
Je suis parti à Londres en voiture… et je vous raconte ça
Il y a quelques jours, je suis devenu l’heureux propriétaire d’une Peugeot 406 phase 2, équipée du moteur 2.2 litres essence de 160 chevaux. À peine une semaine plus tard, je prends la route direction Londres. C’est donc la première fois que je conduisais au Royaume-Uni, ce qui a été l’occasion de faire quelques petites observations. Si vous comptez vous rendre Outre-Manche au volant de votre voiture, cet article est l’opportunité d’y voir plus clair et de connaître quelques astuces. Comme les rumeurs l’affirment, Londres est une ville très onéreuse.
Shuttle ou ferry ?
Puisqu’il n’y a pas de pont entre Calais et Douvres et que je ne suis pas certain que la Peugeot 406 soit une voiture amphibie, je vous conseille de faire votre choix entre le bateau et le train. Ces deux modes de transports vous permettent de vous rendre au Royaume-Uni avec votre propre voiture. Pour ma part, j’ai choisi le train. Cela évite le risque d’avoir le mal de mer et les voitures sont moins « tassées ». Côté prix, cela varie en fonction de votre réservation mais comptez un bon 350 € pour couvrir l’aller-retour.
Le jour J, me voilà sur l’autoroute, direction Coquelles, dans la banlieue de Calais, pour rejoindre mon train. Prendre le train avec ma voiture, c’était une première pour moi. Heureusement, les sorties d’autoroute sont bien indiquées. En fonction du type de véhicule, on prend telle ou telle sortie. Pour les VL (véhicules légers), il n’y a pas de difficulté même si j’ai trouvé que les indications étaient plus claires du côté anglais que du côté français. Il suffit de bien regarder les panneaux puis de suivre le flux de la circulation.

Assez vite, on arrive dans l’emprise du terminal. Ce sont des routes assez longues, parsemées de rond-points, qui nous amènent à un premier point : le contrôle des billets. Là, il suffit de taper son numéro d’embarquement (à 8 chiffres), de choisir la langue et de valider la réservation. Tu valides ton nombre de passagers, leurs identités, d’éventuels animaux de compagnie, la présence de barres de toit ou de vélo, puis tu peux continuer.
S’ensuit alors le contrôle frontalier, en deux temps. D’abord côté français puis juste après, côté anglais. On te donne également un papier (que j’appelle « cintre » à accrocher au rétroviseur central. Il mentionne le quai d’embarquement mais également l’endroit où sera la voiture sur le train, en bas ou à l’étage. Le contrôle douanier a été très succinct, avec la présentation du passeport (même pas la carte d’identité) et quelques questions d’usage éventuelles. Les barrières s’ouvrent, on peut reprendre la route !
On monte à bord du Shuttle !
On se retrouve ensuite dans la partie embarquement. Des écrans d’informations sont présents, avec les heures indiquées et diverses informations. Pour le coup, c’est un petit peu comme à l’aéroport ou dans une gare sauf que l’on patiente dans sa propre voiture. Les barrières finissent par s’ouvrir, ce qui permet aux voitures de descendre les rampes puis d’arriver sur le quai. Pas de risque de se perdre : les agents indiquent les directions et prennent le temps de guider les automobilistes.

Juste derrière la locomotive du train, on trouve un wagon assez imposant, doté de deux entrées latérales. L’une d’elle permet d’accéder au niveau inférieur, l’autre juste au-dessus. Dans mon cas, je suis engagé sur la rampe qui m’amène à l’étage du train. Si vous n’êtes pas à l’aise avec le point de patinage de votre voiture, patientez en bas de la rampe car il peut y avoir des ralentissements. De là, on remonte la rame. Les voitures suivent des « rails » latéraux qui se resserrent parfois dans les zones où il y a des toilettes.

