
Certains événements, comme le lancement d’une nouvelle DS, sont particulièrement rares. Hier, la marque a dévoilé sa dernière création, qui porte le nom de n°8. S’inspirant de différents univers du luxe à la française, ce SUV fastback incarne le renouveau et signe plusieurs promesses, comme celle de proposer une autonomie allant jusqu’à 750 kilomètres. Voyons les principales informations à connaître sur ce nouveau modèle qui ouvre une nouvelle page pour la marque. Cela sera-t-il l’occasion de renouer avec le succès ? Dans les faits, ce DS n°8 ne manque pas d’arguments à commencer par une gamme de motorisations plutôt intéressante (à terme…), un intérieur savoureux, de multiples clins d’œils au passé et des prix assez bien placés…
L’histoire continue…
L’histoire de DS Automobiles est bien connue. Pour rappel, en 2015, la Citroën DS 3 est devenue une DS 3 à part entière. Cela signe la création de la marque en tant que branche premium (et indépendante). DS a rapidement opéré une montée en gamme en dévoilant une gamme assez intéressante qui s’étend de la citadine DS 3, à la compacte DS 4, jusqu’au SUV DS 7 et enfin à la grande routière DS 9. Avec son approche internationale, DS Automobiles visait aussi le marché chinois mais les chiffres de vente n’ont pas été à la hauteur. La DS 9 a été la première à faire les frais de la restructuration de la gamme, visant à supprimer tout ce qui ne se vend pas. C’est en partant de ce constat que de nombreuses couleurs signatures ont quitté la gamme.

La DS numéro 8 s’inspire du concept-car DS Aero Sport Lounge qui remonte déjà à 2020. Un prototype qui définissait déjà les grandes lignes de la nouvelle identité DS. Tout y était déjà : la signature lumineuse travaillée, la calandre lumineuse, la ligne fastback, le travail aérodynamique poussé ou encore les optiques arrière en forme d’étoile à trois branches. Mais plus qu’un exercice de style, cette DS n°8 nourrit de très fortes ambitions : elle doit réussir ce qui avait échoué jusqu’à présent. Entre la fiabilité aléatoire du DS 7, l’inintérêt du public (et c’est regrettable) pour la DS 9 ou encore la DS 3 vieillissante, il y a fort à faire. Cette DS 8 incarne toujours le luxe à la française mais vise une approche différente. Et tant mieux.
n°8 : le nouveau fleuron
La DS n°8 repose logiquement sur la plateforme STLA Medium, déjà commune avec de nombreux modèles, à commencer par les Peugeot 408 et 3008. Elle se démarque par sa longueur étendue à 4,82 mètres, sa largeur à 1,90 mètre et sa hauteur figée à 1,58 mètre. Comme c’est de coutume, la marque joue la carte de l’ambiguïté en affichant une ligne de berline sur un modèle surélevé. Dans son communiqué, elle évoque toutefois bien un SUV coupé.

Côté empattement, nous sommes sur une valeur impressionnante : 2,90 mètres, ce qui devrait profiter à l’habitabilité. Mais avant cela, revenons sur le design. Car c’est là que DS a concentré une bonne partie de ses efforts. Déjà, on remarque une carrosserie en bi-ton, avec trois teintes exclusives : le bleu Topaze, le gris Palladium et le blanc Albatre. On trouvera aussi le traditionnel noir Perla Nera et le Cristal Pearl, qui habille ce modèle de présentation. La partie intérieure du capot et le toit sont en noir. Une configuration colorée qui rappelle celle du concept hommage à la Citroën SM…
Couleurs proposées : Bleu Topaze, Gris Palladium, Blanc Albatre, Cristal Pearl et Noir Perla Nera
Une quête d’aérodynamique poussée
L’opération séduction passera par cette face avant qui comprend une calandre lumineuse dotée de stries verticales. On trouve aussi le nouveau logo de la marque, des phares triangulaires nervurés avec des barres LED fines sur les côtés, en forme de V. Cela prend le nom de DS Lightblade et cela participe autant au style qu’à l’aérodynamique de la voiture. On notera également l’apparition de volets mobiles sur la partie basse du pare-chocs. Ces derniers ont un intérêt aérodynamique puisqu’ils permettent un gain d’autonomie allant jusqu’à 18 kilomètres. Dans les faits, de nombreux éléments participent à l’augmentation de l’autonomie comme le décroché des optiques avant (8 kilomètres), les jantes profilées (4 kilomètres), le becquet (12 kilomètres), les feux étirés (4 kilomètres) ou encore les soubassements aplanis (14 kilomètres).


