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Tesla Model X 100D : Mais quelle drogue a pris Elon Musk ?

Certains trouvent que toutes les voitures se ressemblent. Dans le cas du Tesla Model X, il est bien difficile de faire entrer ce gros SUV dans les cases conventionnelles. Voyez les faits : ce SUV 100% électrique propose des accélérations saisissantes, des portes arrière qui s’ouvrent vers le haut… Et même un mode coussin péteur. Mais quelle drogue a donc pris Elon Musk pour aboutir à une automobile aussi décalée sur tous les points ?

Fiche technique Tesla Model X 100D

Dimensions5,04 x 2,07 x 1,68 mètres
Poids2 450 kg
TransmissionIntégrale
Boîte de vitesseAutomatique, 1 rapport
CommercialisationDepuis 2017
Moteur2 moteurs électriques
Puissance422 chevaux à 6 000 tr/m
Couple658 Nm dès 0 tr/m
0 à 100 km/h4,9 secondes
Vitesse maximale250 km/h (bride)
Puissance fiscale10 CV
Autonomie565 kilomètres NEDC
Prix du neufÀ partir de 99 800 € / 116 800 € pour notre modèle d’essai

Essai vidéo du Tesla Model X 100D

C’est quoi cet engin ?

Partout où j’ai posé les roues de mon Tesla Model X d’essai pour quatre jours, j’ai fait face à des réactions très diverses. Il faut dire qu’avec ses 5 mètres de long et 2 de large, ce SUV ne fait pas dans la discrétion. Je pense que la somptueuse peinture rouge multicouches (option à 2 600 €) et les jantes Turbine noires en 22 pouces n’y sont pas anodines. Face au Model X, on se sent vraiment petit ! D’ailleurs, Tesla a réutilisé la base de la Model S pour aboutir à ce véhicule surprenant sur tous les points, fin 2015. Pourtant, c’est seulement à partir de 2016 que les premiers Model X sont arrivés en Europe. Commençons par un rapide tour de l’engin.

La partie avant du Tesla Model X est assez aérienne, avec un style est très épuré. On remarque plusieurs choses intéressantes. La calandre offre une petite ouverture qui s’inscrit sur un décroché qui renforce le côté massif et qui fait office de mouroir à moustique. La partie basse arbore une sorte de lame permettant de donner un look plus aéré qui s’étend jusqu’aux antibrouillards. Les phares sont quant à eux simples par leur forme mais terriblement efficaces visuellement, avec une signature lumineuse immédiatement reconnaissable. Quant à cet immense capot, il semble sans fin. Aucun élément ne vient perturber le regard, c’est assez déroutant. Initialement, je n’étais pas un grand fan du Model X en photo, je l’ai trouvé largement plus réussi en vrai.

Le profil s’habille donc de généreuses jantes de 22 pouces qui remplissent bien les ailes. On note aussi de fines extensions d’ailes qui rappellent le côté baroudeur. Sur la version 100D, les étriers de frein sont noirs alors qu’ils sont rouges sur la P100D. Le vitrage est d’une grande pureté, rien ne dépasse et on apprécie d’ailleurs la belle hauteur de vitre (ce qui est rare désormais). Les poignées de porte sont affleurantes, donc elles ne sortent pas de la carrosserie, une simple pression suffit. On remarque des caméras sur les montants de porte B et sur les écopes des ailes avant, ce qui trahit le côté très high tech du Model X. La ligne de caisse est sobrement esquissée et offre de jolis reflets, quel que soit l’angle de vue. L’arrière arbore une ligne très haute, se terminant sur un aileron fixe. Les deux feux – très bien dessinés là encore – sont reliés par une baguette chromée et un faux diffuseur qui n’héberge pas de sortie d’échappement puisqu’il s’agit d’une voiture électrique. Il y a un côté concept car dans ce design avec un décroché arrière assez sexy, qui fait très britannique.

