Les segments automobiles : comment ça fonctionne ?
Sur le marché automobile, on trouve une grande diversité de modèles, de taille et format différents. Pour s’y repérer, des segments ont été mis en place il y a bien longtemps. Il s’agit en réalité de « catégories » dans lesquelles on positionne les voitures, en fonction de leur taille, de leur forme… En Europe, il existe 9 segments bien définis. Pour autant, c’est une notion parfois assez peu claire pour les automobilistes, de prime abord. Elle est pourtant bien pratique lorsque l’on cherche à s’offrir une nouvelle voiture puisque cela facilite la mise en concurrence des différents modèles sur le marché. Voici une présentation de ces différents segments.
Segment B0 : les micro-urbaines
Pour commencer, nous avons une catégorie de voitures qui a connu un certain succès au début des années 2000 mais qui a disparu depuis. Il s’agit de mini-citadines raccourcies, qui mesurent en général moins de 3,40 mètres de long. Smart a été l’un des premiers constructeurs, sous l’ère moderne, à proposer un modèle dans ce segment. Il s’agit de voitures destinées à un usage purement urbain, elles sont assez peu à leur aise sur route, ne serait-ce qu’en raison du petit empattement (écart entre les essieux avant et arrière). Toutefois, elles font le bonheur des personnes qui habitent en ville. Actuellement, ce segment n’est plus occupé, depuis la disparition de la Smart Fortwo, qui n’est plus commercialisée depuis 2023.
Exemples : Smart Fortwo, Toyota iQ…
Segment A : les mini-citadines
Poursuivons avec les mini-citadines. Aussi appelé B1, ce segment correspond à de petites voitures, qui mesurent entre 3,40 et 3,70 mètres de long. Ce sont généralement des modèles dotés de quatre places, étudiés pour la ville mais qui peuvent être capables de s’aventurer sur route à l’occasion. Les constructeurs généralistes ont longtemps affectionné ce segment qui permet de positionner des modèles à petit prix, qui constituent le prix d’appel des différents constructeurs automobiles. Très convoité, ce segment comprend des modèles souvent tendances, qui jouent la carte de la personnalisation pour séduire un public jeune. Certaines marques ont choisi de quitter ce segment afin de se concentrer sur le suivant, qui comprend la majeure partie des ventes.
Exemples : Ford Ka+ Mk8, Renault Twingo 3, Dacia Spring, Fiat Panda III…
Segment B : les citadines
Le segment B (ou B2) est indispensable pour les constructeurs automobiles. Il est très porteur puisque les citadines sont les véhicules les plus vendus en Europe. Appelées citadines, ces voitures jouent la carte de la polyvalence en proposant un gabarit assez compact, allant de 3,70 à 4,20 mètres en général. Au fil des années, elles ont renforcé leurs aptitudes routières ainsi que leur habitabilité, afin de séduire aussi les familles. Le marché de la seconde main est aussi très dynamique. Il suffit de chercher une Ford Fiesta d’occasion pour découvrir l’immense choix disponible ! Les constructeurs veillent généralement à soigner leurs citadines afin de plaire au plus grand nombre et d’accroître leur part de marché.
Exemples : Ford Fiesta Mk8, Renault Clio V, Peugeot 208 II, Citroën C3 IV…
Segment B-SUV : depuis une quinzaine d’années déjà, les marques automobiles inscrivent également de petits SUV dits « urbains » dans ce segment. La demande étant très forte, cela permet de toucher un public encore plus large grâce à des véhicules surélevés, qui reposent traditionnellement sur la même plateforme que les citadines dont ils dérivent. C’est par exemple le cas du Ford Puma !
Exemples : Ford Ecosport, Citroën C3 Aircross, Peugeot 2008, Renault Captur…
Segment B-MPV : ce sont de petits monospaces compacts. La demande fut forte mais elle est en nette régression. L’essor des SUV du segment B a poussé les « minispaces » vers la sortie.
