LégislationPratique

Le bonus écologique devient moins intéressant (ou inexistant)

Il y a bientôt 20 ans, le gouvernement mettait en place un système de bonus-malus écologique destiné à encourager l’achat de véhicules plus vertueux pour l’environnement. Dès ses débuts, ce système bancale a montré ses limites avec, pour conséquence principale, l’incitation massive à l’achat de véhicules Diesel… Qui sont aujourd’hui rejetés fermement et éloignés des villes. Quant au bonus, il ne concerne qu’un nombre de plus en plus limités de véhicules, uniquement électriques ou fonctionnant à l’hydrogène. Pour 2025, la révision du dispositif a largement tardé a être présenté. Sans surprise, l’intérêt est encore plus limité qu’actuellement avec une baisse des avantages, voire même la suppression pure du bonus pour certains véhicules, comme les voitures sans permis électriques…

Voitures : des conditions moins avantageuses

Avant tout, précisons que ce bonus écologique ne concerne que les véhicules fonctionnant à l’électricité ou à l’hydrogène. Cela exclut donc les modèles hybrides, même s’ils sont rechargeables. Pour pouvoir bénéficier de cette aide, le prix maximal du véhicule ne doit pas excéder 47 000 € TTC. Malheureusement, les indemnisations sont plus faibles que précédemment. Voyons les seuils de 2025, par rapport à ceux de 2024, en fonction du revenu fiscal de référence du demandeur, dans le tableau suivant.

20252024
Inférieur ou égal à 16 300 €4 000 €7 000 €
Entre 16 300 et 26 200 €3 000 €3 000 €
Supérieur à 26 200 €2 000 €2 000 €

On remarque la principale différence vient de la perte de la majoration pour les ménages ayant un RFR (revenu fiscal de référence) inférieur ou égal à 16 300 €. Rappelons également que le montant du bonus ne peut excéder 27 % du coût d’achat TTC du véhicule neuf. La date d’application de ce décret a été fixée au 2 décembre 2024. Celles et ceux qui feront l’acquisition d’une voiture éligible à ce bonus basculeront donc automatiquement sur le nouveau barème sauf si la facturation ou que le versement du premier loyer intervient au plus tard le 14 février 2025. Une sorte de cadeau pour la Saint-Valentin…

Comment bénéficier du bonus ? Si vous répondez aux critères, alors vous pourrez bénéficier du bonus. Il est possible de déduire directement le montant du bonus lors de la commande de votre voiture. La demande peut aussi être faite de votre côté depuis le site Primealaconversion.gouv.fr. Notons également le bonus écologique ne concerne plus les véhicules d’occasion depuis le 14 février 2024.

Utilitaires : c’est fini…

Mauvaise nouvelle pour les entreprises qui s’apprêtent à renouveler leur flotte tout en passant à l’électrique, le bonus est également supprimé pour toutes les camionnettes neuves, même électriques, aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels. Une décision qui surprend beaucoup d’autant plus que les modèles électriques sont souvent plus onéreux que leurs homologues thermiques. Pour un Renault Trafic Van de 6 m3, le modèle Diesel débute à 32 200 € tandis que la note passe à 40 500 € pour le modèle électrique. Le delta de 8 300 € en défaveur de la déclinaison « propre » était partiellement compensée par les 3 000 € de bonus qui étaient octroyés précédemment. Cela appartient désormais au passé. Y aura-t-il un impact sur les volumes de ventes ? Difficile à prédire pour le moment…

Voitures sans permis : fini aussi…

Jusqu’à présent, les voitures sans permis électriques pouvaient bénéficier d’un bonus écologique allant jusqu’à 900 €. Une remise qui permettait souvent de financer l’apport lors d’un contrat en leasing. Certains constructeurs, comme Citroën avec son Ami, pouvaient ainsi proposer un apport « gratuit » avec un loyer fixe tout au long du contrat, généralement assez attractif.

Citroën Ami restylée 2024

Le gouvernement a décidé de mettre fin à cette aide. La conséquence directe, ce sera une augmentation généralisée des prix des loyers et/ou un apport plus conséquent à verser. Actuellement, Fiat propose une remise de 1 000 € sur sa Topolino. Cela permet de lisser l’absence du bonus tout en permettant une réduction de 100 € supplémentaire. Mais cela ne sera pas durable dans le temps… Là encore, cette annonce risque de mettre à mal le secteur. Par ailleurs, les vélos électriques ne sont également plus concernés par le bonus.

Prime à la conversion : adieu

La prime à la conversion avait pour objectif de faciliter le renouvellement de véhicule. En l’échange de la mise en destruction d’une vieille voiture jugée polluante, une aide était attribuée afin de permettre le rachat d’un véhicule neuf ou en occasion récente. Au fil des années, les conditions se sont durcies, imposant le remplacement par un modèle neuf. Les conditions restrictives n’ont pas empêché la destruction de nombreux modèles de voitures, ce qui a déstabilisé le marché.

Dès lors, les voitures d’occasion à petit prix ont été massivement détruites, ce qui rendait très difficile, la recherche d’une voiture pour un jeune permis par exemple. La fin de cette aide est donc autant une bonne, qu’une mauvaise chose. D’ailleurs, les véhicules concernés par la prime à la conversion étaient uniquement les voitures Diesel mises en circulation avant le 1er janvier 2011 et les modèles à moteur essence d’avant le 1er janvier 2006. Ce système correspond à des seuils d’attribution de la vignette Crit’Air…

Et pour le malus écologique ?

C’est un rituel chaque année : le malus écologique est durci. Pour 2025, la loi de Finances n’a toujours pas été votée. Le projet visait à un abaissement conséquent du seuil de déclenchement à 113 grammes de CO2 par kilomètre. Cela représente une réduction de 5 grammes par rapport au barème 2024 toujours en vigueur. En parallèle, le seuil maximal devrait atteindre 70 000 € avec, comme objectif, d’atteindre les 90 000 € d’ici 2027. Là encore, ces seuils délirants sanctionneront lourdement les modèles sportifs… Notons que le barème 2025 n’a toujours pas été validé officiellement. On ne sait donc pas encore s’il sera effectif dès le mois de janvier 2025.

Et pour le leasing social ?

Enfin, il reste la problématique du leasing social. Cette formule vise à faciliter l’accès à la voiture électrique grâce à des formules à petit prix : moins de 100 € par mois. Cela a fait suite à une promesse électorale d’Emmanuel Macron, pour permettre aux foyers modestes de pouvoir rouler dans une voiture électrique neuve, sans se ruiner. Pour cela, l’État a mis en place un système de bonus important, ce qui a permis aux constructeurs de répondre présents.

Toutefois, cette mesure a été un véritable succès, si bien qu’elle a coûté très cher au Pays… Dès lors, le programme avait été arrêté après seulement quelques semaines puisque les 50 000 dossiers ont été accordés. C’est deux fois plus que ce qui avait été prévu initialement. Pour 2025, la formule pourrait être moins compétitive. Pour l’heure, rien n’a encore été confirmé officiellement. Nous aurons l’occasion d’y revenir prochainement lorsque des décisions auront enfin été prises…

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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