
Guide pratique pour survivre aux camping-cars sur la route
Chaque été, l’automobiliste est confronté à plusieurs « nuisibles » sur la route. D’un côté, il y a les moustiques qui viennent tacheter pare-chocs et pare-brises… On peut aussi évoquer les cyclistes, généralement peu appréciés par les conducteurs de voitures, qui profitent des beaux jours pour se renforcer les mollets… Et il y a naturellement les camping-cars, véritable allégorie de la lenteur aux yeux de beaucoup. Dans ce petit article, je vais vous donner quelques conseils de « survie » pour mieux tolérer, appréhender et esquiver les camping-cars sur la route. Des astuces souvent assez simples mais très efficaces pour une meilleure acceptation générale. Respirons un bon coup et comprenons aussi pourquoi les camping-cars sont aussi lents sur la route…
Pourquoi les camping-cars n’avancent pas ?
Commençons par évoquer le cœur du problème… Lorsque vous roulez derrière un camping-car, vous devrez généralement relâcher fortement l’accélérateur voire même amorcer un freinage sec. Il y a un delta de vitesses conséquent entre ces motorhomes (c’est leur nom officiel) et les voitures. Cette lenteur apparente s’explique assez facilement. Ce sont déjà des véhicules qui dérivent d’utilitaires et qui sont souvent très proches du PTAC de 3,5 tonnes… Et régulièrement en surcharge.
Si on ajoute à cela l’aérodynamique d’armoire normande, on comprend assez que la question de la performance n’est pas une priorité. De plus, le camping-car est une véritable petite maison. On y trouve des bibelots, de la vaisselle, des souvenirs de vacances et plein de petits éléments qui peuvent chuter au moindre coup de volant un peu brusque. Les camping-caristes préfèrent donc y aller doucement, en jouant à fond la carte de l’anticipation (mais ça, vous l’avez déjà remarqué…).

Aussi, nous sommes dans un monde en perpétuelle évolution. Il faut toujours être plus efficace, plus rapide… Il suffit de regarder la vitesse fulgurante des hôtes de caisses à Lidl, les travailleurs en costard à Paris ou les serveurs en restaurant pour remarquer que le temps, c’est de l’argent. La lenteur agace et donne l’impression de perdre en productivité alors qu’il faut toujours redoubler d’efforts et aller de l’avant. Tout ça, c’est bien loin des considérations du camping-cariste. Lui, il est là pour profiter de la vie. Du temps, il en a. Alors pourquoi se presser ? Ce décalage génère souvent des tensions sur la route qui prennent la forme de remarques à peine désobligeantes, telles que « bon, il avance avec son camping-car p***in ? » ou encore « y en a qui bossent ! ». Deux mondes, deux visions…
1. Gardez votre calme : ça va bien se passer
Vous rentrez du travail, fatigué, affamé, les enfants sont à récupérer à l’école et vous êtes déjà en retard… Forcément, plus la route passera rapidement, mieux ce sera. Et là… Le drame ! Un camping-car est juste devant et vous n’avez pas la possibilité de le doubler. Même si le moment est généralement peu propice à la méditation, prenez le temps de respirer… Vous énerver ne fera pas accélérer le camping-car. Son conducteur circule à l’allure qui lui semble être la meilleure (même si c’est terriblement lent, j’en conviens). Inspirez longuement, expirez lentement et gardez à l’esprit que ces quelques secondes/minutes que vous perdrez ne sont finalement peut-être pas si importantes et qu’elles n’auront pas un impact majeur sur votre journée. Le temps est définitivement une notion très subjective…
2. Veillez à vos distances de sécurité
Certaines personnes ont pris la pénible habitude de coller les véhicules placés devant eux. Est-ce pour les inciter à rouler plus vite ? À saisir plus rapidement l’opportunité d’un dépassement ? Pour se donner l’impression d’avancer davantage ? Aux yeux de beaucoup, ce comportement fait de vous un mauvais conducteur (c’est aussi mon opinion).