Exemples : Ford B-Max, Citroën C3 Picasso, Renault Modus…
Segment C : les compactes
C’est un segment qui a connu d’importantes mutations ! Historiquement, les compactes ont longtemps été les voitures les plus vendues en Europe. Elles ont progressivement perdu des parts de marché au profit des citadines, qui ont gagné la polyvalence qui faisaient l’intérêt des compactes. Plusieurs constructeurs ont d’ailleurs abandonné ce segment, pourtant très intéressant. La longueur varie généralement entre 4,20 et 4,50 mètres et parfois même davantage pour certains modèles tricorps. Encore assez bien représentées, les compactes perdent petit à petit des parts de marché. Là encore, l’effet SUV est en cause. Tout comme pour le segment B, il existe trois variantes de carrosserie sur ce segment.
Exemples : Ford Focus, Renault Mégane IV, Peugeot 308 III…
Segment C-SUV : les SUV familiaux sont aussi très appréciés. Ils gagnent en habitabilité et permettent d’accueillir confortablement une famille. Ce sont des modèles polyvalents, qui proposent généralement un large choix de motorisations et une dotation souvent assez riche. Ils font l’objet d’une grande attention de la part des constructeurs car ils occupent une part de marché toujours plus importante.
Exemples : Peugeot 3008, Citroën C5 Aircross, Toyota C-HR…
Segment C-MPV : les monospaces compacts ont été très à la mode à la fin des années ’90 et au début des années 2000 mais ils se sont essoufflés au bout d’une dizaine d’années. La plupart des constructeurs généralistes se sont prêtés à l’exercice ainsi que quelques marques premium. Aujourd’hui, c’est un segment assez délaissé, effacé aussi par le succès des SUV.
Exemples : Ford C-Max, Volkswagen Touran III, Renault Scénic IV…
Segment ludospaces : souvent dérivés d’utilitaires, les ludospaces appartiennent généralement au segment C. Ils sont toujours appréciés par les familles, même si leur part de marché a grandement diminué au fil des années. Ils sont pourtant très pratiques et demeurent les rois de l’habitabilité avec des volumes de coffre pouvant aller jusqu’à 800 litres !
Exemples : Renault Kangoo III, Opel Combo D, Peugeot Rifter…
Segment D : les berlines familiales
Ensuite, nous avons le segment D, qui correspond aux berlines familiales. Il s’agit de modèles dont la taille est généralement comprise entre 4,60 et 4,90 mètres. Cela correspond à des voitures aptes à parcourir de longues distances, avec un volume de coffre plutôt généreux. Ces berlines à coffre sont classiquement aussi proposées en version break mais il existe aussi des silhouettes atypiques, à l’image de la Peugeot 408. Longtemps prisé, c’est malheureusement un segment qui perd des parts de marché, suite à un désintérêt de la clientèle européenne pour ces silhouettes. Certains pays s’en sortent mieux que d’autres, à l’image de l’Allemagne, qui conserve un fort attachement envers ses berlines emblématiques. D’autres constructeurs ont totalement déserté ce segment…
Exemples : Ford Mondeo V, BMW Série 3, Audi A4, Peugeot 508 II…
Segment D-SUV : comme pour les précédents, il existe des SUV sur le segment D. Il s’agit de modèles assez volumineux, qui peuvent proposer jusqu’à 7 places à bord. Ce sont des modèles qui sont appréciés par les familles, avec une part de marché relativement stable et pérenne dans le temps.
Exemples : Peugeot 5008, Audi Q5, Tesla Model Y…
Segment D-MPV : à l’inverse, les grands monospaces sont de plus en plus rares, avec une demande en baisse constante. La majorité des constructeurs automobiles a aujourd’hui abandonné ce positionnement. Les grands monospaces d’il y a quinze ou vingt ans sont devenus des SUV.
Exemples : Ford S-Max, Renault Espace VI, Ssangyong Rodius…
Segment E : les routières
Le segment des grandes routières a nettement perdu en part de marché. La plupart des constructeurs généralistes a aujourd’hui déserté ces grandes berlines qui mesurent généralement entre 4,90 et 5,10 mètres de long. Elles sont considérées comme des routières car leur principal intérêt est d’offrir d’excellentes aptitudes sur route et autoroute, avec un amortissement soigné et un niveau de confort excellent. Ces véhicules sont aussi très appréciés par les entreprises, dont les employés roulent beaucoup. Toutefois, contrairement aux idées reçues, une berline routière du segment E n’est pas nécessairement une voiture de luxe. Des routières à prix modéré ont aussi existé mais elles ont aujourd’hui disparu, pour la plupart, face à un affaiblissement de la demande.
