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Monte dans le bus… et pédale !

Vous hésitez entre prendre le bus ou le vélo pour aller au travail ? Il est désormais possible de faire les deux en même temps, en cumulant les inconvénients de ces deux moyens de transport. Je vous propose de partir à la découverte du concept Bikebus. Ce n’est pas vraiment une nouveauté puisque cela fait plus de six ans que ce bus sillonne les routes de Boston, dans le Massachusetts, aux États-Unis. Derrière ce concept un peu bobo d’apparence, se cache en réalité l’envie d’américains, de faire un peu de sport avant d’aller travailler devant un ordinateur. Et pourquoi pas ?

Faire du vélo… dans un bus

Les clichés sur les américains sont particulièrement nombreux. L’idée de faire du vélo d’appartement dans un bus pour aller au travail, cela porte forcément à questionnement et j’ai eu envie d’en savoir plus. Après tout, pourquoi ne pas simplement enfourcher son vélo et arpenter soi-même les rues de Boston ? Remontons un petit peu le temps. Il y a une dizaine d’années, un couple d’américain – les Brodie – a commencé à éprouvé une certaine lassitude durant ses trajets du quotidien. Un itinéraire qualifié d’horribles qui passe notamment par le célèbre pont Bay Bridge, de San Francisco. L’idée ? Ce serait d’installer une salle de sport dans un camion ou dans un bus afin de pouvoir optimiser ce temps. Passer de la théorie à la pratique n’est pas si simple…

Crédit photo : page Facebook de Bikebus

Bien sûr, Eric Brodie et sa femme Seema auraient simplement pu faire le trajet de manière conventionnelle = à vélo. Seulement, le pont en question dépasse les sept kilomètres de long et il n’est aucunement capable d’accueillir des cyclistes, de manière sécurisée. De bouche-à-oreille, d’autres personnes partagent ce même ressenti. Une rapide étude de la concurrence permet de voir quelques cas similaires afin de s’en inspirer. Il y avait notamment une personne faisant du vélo d’appartement dans un van, à Long Island. Assez vite, la petite équipe devient suffisamment grande pour envisager concrètement le projet. Pour commencer, il fallait un véhicule adapté… Mais surtout, c’est à Boston que s’établit l’activité pour son dynamisme dans le domaine sportif.

La transformation d’une ex-navette d’aéroport

Le choix se porte finalement sur un bus, afin de profiter du plancher plat, qui permettra l’installation de plusieurs vélos d’appartement. Le modèle retenu est un ancien Gillig Low Floor standard de 12 mètres, précédemment affecté à l’aéroport de Boston Logan. Le travail d’aménagement a été assez important puisqu’il a fallu retirer les sièges et installer les vélos d’appartement de manière solide. Cela a nécessité de veiller à respecter un maximum de sécurité car forcément, les lois doivent être respectées. Ainsi, un système à mi-chemin entre une ceinture et un harnais a été créé afin d’éviter les mouvements en cas de virage ou de freinage. De même, les pieds des pédaleurs sont attachés au vélo. Bien vite, Eric Brodie a passé son permis de conduire bus et l’a obtenu.

Crédit photo : page Facebook de Bikebus

L’aménagement est à la fois simple et intéressant. Huit vélo d’appartements sont installés, face à la route, sur la longueur du bus. À l’avant, un neuvième vélo fait face aux autres. Il est destiné au coach, qui peut ainsi motiver la troupe, mettre de la musique et plus généralement donner le rythme. Au fond du bus, cinq sièges permettent de se reposer. C’est donc un aménagement assez technique, qui a imposé de faire avec les contraintes du véhicule, notamment ses épais passage de roue et de tenir compte du plancher surélevé à l’arrière.

Un brevet a été déposé et l’homologation a été obtenue. Même si cela ne paraît pas, bon nombre de problématiques ont du être élucidées, comme le fait d’incliner très légèrement les vélos vers l’avant pour améliorer la tenue. Le fait d’avoir un bus équipé de deux portes a notamment permis de résoudre le fait d’avoir autant d’issues de secours. Plus bluffant encore, le Bikebus peut rouler sur autoroute !

Un bus qui fonctionne à l’huile de coude ?

Dans la logique des choses, on pourrait penser que le bus fonctionne grâce aux neuf personnes qui pédalent à l’intérieur. Il y a quelques mois, on a fait l’essai d’un bus et on a pris conscience que ce type de véhicule pèse allègrement plus de dix tonnes. Le Bikebus est donc propulsé classiquement par son gros moteur Diesel. À l’avenir, il semblerait que le couple aimerait faire en sorte que celui-ci carbure à l’électricité, en récupérant notamment de l’énergie. Ce bus rempli de vélo n’a donc pas vraiment vocation à être un véhicule plus propre. Bon nombre d’écologistes seraient en PLS si un tel concept s’exportait en France !

Crédit photo : page Facebook de Bikebus

En fait, le principal intérêt du Bikebus, c’est de proposer du loisir. Pour cela, deux types de clientèles sont visées. Le première, c’est d’assurer des navettes pour ceux qui ne peuvent pas faire l’intégralité de leurs trajets quotidiens en vélo. Pour cela, des parcs relais pourraient voir le jour afin d’y laisser sa voiture puis de prendre ce bus. Cela permet de s’entrainer sur le trajet du quotidien, aussi bien à l’aller qu’au retour. La seconde utilisation vise un public de loisir. Le bus pourrait être loué par des comités d’entreprise, des associations, à l’occasion d’un anniversaire ou d’une fête…

Envie de tester l’expérience ?

Si vous êtes de passage à Boston, l’entreprise Bikebus propose des voyages tout au long de la semaine. Il vous en coûtera $69 par trajet de 45 minutes. Les prix sont dégressifs si vous réservez plusieurs sessions. Durant ce temps, vous pédalerez tout en arpentant Boston. En musique, vous pourrez découvrir la ville. Si le projet est original, il fait grincer des dents. Beaucoup soulignent l’absurdité de faire du vélo dans un bus, tout en payant cher le ticket d’entrée, tout et en polluant. Il est vrai que d’un point de vue rationnel, le projet tient assez peu la route. Mais il semblerait que le succès soit au rendez-vous. En mars 2020, le bus a été remisé en raison de la crise du covid. Il a bénéficié d’une nouvelle décoration… Mais ne fait plus vraiment parler de lui désormais…

Source
Bikebus.comNortheastern.eduBostonmagazine.com
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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

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