
En mars dernier, Audi renouvelait sa compacte à succès l’A3 par l’intermédiaire d’un restylage plutôt sobre d’apparence. Désormais, c’est au tour de la version la plus sportive de bénéficier de ces mêmes améliorations. Une mise à jour plus conséquente qu’il n’y paraît. Car si la puissance de 400 chevaux demeure, la nouvelle Audi RS 3 affine son design et bénéficie d’un intérieur bien modernisé. Malgré toute cette bonne volonté, la compacte à succès de la marque aux anneaux fait pourtant face à un problème majeur : un malus écologique de 60 000 € qui risque d’altérer assez fortement les volumes de vente. Mais Audi avait-elle d’autres solutions pour contourner cela ?
Une star malgré elle…
À l’origine, l’Audi RS 3 a vu le jour en 2011. Elle se positionnait alors comme une version plus sportive encore que la S3 (qui est elle-même le dérivé sportif de l’A3). Pour cela, le design est un petit peu revu, en montrant davantage les muscles mais tout en conservant des lignes assez sobres et faciles à assumer. Sous le capot, on découvrait alors le moteur de la TT RS, à savoir un 5-cylindres turbo de 2.5 litres qui développait alors 340 chevaux. Au fur et à mesure des générations et des restylages, la puissance a grimpé successivement à 367 et 400 chevaux. Une puissance qui est encore maintenue à ce jour. Désormais, plus que la course à la puissance, Audi semble privilégier ce qui a longtemps fait défaut à la RS 3 : l’efficacité ailleurs qu’en ligne droite.


L’actuelle génération d’Audi RS 3 était commercialisée en 2021. L’heure était donc venue d’opérer une mise à jour qui prend la forme d’un restylage plutôt discret… Il faut dire que l’Audi RS 3 a rapidement acquis son statut d’icône avec près de 80 000 exemplaires écoulés en 13 ans déjà. Auparavant, c’était la voiture des parents pressés et des patrons qui voulaient une voiture à la fois discrète et performante. Depuis quelques années déjà, la RS 3 est passée du côté obscur de la force. Le style est agressif, presque caricatural, mais c’est aussi ce que recherche la nouvelle clientèle du modèle. C’est assez dommage car toute notion de subtilité à disparu. Malgré cela, Audi semble vouloir aller de l’avant en offrant davantage d’efficacité. Désormais, les réglages châssis prédominent sur la puissance en elle-même, maintenue à 400 chevaux.
Un renouveau subtil mais remarquable
Bon, parlons maintenant des modifications opérées sur le design. On remarque qu’Audi a reconduit le vert Kyalami comme teinte de présentation, comme fut le cas pour la première phase. Il sera toujours possible de choisir la version berline ou bien le modèle bicorps Sportback, ici illustré. La modification la plus remarquable de ce restylage concerne la calandre. Celle-ci a été élargie, avec des motifs en losanges étirés. Les entrées d’air sont aussi plus large, avec une lame verticale noire qui structure assez bien l’avant. Une face avant majoritairement noire donc, qui mise les jeux de texture. Cela ne plaira pas nécessairement à tout le monde. L’autre modification majeure concerne le logo qui est désormais placé sur le bord supérieur de la calandre. Les écopes ne sont plus cernés d’une « patte » couleur carrosserie mais bien d’un masque noir brillant.

