
Pendant longtemps, les voitures sans permis ont traîné une réputation pesante… On leur reprochait d’être des voitures d’alcoolique, de faire un bruit terrible et d’avoir un design abominable. Mais ça, c’est du passé. Depuis une quinzaine d’années déjà, les constructeurs veillent à améliorer sans cesse leurs produits en s’inspirant directement des voitures. Afin de mieux comprendre les enjeux actuels qui gravitent autour de l’univers de la voiturette, je me suis rendu chez DB Automobiles, pour échanger avec son directeur, Frédéric David. Ce garage spécialisé Aixam distribue des voitures sans permis dans tout le département. Et son analyse du marché pourrait vous surprendre sur bien des points. Aujourd’hui, nous allons parler des modèles électriques, qui connaissent un succès grandissant…
La voiture sans permis s’inspire
Chez PDLV, on aime bien tout ce qui roule. Et même si les voiturettes ne font pas partie de nos thèmes de prédilection, j’avais envie d’en reparler et pour cause, notre dernier essai de voiture sans permis remonte à pas mal de temps déjà. Depuis, beaucoup de choses ont évolué. Lors de mon échange avec Frédéric, une évidence m’est apparue : jamais la voiture sans permis électrique n’a été aussi proche de la voiture « classique ». Dans la petite concession lavalloise, plusieurs Aixam s’offrent face à moi.

Leur design n’a rien de ridicule, bien au contraire. On retrouve tous les codes des voitures traditionnelles. Il y a plusieurs finitions, plusieurs carrosseries, des options et même des coquetteries. Sur des modèles, on trouve des optiques à fond noir, des capots nervurés, de grandes jantes. Elles ont vraiment de la gueule et en imposent. Certaines peuvent même avoir une voiture complémentaire, permettant d’avoir le toit et les coques de rétroviseurs en rouge, par exemple.

Et même si la forme continue d’évoluer, de s’embellir, la voiture sans permis obéit toujours à des règles strictes. Parmi elles, la longueur ne doit pas excéder trois mètres, la vitesse de pointe est limitée à 45 km/h et il n’y a que deux places à bord. Aixam a fait le choix d’abandonner le segment des quadricycles lourds qui permettaient d’avoir des modèles offrant jusqu’à 4 places et pouvant aller jusqu’à 75 km/h. La démocratisation du permis B en boîte automatique a contraint Aixam à se concentrer sur son segment de prédilection : celui des voitures sans permis « classiques », dont on prendre le volant avec un simple permis AM si nous sommes nés après 1988. Pour autant, Aixam n’a pas fait un simple travail sur la forme de ses véhicules, l’approche est nettement plus complète et complexe.
Une gamme qui voit double
Pour sa gamme de voiturettes « classiques », Aixam propose plusieurs carrosseries avec notamment le modèle City, la version Coupé ou encore la Crossover (d’inspiration SUV). Différentes silhouettes qui permettent de s’adapter pleinement aux besoins et envies des conducteurs de voitures sans permis. La City séduit par son faible encombrement tandis que le modèle Coupé joue une carte plus sportive, alors que la Crossover mise sur l’espace à bord. De là, plusieurs finitions sont possibles. La Pack se veut basique dans sa dotation mais elle comprend tout de même l’autoradio, les pare-chocs peints couleur carrosserie ou encore un petit écran LCD. À l’inverse, la finition GTO offre tout ce que l’on peut attendre d’une voiture moderne. Côté design, elle offre les jantes alliage de 16 pouces, un écran tactile de 7 pouces, la caméra de recul, les clignotants à défilement ou encore une sellerie tri-matières.


Chez Aixam, on a fait le choix de proposer un design similaire entre les versions thermiques et électriques. Ainsi, seule la petite prise située sur l’aile avant droite trahit le fait qu’il s’agisse d’une voiturette électrique. Une stratégie intéressante, que l’on retrouve chez plusieurs constructeurs automobiles « classiques ». La force d’Aixam, c’est d’avoir opté pour un positionnement tarifaire inédit, qui permet d’afficher des prix très similaires entre les versions thermiques et électriques. Plus que jamais, la voiturette d’aujourd’hui arrive aux standards des voitures actuelles, en proposant un large choix d’équipements de confort. La climatisation est disponible sur les versions Diesel uniquement. Pour les modèles électriques, l’impact sur la consommation serait trop important. À voir par la suite…
Des moteurs modernes, dans l’air du temps
Sur les voitures sans permis, on trouve principalement deux types de motorisation. Le plus répandu demeure le Diesel. Chez Aixam, on fait appel à un moteur Kubota, qui répond à la norme Euro 5+. Côté consommation, la moyenne est située autour des 3,0 litres aux 100 kilomètres, ce qui est très raisonnable. La conception « basique » s’avère fiable et permet de ne pas avoir de dispositif antipollution contraignant, comme le filtre à particules. Le principal intérêt, c’est qu’il n’y a pas de risque d’encrassement. D’ailleurs, côté bruit, les efforts d’Aixam sont remarquables. L’insonorisation est largement acceptable et côté transmission, il s’agit toujours d’une boîte de vitesses automatique.

