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En trompe-l’œil, voici le nouveau Mitsubishi Outlander

En début de semaine, nous avions été conviés par Mitsubishi pour assister à la découverte du nouvel Outlander, au nord de Madrid, en Espagne. Bien que nous ne soyons pas les plus fervents admirateurs de SUV, nous avons tenu à y assister. L’Outlander est un modèle important pour la marque et nous étions assez curieux de voir la direction prise pour cette quatrième génération. Derrière un design assez cool et une puissance majorée à 302 chevaux, ce nouvel Outlander se montre plus économique que jamais tout en tutoyant les codes du segment premium. Un modèle surprenant sur bien des aspects, que nous vous proposons de découvrir en détails dès maintenant. C’est certain : la marque japonaise a bien des cartes en main pour pénétrer efficacement le marché des SUV familiaux…

Une nouveauté pas si nouvelle

Mitsubishi, c’est un constructeur automobile mondial, qui adapte ses modèles en fonction du marché de destination. Pour la France, le sujet est un peu délicat… La marque japonaise a confirmé, il y a quelques années, sa volonté de rester en Europe tout en maintenant la coopération avec Renault et Nissan. C’est notamment pour cela que les Mitsubishi Colt et ASX sont nées. Elles sont les clones trop parfaits des Renault Clio et Captur, afin de densifier la gamme. Pour l’Outlander IV, les choses sont un petit peu différentes. Ce modèle nourrit de fortes ambitions en apportant des arguments plutôt cools. Mais juste avant, la marque a profité de cet événement dans le cadre délicieux de Desert City pour réunir les trois premières générations de son grand SUV à succès. Une histoire dont l’écriture a débuté en 2003…

Je ne vais pas m’étendre sur ces précédents opus mais il est assez intéressant de percevoir l’évolution de ce grand SUV, qui n’a cessé de gagner en maturité au fil des années, tout en étant un beau succès commercial. La troisième génération, qui proposait une motorisation hybride rechargeable, s’est écoulée à plus de 200 000 unités en Europe : c’est colossal. En France, les volumes sont nettement plus faibles mais l’Outlander a son public d’initiés.

Cette quatrième génération a donc des ambitions importantes : celle de populariser le modèle. Et cette démarche prendra plusieurs axes. Mais avant tout, si le design de l’Outlander IV vous donne une impression de déjà-vu, c’est assez normal. Sa commercialisation a débuté en Amérique depuis 2021. Pour l’Europe, il profite d’une modernisation esthétique, portant principalement sur la calandre, le bouclier arrière et la motorisation.

La difficile gestation de l’Outlander

Partant de ce constat, on peut se demander pourquoi il aura fallu attendre trois ans avant « l’Européanisation » de l’Outlander. Pierre Guignot, président de Mitsubishi France, nous a expliqué qu’il est avant tout question de normes. Et sur ce point, l’Europe ne facilite clairement pas la tâche aux constructeurs ; c’est même plutôt l’inverse… Il a donc fallu revoir totalement la partie mécanique afin qu’elle réponde aux standards européens. La marque a aussi opéré un restylage afin d’actualiser le design tout en apportant pas mal de nouveautés. Et ça marche bien ! Long de 4,71 mètres, le nouveau Mitsubishi Outlander en impose. À l’avant, on découvre une calandre à deux niveaux, parée de bandes horizontales qui entourent le logo. Les Dynamic Shield (éléments en aluminium qui ceinturent les optiques et dessinent la calandre) sont toujours de la partie, renforçant l’identité de la marque.

Au niveau de la face avant, les optiques sont à deux niveaux et ça fonctionne plutôt bien ! Ce qui m’a plu, c’est aussi ce Moonstone Grey. Cela ressemble à un banal gris mais il offre des reflets bleus assez intenses et un brillant superbe. Autre élément sympa, la ligne est « simple ». Les extensions d’ailes sont à deux niveaux et ça structure bien la ligne. Le vitrage est assez horizontal, s’achevant sur un décroché qui rappelle celui du Nissan X-Trail. Ce n’est pas une coïncidence puisque les deux modèles se partagent une base commune.

À l’arrière, le dessin est plus classique. Les feux sont assez étirés, avec une jolie signature lumineuse tandis que la partie centrale est embossée, rappelant les « vieux » Outlander dotés d’une roue de secours. Des traits qui passent bien, surtout lorsque l’on choisit une livrée biton. On appréciera aussi les belles jantes de 20 pouces, avec deux modèles disponibles bien que de série, sur la finition d’appel, ce sera du 18 pouces.

Couleurs proposées

  • White Diamond
  • Red Diamond
  • Black Diamond
  • Moonstone Grey
  • White Solid
  • Graphite Grey
  • Cosmic Blue

Même si le gabarit est plutôt imposant (4,72 mètres de long, 1,86 mètre de large et 1,71 mètre de haut), il a été décidé que le nouveau Mitsubishi Outlander IV ne soit proposé qu’en version 5 places. Techniquement, une version 7 places était possible, d’autant plus qu’elle est déjà proposée outre-Atlantique. La marque juge la demande trop faible et appuie le fait que les sièges du troisième rang serviraient surtout d’appoint, au détriment du coffre. Ce dernier présente un volume de 495 litres, extensible jusqu’à 1 422 litres en rabattant les places arrière. C’est dans la petite moyenne du segment. Mitsubishi préfère capituler sur sa technologie hybride rechargeable. D’ailleurs, saviez-vous que le premier modèle hybride de la marque, remonte à 1971 avec le concept-car Minica EV ?