On remarquera aussi les feux Matrix LED qui disposent de plusieurs signatures personnalisables grâce à l’interface MMI ou depuis l’application mobile My Audi… Mais cela figure toujours en option. Les feux de jour sont également nouveaux. Tout cela donne un regard encore plus agressif. On remarquera également de nouvelles jantes de 19 pouces qui rappellent quelque peu celles des Audi R8 ! Un design qui passe bien avec un visuel assez façon, des bâtons rapprochés et de gros freins. Même si l’écrasante majorité des Audi RS 3 que l’on croise sont noires, la marque aux anneaux a pris la peine d’apporter de nouveaux coloris : le bleu Ascari, le rouge Progressive et le gris Daytona en finition mate. En option, il sera possible d’avoir des éléments en carbone, comme les prises d’air, les jupes latérales ou encore les coques de rétroviseurs.
Toujours 400 chevaux mais…
Sous son capot, l’Audi RS 3 reste fidèle au traditionnel moteur 5-cylindres de 2.5 litres, agrémenté d’un turbo, qui délivre 400 chevaux de puissance et qui fournit pas moins de 500 Nm de couple. De série, on trouve toujours la transmission intégrale Quattro (système Haldex) et la boîte automatique à double embrayage et 7 rapports. Jusque-là, pas de gros changements donc… La sonorité, déjà superbe, de ce moteur a été optimisée, notamment à bas régime, pour être plus mélodieuse.
« L’algorithme amélioré entraîne également une évolution du survirage. Jusqu’à présent, le survirage était principalement généré par l’augmentation de la charge requise, c’est-à-dire en appuyant sur l’accélérateur. Désormais, le survirage est plus facile à initier sur l’Audi RS 3 via l’angle de braquage. Cela permet au pilote d’obtenir le même angle de dérive plus rapidement. »
AUdi
Côté données techniques, on retrouve le 0 à 100 km/h bouclé en 3,8 secondes et une vitesse de pointe qui atteint les 290 km/h (malgré le bridage à 250 km/h). Pour autant, si la puissance n’augmente pas sur le papier, les ingénieurs du département sportif de la marque ont redoublé d’efforts. La preuve ? L’Audi RS 3 restylée est parvenue à boucler un tour du Nürburgring en 7 minutes 33 secondes et 123 millièmes, ce qui représente une amélioration de 7 secondes.

Pour cela, la marque a travaillé sur le comportement en virage. La répartition du couple a été revue entre les roues arrière, tout comme le module de contrôle de la stabilité (ESC) et le différentiel arrière. Jusqu’à 100 % du couple pourra être envoyé sur une roue arrière, ce qui permettra d’améliorer encore l’agilité. Le freinage a aussi été affiné avec répartiteur de couple qui permet de mieux s’inscrire en entrée de virage, d’améliorer le positionnement et d’avoir un rayon de braquage plus adapté pour sortir rapidement. Des promesses assez intéressantes donc qui semblent faire la différence. Pour profiter pleinement de ces apports, il faudra activer le mode RS Performance. Notons que les pneus semi-slicks Pirelli P Zero Trofeo R figurent toujours en option.
Un nouveau volant assez curieux…
Pour cette mise à jour, Audi intègre un nouveau volant. Celui-ci est beaucoup plus lisse, avec un double méplat. Il pourra avoir une finition en cuir ou en Dinamica et surprend un peu des volants habituels… Plus terne, il intègre pourtant deux petits boutons rouges accessibles facilement. Celui-ci de gauche active le mode Performance et celui de droite permet d’accéder à un mode de conduite personnalisé, qui dépendra de vos goûts du moment. Quant à cet habitacle, il demeure largement orienté sur le confort et ne fait aucun compromis en ce sens : la dotation est d’ailleurs très riche avec toujours un écran d’instrumentation de 12,3 pouces et un écran tactile central de 10,1 pouces sur lequel vous trouverez les réglages de climatisation, la caméra de recul et tout le multimédia. Notons aussi l’arrivée d’un nouvel éclairage d’ambiances et de nouveaux sièges baquets RS en carbone avec plusieurs finitions au choix.

Aussi, il faut parler de l’aspect olfactif. Les ingénieurs de la marque ont développé un parfum d’habitacle qui éveille les sens, inspirant des matériaux de haute qualité, comme le cuir… Un ensemble original qui vise à faire travailler tous les sens et qui rappelle bien la montée en gamme souhaitée par la marque. Mais malgré toute cette bonne volonté, l’Audi RS 3 est confrontée à un problème majeur : son prix. Il faudra débourser un minimum de 75 600 € pour la version Sportback et 77 000 € pour la berline. Mais il faudra aussi (et surtout) ajouter l’insupportable malus écologique de 60 000 €.
Un poids terrible qui risque d’entacher les ventes du modèle. Il est clair que pour la future génération, Audi devra se poser les bonnes questions… Faut-il jouer la carte de la passion et entretenir ce savoureux 5-cylindres… Ou bien est-il préférable de faire un choix pratique. Cela pourrait prendre la forme d’une hybridation dans le meilleur des cas. Affaire à suivre… Car malheureusement dans ce segment, beaucoup de marques ont déjà tourné la page.