Faites donc attention à vos jantes et restez bien attentif. À un moment donné, vous arriverez à votre place de voyage définitive. Un agent vous expliquera qu’il faut ouvrir les fenêtres de votre voiture, couper le moteur et serrer le frein à main. Pour les voitures en boîte de vitesses manuelle, engagez une vitesse. En automatique, utilisez le mode P, naturellement. Étrangement, il n’y a pas d’odeur d’essence ou de diesel, les wagons sont bien ventilés. Durant le voyage, on peut descendre de voiture mais soyons honnêtes : il n’y a rien de bien intéressant à faire dans le train. Le voyage secoue un peu (surtout côté français) et dure une demi-heure.
Paradoxalement, on passe beaucoup plus de temps à attendre à l’embarquement et au débarquement qu’au voyage en lui-même. Une fois arrivé sur le sol anglais, on arrive directement sur l’autoroute. Et là, on commence directement à rouler sur la voie de gauche.
Mes premiers tours de roues en Angleterre
Pour rejoindre ma destination, il y a un peu de route. C’est d’ailleurs ce qui m’a motivé à voyager avec ma Peugeot 406 plutôt que de prendre les transports en commun. Comme en France, il y a beaucoup de rond-points. Honnêtement, je n’ai pas eu de difficultés particulières avec le fait de conduire à gauche. Le fait que ma voiture dispose du volant gauche aide sans doute à garder des repères. Forcément, il faut multiplier les contrôles et les vérifications d’angles morts puisque tout est en inversé. Il faut aussi prendre l’habitude de toujours bien serrer sur la voie la plus à gauche, ce n’est pas intuitif.
Vient ensuite le moment où l’on arrive à l’approche de Londres. Et là, je m’exaspère du nombre de radars. Alors oui, ils sont bien signalés mais ils sont omniprésents. Certains sont sur des tourelles, d’autres sont bien cachés. Si vous avez une voiture moderne, vous pourrez basculer votre compteur de km/h en miles (mph). Cela sera plus facile pour tenir les limitations, qui changent beaucoup. Côté ralentisseurs, je n’ai pas vu de différences majeures avec ce que l’on connaît en France.
La règle, c’est d’utiliser une application comme Waze, Google Maps ou Apple Plans. Cela permet de s’y retrouver, de connaître notre vitesse exacte et d’éviter de se perdre. Vous éviterez aussi les embouteillages aux heures de pointe en plus d’avoir les alertes à propos des nombreux radars. D’ailleurs, contrairement à la France, il y a une indication différente suivant le fait qu’il s’agisse d’un véritable contrôle de police ou un radar.

Il faut donc éviter d’aller au-delà des limitations car le risque de se faire attraper est vraiment fort. Les panneaux ne sont pas toujours super visibles et impliquent de toujours faire la conversion dans sa tête pour savoir à quelle vitesse il faut rouler. D’ailleurs, voici un petit tableau récapitulatif de conversion des vitesses.
| Zone | Vitesse en mph | Vitesse en km/h |
|---|---|---|
| Zone urbaine | 20 | 32 km/h |
| Ville | 30 | 48 km/h |
| Route à une voie | 60 | 96 km/h |
| Route à deux voies | 70 | 112 km/h |
| Autoroute | 70 | 112 km/h |
Et bien sûr, il y a des contraintes logistiques. Si vous êtes seul à bord, il faudra vous détacher puis descendre de voiture à une borne, à un péage mais aussi au drive d’un fast-food par exemple !
Privilégiez Waze : des différents systèmes de navigation, Waze est le seul à permettre d’adapter immédiatement les vitesses en miles. C’est un gain de temps et une sécurité supplémentaire pour connaître votre vitesse réelle.
Circuler à Londres : un véritable piège
Mais avant même d’arriver à Londres, il est nécessaire d’enregistrer votre voiture, il est indispensable de la déclarer. C’est la fameuse ULEZ (Ultra Low Emission Zone), mise en place pour réduire la pollution. Il s’agit d’une taxe dont le tarif dépend de la norme Euro du véhicule. Pour les voitures essence Euro 4 minimum et diesel Euro 6 minimum, l’accès est gratuit à condition d’avoir fait la déclaration préalable. Pour les véhicules plus anciens (non conformes), comptez 12,50 £ par jour. Attention : ne la confondez pas avec la Congestion Charge, un péage urbain de 18 £/jour réservé au centre historique, payable par tous les véhicules sans exception aux heures de pointe, de 7h00 à 18h00.

