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Pourquoi la carte grise n’est pas grise ?

Il y a des termes que l’on emploie tellement fréquemment que l’on ne s’interroge même plus sur l’origine de ces mots. Pour la carte grise, qui est la pièce d’identité de chaque véhicule, on peut légitimement se questionner sur la couleur « grise » alors que ce précieux document est plutôt dans des tons orangés/sépias. De nos jours, le terme de Certificat d’immatriculation est employé officiellement mais l’expression carte grise est largement ancrée dans les mœurs et les habitudes. D’ailleurs, en cas de contrôle routier, on vous demandera généralement de présenter votre carte grise… Et plus rarement le certificat d’immatriculation. Mais alors, pourquoi la carte grise n’est-elle pas grise ?

Faisons un saut dans le passé

Pour comprendre pourquoi on parle de carte grise, il faut remonter le temps. En 1893, le Préfet de police de Paris, Louis Lépine, autorise la circulation des véhicules à moteur dans la capitale à la condition qu’ils portent une immatriculation. Cela prend la forme d’une plaque métallique, apposée sur le côté gauche du véhicule, sur laquelle on trouve un certain nombre de données, comme les coordonnées du propriétaire ainsi qu’un numéro unique. On parle alors d’un certificat de capacité pour la conduite des véhicules, qui fait office de permis de conduire mais aussi de carte grise !

C’est en 1901 qu’un nouveau décret transforme cette plaque métallique en plaques d’immatriculation, qui doivent être appliquées à l’avant comme à l’arrière. On les appelle alors plus communément plaques minéralogiques, car elles sont alors délivrées par le service des Mines. En 1910, le document prend une dimension plus large en incluant une multitude d’informations techniques sur le véhicule, tout en conservant l’identification précise du conducteur. Au début des années ’20, l’automobile connaît un essor impressionnant qui concorde avec l’apparition du permis de conduire. La carte grise devient alors un document séparé… Et il le restera jusqu’à maintenant. Deux systèmes d’immatriculation suivront alors avec le FNI (type 1234 AB 56) et le SIV (AB-123-CD), ce dernier remontant à 2009.

Bon, et pourquoi le gris alors ?

Là encore, nous devrons remonter les décennies… Et même un siècle entier. À la fin du XIXe siècle, le certificat de capacité pour la conduite des véhicules faisait foi. Ce document était alors imprimé sur un papier épais de couleur grise, sur laquelle on trouvait un filigrane qui avait la réputation d’être infalsifiable. Au fil des années, le terme de carte grise est entré dans les habitudes. Il fut même utilisé de manière officielle dès 1899, en étant mentionné directement sur la version évoluée du certificat. Ce nom restera alors utilisé de manière officielle jusqu’en 2009. À l’occasion de la mise en place du nouveau système d’immatriculation des véhicules (SIV), c’est le terme de certificat d’immatriculation qui a été retenu pour remplacer l’expression carte grise.

Et finalement, ce n’est pas plus mal car nos certificats d’immatriculation actuels ont grandement évolué. Ils sont désormais beaucoup plus sécurisés et comprennent davantage de sépia, voire même de jaune. Le terme de carte grise reste cependant massivement utilisé. Et personne ne vous en voudra si vous continuez à l’utiliser. Maintenant, vous savez au moins pourquoi ce terme fut utilisé pendant plus d’un siècle de manière officielle. D’ailleurs, saviez-vous qu’il ne servait à rien de marquer « Vendue en l’état » sur la carte grise ?

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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