Pratique

Comment se passe le contrôle technique d’un bus ?

Si vous trouvez que la fréquence des contrôles techniques de nos voitures est déjà trop élevée, ayons une pensée pour les exploitants de bus. Tous les 6 mois, cars et bus doivent passer cet examen pratique. Il y a quelques mois, nous avions fait l’essai d’un bus standard, en l’occurrence un Heuliez GX 317 de 1995. Ce même bus devait passer son contrôle technique ce jour, cela a été l’opportunité de découvrir comment se déroule le contrôle technique pour un bus. Et vous le verrez, c’est assez différent de l’examen auquel nos voitures sont soumises tous les deux ans. Si la majorité des bus appartiennent à des exploitants, certains, comme ce beau modèle, appartiennent à des particuliers qui en assurent la préservation.

Au début, c’est comme pour les voitures !

C’est un fait : nous sommes curieux. Cela nous pousse à nous intéresser à plein de thématiques différentes. Nous parlons aussi bien des prix d’une assurance auto jeune conducteur que de guides d’achat de voitures de prestige. La thématique des transports en commun revient assez régulièrement… Et c’est de nouveau le cas aujourd’hui. Heureux propriétaire de cet Heuliez GX 317 ayant circulé une grosse vingtaine d’années à Nantes, Arsène nous a conviés dans un centre de contrôle technique accueillant les poids lourds, à l’heure indiquée du rendez-vous. Nous arrivons donc, à bord de ce bus de collection, au centre. Devant nous, un semi-remorque est actuellement en phase de tests. Nous nous plaçons derrière. Il faut alors se rendre à l’accueil pour le contrôle des papiers du véhicule. Comme pour une voiture, il faut bien sûr présenter la carte grise !

Par la suite, les examens se déroulent sur le véhicule. Il faut commencer par relever le numéro de châssis, placé sous le châssis, au niveau du porte-à-faux avant. Le contrôleur doit alors se faufiler sous le véhicule. Et sans surprise, tout se déroule bien ! Par la suite, un test d’alerte de la pression d’air est effectué. Pour cela, la pédale de frein est pressée de manière continue. Au bout d’un moment, un voyant d’alerte doit s’afficher sur le tableau de bord. Particularité du contrôle technique pour poids lourds : celui-ci est réalisé en présence du conducteur, qui réalise l’intégralité des manœuvres. Le contrôleur ne prend donc pas le volant du véhicule, que ce soit un camion, un bus ou un car.

À bord : tout est vérifié !

Un bus est amené à transporter du public. L’examen porte donc aussi sur l’intérieur du véhicule. Le contrôleur « secoue » les barres de maintien afin de s’assurer qu’elles aient toutes de bonnes fixations. Il en est de même pour les sièges, qui ne doivent pas présenter de jeu. L’examen se concentre aussi sur les trappes de toit, qui doivent être fonctionnelles. De même, l’ouverture et la fermeture des portes sont contrôlées. Ces dernières sont contrôlées par un circuit d’air et doivent être taquées convenablement. Toute fuite dans le système d’air peut donc engendrer une contre-visite. Aussi, le contrôleur prend le temps de vérifier chaque bouton du « self », permettant de déverrouiller les portes depuis l’intérieur. Des examens assez stricts donc, qui impliquent de veiller au bon entretien de la partie électro-pneumatique. Il en va de la sécurité des passagers…

Aussi, les différents panneaux de carrosserie doivent être fixés de manière convenable. Cela représente un défi car du fait de leur fort kilométrage annuel, les bus sont plus susceptibles d’avoir des accrochages, plus ou moins importants. Et si l’échéance des six mois du contrôle technique paraît courte, le contrôleur technique nous a confié que certaines compagnies exploitant des cars, ont un rendement énorme. Certains autocars peuvent effectuer 180 000 kilomètres par an tandis que d’autres en effectueront seulement quelques milliers…

Sur un bus, le châssis est mis à rude épreuve

Par la suite, le contrôle technique nécessite de placer le véhicule sur un banc de freinage. Ce dernier permet de mesurer l’efficacité du freinage sur les roues avant puis sur les roues arrière. Tout déséquilibre est donc relevé et peut donc conduire à une contre-visite. Le frein de parc est également vérifié. Lui aussi doit répondre convenablement. La direction est aussi sollicitée, tout comme la torsion du châssis. Pour cela, le contrôleur se place dans une fosse. Cette dernière lui donne accès à des réglages particuliers permettant d’agir sur le châssis. C’est assez impressionnant ! Mieux vaut donc solidement arrimer le volant !