Exemples : BMW Série 5, Audi A6, Mercedes Classe E…
Segment E-SUV : le segment E comprend aussi son lot de SUV. Il s’agit généralement de modèles assez luxueux, qui dérivent plus ou moins d’une routière. La demande est assez importante car les grands SUV connaissent un gain d’intérêt grandissant. Pour beaucoup, ils sont même en train d’éclipser totalement les berlines de ce même segment…
Exemples : BMW X5, Mercedes Classe GLE, Porsche Cayenne…
Segment F : les limousines
Le segment F comprend les grandes routières. Cette fois, nous sommes généralement sur des berlines de prestige, dont la longueur dépasse souvent allègrement les 5,10 mètres de long. Il s’agit de voitures luxueuses, qui offrent une dotation très riche et permettent un niveau de confort exceptionnel. L’espace arrière est souvent immense et peut même parfois être majoré en optant pour une version « longue ». Très appréciées par les dirigeants et les chefs d’état, les limousines figurent au catalogue de la plupart des constructeurs automobiles premium. Malgré un contexte économique peu favorables, ce sont des voitures qui ont toujours de bonnes parts de marché, auprès d’une clientèle très ciblée.
Exemples : BMW Série 7, Audi A8, Maserati Quattroporte…
Segment F-SUV : peu représenté, ce segment a pourtant opéré une percée ces dernières années, bien qu’il ne comprenne que quelques représentants.
Exemples : BMW X7, Mercedes Classe GLS, Rolls-Royce Cullinan…
À quoi servent ces différents segments ?
On peut légitimement s’interroger sur l’intérêt de décomposer le marché automobile en segment. Cette classification permet d’avoir une cohérence globale, notamment pour les clients. Le fait de proposer différents segments offre davantage de clarté et permet de cibler plus efficacement un type de clientèle en particulier. Cela favorise aussi la concurrence entre les différentes marques. Pour autant, ces classements n’ont rien d’officiel et il arrive régulièrement que des modèles se positionnent entre deux segments, ce qui ne facilite pas la tâche des clients. Par exemple, le segment C+ désigne les berlines tricorps qui sont plus grandes que les modèles habituels du segment C… Mais aussi plus petites que celles du segment D !
De plus, cette segmentation est évolutive ; elle n’est pas figée. Régulièrement, il y a des percées qui s’opèrent. La plus marquante est intervenue dans la deuxième moitié des années ’90 avec l’envahissement des monospaces qui se sont implantés principalement dans le segment C. Par extension, nous avons eu les minispaces (segment B) et les grands monospaces, inclus dans le segment D. Du côté des SUV, le phénomène est encore plus remarquable. Si l’on prend l’exemple du segment B, les SUV urbains cannibalisent une bonne partie des ventes des citadines, ce qui peut déséquilibrer le marché et la classification.
Des segments pour y voir plus clair !
Aussi, le fait de raisonner en segment permet aux constructeurs automobiles de mieux percevoir la cohérence de leur gamme. Il y a quelques jours, nous étions invités par un célèbre constructeur qui nous évoquait un constat : son absence de modèles du segment B dans sa gamme. Un constat qui expliquait aussi un léger essoufflement des ventes. Pour y remédier, la marque en question a fait le choix de changer le segment d’un de ses modèles phares. Initialement inscrite dans le segment A depuis ses débuts, cette voiture a migré sur le segment B. Cela se traduit par un allongement d’une trentaine de centimètres mais aussi par des améliorations significatives apportées en termes de confort et d’équipement. Bien positionner ses modèles a une incidence assez forte sur les ventes.
Toutefois, la longueur d’une voiture n’est pas le seul indicateur du positionnement d’une voiture. Il est aussi question d’équipements, d’aptitudes et de développement. Par exemple, la Mercedes CLA pourrait être considérée comme appartenant au segment D du fait de ses dimensions généreuses. Pour autant, elle dérive d’une compacte (en l’occurrence la Classe A), ce qui la positionne au niveau du segment C.





