Les chiffres inquiétants des mauvais comportements sur la route
Il ne faut pas rouler bien longtemps pour observer les mauvais comportements sur la route. Il y a celles et ceux qui prennent tous les risques, les colle-au-cul (pourquoi pensez-vous soudainement aux conducteurs de Volkswagen Golf ?), ceux qui téléphonent au volant ou encore ceux qui ont pris l’habitude de prendre le volant après avoir picolé. L’organisme de formation ECF a commandé une enquête à IFOP portant sur le comportement des automobiles au volant en cette année 2024, sur les trajets du travail. Et les résultats sont vraiment inquiétants. L’étude peut être retrouvée sur le site d’ECF et elle nous apprend un certain nombre de choses sur les comportements au volant.
80 % des pros utilisent leur téléphone au volant
Le premier constat de l’étude porte sur les conducteurs professionnels. On y découvre que 80 % d’entre eux déclarent passer ou recevoir des appels au volant. Il peut aussi s’agir de la lecture ou de l’envoi de messages. Un score impressionnant mais plutôt cohérent avec ce que l’on peut observer sur la route. La véritable dangerosité de cette pratique vient du fait qu’en cas de situation d’urgence, le temps de réaction sera largement augmenté et c’est là que cela devient problématique. Beaucoup ont pris l’habitude d’utiliser assez librement leur téléphone. Sans chercher d’excuse à qui ce soit, nos téléphones centralisent une bonne partie de notre vie. On échange avec nos clients, on reçoit des mails, on programme le GPS ou encore une date sur le calendrier. La solution vient évidemment de l’utilisation d’Apple CarPlay et d’Android Auto même si les plus anciens véhicules n’en sont pas équipés.
Toujours est-il que ce chiffre alarmant risque de croître encore assez largement. L’étude ne précise pas les conditions d’utilisation. Certains sont rigoureux sur la question, en veillant à se mettre à l’arrêt pour regarder leur téléphone, sans forcément couper le contact. D’autres prennent davantage de liberté à ce sujet. ECF rappelle que le milieu professionnel est largement concerné par le phénomène de la délinquance routière. Nous n’avons malheureusement pas de données à mettre en parallèle par rapport à l’usage du téléphone auprès des particuliers. Pas sûr que le bilan soit plus glorieux pour autant…
15 % des conducteurs consomment trop d’alcool
En France, la limite légale pour conduire est de 0,5 gramme d’alcool par litre de sang, soit l’équivalent de deux verres d’alcool au maximum. Pour les jeunes conducteurs, cette limitation passe à 0,2 gramme, ce qui empêche toute consommation d’alcool. Malgré une communication forte sur le sujet, de nombreuses personnes vont au-delà des limites avec des conséquences parfois très lourdes, surtout en cas d’accident. Selon l’ECF, 15 % des conducteurs déclarent avoir conduit en ayant consommé plus de deux verres d’alcool. Les jeunes sont-ils plus sensibilisés sur le sujet que leurs ainés ? Pas facile à déterminer… On peut assez facilement des éthylotests à petit prix. Mais encore faut-il se préoccuper réellement du problème.
D’ailleurs, on remarque aussi que les hommes et les femmes ne sont pas égaux face à la consommation d’alcool. En effet, 93 % des conducteurs alcoolisés impliqués dans un accident sont des hommes. Sachant que l’étude d’ECF indique qu’il y a autant de conducteurs que de conductrices et les moyennes kilométriques sont similaires, cela montre bien que les femmes font davantage attention à leur consommation d’alcool avant de prendre le volant… Aussi, les hommes représentent 88 % des jeunes conducteurs tués sur la route, 90 % des permis annulés en raison d’infractions et la cause de 84 % des accidents mortels.
La fatigue au volant, un vrai fléau…
Dans un monde où tout va toujours trop vite, nous avons parfois tendance à réduire nos heures de sommeil. 80 % des conducteurs déclarent avoir déjà conduit en étant fatigué ou très fatigué. Plus inquiétant encore, 33 % mentionnent avoir déjà somnolé au volant. Les voitures actuelles sont généralement capables d’envoyer des signaux sonores et lumineux lorsque le système perçoit une baisse de vigilance du conducteur. C’est plutôt une bonne chose. Pour limiter cette fatigue, l’unique solution reste de faire des arrêts réguliers. Même si un bon café bien serré peut aider, rien ne vaut une petite sieste pour repartir du bon pied !
Quel bilan en tirer ?
Face à ces constats, ECF propose de renforcer la prévention dans les écoles, collèges, lycées, centres de loisirs et clubs sportifs afin d’informer sur les risques au volant. De même, l’organisme aimerait qu’une formation post-permis soit proposée dans les mois qui suivent l’obtention du permis. Un dispositif qui sera financé grâce au produit des amendes des infractions routières. De même, ECF souhaite conserver son engagement auprès des seniors, en partenariat avec divers dispositifs locaux, afin de proposer des stages de prévention des risques. La formation des professionnels est aussi au cœur des préoccupations car ceux-ci sont plus susceptibles d’utiliser leur téléphone au volant, par exemple… Vous l’aurez compris, nous avons encore de nombreux progrès à faire en ce sens. Libre à chacun de prendre ensuite en considération ces différents points de vigilance…





