
Combien de temps va durer le système d’immatriculation SIV ?
Sur PDLV, nous parlons régulièrement des plaques d’immatriculation. Cette fois, nous allons parler de la durée de vie du SIV, c’est-à-dire le système d’immatriculation des véhicules, en vigueur depuis avril 2009. Initialement, ce système avait pour objectif d’attribuer de manière définitive un numéro à chaque véhicule, au niveau national. À l’origine, la durée de vie estimée était de 70 à 80 ans, ce qui permettait tout de même pas moins de 25 millions de combinaisons. Quinze ans plus tard, qu’en est-il ? Ces estimations sont-elles toujours viables ? C’est ce que nous allons vérifier avec cette publication, réalisée en collaboration avec Nouvellesplaques.com !
De multiples combinaisons possibles…
Si vous prenez le temps d’analyser une plaque d’immatriculation, vous verrez qu’elle se présente sous la forme AB-123-CD. Quatre lettres réparties par paire, intercalées de trois chiffres. Le défilement se fait de manière chronologique. Dans un premier temps, ce sont les chiffres qui défilent, de 001 à 999. Ensuite, c’est la quatrième lettre qui défile, puis la troisième, la seconde et enfin la première. Le nombre 000 n’est pas attribué, au même titre que les caractères I, O et U, en raison de la confusion possible avec les 1, 0 et V. La combinaison de lettres SS a également été exclue, pour des raisons évidentes, mais les séries PD, WC, KK ou encore QQ sont présentes dans le SIV. Cela donne un grand nombre de combinaisons possibles.
Dans les faits, ce système a été mis en circulation le 15 avril 2009, pour tous les véhicules neufs. Le 15 octobre 2009, les véhicules d’occasion ont également intégré le SIV. Au début, cette conversion massive a permis de balayer très rapidement la série A, qui aura duré à peine plus d’un an. Au fil des années, les véhicules d’occasion ont majoritairement déjà été convertis au nouveau système d’immatriculation. Les séries de lettres défilent moins rapidement. De même, en cas de déménagement ou de changement de propriétaire, un véhicule conserve à vie son numéro d’immatriculation SIV. Les automobilistes disposent toujours de la possibilité de personnaliser le numéro de département, affiché dans la bande de droite.
Quel est le rythme de défilement ?
Maintenant, prenons le temps de calculer le nombre de jours qui ont été nécessaires pour le défilement complet d’une série. Sans trop de surprise, la série A (de AA-001-AA à AZ-999-ZZ) a été plutôt rapide, s’étalant sur 518 jours. Il faut cependant noter que les voitures d’occasion ne sont arrivées qu’un petit peu plus tard, ce qui explique pourquoi la série B a été plus rapide d’un mois que sa prédécesseuse.
Par la suite, toutes les séries ont été de plus en plus longues à défiler. L’explication est simple : les voitures d’occasion ont déjà massivement été converties au SIV ; il y en a donc de moins en moins à intégrer le SIV. Ce dernier se concentre donc principalement autour des véhicules neufs mais aussi des modèles importés. Il faut aussi tenir compte que les cyclomoteurs de 50 cm3 ont rejoint le SIV en 2011, augmentant d’autant leur part de marché au sein du SIV.
| Série | Premier numéro | Dernier numéro | Durée totale |
|---|---|---|---|
| Ax-000-xx | 15 avril 2009 | 15 septembre 2010 | 518 jours |
| Bx-000-xx | 15 septembre 2010 | 6 janvier 2012 | 478 jours |
| Cx-000-xx | 6 janvier 2012 | 29 octobre 2013 | 662 jours |
| Dx-000-xx | 29 octobre 2013 | 26 février 2016 | 850 jours |
| Ex-000-xx | 26 février 2016 | 29 août 2018 | 915 jours |
| Fx-000-xx | 29 août 2018 | 15 juin 2021 | 1 021 jours |
| Gx-000-xx | 15 juin 2021 | 1 septembre 2024 (estimation) | 1 174 jours |
Maintenant, représentons-nous ces valeurs sur un graphique. En abscisse, on trouve la série de numéro d’immatriculation en question. En ordonnée, c’est le nombre de jours. Nous observons donc une augmentation importante de la durée d’existence de chaque numéro d’immatriculation. L’actuelle série G, qui devrait prendre fin courant septembre 2024, aura été près de 2,5 fois plus longue que la série B. Pour rappel, cette dernière fut la plus éphémère !