Les portes Falcon : un pari osé mais intéressant

Les portes avant du Tesla Model X s’ouvrent classiquement. Celles de l’arrière, en revanche, s’ouvrent vers le haut, à la manière d’une DeLorean ou bien d’une Mercedes 300 SL Gullwing. Cela peut paraître absurde, j’étais le premier à le penser. Pourtant, ce système facilite grandement l’accès à bord, notamment au troisième rang. Chez Tesla, les portes sont toutes commandées électriquement bien qu’il soit possible de les ouvrir/fermer manuellement. Tout peut se diriger depuis la tablette intérieure ou la clé, qui reprend la forme stylisée du Model X. Les portes Falcon disposent d’un double système d’articulation permettant d’ouvrir la porte avec un débattement de seulement 30 centimètres sur les côtés. Cela permet d’ailleurs aussi d’attacher les enfants sans être mouillé en cas de pluie. C’est plutôt astucieux ! Les moteurs étant situés au niveau de l’axe des roues, on dispose d’un coffre à l’avant et un second à l’arrière.

Et oui, pas d’encadrement pour les vitres des portes avant, c’est très chic !

Toujours pour cultiver l’aspect concept car un brin futuriste, les vitres des portes avant ne disposent pas d’encadrements. On notera qu’il y a également des vitres sur la partie haute des portes Falcon, offrant un intérieur très lumineux. Les multiples caméras et capteurs guident tous les mouvements, ouvrant les portes en tenant compte de l’espace disponible. N’étant pas un grand fan de technologie, j’ai tout de même fortement apprécié l’homogénéité générale du Model X. On ressent rapidement que le SUV imaginé par Elon Musk a été pensé dans sa globalité et que rien n’a été laissé au hasard.

À bord du Tesla Model X

En accédant à bord du Tesla Model X, on remarque tout de suite cet immense pare-brise qui remonte très haut et qui offre une excellente luminosité. La partie supérieure accueille un dégradé limitant les rayons du soleil, avec des pare-soleils traditionnels qui sont inclus le long des montants. À bord, tout semble presque irréel, à mi-chemin entre un salon trop parfait de chez IKEA et un concept car futuriste. Notre exemplaire arbore la configuration la plus luxueuse, à six sièges (surcoût de 6 300 €) et l’élégant cuir blanc. Les sièges en cuir surpiqué sont sobrement dessinés et offrent un bon maintien. On apprécie aussi la finition, d’un bon standing, avec des ajustements rigoureux. Au centre, une large console centrale surmontée d’un écran vertical de 17 pouces. Ce dernier permet de tout commander à bord, nous y reviendrons plus tard dans l’article. Un maximum de commande a d’ailleurs été éliminé de la planche de bord pour épurer au maximum le design, une démarche poussée à son paroxysme sur la Model 3. On trouve aussi un revêtement piano black qui habille la planche de bord, renforçant le côté luxueux du Model X. C’est en plus très tendance. Pas de sélecteur de vitesse mais un simple commodo derrière le volant, à gauche, permettant de switcher d’un mode de conduite à l’autre.

À l’arrière, on dispose de deux beaux sièges, aussi confortables que ceux de l’avant, avec un bel espace aux pieds. Entre les deux, suffisamment d’espace pour accéder sans se contorsionner au troisième rang. Ces derniers sièges sont d’ailleurs honnêtes, permettant d’accueillir des adultes sans problème. Chez Tesla, tout le monde est logé à la même enseigne : les six sièges sont chauffants et climatisés ! Ceux du troisième rang sont rabattables afin de libérer davantage d’espace pour le coffre (plancher plat). La sécurité primant, Tesla a doté le Model X d’un puissant système de recyclage de l’air ambiant et même d’un mécanisme permettant de s’isoler totalement de l’air extérieur en cas de contamination par arme bactériologiques grâce à un filtre HEPA. Trois ports USB sont également disséminés au niveau des derniers rangs. La familiale parfaite ?

L’écran central : le cerveau du Model X

L’écran central de 17 pouces est entièrement tactile, avec une bonne réactivité. Il est d’ailleurs connecté avec l’écran situé derrière le volant. Cet ordinateur permet de tout commander à bord, d’ouvrir ou fermer chaque porte, le coffre avant ou celui de l’arrière. Il peut aussi servir à régler la hauteur des suspensions, la musique, la climatisation, le GPS et les easter egg. Les easter egg (œufs de Pâques), chez Tesla, sont des modes permettant de personnaliser votre voiture. Sur le Model X, vous pouvez par exemple troller votre famille ou vos amis avec un mode coussin péteur (que le grand gamin que je suis a adoré), changer l’icône de la voiture sur le GPS ou même afficher l’affreuse route Arc-en-ciel qui a traumatisé les joueurs de Mario Kart ! C’est très ouvert et comme Tesla met à jour régulièrement ses voitures (même après l’achat), cela vous permet de toujours bénéficier de nouvelles applications et optimisations. Pratique !