À l’arrière, on retrouve une certaine forme de symétrie avec l’avant. Cela donne un côté très statutaire tout en renforçant le côté précieux. Le changement de nomenclature fait que l’on parlera désormais d’une DS Automobiles n°8, ce qui évoque l’univers de la parfumerie désormais. Un style chic qui s’accompagne d’un profil assez épuré avec une ligne plutôt agréable et contemporaine. On appréciera un certain niveau de raffinement et une identité bien marquée. N’y voyez pas un simple Peugeot 3008 rebadgé : la ligne est entièrement nouvelle et les proportions n’ont rien à voir avec le cousin de la marque au lion. Par exemple, le capot est plus bas de 5 centimètres tandis que le pavillon est 6 centimètres plus bas. Nous ne sommes pas non plus sur le gabarit d’une Peugeot 408, plus courte de 13 centimètres.
À bord : DS Automobiles sort le grand jeu…
L’habitacle de la DS n°8 marque un véritable renouveau. On découvre une ambiance très raffinée qui se démarque par ces impressionnants sièges semi-baquets, qui semblent très enveloppants. Ces derniers sont revêtus d’un cuir traditionnelles avec plusieurs coloris au choix. Outre l’intérieur noir traditionnel, vous pourrez aussi avoir une sellerie en alcantara de couleur bleu, un intérieur marron et même un intérieur blanc agrémenté de touches de bleu. Un ensemble très chic qui s’accompagne d’un volant à quatre branches, en forme de croix. Au centre, un écran tactile de 16 pouces s’étend sur 40 centimètres de long, avec la volonté de permettre son maniement tant par le passager que par le conducteur. Et ça marche bien ! Une interface belle et épurée, à la fois très moderne par sa technologie et authentique par sa présentation et ses coloris.






On notera également que le conducteur dispose d’une dalle de 10,25 pouces qui centralise toute l’instrumentation. L’affichage tête haute étendu est de la partie. On retrouvera aussi un vaste toit panoramique, voulu comme étant le plus vaste possible. Il ne dispose pas d’une technologique d’occultation mais cela pourrait arriver par la suite. L’intérieur comprend de belles finitions avec de beaux jeux d’éclairage, une console flottante gravée et très aérienne, sur laquelle on trouvera l’accoudoir et le sélecteur de vitesses. Une présentation qui donne un côté précieux, luxueux, conforme à l’image voulue par la marque. Mention spéciale aussi pour les feuilles d’aluminium découpées au laser, qui accueillent le système audio Electra 3D de Focal, sur le bord des portes. Sur les côtés, des bandes lumineuses verticales viennent donner du volume. Un mélange des genres qui fait très « musée ». Mais c’est beau !

On notera que les sièges Bracelet sont toujours disponibles. L’espace arrière semble correct mais sans être exceptionnel. Les passagers profiteront d’une banquette inclinée mais l’espace aux jambes semble assez mince par rapport à l’empattement de 2,90 mètres. Il semblerait aussi que l’accoudoir central ne donne plus accès aux commandes de chauffage. On notera que DS Automobiles a également creusé par la partie arrière des sièges afin d’améliorer l’habitabilité. De grands efforts ont aussi été réalisés afin d’offrir une insonorisation optimale. Côté coffre, nous sommes sur un volume de 620 litres avec un intérêt majeur : des formes très droites qui faciliteront le chargement. Un bac sous le plancher est aussi disponible pour y ranger les câbles de recharge, par exemple.
Un DS n°8 (presque) 100 % électrique
Sans trop de surprise, le DS n°8 est proposé avec des motorisations électriques. Si la voiture sera assemblée en Italie, les batteries sont produites en France. Sur les prototypes, la mention de 750 kilomètres était faite. Celle-ci correspond à l’autonomie de ce SUV coupé lorsqu’il est doté de la plus grosse capacité de batterie. Une belle performance pour un modèle qui pèse, au minimum, 2 130 kg. Il s’agit d’ailleurs d’électromoteurs associés à des batteries NMC (nickel, manganèse et cobalt) dont la technologie est déjà expérimentée sur le Peugeot E-3008. Comme ce dernier, il sera possible de choisir le DS n°8 en version traction ou bien avec la transmission intégrale. On remarquera une augmentation des puissances proposées, ce qui est plutôt une bonne nouvelle… D’autant plus que cela pourrait se retrouver à l’avenir sur les autres productions du groupe Stellantis.