Pour les électriques, Aixam propose un moteur offrant jusqu’à 130 kilomètres d’autonomie et permet la recharge complète en 2 heures et 30 minutes depuis une simple prise domestique. Toutefois, la capacité de la batterie dépend du modèle. L’Aixam City dispose de la batterie classique tandis que les Coupé et Crossover ont d’office la plus grande batterie. La recharge peut aussi s’effectuer à l’aide d’un adaptateur Type 2 ou Type 3, vendu au sein du réseau Aixam. Diesel ou électrique. Ce qui m’a véritablement surpris, c’est lorsque Frédéric a ouvert le capot d’une Aixam électrique. Le bloc moteur est véritablement tout petit. L’espace disponible au niveau de la baie moteur est juste immense ! Comme pour les voitures traditionnelles, les modèles électriques disposent du freinage régénératif. La petite batterie, de 7,89 kWh, prend place à l’arrière, ce qui participe à la répartition des masses.

Dès lors, les freins sont moins sollicités, ce qui limite encore plus leur usure. Le coût d’entretien d’une voiturette électrique est donc véritablement modique. Et encore, il faut que l’on aborde un aspect clé : la politique de prix… Et là, je pense que beaucoup vont être très surpris.
Le saviez-vous ? Les voiturettes sont également éligibles à la vignette Crit’Air !
Aixam électrique : une palette tarifaire surprenante
Pour les voitures actuelles « classiques », il y a généralement un écart de prix assez significatif entre un modèle thermique et un autre électrique. Chez Aixam, si l’on compare un Coupé Sport Diesel et son homologue électrique, on remarque tout de suite que la différence n’est que de 500 € en faveur de la version thermique. Jusqu’en début d’année, les voiturettes électriques étaient éligibles au bonus écologique de 900 €. Conséquence directe : la gamme électrique était moins chère que celle à moteur Diesel. Cela a dopé les ventes, malgré les réticences de certaines personnes quant à l’autonomie. Depuis l’arrêt de cette aide gouvernementale, la gamme électrique demeure donc légèrement plus chère. L’amortissement est toutefois assez rapide, surtout pour les personnes qui ont la possibilité de recharger leur voiturette directement chez eux.

Aussi, Aixam propose des formules de location. Comme pour les voitures, on trouve deux types de formules. La première, c’est la location avec option d’achat (LOA). Sous la forme d’un crédit à la consommation, c’est une formule qui donne accès à une voiturette neuve, pour une période définie à l’avance et qui permet le rachat à l’issue du contrat, dont la durée va de 2 à 4 ans. La location longue durée impose la restitution au terme. Ces deux formules sont aussi de plus en plus appréciées. Grâce à des partenariats avec des organismes financiers, Aixam parvient à proposer des offres compétitives qui plaisent de plus en plus. D’ailleurs, des tuteurs et tutrices demandent régulièrement des devis pour accompagner de potentiels utilisateurs de voiturettes.
Et pour le contrôle technique ?
Vous le savez, les voitures sans permis sont désormais soumises au contrôle technique, depuis le 15 avril 2004. Cette obligation intervient dans les six mois qui suivent la cinquième année d’immatriculation, puis tous les trois ans. En cas de vente, il est aussi obligatoire de présenter un contrôle technique datant d’au moins six mois. Frédéric, de DB Automobiles, m’a confié que les voiturettes en état délabré sont de plus en plus rares sur les routes… Et je dois reconnaître que cela fait bien longtemps que j’en ai croisé une. La mise en place de ce contrôle technique est jugée plutôt bonne dans l’ensemble. Elle favorise le renouvellement régulier du parc tout en incitant les utilisateurs à entretenir méticuleusement leur véhicule.

Dans la concession lavalloise, les refus sont assez rares à cet examen. Les principales causes sont liées à des pièces d’usure, comme des soufflets de cardan percés, des rotules ou des roulements qui fatiguent. Il y a aussi eu le cas d’un volant pas droit. Comme pour une voiture traditionnelle, un entretien régulier est la clé d’une bonne durabilité. Le concessionnaire m’a confié qu’il ne trouvait pas l’examen spécialement « piégeur » mais qu’un durcissement serait possible dans les années à venir. Le passage sur un banc de freinage pourrait entraîner davantage de contre-visite… Mais puisqu’il s’agit d’un élément de sécurité essentiel, est-ce vraiment un mal ?
Quel avenir pour la voiturette électrique ?
Indéniablement, la voiture sans permis électrique a du sens. Elle autorise une autonomie qui conviendra sans problème à l’immense majorité des conducteurs. Mais surtout, elle se montre très économique au quotidien tout en apportant un excellent agrément de conduite, avec une belle douceur de fonctionnement et le couple immédiat de l’électrique. Prochainement, nous envisageons de réaliser l’essai d’une Aixam électrique. Une prise en main qui nous permettrait d’apprécier tous ces nouveaux apports et la pertinence de l’offre électrique sur ce segment. La voiture sans permis a longtemps été ringardisée, elle est pourtant un produit parfaitement adapté pour la ville, avec un encombrement réduit et une vitesse maximale de 45 km/h, qui conviendra parfaitement aux urbains.

Comme pour les voitures, les Aixam disposent d’un renouvellement régulier du design, avec même des restylages et l’ajout de nouvelles couleurs, à l’image du récent bleu Colvert. Côté motorisation, les contraintes semblent moins lourdes que pour les voitures classiques, mais le respect des normes et de la masse paraît être un vrai défi pour les équipes.