Dans les prochaines années, on devrait assister à une forme de stagnation de cette courbe, qui devrait être assez régulière. Les véhicules actuellement immatriculés dans le FNI (précédent système d’immatriculation) seront de plus en plus rares à migrer dans le SIV. À l’inverse, les ventes de véhicules neufs devraient être assez régulières.
À la vue du contexte, il semble assez illusoire d’espérer une croissance exponentielle pour le marché des véhicules neufs. De plus, la mise en veille du leasing social a toutes les chances de calmer le marché. Nous sommes donc actuellement sur un rythme de défilement de près de 3 ans par série. Sachant que les lettres I, O et U ne seront pas attribuées, on peut imaginer que le SIV soit capable de tenir encore 48 ans, si les volumes de vente demeurent stables. La durée de vie totale du système serait alors de 63 ans. Mais cela n’est que purement théorique.
Pourquoi la durée de vie du SIV est-elle impossible à déterminer ?
Dans les faits, l’automobile est en pleine évolution, à tous les niveaux. Énormément de paramètres font qu’il est très difficile de déterminer l’évolution des ventes… Et donc l’attribution des numéros d’immatriculation. Des offres plus ou moins éphémères, comme le leasing social, ont pour effet immédiat de relancer les ventes. À l’inverse, l’arrêt de commercialisation des modèles thermiques pourrait engendrer une baisse des ventes, notamment auprès de ceux qui voudront rester sur des véhicules thermiques. Mais jusqu’à quel point ? Si le gouvernement venait à prendre des mesures anti-thermiques, d’autres énergies pourraient être valorisées. Là encore, l’impact sur les ventes pourrait être fort. À cela, il y a aussi le contexte international qui pèse assez lourd sur les marchés. L’inflation terrifiante actuelle peut aussi complexifier le remplacement des véhicules.
Aussi, le précédent système d’immatriculation (le FNI donc) devait s’effacer de manière définitive en 2020. Pourtant, il est toujours en application à ce jour et son arrêt définitif ne semble plus vraiment au programme. Il est cependant assez probable que la question de son arrêt revienne sur la table, ce qui pourrait engendrer la conversion massive de tous les véhicules restants dans le SIV. Mais combien en reste-t-il vraiment ? Et cela pourrait-il avoir un impact réel et fort sur le défilement des séries SIV ? Là encore, c’est assez flou.
Ce qu’il faut retenir
Le système d’immatriculation SIV devrait entamer sa huitième série, la série H, courant septembre 2024. Si le défilement a été plutôt rapide au début, il s’est considérablement ralenti depuis quelques années déjà. Le contexte global inhérent à l’automobile est particulièrement flou… Il est donc impossible de déterminer l’évolution du SIV dans ce contexte. Cela dépendra des initiatives gouvernementales, de l’évolution des législations et des directives européennes, dont l’impact est de plus en plus important sur l’automobile. L’essor du leasing pourrait aussi renforcer le renouvellement régulier du parc automobile français. Mais là encore, ce modèle sera-t-il vous à durer dans le temps ? Toujours est-il qu’il y a peu de chances que le SIV arrive à son échéance, au numéro ZZ-999-ZZ. Jusqu’à présent, l’État français a toujours envisagé le renouvellement du système d’immatriculation une bonne quinzaine d’années avant son échéance.
De même, des événements tels que le confinement liés au Covid-19 ont eu un impact très fort sur les ventes de véhicules neufs, qui ont été presque à l’arrêt pendant deux mois. Si un tel phénomène venait à se reproduire, l’impact pourrait aussi être fort. Nous nous abstiendrons donc de définir une date ferme et définitive du système SIV. On retiendra que théoriquement, il reste 48 ans d’espérance de vie à ce système. Dans les faits, son renouvellement interviendra probablement bien plus tôt, peut-être même dès 2050 ou 2060. Cela laisse donc encore un petit peu de temps !