Là où c’est véritablement piégeur, c’est que cette obligation de déclaration n’est pas communiquée directement… Et si vous n’en avez pas connaissance, vous risquez de recevoir une contravention assez salée. Les services anglais n’ont pas accès directement aux fichiers de carte grise mais ils en font l’effort lorsqu’il s’agit d’adresser une amende. Prudence donc si vous comptez circuler à Londres. Un véritable manque de communication à ce sujet est à noter… Et ce n’est peut-être pas du hasard. Autre subtilité : si votre itinéraire vous fait emprunter le Dartford Crossing à l’est de Londres, celui-ci fait l’objet d’un péage distinct.
Pensez aux déflecteurs de phares ! Les faisceaux des voitures françaises éblouissent les conducteurs anglais la nuit. Pensez à coller des autocollants déflecteurs (headlamp beam deflectors) sur vos optiques avant de rouler de nuit.
Conseils pour garer sa voiture à Londres
Vient ensuite le sujet le plus sensible de mon périple : le parking. Se garer à Londres et en périphérie est un casse-tête absolu. Dans les rues, il n’y a pas réellement de places de parking. Lorsque c’est le cas, elles sont généralement réservées. Gare aussi aux « Red routes » qui interdisent l’arrêt et le stationnement puisqu’il s’agit de fluidifier la circulation. Il y a bien des parkings souterrains mais ceux que j’ai fréquenté étaient à la fois très étroits et terriblement chers, en plus de ne pas être gardés. Les places de parking étroites font terriblement souffrir les carrosseries.

De là, j’ai pris l’habitude de me garer sur le parking de mon hôtel puis de prendre les transports en commun. La solution semble économique sur le papier mais là encore, le stationnement est terriblement cher. Comptez l’équivalent de 38 € pour 48 heures de stationnement, auxquels il faut ajouter les coûts des transports en commun pour rejoindre la capitale. Pour payer plus facilement, on peut utiliser l’application mobile Ring Go. Il suffit de se localiser, de saisir le code « Location ID » de l’endroit où tu veux te garer, tu saisis ton numéro d’immatriculation puis tu payes. On peut régler directement avec ApplePay.


Toutefois, il n’y a aucun avantage financier à utiliser l’application mobile plutôt que les bornes. Mon budget a été fortement entaché par le coût du stationnement. Et ce n’était encore rien par rapport au concert de The Weeknd. Pour une place de parking au septième étage du parking, cela m’a coûté près de 60 €. Oui, 60 €. Pour ne rien arranger, les parkings souterrains sont plus compliqués à aborder avec une voiture ayant le volant à gauche, la vision est réduite. Bref, c’est un enfer.
L’hôpital ? Oui mais… : les parkings des hôpitaux sont généralement gratuits la première heure. Après, la somme augmente. Ce n’est donc pas nécessairement le bon plan pour vous stationner. En moyenne, prévoyez un budget de 25 € pour vous stationner de 8 heures à 20 heures, avec parfois des prix qui grimpent jusqu’à 35 €.
Un cambriolage peu rassurant
Une nuit, alors que j’étais dans un hôtel près d’un aéroport, j’ai eu la surprise d’être réveillé par l’alarme d’un véhicule, que j’ai immédiatement identifié comme étant celle d’un véhicule Peugeot. Depuis ma fenêtre, j’ai pu constater qu’un Peugeot Boxer, stationné directement sur le parking de l’hôtel, était en train d’être fracturé par des individus, à bord d’une Toyota, faussement plaquée. À l’accueil de l’hôtel, ils ont bien pris mon signalement, ont appelé la sécurité mais je n’ai pas vu l’intervention de la police. Sont-ils vraiment venus ?

Toujours est-il que ce parking, malgré son prix élevé, n’était pas vraiment sécurisé. Pas de barrière ni d’accès filtré, ce qui est assez regrettable.
Faire le plein d’essence à Londres
Forcément, une Peugeot 406 équipée d’un moteur essence atmosphérique de 2.2 litres, ça consomme un peu ! J’ai donc été contraint de faire plusieurs fois le plein d’essence. Le fonctionnement des stations-services est similaires à ce que l’on connaît, mais avec des prix légèrement plus élevés que dans l’hexagone.

