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Y a-t’il une limite de puissance pour les jeunes conducteurs ?

Les jeunes conducteurs sont régulièrement impliqués dans des accidents, souvent du fait du manque d’expérience. Lorsque ces derniers sont au volant d’une voiture puissante, le sujet revient inévitablement sur la table : faut-il imposer une limite de puissance à celles et ceux qui viennent d’obtenir leur permis de conduire ? Dans cet article, nous verrons plusieurs aspects qui gravitent autour de cette thématique. Au centre des préoccupations, il y a naturellement la question de l’assurance. Y a-t-il véritablement une puissance maximale à ne pas dépasser ? Comment est défini le montant de la prime d’assurance auto ? Nous allons revenir sur ces différents aspects pour lesquels il y a de nombreuses rumeurs, pas toujours fondées (bien loin de là !).

En matière d’assurance : non !

Commençons par la problématique de l’assurance auto. C’est souvent l’aspect le plus sensible puisque la prime d’assurance évalue avant tout les risques. Un jeune conducteur, du fait de son manque d’expérience, est davantage sujet à être responsable d’un accident. À ce sujet, il faut savoir que les assurances auto appliquent un système de bonus-malus, qui prend la forme d’un coefficient appliqué à la prime. Lorsque l’on débute la conduite, ce coefficient est de 1. On paye donc l’intégralité de la prime d’assurance. Chaque année sans accident permet de gagner 5 % tandis que chaque sinistre entraîne une augmentation de 25 % de la prime.

Lorsque l’on établit un contrat d’assurance auto, il faut renseigner de multiples informations concernant le conducteur et son véhicule, afin d’en savoir plus ! La définition de la prime d’assurance est en effet calculée en tenant compte de nombreux paramètres, à commencer par le profil du conducteur, son âge, son activité, sa localisation ou encore son expérience en matière de conduite. À cela s’ajoutent aussi des paramètres plus divers, comme le lieu de stationnement du véhicule mais aussi le type (que ce soit un parking public, une rue, un garage, un carport ou encore un box).

En France, il n’y a pas réellement d’impératif en matière de puissance. Lorsque l’on demande un devis d’assurance auto, on doit renseigner de nombreuses informations, que ce soit sur le conducteur, son expérience, son éventuelle accidentologie… Mais aussi sur son véhicule. Et là, il n’y a généralement pas de restriction. Certaines compagnies peuvent émettre des réticences au-delà d’un certain niveau de puissance. Mais il faut aussi faire la part des choses. En elle-même, la puissance d’un véhicule n’exprime pas grand chose. 100 chevaux dans une Citroën Saxo, c’est tout à fait correct ! 100 chevaux dans un monospace moderne, c’est souvent le strict minimum ! Dès lors, les compagnies s’intéressent aussi au rapport poids/puissance d’un véhicule ainsi qu’à son positionnement. Un modèle “sportif” peut l’être par sa dénomination. Et fatalement, un modèle “sportif” est plus susceptible d’être conduit de manière rapide et donc, par extension plus ou moins adroite, sujet à accident.

Mais des restrictions plus ou moins directes…

C’est aussi pour cette raison que certains modèles populaires ont une réputation terrible auprès des compagnies d’assurance. C’est par exemple le cas des Volkswagen Golf GTI ou encore des Audi S3. Ce sont des voitures davantage accidentogènes et donc plus onéreuses au niveau de la prime d’assurance. Cela dit, les compagnies d’assurance peuvent également fixer des limites. Elles ont le droit de fixer leurs prix en proportion du risque estimé. Parfois, c’est un “non” catégorique. Cela dépend de chaque compagnie. Certaines sont d’ailleurs connues pour fixer un seuil maximal de puissance exprimée en chevaux dynamiques (parfois 90, 100, 110 ou 130 chevaux) tandis que d’autres vont porter leurs limites en puissance fiscale (chevaux fiscaux), avec parfois une limite à 6 ou 7 CV. Là encore, c’est propre à chaque compagnie.