En cas de freinage brusque et/ou d’obstacle sur la chaussée, le risque de collision est démultiplié. Pour un camping-car, le sujet est encore plus sensible. Ces véhicules hauts et non-vitrés à l’arrière ne laissent aucune vue sur ce qui se passe sur la route. Coller un camping-car vous empêchera de percevoir un obstacle qui pourrait survenir, comme un sanglier qui traverse… Même si vous êtes pressé, ne pas respecter les distances de sécurité ne vous aidera pas à aller plus vite, c’est même tout l’inverse puisque la vision sur la voie d’en face sera réduite.
3. Dépassez au bon moment
Même si un dépassement sauvage peut être tentant, attendez que les conditions le permettent et que la signalisation vous y autorise. Sur les petites routes de campagne, la visibilité est parfois assez faible et l’important gabarit du camping-car peut fausser votre perception. Attendez qu’un créneau de dépassement se dégage pour envisager de dépasser le camping-car en toute sécurité (c’est aussi valable pour les caravanes ; certaines pouvant être vraiment très longues). Certains conducteurs prennent l’initiative de laisser passer les automobilistes mais ce n’est aucunement une obligation de leur part, c’est une simple forme de courtoisie et c’est loin d’être systématique…
4. Cassez vos préjugés
Contrairement à ce que beaucoup pensent, le camping-cariste ne démarre pas sa journée en savourant le plaisir d’emmerder les automobilistes. C’est même tout l’inverse. Lui est là pour prendre son temps (ce qui est un vrai luxe de nos jours…). De même, la vitesse très réduite, parfois à l’excès, est perçue comme « juste » par le conducteur, qui doit veiller au mobilier présent dans son véhicule mais aussi au fait que les passagers d’un camping-car ne doivent pas être nécessairement attachés. Ils peuvent bouger librement dans le véhicule, ce qui implique de lisser davantage encore la conduite…
Actuellement, la majorité des campings-cars ont des moteurs autour des 130 à 160 chevaux. Dans une petite sportive, c’est bien ! Mais dans un véhicule lourd, cela nécessite d’anticiper davantage, de prendre son temps…
5. Évitez certains moments sensibles de la journée
La journée du camping-cariste repose principalement sur des loisirs : des visites de lieux plus ou moins touristiques, prendre son temps, allumer un barbecue et ne jamais manquer l’heure de l’apéro (c’est sacré). Vous croiserez assez peu de camping-cars sur les autoroutes ou dans les grandes villes, ainsi que sur certaines zones proches des bords de mer. Puisqu’ils sont libres de leur temps, les conducteurs roulent plutôt en journée. En partant assez tôt ou en fin d’après-midi, vous serez généralement plus tranquille sur la route. De même, les jours de semaines sont à privilégier, contrairement aux grands week-ends de départ en vacances ou lors des jours fériés.

Pour vous aider à trouver des itinéraires plus fluides, il est recommandé d’utiliser les applications mobiles qui indiquent l’info-trafic. Cela peut vous éviter bien des tracas, ce qui réduira d’autant le risque de vous retrouver derrière un camping-car.
Ce qu’il faut retenir
- Mettre la pression au camping-cariste ne sert à rien : il n’ira pas plus vite, vous vous énerverez tout seul et serez plus susceptible de prendre des risques. Vous avez tout à y perdre, rien à y gagner ;
- Évitez certains axes sensibles : les jours de départ en vacances lors des week-ends prolongés, le risque d’y croiser des camping-cars est démultiplié ;
- Soyez plus zen : si vous avez la crainte d’arriver en retard, partez un petit peu en avance, vous serez moins sur les nerfs si vous devez rester derrière une voiturette, un camping-car ou encore un tracteur agricole ;
- La chaussée est à tout le monde : n’oubliez que la chaussée appartient tout autant aux voitures qu’aux camping-cars et que ces derniers sont pleinement légitimes…





