on veut un peu d’équipement, un peu plus de jus, ou un peu plus de bornes, il faudra allonger. Et, avec un prix catalogue aux alentours des 49 999,99 €, on aura bien vite plus droit à la prime de 3 000 €. Mais en Allemagne, ils ont un bonus de 6 000 € tant qu’on ne dépasse pas les 40 000 €… Oups, trop cher !

L’amalgame entre voiture propre et électrique n’est pas autorisé. Alors Mercedes utilise des artifices pour ancrer cela dans l’imaginaire collectif. Oh tiens, des arbres ! Oh, des éoliennes, quelle belle coïncidence !
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Etienne Deketele-Kestens

De la Smart à la Bentayga, je peux dire que je suis complètement obsédé par le monde automobile. Intégrer l'équipe de PDLV et pourvoir donner ma vision des nouveautés chaque jour est quelque chose de génial pour moi. Ma "carrière" de blogueur a débuté il y a quelques années, et ceci, cumulé à mes études en mécanique auto, me permettront de vous proposer un contenu de qualité, tout en gardant le côté décalé cher à PDLV. Je roule en Peugeot 308 SW BlueHDI 130 finition GT Pack.

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