Une voiture (vraiment) propre ?

La voiture électrique est un sujet très sensible. Il y a ceux qui sont totalement convaincus par ce type de voiture et ceux qui restent sur la défensive. Mettons les choses au clair : la voiture électrique n’est pas propre. La fabrication et le recyclage des batteries (au lithium-ion) a un impact sur l’environnement. L’électricité dépend toujours à 75% du nucléaire. Il y a donc encore des efforts à faire bien que Tesla promette une énergie propre à 85% dans ses superchargeurs européens. Certains sont même surmontés de panneaux solaires. Pour le recyclage des batteries, des partenariats auraient également été conclus. Même si voiture électrique et voiture propre ne riment pas encore, le bilan a tendance à s’améliorer au fil des années, ce qui est plutôt une bonne chose. Pour ma part, j’attends qu’une alternative au lithium-ion fasse son apparition. Quid du graphène ?

Conduire le Tesla Model X : une expérience inédite

De gros SUV sportifs, j’en ai déjà conduit plus d’un… Mais aucun, à mon sens, n’égale le Tesla Model X en terme d’agrément de conduite. En effet, même si notre version 100D pèse plus de 2,4 tonnes, les 600 kg de batterie sont placés sous le plancher, sous l’axe des roues lorsque les suspensions sont au plus bas. Ainsi, le centre de gravité est à ras le sol et le comportement routier ressemble à celui d’un coupé sportif ! Ce qui, dans cette catégorie de véhicule est tout bonnement fascinant. À conduire, notre Model X 100D fait preuve d’un silence étonnant en ville, ainsi qu’au démarrage. Rapidement, les bruits aérodynamiques et de roulement se font entendre mais rien d’alarmant. Le confort est également très appréciable, avec un bon amortissement mais perfectible sur routes bosselées, une direction ferme mais pas trop. Bref, un comportement presque trop parfait.

Tout ça, c’est bien sympa mais vous avez envie d’en savoir plus sur les performances, non ? Notre Tesla Model X est la version grande autonomie, autorisant jusqu’à 565 kilomètres en cycle NEDC. Mais n’y voyez pas une version molle pour bobo écolo. Avec un équivalent de 422 chevaux et 658 Nm de couple disponible dès 0 tr/m, les accélérations sont particulièrement violentes… Le 0 à 100 km/h est réalisé en seulement 4,9 secondes pour une vitesse de pointe à 250 km/h (bride). Quel que soit le régime, les deux moteurs électriques (un à l’avant et un à l’arrière) sont prêts à relancer la machine avec un léger bruit rappelant celui d’un TGV. Les dépassements ne sont qu’une formalité, avec de belles reprises. En revanche, la version 100D ne peut pas être upgradée en P100D ni même être équipée du mode Ludicrous qui permet à la plus puissante version du Model X de gommer le 0 à 100 km/h en 2,9 secondes.

Le comportement routier de notre version 100D est excellent. Le poids ne se fait pas ressentir, ni par l’inertie, ni dans la direction. Sur les petites roues de campagne, on se plait même à enchainer les virages, avec une agilité remarquable pour le gabarit et le poids. Tout est fluide et les manœuvres faciles grâce aux huit caméras situées tout autour de la voiture. Le freinage est très peu sollicité puisque le frein moteur est très puissant. Il n’y a donc que pour s’arrêter totalement que la pédale de frein est enfoncée. En virage, pas de prise de roulis, le comportement n’est jamais piégeur. C’est assez appréciable d’ailleurs puisque l’on ressent un profond sentiment de sécurité.

C’est d’autant plus le cas en activant l’Autopilot sur autoroute, ce qui permet à la voiture de rouler en autonomie même s’il est nécessaire de garder une main sur le volant. Tout est là pour offrir le plus grand confort au conducteur et à ses voyageurs. Même si la puissance est très généreuse, on se plait à cruiser en gardant un œil sur cet immense écran de 17 pouces affichant Google Maps.

Comment recharger un Model X ?