Récapitulons ces différentes motorisations dans un petit tableau :
| Traction | Grande Autonomie | 4×4 | |
|---|---|---|---|
| Moteurs électriques | 1 synchrone à aimants permanents | 1 synchrone à aimants permanents | 2 synchrones à aimants permanents |
| Capacité batterie | 74 kWh | 97,2 kWh | 97,2 kWh |
| Autonomie WLTP | 572 km | 750 km | 686 km |
| Puissance | 230 chevaux | 245 chevaux | 350 chevaux |
| Puissance en crête | 260 chevaux | 280 chevaux | 375 chevaux |
| Couple | 345 Nm | 345 Nm | 511 Nm |
| Transmission | Traction | Traction | Intégrale |
| 0 à 100 km/h | 7,7 secondes | 7,8 secondes | 5,4 secondes |
| Poids à vide | 2 132 kg | 2 180 kg | 2 289 kg |
Pour l’heure, le DS n°8 est donc un produit 100 % électrique, paré de deux niveaux de batterie. La plus petite version fera donc appel à une capacité de 74 kWh tandis que les suivantes culminent à 97,2 kWh tout de même. La version Grande Autonomie serait donc capable d’atteindre les 750 kilomètres en cycle WLTP, sans avoir besoin de recharger. Une belle performance donc ! Côté performances, la marque assume pleinement le fait de ne pas vouloir un modèle sportif. Cependant, un surplus de puissance est disponible sur les trois versions, apportant de 25 à 35 chevaux supplémentaires de manière ponctuelle. Cela permet à la version dotée de la transmission intégrale (= à deux moteurs) d’atteindre jusqu’à 375 chevaux. Cette dernière se comporte comme une traction, le moteur arrière ne se réveille qu’en cas de sollicitation immédiate.

La DS n°8 dispose d’une architecture en 400 V et elle intègre de série la pompe à chaleur. Sur les bornes de recharge rapide, il sera possible d’avoir jusqu’à 160 kW en courant continu, ce qui reste dans la petite moyenne du segment. Ainsi, il sera possible de passer de 20 à 80 % de charge en 27 minutes, en récupérant jusqu’à 200 kilomètres en 10 minutes. Des valeurs plutôt correctes. Notons aussi la présence de la technologie V2L, qui permet de brancher un appareil électrique à la voiture. DS Automobiles propose également le One Pedal activable ou désactivable à l’envie. Pour rappel, cela vous permet d’accentuer le freinage régénératif jusqu’à l’arrêt afin de ne conduire (la plupart du temps) qu’avec une seule pédale. On appréciera aussi la présence du Night Vision, offrant une assistance nocturne capable de détecter les animaux comme les humains jusqu’à 300 mètres en avant.
Quelques équipements qui seront proposés sur la DS n°8 :
- DS Active Scan Suspension : suspension corrélée à des capteurs d’altitude et des accéléromètres, en plus de caméra, afin d’offrir le meilleur amortissement en temps réel ;
- DS Extended Head Up Display : c’est le nom de l’affichage tête haute, avec une ligne de vision ajustée à 1,29 mètre du sol ;
- DS Night Vision : dispositif qui permet d’analyser la route afin de détecter tout animal ou humain, avec une distance maximale de 300 kilomètres. Les « intrus » sont identifiés en jaune ou en rouge sur l’écran d’instrumentation ;
- DS Pixel Vision : c’est le nom du système de phares. Ces derniers disposent de huit « pointes de diamant » permettant une portée allant jusqu’à 400 mètres.
Le modèle de la dernière chance ?
Cette DS n°8 semble diviser… Beaucoup apprécient l’audace et d’autres regrettent le tout-électrique. Il semblerait que des versions hybrides arrivent par la suite, en reprenant l’offre de moteurs actuels du Peugeot 3008. C’est plutôt une bonne chose car cette DS n°8 joue gros. Elle incarne le renouveau tout en prenant un parfum d’alerte. Les chiffres de vente de la marque étant plutôt maigres, le nouveau venu doit séduire et repositionner DS dans sa stratégie internationale. Il faudra bien sûr voir la réaction du marché chinois. Enfin, seulement deux finitions sont proposées : Palace en entrée de gamme et Étoile en haut. Si la grille tarifaire n’a pas encore été dévoilée, il semblerait que la version Grande Autonomie soit disponible à moins de 65 000 €. Cela en ferait une bonne alternative à ses concurrentes, comme l’Audi Q6 Sportback e-tron. Affaire à suivre… La prise de commande débutera au premier trimestre 2025.




Que l’on aime ou pas ce nouveau modèle, il est indéniable que DS Automobiles a tiré leçon de ses erreurs. Ce n°8 renoue avec l’ADN de la marque, que ce soit au niveau des formes, des couleurs ou du raffinement, d’une manière générale. La proposition est pertinente même si, une fois de plus, les chiffres de vente témoigneront de la réussite espérée du projet. La marque devra aussi accentuer le renouvellement de sa gamme vieillissante. Si la production italienne du modèle peut surprendre, elle sera sans doute mieux acceptée que celle de la DS 9 (fabriquée en Chine) d’autant plus que les batteries comme les moteurs sont produits en France.