Bluffé par cet habitacle premium

Après la conférence de presse, nous avons pu approcher les quatre exemplaires qui étaient exposés. Pour ma part, j’ai été très agréablement surpris par l’intérieur de l’Outlander. En option, il est possible d’avoir une sellerie marron ou blanche. Cela fait toute la différence. Le dessin de la planche de bord est assez classique mais on trouve une multitude d’habillages en cuir surpiqué, ce qui donne un rendu très chic, au toucher comme au visuel. C’est bien assemblé et même les parties basses ne sont pas négligées. Les commandes des sièges électriques, notamment, ont même un revêtement mêlant deux textures. Les ajustements sont beaux, les touches d’aluminium sont de qualité et les commandes tombent bien sous la main. Seul le volant fait un petit peu plus ancien de conception, selon moi. Le sélecteur de vitesses est bien dimensionné. Il suffit de le pousser en avant ou en arrière.

La molette centrale permet de choisir parmi 7 modes de conduite : Eco, Normal, Power, Tarmac, Gravel, Snow ou Mud. Son maniement est correct mais le côté haptique demande un temps d’adaptation. Les sièges sont bien enveloppants, avec un beau moelleux. On a une belle qualité perçue et des efforts ont été faits. Par exemple, l’écran tactile central dispose d’une dalle de 12,3 pouces, nettement plus confortable que les 9,1 pouces du modèle américain. L’instrumentation est aussi numérique et la dotation s’avère plutôt bonne. On trouvera une prise 220 Volts, un système audio développé par Yamaha, le chargeur à induction pour smartphone et même l’affichage tête haute. D’ailleurs, trois niveaux de finition sont proposés : Invite, Business et Instyle. La dernière offre tout ce qui se fait de mieux et pourra même aller jusqu’à Instyle Plus. Celle-ci se présentera comme le fleuron, témoin du savoir-faire de la marque japonaise.

À bord, on ressent vraiment un traitement assez premium. Une montée en gamme qui fait plaisir à voir. On ne parlera pas de luxe pour autant mais les détails ont été véritablement soignés.

Une motorisation PHEV développant 302 chevaux

La principale problématique pour homologuer le nouvel Outlander en Europe, c’était d’apporter une motorisation plus électrifiée qu’en Amérique. Celui-ci dispose d’un moteur électrique de 116 chevaux à l’avant, d’un second de 136 chevaux à l’arrière. Le moteur essence, à l’ancienne, est un « bon vieux » 4-cylindres essence atmosphérique de 2.4 litres fournissant également 136 chevaux. La puissance totale cumulée atteint alors les 302 chevaux. C’est nettement plus que les 225 du modèle précédent. La transmission intégrale S-AWD est proposée de série tout comme la boîte de vitesses automatique. La batterie grimpe à 22,7 kWh bruts, permettant une autonomie électrique de 86 kilomètres. Elle peut être chargée en roulant mais aussi à l’aide de la prise CHAdeMO (encore peu répandue…) qui ne demande que 30 minutes pour passer de 0 à 80 % de charge.

Il est aussi possible d’employer le chargeur embarqué de 3,7 kW. Dans ce cas, comptez autour de 6 heures et 30 minutes pour une charge complète depuis une prise de courant domestique. Pour augmenter l’autonomie cumulée, Mitsubishi a fait le choix d’implanter un plus gros réservoir d’essence, atteignant désormais 53 litres. Cela permet de parcourir jusqu’à 844 kilomètres sans avoir à faire le plein d’essence et/ou d’électricité. Pas mal ! Côté consommation, les valeurs n’ont pas été communiquées officiellement. La valeur en cycle WLTP, souvent assez théorique, devrait être autour des 1 à 2 litres aux 100 kilomètres. Plus concrètement, on peut s’attendre à un appétit autour des 6 à 7 litres aux 100 kilomètres. Cela reste largement acceptable pour un grand SUV.

Le moteur essence agit avant tout comme un générateur. Sa fonction principale vise à recharger la batterie située sous le siège conducteur. Les 302 chevaux de puissance ne sont donc pas axés sur la performance. D’ailleurs, le 0 à 100 km/h est effectué en 7,9 secondes, ce qui n’est pas incroyable. Quant aux émissions de CO2, elles seraient entre 18 et 19 grammes par kilomètre, en fonction de la taille des jantes. Cela permettra donc d’esquiver le malus écologique sans difficulté.

La commercialisation du nouveau Mitsubishi Outlander

Pour l’heure, les équipes n’ont pas encore déterminé le prix de vente du nouvel Outlander. Pour l’heure, le président de Mitsubishi France nous a confié préférer miser sur le leasing. Et cela a du sens : la moitié des clients de l’Outlander sont des professionnels. Il parle notamment de forfaits mensuels compris entre 500 et 700 €, avec un apport « raisonnable », pour une durée de 37 mois avec 30 000 kilomètres. La marque entend bien renforcer sa visibilité et augmenter encore sa part de marché en Europe. Pour cela, elle pourra aussi compter sur un argument important : une garantie portée à 8 ans ou 160 000 kilomètres. Nous aurons l’occasion d’essayer ce modèle prochainement. Même si l’effet de nouveauté est quelque peu estompé, ce nouveau SUV semble avoir de solides arguments à faire valoir…

Crédit photos : Thomas Antoine, pour Mitsubishi

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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