En roulant « normalement », il est difficile de dépasser réellement les 500 kilomètres d’autonomie malgré la « grosse » batterie de 100 kWh. C’est sur autoroute que la consommation est la plus forte. Heureusement, le système saura vous indiquer le comportement à tenir pour arriver à destination sans niquer la batterie©. Par exemple, en ne dépassant pas les 115 ou 120 kilomètres si c’est limite ou bien en vous arrêtant à un superchargeur pour récupérer tel pourcentage de capacité en X temps. Ces derniers permettent de retrouver jusqu’à 80% de capacité de batterie en une demi-heure. Sachant que l’on trouve ce type d’installation à la plupart des grandes sorties d’autoroute, c’est relativement confortable à l’usage. Les prises domestiques, qui sont conseillées au quotidien aux propriétaires de Tesla, offrent une recharge très lente, à raison d’une récupération de 15 à 20 kilomètres d’autonomie par heure de charge. Les recharges pour voiture électrique, que l’on peut trouver assez facilement désormais, offre un temps de charge assez lent, à peine plus rapide qu’à domicile.

D’ailleurs, les superchargeurs Tesla sont un lieu assez agréable. Les conducteurs de Tesla s’y saluent, viennent discuter et découvrir votre monture. Ils sont souvent situés sur les zones commerciales (à l’image du parking d’Auchan au Mans). Notre Model X fut un petit peu regardé comme une bête de foire. Les Tesla intriguent et plusieurs personnes sont venues prendre une photo de notre SUV ! Sympa ! Pendant que le Model X se recharge, vous pouvez optimiser votre temps en allant faire vos courses, l’application Tesla vous permettant de suivre en direct le chargement de la batterie, le temps restant et même de mettre à chauffer les sièges et le volant si vous le souhaitez. Un luxe auquel on s’habitue très vite. Beaucoup trop vite. Point intéressant : l’écran central vous indique où se trouvent les chargeurs près de vous. Pour tomber en panne, il faut le vouloir…

C’est également le cas du système Autopilot. Cela affiche une reconstitution de l’écosystème sur l’écran situé derrière le volant. Chaque voiture (jusqu’à deux devant et derrière vous) est reconnue et schématisée. Cela vous permet de tout savoir ce qui se passe devant et derrière vous. Même les camions, vélos et motos sont schématisées. Un vrai plus ! D’autant que la fiabilité du système semble excellente et pourrait même suppléer des contrôles d’angles morts. L’Autopilot reste toutefois trop prédictif à mon sens, freinant parfois brutalement. C’est assurément une habitude à prendre. Et gare à vous si vous n’obéissez pas en laissant suffisamment vos mains sur le volant ! Le Model X peut choisir de vous punir de cet équipement pendant un certain temps.

Équipements de série

Peinture unie noireSièges chauffants
Jantes 20″ argentCaméra de recul
Intérieur cuir noirPhares et feux à LED
Autopilot3 ports USB
Écran central 17″Ouverture automatique des portes

Principales options

Peinture métallisée (1 600 €)Habitacle 6 sièges (6 300 €)
Peinture blanc nacré multicouches (2 100 €)Habitacle 7 sièges (3 200 €)
Peinture rouge multicouches (2 600 €)Système de remorquage (580 €)
Jantes Turbine 22″ noires (5 800 €)Intérieur cuir blanc ou beige (1 600 €)

Faut-il acheter un Tesla Model X ?

En lisant cet essai, vous avez certainement remarqué mon enthousiasme pour ce Tesla Model X 100D. C’est un véhicule parfaitement homogène, qui fait tout bien. Le genre de voiture que vous n’oubliez pas. Alors bien sûr, on peut lui trouver quelques défauts, comme quelques ajustements qui auraient pu être meilleurs, les portes Falcon qui peuvent vous pincer légèrement si vous restez dans l’axe (RIP petit poulet en plastique) ou bien la consommation sur autoroute… Mais dans le fond, ce n’est pas vraiment de gros défauts, encore moins des soucis rédhibitoires. Le seul point noir reste le prix, bien qu’abaissé, il reste inaccessible pour beaucoup puisqu’il faut débourser un minimum de 96 000 € TTC. Pour ma part, craignant une ambiance bling-bling/bobo sur le Model X, j’ai définitivement jeté mes aprioris. Putain, quelle voiture.

Tesla Model X 100D

99 800 €
6

Niveau de satellisation

8.0/10

Feeling

7.0/10

Provocation d'acouphènes

1.0/10

Nécessité de vendre un rein

8.0/10

On a aimé...

  • Mises à jour régulières
  • Ambiance unique
  • Confort

Ça nous a déplu...

  • Autonomie sur autoroute
  • Gabarit massif
  • Temps de recharge sur prise classique
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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

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