En parallèle, le châssis est examiné intégralement. Les points de rouille sont relevés. Et ne pensez pas que les suspensions sont mises de côté. Ces dernières sont vérifiées et là encore, mieux vaut respecter les tolérances. Le conducteur du bus peut voir les résultats des examens en temps réel, placés à différents endroits. C’est assez pratique !

Un autre examen consiste à tester les bouteilles d’air, en procédant à un isolement des circuits d’air. Cela permet aussi de contrôler une défaillance d’affichage des voyants. Rappelons que le système de freinage d’un bus est sur air. Si le circuit est altéré, alors les freins peuvent se bloquer…

La rampe PMR n’est pas oubliée !

Les personnes à mobilité réduite doivent pouvoir accéder facilement aux bus modernes. Bien qu’il soit de 1995, cet Heuliez GX 317 dispose de ce que l’on appelle une rampe PMR. Il s’agit d’une rampe déployable, au niveau de la porte intermédiaire, qui permet à une personne en fauteuil roulant puisse accéder à bord, en autonomie. Bien que ce bus soit destiné à la collection, il reste soumis aux mêmes impératifs. Le contrôleur a donc demandé à ce que la rampe soit déployée de manière électrique, grâce à la commande à distance située sur le tableau de bord. Arsène étant un bon bricoleur, le bus est pleinement fonctionnel et la rampe s’est déployée sans difficulté.

Le contrôle technique dure une trentaine de minutes. Il permet de vérifier des aspects essentiels du bon fonctionnement d’un bus, aussi bien d’un point de vue mécanique qu’au niveau de l’habitacle, pour la sécurité des passagers. Lorsqu’ils atteignent les 30 ans d’âge, les bus peuvent passer en carte grise collection, ce qui les libère totalement de la contrainte du contrôle technique. Celles et ceux qui aménagent un car ou un bus peuvent également obtenir la classification en tant que poids lourds. Celle-ci permet d’augmenter la périodicité des contrôles techniques à un an, contre six mois pour les bus en exploitation. D’ailleurs, un bus neuf est soumis à l’examen dès son sixième premier mois d’existence.

Et en cas de contre-visite ?

À l’issue du contrôle technique, il y a plusieurs issues possibles. Comme pour les voitures, une vignette de contrôle technique est appliquée au niveau du pare-brise. Celle-ci peut indiquer un bilan favorable, en laissant un nouveau délai de six mois jusqu’au prochain contrôle. Une contre-visite est également possible, au même titre qu’un refus. Récapitulons ces différentes issues :

  • Contrôle technique positif : le véhicule est reçu. Il peut avoir quelques défaillances mineures mais aucune défaillance majeure qui en interdit l’exploitation. Le bus (car ou camion) peut donc rouler parfaitement, en toute légalité ;
  • Contre-visite : le véhicule comprend au moins une défaillance majeure. Dans ce cas, le véhicule doit réaliser une contre-visite, dans un délai d’un mois. L’exploitant (ou propriétaire) doit alors réaliser les opérations demandées puis présenter à nouveau le véhicule dans un centre de contrôle technique ;
  • Refus : le véhicule ne répond plus aux exigences du contrôle technique. Il n’est donc plus autorisé à circuler sur le territoire français. Il doit être remis en état en urgence et/ou être retiré de la circulation.

Pas moins de 157 points de contrôle sont disponibles. Aucun démontage n’est réalisé, les contrôles sont purement visuels. Par ailleurs, pas moins de 734 défauts peuvent être relevés… Et 569 d’entre eux peuvent engendrer une contre-visite !

Une tolérance pour les « bus de collection » ?

Les bus entretenus par des particuliers et/ou des associations, dans un but de préservation, n’ont pas de tolérance particulière lors du contrôle technique. Le contrôleur engage sa responsabilité dans chaque contrôle… Il n’y a donc pas de tolérance pour ces véhicules destinés à la collection, même s’ils ne circulent que quelques centaines de kilomètres par an. L’entretien d’un bus étant contraignant, il est indispensable d’avoir de solides connaissances en mécanique, afin de pouvoir réaliser un maximum d’opérations en autonomie…

Source
Entreprendre.service-public.fr

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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