Dans la majorité des cas, les compagnies d’assurance vous proposeront un devis, qui peut varier assez fortement en fonction de votre situation et de vos garanties. Certaines sont plus tolérantes et permettent plus facilement de couvrir un véhicule puissant pour un jeune conducteur, évitant ainsi de se déclarer illégalement en tant que second conducteur sur son propre véhicule. Toujours est-il qu’il n’y a pas réellement de limite de puissance imposée par le Code des assurances. Alors bien sûr, pour assurer une Ferrari F430 à 18 ans, il faudra tout de même aligner une certaine somme. Mais c’est plutôt logique, non ?

En matière de permis : non plus !

C’est bien connu, lorsque l’on veut piloter une moto, il faut passer un permis de conduire spécifique : le permis A2. Celui-ci vous autorise à conduire une moto dont la puissance n’excède pas 47,5 chevaux (ou 35 kW), avec un rapport poids/puissance inférieur ou égal à 0,2 kW/kg. Pour aller au-delà, il faut passer le permis A. Ce dernier autorise alors de prendre les commande de tout type de moto, après avoir suivi une formation qui doit intervenir dans un délai de 3 mois avant la date anniversaire des deux ans.

En automobile, tout cela n’existe pas… Le permis de conduire B vous permet de prendre les commandes de n’importe quelle voiture à quatre roues, dès lors que le PTAC n’excède pas 3,5 tonnes. Aucune restriction n’existe quant à la puissance du véhicule. Des restrictions que certains politiciens aimeraient bien mettre en place. Mais à l’heure où je rédige cet article, tout cela n’est pas en vigueur.

Certaines compagnies de location de voitures ont des impératifs mais cela porte principalement sur l’âge du conducteur. Il est parfois demandé à ce que la personne soit âgée au minimum de 20, 21, 23 ou encore 25 ans. Il s’agit souvent d’un accord passé avec l’assurance-flotte du loueur. Dans d’autres cas, la restriction va porter sur l’ancienneté du permis. Par exemple, une compagnie refusera d’assurer un conducteur tant qu’il n’a pas plusieurs années de permis derrière lui. Là encore, nous sommes véritablement sur des restrictions qui sont traitées au cas-par-cas. Elles sont souvent imposées par les compagnies d’assurance ou bien par les sociétés de location pour réduire le risque.

Dans un autre registre, lorsque l’on souhaite prêter le volant de sa voiture à un jeune conducteur, il est conseillé de regarder les petites lignes du contrat d’assurance auto. Parfois, une franchise supplémentaire est imposée lorsqu’un jeune conducteur commet un accident responsable.

En matière d’expérience : toujours pas !

Maintenant, quittons les “impératifs” et parlons concrètement. Les voitures modernes ont un point commun : elles sont extrêmement faciles à conduire. Les innombrables aides à la conduite facilitent grandement la tâche à tel point qu’à “petit” rythme, il n’est pas plus difficile de conduire une Renault Clio TCe 90 plutôt qu’une Audi RS 6 de 600 chevaux. Et c’est là où c’est plutôt piégeux… Malgré l’apparente facilité de conduite des sportives modernes (il y a bien sûr des exceptions), il faut tout de même avoir des notions de pilotage pour éviter de prendre des risques. Il faut aussi connaître nos propres limites, celles de la voiture et ne pas chercher à outrepasser les lois de la physique. Et tout cela s’apprend avec l’expérience.

Nous sommes bien loin des voitures d’antan qui étaient nettement plus pointues et qui offraient davantage de sensations, même sans aller très vite. De nos jours, beaucoup de personnes apprécient davantage ce côté aseptisé qui “gomme” le ressenti mécanique. La meilleure école, c’est sans doute de gagner en expérience avant de gagner en puissance. Mais sur cet aspect, chacun aura son propre avis sur la question !

Le mot de la fin

En France, il n’y a donc pas de restriction en matière de puissance. Forcément, le coût de l’assurance auto augmentera en proportion, mais est-ce une mauvaise chose ? C’est une manière plus ou moins directe de responsabiliser les jeunes conducteurs.

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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