Londres tire une réputation de ville très chère et il est vrai que cela se vérifie à tous les niveaux, que ce soit le parking (oui…), la nourriture, les loisirs ou même les transports. Pour ma voiture, le carburant à utiliser était l’Unleaded 95 (E10) ou le Super Unleaded 98 ou 99 (E5). Dans les stations-services Shell, le Sans-Plomb 95 est appelé « Fuel Save ».
Les londoniens et leurs voitures
En circulant dans Londres, j’ai été surpris par le nombre de voitures chinoises ! Je n’avais jamais croisé autant de Jaecoo et de BYD en si peu de temps. Les Geely sont aussi assez bien représentées également. Du côté des sportives, il est impressionnant de voir le nombre de BMW M3 et M4 en circulation ! Leur concentration est assez surprenante, avec une belle diversité de configuration. Comme en France, les kékés semblent affectionner tout particulièrement les Volkswagen Golf. Les pop&bang et autres lignes d’échappement premier prix cassent tout autant la tête qu’en France.
Dans l’ensemble, les voitures semblent plutôt être bon état, contrairement à ce que les places de parking pourraient laisser supposer. J’ai aussi observé davantage de respect envers les véhicules d’autrui. Ici, le stationnement au bruit ne semble pas être un sport national comme dans les grandes villes françaises. Côté courtoisie, c’est plutôt une bonne surprise avec des conducteurs qui semblent plus zen et plus enclins à laisser les véhicules s’engager et même à remercier les conducteurs qui laissent passer.

J’ai aussi croisé de belles voitures, avec des configurations très originales, ce qui fait plaisir à voir ! Autre aspect amusant, les apprentis conducteurs sont identifiés par un macaron rectangulaire « L » appliqué tant à l’avant qu’à l’arrière des véhicules. C’est aussi valable pour les deux-roues !
Cependant, s’agit-il de coïncidences ? Toujours est-il que j’ai croisé beaucoup de voitures en panne. Certains automobilistes seraient-ils moins rigoureux sur l’entretien ? À voir mais cela m’a vraiment surpris de voir autant de véhicules dépannés.
Des transports en commun sympas mais chers…
Pour circuler dans l’hypercentre, les transports en commun sont bien utiles. Il y a notamment les célèbres bus à impériales, assez accessibles et agréables. Le métro surprend par son étroitesse mais aussi par son coût assez important et par le bruit à bord. À l’inverse, le réseau extra-urbain est bien géré, avec du matériel récent et de bonnes indications. Pour bien s’orienter, je conseille l’application TfL GO, qui permet de calculer tout type d’itinéraire mais pas d’acheter directement les titres de transport. Il faut donc se rendre sur les bornes ou les guichets.




Un système de paiement avec Apple Pay est aussi disponible : on scanne dans la station de départ puis dans celle d’arrivée. Sur le papier, le système est pertinent. Mais puisque plusieurs bornes ne fonctionnent pas, il est assez fréquent que le trajet le plus long vous soit directement débité (maximum fare). Il faut donc être assez attentif à cela sous peine que les trajets soient nettement plus coûteux que prévu.
Et les taxis ?
Nous avons tous les célèbres bus à impériales en tête lorsque l’on pense à Londres mais également à ces fameux Taxi noirs au style rétro. La flotte a été modernisée et elle semble aujourd’hui grandement majoritaire. Les modèles sont plutôt en bon état mais nous n’avons pas eu l’occasion de les emprunter.
Et si c’était à refaire ?
Je pense que si je devais repartir au Royaume-Uni en voiture, j’y retournerais en voiture. Mais il faudra trouver une solution plus économique pour le stationnement. Quant au choix entre le train et le ferry, je n’ai testé que la première alternative qui m’a convaincu et qui n’est pas plus onéreuse que la seconde, alors pourquoi changer. Même si le voyage était cool et que le concert était exceptionnel, je déplore les sommes stratosphériques liées aux différentes taxes et au coût du parking. Prévoyez un budget solide.
Et vous, avez-vous déjà été au Royaume-uni avec votre voiture ? Envisagez-vous de le faire prochainement ?










